ANCOR | AW 2016

Quatre jeunes gens dans le vent croisés dans un store éphémère pendant la fashion week homme rue richer, 75010 Paris
Une mode inspirée des rigueurs de certaines lignes de fuite des architectures brutalistes.

De la gabardine, de la popeline, pour des lignes sobres et actuelles made in France. Une mode pour homme qui ne fait pourtant pas genre.
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PFW | AVOC, proto-punk

La dernière fashion week parisienne à ouvert ses portes à de nouvelles marques, et il y avait beaucoup de monde pour le premier show de la jeune marque AVOC.

AVOC se sont des vêtements aux coupes qu’ils qualifient d’architecturales…

Des silhouettes « basiques » et unisexe empruntant tantôt au vêtement utilitaire (larges poches plaquées qui font comme un large empiècement graphique…) tantôt au sportswear, des sweats, de larges chemises à col classique ou col officier, des bermudas XXL, la pièce la plus intéressante? Peut-être un manteau à double ceinture négligemment noué.

On est galvanisé par l’énergie du défilé, par la musique mais au final l’ensemble (d)étonne peu.

Les mannequins défilant parfois avec des masques d’hommes et de femmes politiques restent anecdotiques, du moins pas suffisant pour critiquer quoi que ce soit. On aurait préféré qu’ils invoquent les visages fardés, le maquillage de clown à la symbolique plus forte, que l’on voit dans la vidéo présente sur le site. Le visage du clown est détourné dans l’imagerie populaire autant par des groupes de punk-rock ou de rock alternatif que dans les films d’horreur. Les designers d’AVOC l’ont stylisé et apposé sur certains vêtements. Personnage grotesque, symbole de notre époque(?) le clown fait rire et effraie en même temps.

On vit une époque où l’expérience procurée au client prévaut sur le produit. Plus que le vêtement, l’image importe et celle du clown est la caution de la subversion d’AVOC, de son désir de dénoncer.

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Workshop | Genre & Mode

Le début de l’année à vu une polémique se développer autour de la théorie du genre. Abordée sous l’angle éducatif, touchant les plus jeunes, il s’est créé autour du thème un débat passionné.

La violence et les dérapages du débat politique combinés à la médiatisation savamment orchestrée et glamourisée d’icônes transgenres (Caitlyn Jenner pour ne citer qu’elle) à, on l’espère, permis à certains de découvrir le concept d’altérité d’Emmanuel Levinas et d’appréhender l’évolution inéluctable de nos sociétés.

La collection masculine d’Anne Kluytenaar (Festival d’Hyères 2014) inspirée par la maison Chanel et par son père qui a décidé « un jour » de changer de sexe étend la reflexion dans le domaine du vêtement, fuyant la caricature de la folle excentrique. Les vêtements de la créatrice néerlandaise sont en effet repensés dans les moindres détails pour la silhouette masculine, les proportions (col, poignet…) revues, les coupes sont masculines dans des matières féminines. Dès lors sa subtile démarche, dépasse la frontière de l’appartenance sexuelle et les conflits, ouvrant des possibilités créatrices tangibles.

Ci-dessous Anne Kluytenaar, « Lux is crossing », Festival d’Hyères 2014

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See also full « Lux is crossing » collection here

On peut songer au Giorgio Armani créateur des costumes de Richard Gere pour American Gigolo. Pour ce personnage dont le métier est de séduire la gente féminine il avait déconstruit le costume masculin, supprimant les paddings, le rendant fluide, le féminisant, le rendant précieux sans perdre sa masculinité.

Jean-Paul Gaultier jamais en retard d’une tendance avait semé le trouble en 2011 faisant défiler sa mariée haute-couture sous les traits d’Andrej Pejic. La même année, le mannequin transgenre sera le premier à poser en lingerie féminine.

Il était donc intéressant d’entamer un débat, suivi d’un quick-workshop avec les étudiants en création de mode sur ce sujet.

Nous avons passé beaucoup de temps à discuter, argumenter, échanger les points de vue. La démarche de réflexion voulant d’une part bousculer notre propre vision et à considérer le sujet de manière plus vaste, envisageant (modestement) tous les angles déjà étudiés par les universitaires (sexualité, sociologie, féminisme, psychologie, identité…).

Ainsi « alimentés » les étudiants abordent dans un deuxième temps l’“application créative” du sujet sur une affiche avec des contraintes techniques et esthétiques.

Les propos échangés furent riches, variés et sans tabous. Politique, anatomie, littérature, web, humour… furent autant de compléments au sujet.

Au même titre que les différences ethniques, l’économie responsable ou d’autres sujets de société, le futur créateur de mode se doit d’avoir une reflexion sur ces sujets. Il n’y a pas d’obligation pour lui d’ériger ses convictions en tant que manifeste, là n’est sans doute pas son rôle. Ses créations doivent être en phase avec son époque, d’être au fait des évènements de société, libre à lui et selon son talent, d’adapter ou de détourner ceux-ci à son profit.

 

NB: Le sujet est à l’étude au London College of Fashion, here

Is Luxury an environmentally aware industry?

