ICOSAE (d’icosaèdre: polyèdres rotatif à faces planes, congruentes et pentagonale), récemment fondée par trois jeunes créateurs ambitieux, présentait pour sa première collection: Neurosis, vêtements masculins confectionnés main à l’esprit clinique et torturé.
Anthony Hor (lycéen), Florentin Glémarec (étudiant à l’Atelier Chardon Savard) et Valentin Glémarec (photographe), les designers, ont su développer un univers tant visuel qu’atmosphérique autour de « la dérive mentale humaine causée par une société poussant à la désincarnation des corps ».

Une succession d’images sombres, de flashs, de sons étouffés et pesants précèdent le défilé (précédent de quelque jour la fashion week). Le décor plastifié est froid, vide et laisse à la manière d’une scène d’épouvante planer un profond suspens. Sans repère réel, dans l’attente d’en savoir plus, d’être surpris.


Des hommes à la démarche assurée vêtus de noir et blanc portent des classiques revisités, latex, empiècements graphiques et volumes osés. Jouant avec les proportions, ICOSAE sculpte des pièces imposantes, dessinant drapés nets, rigides et « virils ». Les manches retroussées prennent de l’ampleur, superposant des plis de caractère. Volontairement « trop court », mi mollet ou au-dessus du genou, parfois même oubliés, les bas apportent vulnérabilité aux silhouettes, nous ramenant à l’idée de la personnalité psychologiquement fragile.

Les trois créateurs ont su retranscrire avec aisance leur univers troublant, obscur, voir oppressant posant une réflexion sur la Société, l’Homme et ses limites, à travers des pièces épurées au minimal graphique, entre « deux mondes ».
Une identité déjà forte, qui rappelle, tant dans l’esthétique que l’idée, la vague no-fashion des années 90 avec des créateurs tels que Rei Kawakubo (Comme des garçons), Yohji Yamamoto, Martin Margiela, Ann Demeulemeester ou encore Raf Simons qui allaient à l’envers du mouvement 80’s, proposant des lignes pures, vides de tout artifices, conceptuelles, poétiques et engagées.

A gauche: Maison Martin Margiela, à droite: Raf Simons
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