Anatomy of an influence: Rick Owens and the Shadow of Bowery

What a surprise it was to come across this portrait of Leigh Bowery by Fergus Greer — Session VII, Look 37, June 1994 — a few days ago, in a room of the Tate Modern as a part of the museum’s exhibition dedicated to him.

Leigh Bowery by Fergus Greer (Session VIl, Look 37, June 1994)

It was impossible not to think of Rick Owens’ Spring/Summer 2016 show and the so-called « human backpacks ». The press had seized upon the gesture, which the designer described as a tribute to women: “It’s about nourishment, sisterhood/motherhood and regeneration; women raising women, women becoming women, and women supporting women.”

However, there was no mention of this possible echo — no parallel drawn and Rick Owens’ reinterpretation of it. Still, this image — a body carried by another — had already been staged by Bowery some twenty years earlier. It’s just one of the many intersections the exhibition brings to light, which shows just how underestimated his influence on the creative fashion scene is.

Annie Leibovitz, Leigh Bowery, New York, 1993

As I continued my research, I found that Annie Leibovitz had photographed the same look in 1993 — a few months before Greer. This is yet another trace of the protean figure that was Leigh Bowery, whose radical aesthetic continues to resonate today.

VAVA DUDU, LA MUSE ET LA CHATTE

© CHRISTIAN POULOT

Vava Dudu n’est jamais front row, ni même au second plan. Elle est celle que l’on aperçoit au second regard : bariolée, tout au fond, affairée, habitée d’une présence presque chamanique.
On devine alors que c’est elle qui, en secret, a soufflé à l’oreille des créateurs, les a inspirés, telle une muse.

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L’exposition de Demna chez Balenciaga mérite plus qu’une visite

C’est un hommage comme la mode en produit rarement. Et une fin de chapitre comme peu de créateurs peuvent s’en vanter.
Dans le silence ouaté de l’ancien hôpital Laennec du VIIᵉ arrondissement, au cœur même du siège de Kering, Demna Gvasalia orchestre sa propre sortie. Une exposition sans tapage, ni triomphalisme — mais qui dit tout de l’impact qu’il a eu, en dix ans, sur Balenciaga, sur le vêtement et sur la culture contemporaine.

Le dernier événement de ce type fut sans doute l’exposition dédiée à Marc Jacobs en 2012, célébrant la fin de ses quinze années chez Louis Vuitton qu’il avait transformée en marque de mode. Là aussi, un hommage qui avait pris place au musée du Louvre.

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WE SHOULD ALL BE FEMINISTS (THEY SAID) – SHALL WE TALK ABOUT IT?

Only 10% of Fashion Houses Led by Women

The recent reshuffling of creative leadership at major fashion houses has brought attention to the underrepresentation of women in top roles.

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L’ART SAUVE LE MONDE

Ce week-end se tient Révélations, la Biennale internationale des métiers d’art et de la création au Grand Palais.

Le vernissage de vendredi fut l’occasion de retrouvailles : mes amies de longue date du WBDM – Wallonie Bruxelles Design Mode (oui je suis très belge), l’artiste plasticienne Patricia Canino, et l’historienne de la mode Lydia Kamitsis.

Patricia Canino, Daniel Henry et Lydia Kamitsis

Sur leur stand, j’ai découvert le travail fascinant de Daniel Henry, ennoblisseur. Grâce au mécénat de la ville de Bruxelles, il signe Velum Magneticus, une œuvre destinée à la salle des mariages de l’Hôtel de Ville gothique. Composée d’une tenture à plis et d’une broderie par application (patchwork) sa création s’adosse à une structure datant elle de 1897. Il m’apprendra, à demi-mot, collaborer depuis plusieurs saisons avec Maison Martin Margiela sur un procédé d’application d’or sur tissu puis craquelé à la main.

Velum Magneticus

En déambulant, la matière foisonne – marbre de Carrare, résine, textile, laiton, béton, ferraille, porcelaine et montre la richesse de la création humaine.

Autre éblouissement : coup de cœur pour les cubes paysagistes de l’artiste coréenne Jeon Ahyun, les textiles organiques de la créatrice textile géorgienne Ekaterine Geguchadze, aux accents de Sheila Hicks et la sélection rigoureuse de Caroline Andreoni dont chaque pièce donne envie d’acquérir une villa à Isla del Rey et d’en confier l’entièreté à ses designers, du seuil au plafond.

