MARIÉS À LA VIE À LA MORT

On pourrait débattre de longues heures sur l’art de la réinterprétaion, l’opportunisme parfois provocateur de Demna Gvasilia.
On préfère retenir certaines de ses explorations qu’il dissémine tantôt au sein des boutiques, lors des défilés ou sur les réseaux sociaux, affirmant par là même son talent individuel autant que son allégeance à la maison Balenciaga.

Serions-nous face au créateur de mode qui capture et interroge le mieux notre époque?

Robe de mariée, Cristobal Balenciaga, 1967

Demna Gvasilia fragmente et dilate son champ de création via sa marque VETEMENTS, déclinée en VETEMENTS UNCENSORED ou encore VTMNTS, par la création de produits dont une jeunesse est parfois prête à tout pour se les procurer comme la Triple S.

Warholien il pousse le bouchon en créant des boucles d’oreilles capsules de bouteille ou en reproduisant le sac Ikea. Flirte avec le groupe très controversé Ramstein et pousse au sublime via la direction artistique de Balenciaga dont le dernier show Couture (ci-dessous) reprend les codes de la maison et réalise un bel écho aux créations du maître.

Robe de mariée, Demna Gvasilia pour Balenciaga Haute Couture, 2021

LE STATUT DE LA MODE

Que l’on situe les prémices de ce que l’on appelle la mode au XIVe siècle au sein de l’aristocratie, à la cour de Louis XIV ou encore à la création de la haute-couture au XIXe siècle par Charles-Frederick Worth, cette activité, bien que s’imposant quotidiennement à des degrés divers, à tout un chacun, est, et à souvent été considérée comme secondaire voire « futile ».

Serge Diaghilev fréquentait assidûment Gabrielle Chanel et Misia Sert qui le lui rendait si bien, amies, conseillères et mécènes.
« Pour lui, Chanel représentait la mode et l’industrie – eaux peu profondes, traitresses, qui ne l’intéressaient guère – alors que dans la hiérarchie des valeurs de Misia, l’art passait en premier et la mode n’était qu’un amusant divertissement. Chanel trouvait indigne le pardessus élimé de Diaghilev ; Misia le jugeait attendrissant et n’en aimait que d’avantage celui qui le portait. »

La lecture de « Misia, la vie de Misia Sert » par Arthur Gold et Robert Fizdale (Folio) de cette pensée du maitre incontesté de la scène artistique parisienne du début du XXe siècle. Créateur, entre autre, des Ballets russes et organisateur des scandaleux Sacre du Printemps (1913) et Parade (1917) m’interroge sur le fait que rares sont les créateurs de mode, même parmi les plus fameux dont le statut atteint au sein du grand public, celui, plus considéré, d’artiste.

A l’instar de Rei Kawakubo ou d’Yves Saint-Laurent, Yohji Yamamoto fait sans doute parti des couturiers ayant franchi la frontière entre mode et art. Il défini aussi une frontière entre l’art et la mode. Pour, lui l’artiste « can make people think, can make people change » (in “Designing men’s clothing is very difficult for me”, Victoria & Albert museum). Parle-t-il de lui? Considère-t-il son travail comme étant celui d’un artiste?

Le couturier (est-ce dû au fait qu’il a été longtemps été considéré comme un « simple » fournisseur) est très logiquement lié à des fonctionnements industriels et saisonniers.

L’artiste, lui, « fait écho à », « est impliqué », « absout », « transcende », « révèle« , il est écouté et via son œuvre déclenche des engagements sociaux, voire politiques…

D’où la seconde question soulevée par cette lecture. Le secteur de la mode n’ayant de cesse de se préoccuper d’art, depuis la création des costumes du Train Bleu (1924) pour les Ballets russes par Chanel en passant par Schiaparelli et ses amis surréalistes, Yves Saint-Laurent et ses robes Mondrian ou encore Louis Vuitton et Takashi Murakami (2009) cherche-t-il à infiltrer nos quotidiens au-delà du divertissement?

