Anne Teresa De Keersmaeker | Work/Travail/Arbeid

@ Centre Beaubourg, un spectacle avec sa durée définie voit sa temporalité repensée par la chorégraphe belge Anne Teresa de Keersmaeker. Le moment de la pièce est étendu et calqué sur celui d’une exposition accessible au public pendant les heures d’ouverture…

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Beverly Grant

Beverly Grant (1936-1990) fut une actrice et réalisatrice de films controversés et underground. En 1964 elle posa pour les fameux screen tests d’Andy Warhol.

16 mm, noir et blanc, muet, 4 mn à 16 images par seconde
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Ci-dessous « Flaming Creatures » création de Smith Jack (1963) considérée par certains critiques comme une œuvre d’art cinématographique où Beverly Grant fera une brève apparition.

Conversation au Silencio « le design au féminin »

PARIS, LE SILENCIO, 11 SEPTEMBRE 2015

CONVERSATION ANIMÉE PAR MARION VIGNAL AUTOUR DU THÈME DE « L’ARCHITECTURE INTÉRIEURE, L’ESPACE ET LES INSTALLATIONS » ENTRE CHARLOTTE BILTGEN, DOROTHÉE MEILICHZON ET EMILIE BONAVENTURE.

LE SUJET DÉBUTE SUR LE FAIT DE TOURNER À SON AVANTAGE LE FAIT D’ÊTRE UNE FEMME DANS UN MILIEU TYPIQUEMENT MASCULIN.

CI-DESSOUS: CHARLOTTE BILTGEN, MARION VIGNAL, CURATRICE DES CONVERSATIONS DESIGN-ART-ARCHITECTURE DU SILENCIO, DOROTHÉE MEILICHZON ET EMILIE BONAVENTURE

Charlotte Biltgen-Dorothee Meilichzon-Marion Vignal-Emilie Bonaventure-2

EN EFFET, LE SUJET PARAIT ÉVIDENT ET DOIT ÊTRE ABORDÉ. MAIS QU’EN EST IL VRAIMENT, POURQUOI CETTE QUESTION REVIENT SOUVENT DANS LE MONDE DU BÂTIMENT? LES FEMMES SONT DÉSORMAIS REPRÉSENTÉES À ÉGALITÉ SUR LES BANCS DES ÉCOLES VOIRE PLUS NOMBREUSES QUE LEURS HOMOLOGUES MASCULINS.

CEPENDANT, PEU DE FEMMES SONT À LA TÊTE D’AGENCE D’ARCHITECTURE, AGENCE DE DESIGN OU AGENCE DE SCÉNOGRAPHIE. PEU MAIS DE PLUS EN PLUS. LA COMMUNICATION EST À SON MAXIMUM MAIS EN MÊME TEMPS LE MILIEU RESTE FRILEUX. UNE SEULE FEMME EST PRÉSENTE DANS L’EXPOSITION D’AD DESIGN AU PALAIS D’IÉNA.

LA DISCUSSION MET EN AVANT ANDRÉE PUTMAN COMME ÉTANT LA DOYENNE ET INDIA MADHAVI COMME ÉTANT LA RÉFÉRENCE INCONTOURNABLE DE NOTRE ÉPOQUE.
POURTANT JE PENSE À RAY EAMES, CHARLOTTE PERRIAND, SONIA DELAUNAY, EILEEN GREY COMME ÉTANT AUSSI DES RÉFÉRENCES, DES POINTURES DE LA CRÉATIVITÉ FÉMININE.

« WORDS FOLLOWS FONCTION » OU LE CHOIX DES MOTS

LE CHOIX DES MOTS PÈSE ASSEZ RAPIDEMENT. LA NOTION DE DÉCORATRICE EST VITE BALAYÉE COMME UN SOUS-STATUT, UN NON-MÉTIER…

DOROTHÉE MEILICHZON SE DÉCRIT COMME DESIGNER. ELLE FAIT DU DESIGN GLOBAL, DU MENU DU RESTAURANT À LA CHAMBRE D’HÔTEL. ELLE TRAVAILLE TOUS LES DÉTAILS DE SES PROJETS, CHOISISSANT AUSSI BIEN LES COUVERTS, QUE LES APPLIQUES, LES MATIÈRES ET L’ARCHITECTURE DE L’ESPACE. ELLE A DÉJÀ OUVERT 3 HÔTELS ET TRAVAILLE ACTUELLEMENT SUR 3 NOUVEAUX PROJETS HÔTELIERS.
ELLE ATTACHE BEAUCOUP D’IMPORTANCE À LA DURABILITÉ, AU CONFORT ET… À L’HUMOUR.