Une dissonance latente: entre les ors du lieu et la précarité de certains créateurs dont le talent peine à trouver preneur. La nécessité de ces manifestations s’impose alors : pour provoquer la rencontre, faire résonner les voix du secteur et donner corps à leurs gestes.

Il reste quelques heures pour s’y laisser submerger – et en ressortir un peu plus émerveillé.

PARIS FASHION WEEK, JUNN J, STREETWEAR DE LUXE

Le streetwear désigne un style vestimentaire ancré dans la culture urbaine et populaire. Il se caractérise par des vêtements décontractés avec une dimension artistique (logos, collaborations avec des artistes, etc.). Au fil du temps, le streetwear s’est popularisé et est devenu un pan essentiel de la mode contemporaine.

Le « luxe » en mode, renvoie traditionnellement à des pièces produites avec des matériaux de qualité supérieure. Il inclut un savoir-faire artisanal avec des détails de broderie et l’utilisation de tissus exclusifs.

La collaboration entre Louis Vuitton et Suprême de 2017 a marqué un moment important. Une maison de luxe historique s’ouvrait alors à l’esthétique urbaine.
Ce fut un coup marketing et commercial très probant, mais qui manquait de profondeur créative car essentiellement appuyée sur la juxtaposition de logos, le streetwear-luxe se résume à un processus « additif ».

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DOVER STREET MARKET PARIS

For several weeks now, paris finally reclaims an iconic venue for fashion dissemination

For some time now, despite the presence of a few independent boutiques, the capital ‘of la mode’ has lacked a flagship destination since the closure in 2017 of Colette the famous conceptual store.

With the arrival of Dover Street Market-Paris, this void is now filled, infusing Paris with a new conceptual dynamism where artistry avant-garde and commerce boldly merge.
Conceived by Rei Kawakubo and her husband Adrian Joffe, and already established in London, Los Angeles, Tokyo, and Beijing among other locations, the Parisian space immediately distinguishes itself with its labyrinthine spatial layout, reminiscent of the Mayfair store in London, a feature uniquely reproduced in Paris.

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SORTIR EN CHEVEUX? MOI JAMAIS !

L’expression « sortir en cheveux » signifie sortir tête nue, non couverts, sans fichu, sans bibi ou sans chignon. La coutume a perduré jusqu’aux alentours des années 60. Il était malvenu alors, pour une femme de sortir les cheveux libres, et si c’était fait de manière délibérée il en était d’exprimer une certaine désinvolture.

Sur les photos ci-dessous issuent de la collection automne hiver 1997 de Yves Saint Laurent Rive Gauche une longue écharpe entouré le visage des mannequins, il s’agit d’une déclaration stylistique et artistique (la collection étant un hommage à Mondrian). Les temps ayant changé, beaucoup d’idées se sont déplacées sur le plan politique, religieux, social et culturel. Une telle représentation pourrait-elle être aujourd’hui sans provoquer de polémique ?

YVES SAINT LAURENT RIVE GAUCHE-AW 1997
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ON A VU: ROISÍN MURPHY, ICONE DE MODE

L’attente était grande pour le spectacle de Roisín Murphy à l’Olympia l’autre soir.

On anticipait des tenues extravagantes.
On espérait des poses et une théâtralité corporelle sur scène hors du commun.
On souhaitait une fosse habitée de fans vibrants d’énergie.
On attendait une performance hors norme.

Le résultat a surpassé mes attentes… ce fût un un show à 200%!
Le live s’est révélé être une véritable démonstration de passion, menée tambour battant, avec une énergie inébranlable, imprégnée de folie, sans retenue, et s’est avérée être une immense source d’inspiration.

Roisín Murphy ce soir là confirme son statut de véritable icône de la mode.
Ses choix vestimentaires, à mille lieues des tenues pour faire le buzz de stars plus mainstream étaient chargés d’histoire et de références culturelles.

Comment, en effet, ne pas évoquer Yves Saint-Laurent devant une telle allure ?

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024-Musée Yves Saint Laurent
Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Musée Yves Saint Laurent
Jerry Hall dans un tailleur monochrome Yves Saint Laurent
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