RÉFÉRENCES EXIGÉES ET MISE À JOUR SYSTÈME

Référence détournée:
« La Joconde », Léonard de Vinci, entre 1503-1519 vue par Marcel Duchamp, « L.H.O.O.Q. », 1919

Je ne cesse de réprimander les étudiants, du fait que pour eux, Balenciaga est une marque de sneakers, qu’ils n’ont que faire de monsieur Yves Saint Laurent ou qu’avant Squid Games il y a eu Le prisonnier.

Aujourd’hui encore, je me souviens de cette phrase promulguée par mon professeur d’histoire du costume lors de mon entrée au sein de mon école de mode: « une marque ne doit pas vieillir avec sa clientèle ».

Je viens de voir la dernière adaptation de la saga Dune, le roman de Franck Herbert réalisée par Denis Villeneuve.
Projet fou.
Deux heures trente cinq plus tard, je suis sur les rotules. Le réalisateur canadien à confirmé son talent. Il avait déjà imaginé en 2017 une suite à l’intouchable Blade Runner de Ridley Scott, autre pari réussi et toujours accompagné par la magnifique musique d’Hans Zimmer.

J’en parle avec monsieur Crocodile, 20 ans, pour qui, ce film à « …une esthétique agréable », loin du remous émotionnel qu’il provoque en moi. Pourquoi?
Parce que « je n’ai pas toutes tes références, la réalisation plus ou moins réussie de David Lynch, l’échec de Jodorowsky, les séries maladroites, etc.. Je ne savais même pas avant de le voir, que c’était une somme de romans de science-fiction publiées il y a près de cinquante ans. »

Je saisi tout à coup que cette liberté de point de vue, dénuée de références, permet une forme d’appréciation tout autant légitime que la mienne (voire plus?).
Ainsi il faudrait se libérer de ses carcans idéologiques, opérer une rupture qui ferait surgir de nouveaux points de fuite et étendrait les champs de l’imagination, de celle qui, comme l’affirmait Albert Einstein contrairement à la logique, vous emmènera de partout.

C’est alors que se réalise une mise en abîme avec ma situation d’étudiant en mode. Vieillir avec sa clientèle c’est comme vieillir avec ses idées, ses convictions et ses acquis.

Qu’importent les références (pourvu qu’on ait l’ivresse?)
Dès lors qu’importe que la marque Balenciaga soit reconnue pour ses Triple S. Cristobal Balenciaga, le maître de tous les couturiers ne disparait pour autant. La preuve est que cinquante ans plus tard (aussi) nous avons eu droit au retour de la Haute Couture maison… A ce petit jeu entre les amateurs et les béotiens c’est sans aucun doute celui qui est le moins « sûr » de lui qui se sentira contaminé par l’autre.

Que les marques de luxe flirtent avec l’univers du dessin animé ou les enseignes de supermarché et génèrent des produits plus ou moins singuliers n’est ce pas aussi une façon de sortir de sa zone de confort et « de ne pas vieillir »?

Que penser de tout çà?
Faudrait-il alors changer d’approche et ne pas chercher à analyser ou à décomposer chacun de ces « systèmes » (supermarché, jeux vidéos, cinéma, comics, mode, design…) afin de comprendre la finalité résultante?

Faudrait-il au contraire, sortir des chapelles et avoir une approche systémique, privilégiant alors une vision holistique et laisser s’opérer le grand mix and match des systèmes et en observer le résultat?
Cette approche globale où tous les systèmes interagissent on ne sait pas trop pourquoi parfois (quid de cette collaboration entre une marque de mode et un fabricant d’électro-ménager?) ne serait-elle pas aussi propice en cas de dysfonctionnement d’une des parties, d’entraîner l’ensemble du « grand » système dans sa chute?

La mode est à la croisée de ces deux voies, l’une menant vers une forme de synthèse, où l’on oublierait ses références, on en ferait fi (?) où on libérerait sa pensée des dogmes, des histoires et romprait avec les radicalismes. L’autre privilégiant une forme de nucléarisation, catégorisant chaque activité avec une tache définie, périodique et devant interagir logiquement.

L’enjeu: fuir l’inertie.
Ce jeter à corps perdu dans l’une ou l’autre des voies ne conduirait, sans doute, à plus ou moins long terme qu’à une impasse. Pour vivre son époque, il faudrait être un funambule, en recherche permanente de l’équilibre à qui s’impose le mouvement: fuir l’inertie.

ENSEIGNER, COURS MAGISTRAL, COURS ACTIF

Tout est dans le détail, cherchez les erreurs…

Avons-nous changé de point de vue au sujet de l’enseignement universitaire depuis la création en 1150 de l’université de Paris?
Le cours magistral format distillé à l’université depuis le moyen-âge, est très fortement ancré dans notre culture française et reste l’objet d’une préoccupation majeure.
Peut-il devenir un sujet tabou et s’opposer frontalement aux méthodes anglo-saxonnes des cours actifs qui mettraient à mal notre exception culturelle?

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ANCOR | AW 2016

Quatre jeunes gens dans le vent croisés dans un store éphémère pendant la fashion week homme rue richer, 75010 Paris
Une mode inspirée des rigueurs de certaines lignes de fuite des architectures brutalistes.

De la gabardine, de la popeline, pour des lignes sobres et actuelles made in France. Une mode pour homme qui ne fait pourtant pas genre.
Encore ici

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PFW | AVOC, proto-punk

La dernière fashion week parisienne à ouvert ses portes à de nouvelles marques, et il y avait beaucoup de monde pour le premier show de la jeune marque AVOC.

AVOC se sont des vêtements aux coupes qu’ils qualifient d’architecturales…

Des silhouettes « basiques » et unisexe empruntant tantôt au vêtement utilitaire (larges poches plaquées qui font comme un large empiècement graphique…) tantôt au sportswear, des sweats, de larges chemises à col classique ou col officier, des bermudas XXL, la pièce la plus intéressante? Peut-être un manteau à double ceinture négligemment noué.

On est galvanisé par l’énergie du défilé, par la musique mais au final l’ensemble (d)étonne peu.

Les mannequins défilant parfois avec des masques d’hommes et de femmes politiques restent anecdotiques, du moins pas suffisant pour critiquer quoi que ce soit. On aurait préféré qu’ils invoquent les visages fardés, le maquillage de clown à la symbolique plus forte, que l’on voit dans la vidéo présente sur le site. Le visage du clown est détourné dans l’imagerie populaire autant par des groupes de punk-rock ou de rock alternatif que dans les films d’horreur. Les designers d’AVOC l’ont stylisé et apposé sur certains vêtements. Personnage grotesque, symbole de notre époque(?) le clown fait rire et effraie en même temps.

On vit une époque où l’expérience procurée au client prévaut sur le produit. Plus que le vêtement, l’image importe et celle du clown est la caution de la subversion d’AVOC, de son désir de dénoncer.

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