1859, UNE FEMME À LA MODE OU LA FASHIONISTA DU XIXE SIÈCLE

LES FRANÇAIS PEINTS PAR EUX-MÊMES  EST UNE ENCYCLOPÉDIE MORALE ÉCRITE ET ILLUSTRÉE PAR LES AUTEURS DE L’ÉPOQUE, AU TEMPS OÙ L’ON ÉCRIVAIT POËTE AU LIEU DE POÈTE.

HONORÉ DE BALZAC Y A DÉCRIT L’ÉPICIER OU « LA FEMME COMME IL FAUT », THÉOPHILE GAUTIER Y DÉCRIT LE RAT, GAVARNI RÉALISE DE NOMBREUSES ILLUSTRATIONS. DES MÉTIERS, DES STATUTS SOCIAUX ONT DISPARUS (RAPINSBANQUISTES, POSTILLON, GRISETTE…)

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BOURDELLE vs BALENCIAGA , MUSÉE BOURDELLE

AU MUSÉE BOURDELLE NOUS SOMMES FACE À UN RITE SACRÉ.

PHÉNOMÉNALE RELIGIOSITÉ

RÉUNIES PAR VÉRONIQUE BELLOIR, CHARGÉE DU DÉPARTEMENT HAUTE COUTURE AU PALAIS GALLIERA, LES SCULPTURES MONUMENTALES D’ANTOINE BOURDELLE, HIÉRATIQUES ET LES CRÉATIONS SOLENNELLES DU COUTURIER ESPAGNOL CRISTÓBAL BALENCIAGA ONT BEAUCOUP À PARTAGER.
QUELQUES PHOTOS.

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Le théâtre de la mode

Issu du magazine Graphis, magazine d’arts graphiques et arts appliqués de 1948, un article sur Le théâtre de la mode. Manifestation mise sur pied sous l’initiative du gouvernement français en 1945 afin de faire connaître au monde entier le savoir-faire français au sortir de la guerre. Les articles et photos sur cette formidable entreprise où participèrent 40 maisons, Christian Bérard, Jean Cocteau ou Lucien Lelong  ne sont pas pléthore sur le web, l’occasion ici de partager.

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Les photos de l’article en grand format sont disponibles ici

Cinéma | L’Argent (la silhouette des années 30)

Il y eu les costumes d’Armani pour Richard Gere dans « American Gigolo » (1980) qui réinventent la silhouette masculine des années 80…

A l’orée des années 30 la créatrice Louise Boulanger (1878-1950) redéfinira à son insu la silhouette féminine. Jusqu’alors il était question de volume décollé du corps ne marquant ni la poitrine, ni les hanches et de longueur genou. Elle va créer une robe radicalement à l’opposé des canons de l’époque. Très longue et suivant les courbes du corps. Elle habillera l’actrice Brigitte Helm (Maria et le robot de Metropolis) pour le film de Marcel L’Herbier « l’Argent » (1928 et tiré de Zola). Les autres maisons de l’époque comme Jean Patou proposeront des robes similaires, la page des années 20 était tournée.

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A voir aussi pour ses décors somptueux et luxueux

Archives | Walter Van Beirendonck & W&LT

Just found deep in my hard drives these old videos from 1995-1998 of Walter Van Beirendonck now-defunct brand W&LT (Wild and Lethal Trash).

Walter Van Beirendonck was one of the first fashion brand to have a website and CD-ROMs (what?). Back in the days, in a world where DSL or fiber optics mean nothing to the rest of us, the native dimension of these videos is ridiculous today. 320 x 240 pixels imagine that !

The videos are a compilation of fashion shows and a quick view of Walter Van Beirendonck’s unconventional world. Bold patterns and graphics, sex and fetish, creating neo-ethnic tribes and rituals on scene, aware of nature and loaded with a certain sens of humour. Till is debut in the middle of the 80′(he is a member of « The Antwerp Six »), the today head of fashion department of Royal Academy Antwerp through his collections has always questioning the concept of Beauty.

You will see transgender cyber punks raving on the catwalks, wearing fluorescent latex garments, ear vintage techno music and discover Puk Puk the virtual pet from planet Dork.

Sorry for the upscaling and the shitty quality of the videos…