CHARLOTTE BILTGEN ASSUME SON STATUT D’ARCHITECTE D’INTÉRIEUR. ELLE A OUVERT SON AGENCE IL Y A UN AN ET DEMI (APRÈS TREIZE ANS PASSÉS CHEZ INDIA MADHAVI), DEPUIS ELLE À TERMINÉ LE CLOVER, LE RESTAURANT DE JEAN-FRANÇOIS PIÈGE ET TRAVAILLE À TOKYO.

EMILIE BONNAVENTURE, QUI VIENT DE SIGNER LA DÉCORATION DU NÉO-BISTROT PARISIEN LE FRENCHIE ET QUI TRAVAILLE BEAUCOUP POUR LES GRANDES FOIRES D’ART INTERNATIONAL SE DIT SCÉNOGRAPHE-DÉCORATEUR. AU-DELÀ DU GENRE, LE MASCULIN EST ASSUMÉ ET PONCTUÉ. AUTODIDACTE, ELLE SE COMPARE MÊME À UN ENSEMBLIER TERME SURGIT TOUT DROIT DES ANNÉES 30. L’ENSEMBLIER ÉTANT CELUI QUI CHOISIT ET COORDONNE DIVERS ÉLÉMENTS D’UN DÉCOR D’HABITATION, NOTAMMENT LE MOBILIER, EN FONCTION DE CHOIX ESTHÉTIQUES ET FONCTIONNELS.

ARCHITECTE D’INTÉRIEUR, DÉCORATEUR, DESIGNER, ENSEMBLIER, AUTANT DE MOTS POUR AUTANT DE FONCTIONS MAIS AVEC UN REFUS ASSUMÉ DE LA « DÉCORATRICE »… PEUT-ÊTRE UN BESOIN D’AFFIRMER UN INVESTISSEMENT, UN MÉTIER ET UNE PASSION, QUI VA BIEN AU-DELÀ DU « SIMPLE » CHOIX D’UNE COULEUR OU D’UN TISSU.

UNE PASSION

LA MODE DE L’INTÉRIEUR, DE LA « DÉCO À TOUT VA », ONT AUSSI EU DES CONSÉQUENCES DANS LA FAÇON D’ABORDER LA CRÉATION.
A L’ÈRE DU TOUT NUMÉRIQUE OÙ CHACUN « PINTEREST » ÉPINGLE SES COUPS DE COEUR… LES CRÉATIVES QUI CONVERSENT CE SOIR-LÀ AFFIRMENT LA NÉCESSITÉ DE SE DÉMARQUER, DE TOUJOURS ÊTRE DANS L’UNICITÉ. DE CRÉER UN PROJET PERSONNALISÉ ET INSOLITE.
EVITER LE REPEAT, LA CHAISE QUE L’ON VOIT PARTOUT… TOUT CECI EST À CONTOURNER, DÉVIER….
LE PLUS INTÉRESSANT, LE CLIENT IDÉAL, SERAIT CELUI QUI DONNERAIT CARTE BLANCHE À CES CRÉATIVES.

EN EFFET, CHACUNE DE CES FEMMES EST À LA TÊTE DE SON AGENCE.IMPLIQUÉES, MAITRESSES DE LEUR DESTIN, ELLES NAVIGUENT DANS TROIS UNIVERS DISTINCTS MAIS CHACUNE A CE TEMPÉRAMENT, CET UNIVERS QUI LES A MIS EN HAUT DE LA VAGUE.

L’ART DE VIVRE À LA FRANÇAISE

VIENT ALORS UN POINT UNISEXE: « L’ART DE VIVRE À LA FRANÇAISE »… CHACUNE ABORDE DES PROJETS INTERNATIONAUX.
CHARLOTTE OUVRE UNE MAISON-RESTAURANT DANS LE QUARTIER EBISU, À TOKYO. DOROTHÉE TRAVAILLE ENTRE LES ETATS-UNIS ET LONDRES, TOUT COMME ÉMILIE.
CHACUNE RECONNAIT CET ATTRAIT DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE, CETTE « FRENCH-TOUCH » QUI A TOUJOURS DU SENS ET POUR LAQUELLE ELLES SONT FRÉQUEMMENT CONSULTÉES.

