Roisín Murphy à l’Olympia : un concert incandescent entre mode, performance et énergie brute

Une soirée à l’Olympia où la chanteuse a confirmé, avec panache, qu’elle reste l’une des performeuses les plus singulières de sa génération.

Le concert de Roisín Murphy à l’Olympia était très attendu. On imaginait déjà des tenues extravagantes, un concert hors norme et une fosse portée par l’enthousiasme des fans. L’attente était forte. Le résultat, lui, a été encore supérieur.

Sur la scène, Roisín Murphy a livré un show total, d’une intensité remarquable. Le live s’est imposé comme une véritable démonstration de passion, mené à un rythme soutenu, avec une énergie allant crescendo, libre et sans retenue. Plus qu’un concert, c’était une performance complète, physique, visuelle, presque incandescente, et profondément inspirante.

Ce passage à l’Olympia confirme aussi ce que beaucoup savent déjà : Roisín Murphy est une véritable icône de mode. Ses choix vestimentaires ne relèvent pas du simple effet de buzz, ni des codes faciles d’une pop un peu pointue. Ils s’inscrivent au-delà, dans une histoire du costume, de la référence et de la mise en scène sans limite de soi. Chez elle, le vêtement ne sert pas seulement à la représentation : il participe pleinement de la performance.

Je me suis pris au jeu d’établir des transversalités entre ses tenues et celles de créateurs.

Comment, en effet, ne pas évoquer Yves Saint-Laurent devant une telle allure ?

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024-Musée Yves Saint Laurent
Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Musée Yves Saint Laurent
Jerry Hall dans un tailleur monochrome Yves Saint Laurent

Ou encore Marlène Dietrich et l’aura de l’Allemagne du début du XXe siècle évoquée par cette silhouette en haut de forme ?

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Fatale Marlène Dietrich, 1930

Ou ne pas penser à Balenciaga, à l’époque du maître en voyant ces volumes.

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Balenciaga, collection hiver 1961

Cette dramatique veuve noire m’a instantanément rappelé l’exposition de 2017, Balenciaga, l’œuvre au noir au musée Bourdelle.

Et cette robe tout en volumes découpés évoque les créations d’Iris Van Herpen

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Iris Van Herpen, collection hiver 2018

Réveillant les morts, en sorcière vaudou, rappelant furtivement le défilé morbide qui fit un grand scandale, du duo d’artistes américains Matthew Damhave et Tara Subkoff d’Imitation of Christ pour le printemps 2001.

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Imitation of Christ, printemps 2001

Et la tenue de fin de show nous plonge sans conteste, dans les créations entre graffiti et anthropométrie de Keith Haring sur le corps de Grace Jones.

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Keith Haring w/ Grace Jones, 1986