Avec le Musée vivant de la mode, Olivier Saillard propose une lecture du vêtement qui s’éloigne de la conservation muséale classique. Le vêtement y apparaît comme un support de mémoire, d’usage et d’émotion.
Olivier Saillard et le Musée vivant de la mode
Le Musée vivant de la mode défend une conception profondément renouvelée du vêtement. Sa valeur ne réside plus dans le prestige, mais dans les traces humaines qu’elle conserve. le vêtement cesse d’être un simple objet de (re)présentation : il devient le support d’une présence et d’une existence sociale.
Le vêtement comme archive sensible
Olivier Saillard déplace la mode du registre du défilé vers celui d’une histoire incarnée du vêtement. pendant la présentation sise à la fondation cartier pour l’art contemporain, vêtements usés, ordinaires, oubliés ou abandonnés sont alors devenus les témoins d’un corps, d’un geste et d’un temps vécu, faisant du vêtement un objet à la fois sensible, historique et accessible.

Olivier Saillard face à Martin Margiela
L’INITIATIVE D’OLIVIER SAILLARD rappelle les défilés conceptuels de Martin Margiela (cf. « Anatomie d’un défilé » p99.-116, in HISTO-ART, MODE ESPACE CRITIQUES 1980-2000, ED. LA SORBONNE) dans les années 1990, qui remettaient déjà en cause les conventions de présentation de la mode.
Margiela déplaçait les lieux, brouillait les codes et fragilisait la séparation entre public ET performance. Là où le musée de la mode tend parfois à figer le vêtement, Saillard réintroduit du corps, de la voix et du temps, pousse du côté de la mémoire et de l’émotion.
entre désacralisation et liturgie du vêtement
Olivier Saillard travaille après le défilé. Il reprend des vêtements déjà chargés, déjà passés, et leur redonne une présence par la parole, le geste et la scénographie.
Bien qu’il y ait dans ses performances une forme de désacralisation du vêtement, désormais dissocié du système du luxe, la mise en scène participe aussi d’une liturgie très codée. Celle-ci rend alors la performance accessible à un public élargi, bien au-delà des seuls étudiants en mode, professionnels du secteur ou amateurs avertis.
C’est en cela, à mon sens, que son travail compte d’ores et déjà dans l’histoire de la mode et qu’il est en train de constituer un véritable champ d’étude.