CRÉATRICES TRANSVERSALES

BIEN QU’AYANT DES ACTIVITÉS TRÈS DIFFÉRENTES, ELLE TOUCHENT TOUTES À L’ARCHITECTURE INTÉRIEURE, À LA CRÉATION DE MOBILIER… PLUS QUE DÉCORATRICE, PLUS QUE DESIGNER… ELLES SONT TRANSVERSALES, ELLES « TOUCHENT À TOUT ». ELLES NE SONT PAS DES CONTROL-FREAK, MAIS NE SE FIXENT AUCUNE LIMITE POUR FAIRE ÉCLORE DES PROJETS FINS, FÉMININS ET PARTICULIÈREMENT BRILLANTS.

ÊTRE UNE FEMME DANS CET UNIVERS EST UNE ÉVIDENCE, UNE FORCE. TROIS FEMMES À SUIVRE.

TEXTE ET PHOTOS: JULIE ROSIER

YOU CAN READ OUR DEAR FRIEND KUNTY MOREAU AT UPTOWN DESIGN

 

Nouvelles cooptations au Comité Colbert

Trois nouveaux membres ont intégré le Comité Colbert ce mois ci.

Bugatti, fondé en 1909, le constructeur de voitures de luxe français vient d’être coopté par les autres membres afin d’intégrer le Comité Colbert. Comme pour chacun des membres, l’intégration ce fait sur la base de cinq critères: l’ambition internationale et le caractère identitaire de la marque, la qualité, la création, la poésie de l’objet et l’éthique.

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Les Prés d’Eugénie, autre membre adhérent, est une belle histoire familiale. Des hôtel-restaurant situés dans les Landes dont la création remonte à 1861. Le chef actuel Michel Guérard et sa femme Christine propriétaires de ce joyau ont prouvé par leurs actions leur affinité avec les valeurs du Comité Colbert.

Chaîne thermale

L’IRCAM, centre de recherches musicales et sonore fondé en 1969 par Pierre Boulez est unique au monde dans son genre. Transversal il oscille entre centre de recherche, atelier de production et école. Il est depuis ces dernier jours membre associé du Comité Colbert.

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Madeleine Vionnet, Isadora Duncan et féminisme

ISADORA DUNCAN ET SA DANSE LIBRE À PROVOQUÉ MAINTS SCANDALES ET INFLUENCÉ NOMBRE DE COUTURIERS AU DÉBUT DU XXE SIÈCLE.

LES RÉFÉRENCES HELLENIQUES PRÔNÉS PAR LA DANSEUSE AMÉRICAINE SE RETROUVENT DANS LES DRAPÉS DE LA COUTURIÈRE FRANÇAISE MADELEINE VIONNET QUI PAR SON TRAVAIL DE LA COUPE EN BIAIS À SU PARMI LES PREMIÈRES, METTRE EN VALEUR LE CORPS FÉMININ.

TOUTES DEUX SERONT DES PROGRESSISTES DE LEUR TEMPS, L’UNE REVENDIQUANT LE DROIT D’USER DE SON CORPS LIBREMENT (ÊTRE FÉMINISTE ALORS COMMENÇAIT PAR LÀ), L’AUTRE EN METTANT EN PLACE DES INNOVATIONS SOCIALES AU SEIN DE SON ATELIER (CRÉATION DE CRÈCHES ET MISE EN PLACE DE SERVICE DE SOINS MÉDICAUX…).

ON PEUT ÉGALEMENT CITER  PAUL POIRET QUI À FAIT « TOMBER » LE CORSET.

POUR CÉLÉBRER LES 100 ANS DE LA MAISON MADELEINE VIONNET, UN CLIP À LA CHORÉGRAPHIE INSPIRÉE PAR LA FÉMINISTE AMÉRICAINE FUT RÉALISÉ.

EN 1968, VANESSA REDGRAVE REMPORTA LE PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE DU FESTIVAL DE CANNES EN INTERPRÉTANT LE RÔLE D’ISADORA DUNCAN DANS « ISADORA » (THE LOVES OF ISADORA)

Live | Anne Clark & Herr B.

Dear readers,

I know her music for a long time now, but i never have the opportunity to see her on stage. Recently, i read somewhere on the web, that Anne Clark was one of the « prophet » of electro music, i liked the idea. She was singing with Herr B. last night at the Batofar, I was a disciple of the prophet.