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Excerpts from Planet Fashion, Wallpaper april 2015

The luxury goods industry is an environementally aware spin as consumers demand ethics to match their aesthetics.

+ Dilys Williams, professor, director of the Centre for Sustainable Fashion at London College of Fashion says:

‘Sustainability is a hugely complex discipline. It is technical, mathematical, and psychological, and it is also about economics. Fashion is about navigating how we live today – it is a snapshot of our world. Fashion and sustainability have to be a good match.’

+ Francois-Henri Pinault, CEO of Kering –which own Gucci, Saint Laurent and Bottega Veneta among other brands – hire a chief of sustainability officier in 2012. Marie-Claire Daveu, formerly of the French Ministry of ecology, is now three years into the newly created role. Daveu says unequivocally:

‘Sustainability is the most important issue of our century. My role is to provide an overview, a strategy, a vision and create an action plan. If we are speaking about a vision, for Pinault it is about putting sustainability at the core of the business strategy.’

+ It is to Daveu and her team’s job to make this mind-boggling amount of data tangible to the CEO.

+ ‘You have to be able to identify weakness and strengths and make a strategy for investment and implementation of the most efficient methods’ says Daveu. It is about developping a common language with the financial team.

+ What is good practice for Gucci might not make sense for Saint Laurent or Brioni. Brand-specific plans have to be drawn up. In 2014, achievements included introducing LED lighting in Saint Laurent stores; the use of sustainable wool at Stella McCartney; and the aforementioned heavy-metal-free tanning at Gucci.

+ Daveu believes in the power of fashion to change the mindsets, ‘Luxury sets the trends’, but we need to engage more people to change the paradigm.

+ Sharing information, Daveu said, is essential even if it runs counter to ingrained thinking for the luxury goods groups.

+ LVMH runs its LIFE program (LVMH Indicators For the Environment) across its five business groups: wines and spirits; fashion and leather goods; perfumes and cosmetics; watchs and jewellery. The initiative set in motion in 2011 identifies key areas including eco design, raw materials, and supply chains,material tracebility, supplier relations, reduction of greenhouse gases…
Last year the programme overseen by Sylvie Bénard, director of environment at LVMH, was incorporated into the strategy af all the maisons.

+ The consensus among top-tier luxury brands seems to be that products do not need badges, but rather that we can assume that sustenability is now built in to the broader quality assurance.

+ Some luxury goods chiefs will privately admit that sustainability is not an issue for many of its current customers, and the brands don’t want to ram (faire adopter) it down to their throats.

+ All the same, they are betting that the next wave of luxury consumers will care about sustainability — and care very deeply.

+ Bruno Pieters set up the website Honest By in 2012, to be transparent about footprint behind his designs and those of six like-minded brands
The achievement is making geeky data compelling. Last year Pieters founded the Future Fashion Designer scholarship – a €10 000 award for young designers wanting to learn how to work in a transaparent, sustainable way.

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+ Diane Verde Nieto, founder of sustainability consultancy Clownfish, and the Butterfly Trust Mark (list is from Acne to Veuve Cliquot)
She helps brands to communicate their commitment to creating the best quality, design, craftmanship, service and sustainability

Download a PDF about DVN and Clownfish here

Below Diane Verde Nieto

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+ Brands are always looking at ways to prove and profit for their sustainability credentials.

+ With a growing demand for luxury brands to get an ROI on their sustainability communications, more and more are looking for tools like Verde Nieto’s one to use across their digital marketing strategies.+ Sustainability is also becoming a recruitlent issue as young designers look for training that addresses sustainability and then look to work for companies that take the matter seriously.

+ London College of Fashion offers an MA in sustainability as well as being a research centre and an advisory body to business.

+ The centre is currently collaborating on a project called Design for Biodiversity part of the Responsible Ecosystemes Sourcing Plateform. It is a five-year research project into the impact on biodiversity of sourcing for luxury brands such as Armani and Hermès. The results should see a shareable set of tools that can be used by designers and brands to assess the impact of cultivation and sourcing.

+ The centre also work with Nike Lab. The project was about humanising data and working with the brand to build an app that could ascertain the relative impact of making something, whether that be in silk, cotton or wool – to encourage designers to be more explorative.

+ For new brands there is the opportunity to be sustainable from the start. In New-York, fashion brand Maiyet seek out craftsmen from around the world (Mongolia, Kenya, India, Indonesia, Peru, Italy…) and create a viable, modern luxury brand around them. The philosophy of the brand is that they want to create sustainable employment opportunities in places that need it most.

+ Millennials are expecting more than ever from brands, and they’re increasingly starting to lead in the luxury field. They expect high transparency, ethical behaviour, sustainability and values from the brands they consume.

+ Provenance is as important as “good looks”

+ Stella McCartney leads the way, she recently created a Green Carpet collection in collaboration with the Green Carpet challenge founded by Livia Firth. For Stella McCartney it a way to prove that it is possible to create and deliver beautiful, luxurious evening wear causing little no harm to the environment.

“In luxury, every brand has an obligation to integrate sustainabilituy practices. There is no choice, it’s essential for ethical values but also to be able to continue to do business. Marie-Claire Daveu, Kering