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Listen, the classic « Our darkness »

Papier Glacé, un siècle de photographie chez Condé Nast

Ci-dessous au centre Olivier Saillaird, à droite Xavier Romatet (président de Condé Nast France)

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Ce mercredi 26 février 2014, s’est tenu l’inauguration de l’exposition « Papier glacé, un siècle de photographie de mode chez Condé Nast ».

Cet événement, réunissant toute la presse parisienne, a pour principe d’exposer des premières images de photographes réalisés au début de leur carrière, de 1918 à nos jours. De Helmut Newton à Edward Steichen en passant par David Sims, Guy Bourdin, Peter Lindberg, Patrick Demarchelier et bien d’autres. Cette exposition se veut une fenêtre sur la construction et l’affirmation d’un style propre a chacun de ces artistes. Elle est aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le travail de pas moins de quatre-vingt photographes de mode.

Les photographies sont accompagnées d’une dizaine de créations de couturiers, d’une cinquantaine de magazines exposés sous vitrine et organisés de manière thématique à travers quatre petits salons. Sur un grand écran, sont projetés des films contemporains, l’avenir de la photographie de mode?

Ci-dessous, Baron Adolf de Meyer (1868-1946), premier photographe officiel du Vogue américain, février 1921 – Jeanne Eagel, robe de la Maison Chéruit

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Ci-dessous, Baron Adolf de Meyer (1868-1946), Vogue américain, juillet 1919 – robe Frances

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Ci-dessous, Terry Richardson (né en 1965), Vogue anglais, 1998 – robe Yves Saint Laurent Haute Couture

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Ci-dessous, Madeleine Panizon, capuchon d’automobile ou d’avion, 1925

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« Cet événement est organisé à un moment où le monde est gouverné par l’instantané. Le traitement de l’image auquel nous sommes attachés est intemporel. Il montre que la façon de créer de belles histoires dure. La vocation de Condé Nast est de ne pas céder à la pression du temps, tout en restant en accord avec l’époque. De montrer mois après mois, partout dans le monde, surtout en France, que ce que nous faisons s’inscrit dans la durée et peut être vu et revu. Le but étant de parcourir de belles images à travers cent cinquante photos modernes, créatives et passionnées par la femme. » précise Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera.

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Ci-dessous, Sølve Sundsbø (né en 1970), Vogue italien, mai 2008

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Ci-dessous, Herb Ritts (1952-2002), Lei, décembre 1984 – Nickolas Murray (1892-1965), la danseuse Mlle Desha, Vanity Fair, avril 1921 – Franco Rubartelli, Veruschka, Vogue américain, juillet 1966

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« La vocation de Vogue va au-delà, en soutenant la création contemporaine. Condé Nast a pris un certain nombre d’initiatives pour soutenir la jeune création, pour aider, glorifier et valoriser la mode dans le monde. C’est dans cet esprit que nous avons décidé de soutenir concrètement la création de maison de mode par l’intermédiaire de la création d’un fond. » déclare Xavier Romatet.

« L’objectif de ce fond est d’aider les équipes du musée à acquérir des œuvres, pièces et photos qui vont venir enrichir et donner une dimension patrimoniale à l’oeuvre de ce musée. Il permettra également de rendre ces pièces accessibles au plus grand nombre, car aujourd’hui la mode se veut populaire et accessible auprès d’un public qui se veut quant à lui plus large. » ajoute-t il.

Le lancement du Vogue Paris Fashion Fund, aura lieu le 9 juillet prochain lors d’un dîner de gala réunissant maisons de mode, créateurs, collectionneurs et clients du monde entier. Ce dîner sera un événement phare de la scène mode parisienne, en pleine période des défilés Haute Couture. L’objectif sera de récolter 100 000 euros par an afin d’acquérir de nouvelles œuvres ainsi qu’un soutien considérable pour la nouvelle génération de créateurs.

Les premières acquisitions seront exposées dès le mois de novembre 2014 au Palais Galliera.

Ci-dessous, Twiggy par Richard Avedon, Vogue américain, août 1967 – à gauche robe de Geoffrey Beene

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Ci-dessous, Peter Lindbergh (né en 1944), Vogue italien, mars 1989

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Ci-dessous, Hans Feurer (né en 1939), Vogue français, mars 1973

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« Papier Glacé, une rétrospective d’un siècle de photographie de mode chez Condé Nast »

Du 1er Mars au 25 Mai 2014 au Palais Galliera.

Curatrice de l’exposition : Nathalie Herschdofer

Azzedine Alaïa, l’excellence

Les louanges sont au rendez vous lorsque l’on évoque le créateur Azzedine Alaïa. Des créations au rang d’œuvres d’art, loin des images d’une certaine industrie du luxe. Fasciné par le corps féminin, Azzédine Alaïa, sculpteur issu des Beaux-Arts, le sublime de façon prodigieuse, « un véritable artiste qui crée son œuvre comme bon lui semble ».

Afin de célébrer sa rénovation, le Palais Galliera accueille l’œuvre du visionnaire, des créations en écho à l’envergure du lieu. Les silhouettes nous apparaissent comme des statues où vêtements et corps ne font plus qu’un, comme s’ils avaient été façonnés dans le même moule. Olivier Saillard, directeur du musée, choisi de mettre en scène les créations sans vitrine, afin de initier un dialogue entre elles. Les modèles semblent alors prendre vie à travers les courbes féminines.

En observant l’œuvre du maître, le rapport au corps est une évidence, structure, souplesse, sculpture, sont les mots récurrents lorsqu’on évoque son œuvre.

 

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Couturier à la prouesse technique impressionnante, ses créations peuvent se référer, par la sensualité et la sublimation des courbes du corps, à la Vénus Génitrix. Le travail de drapé et de coupe rappelle également l’œuvre de la révolutionnaire Madeleine Vionnet. Le vêtement Alaïa est structuré de façon à épouser parfaitement les formes du corps.

Loin des grandes industries de mode, des tendances ou du rythme rigoureux des collections, Azzédine Alaïa présente ses collections comme il lui plaît et agit en adoptant une posture d’artiste ou d’artisan indépendant.

Il nous dit avoir reçu le meilleur apprentissage de ses amies: « apprendre la mode avec les femmes ». Alaïa crée avant tout des robes pour ses proches: de Greta Garbo à Rihanna en passant par Michelle Obama ou Grace Jones.

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Le créateur modèle et façonne des silhouettes aux proportions novatrices. Certaines robes semblent d’ailleurs venir tout droit du vestiaire du moyen-empire égyptien tant elles épousent parfaitement les courbes du corps. Des créations qui perdurent dans le temps et qui ne se résument pas à une époque tellement elles sonnent justes, intemporelles.

 

« Mur-Mer », une photo de Sarah Le Guern

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Trois lignes, dégradé de couleurs terriennes, strates géologiques séparant la mer d’un espace blanc, un mur(?) immaculé, à la lumière aveuglante comme les reflets du soleil sur la mer en été. Sarah Le Guern nous propose une lecture graphique et esthétique d’un paysage.

Aux trois-quart inférieurs, un espace vertical, fait de couches, somme de nos expériences de vie accumulées et choisies, s’oppose à l’horizontalité et la singlularité de la mer. Doit-on grimper ce mur de forteresse et y voir la mer en contrebas? Ou alors doit-on avancer sur plusieurs centaines de mètres pour y atteindre la mer?

Les repères tridimensionnels sont brouillés, l’horizon n’est plus et notre vision est ramenée sur un plan unique. Les plages de galets du Havre qui ont accompagnés sa prime enfance ont sans doute donnés à la photographe Sarah Le Guern des envies d’horizons… La mer symbole de l’immensité est réduite ici à la portion congrue. Les echelles sont boulversées, comme s’il fallait désapprendre pour avancer à nouveau.

Cette nature morte, « propre », aux lignes parallèles, témoigne d’un souci quasi-perfectionniste de la composition et du cadrage. Sarah Le Guern « dessine » avec son regard, des photos à l’esthétique rigoureuse.

Passer de la verticalité à l’horizontalité sont deux logiques différentes. Une liberté, un changement de cap comme les affectionne Sarah Le Guern depuis 14 ans qu’elle photographie les êtres et les paysages.

Elle crée une nouvelle géométrie de l’espace, nous donnant l’envie de briser de manière frontale le cours du temps, celui qui parfois, couche après couche, nous ancre.

Les photos de Sarah Le Guern, n’ont donc pas de limites, elles nous invitent à sortir du cadre, à nous dépasser pour aller dans toutes les directions, sans repères pré-définis.

Frontalité, approche du paysage
Galerie Vieille du Temple
17 octobre – 28 novembre