PFW | Jay Ahr AW12

Jay Ahr, un nom de marque à consonance orientale, mais il n’en est rien. Il s’agit de la retranscription phonétique, en anglais, des initiales (JR) de son créateur Jonathan Riss.

Né à Paris, mais ayant vécu toute son enfance entre Bruxelles et Anvers il n’a pas suivi d’école de mode ou fait d’apprentissage dans un grande maison. Jonathan Riss possède un parcours singulier.

Tout commence à Dniepropetrovsk en Ukraine où il est directeur artistique d’une usine de fabrication de tissu pour l’armée soviétique… Puis ce sera l’Inde, l’Angola, New-York et enfin le retour à Paris.

Pendant toutes ces années il apprendra la broderie, montera des ateliers de joaillerie, apprendra les différents artisanats locaux, sera chercheur de diamants bruts…

A New York, il rassemblera toutes ses expériences pour faire les vitrines de Bergdorf Goodman et Barneys avant d’ouvrir Jay Ahr son propre studio de création de luxe à Paris.

Ses réalisations témoignent de son parcours atypique, le tissu est retravaillé, plissé, brodé créant des effets matières rappelant le travail d’artisan… de luxe.

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Ci-dessus, dans les couloirs de son studio on peut découvrir une autre facette du talent de Jonathan Riss.

Il expose 14 broderies de vertébrés qu’il a réalisé sur la base du travail Evolution du photographe Patrick Gries. Véritable mise en abîme avec le travail du photographe, chaque broderie retranscrit l’Evolution de cet art dans le temps aussi bien sur le plan culturel que technique.

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Un style qui marie les matières précieuses, la couture, la broderie et la joaillerie pour une mode authentique, hors des tendances mais pas déconnectée.

PFW | Limi Feu AW 12

Elles ont l’air si parisien avec leurs petites têtes les mannequins de Limi Feu, beaucoup de cheveux courts, des bérets et des bibis… Rousse et frangée, elle est Poil de carotte androgyne; noir de jais, la voici Barbara ou Zizi Jeanmaire moderne; blonde décolorée, elle est néo-Blondie; échevelée romantique, c’est une héroïne grunge. Elle est donc aussi un peu déjantée, tout comme les volumes que Limi Yamamoto se plaît à bousculer pour cet hiver.

Les chemises s’allongent et se métamorphosent en robes. Les robes mutent en manteau. Les pantalons escaladent le corps pour devenir un hybride entre la salopette et la combinaison. Un corset se régénère en robe corsetée.

Les cols, les manches, les rabats de poche et les boutons sont, sur certaines silhouettes sur-dimensionnés. Un travail sur les proportions et la reproduction, rappelant un peu, Martin Margiela (circa. 1999) et son travail sur l’oversize et la reproduction de vêtement de poupée.

Dans ses vêtements trop grand pour elle, la femme Limi Feu semble frêle et perdue. Les mains dans les poches elle fonce la rebellion sous cape.

Et puis des robes, plus ajustées, plus chatoyantes…

…ou plus agitées jouant avec les asymétries et les codes de la famille…

ou ci-dessous, comme un clin d’œil à la grande Mademoiselle.

Chez les Yamamoto on aime Chanel, en 1997 Yohji rendait hommage à Gabrielle Chanel en faisant défiler ses réinterprétations du tailleur en tweed.

Jeux de dos

Ci-dessous un pantalon se fait combinaison (vue de dos)

vue de face

China in Paris | Liu Fang

Fall in love with Liu Fang cashmeres design during China in Paris event.

Liu Fang is the chief designer of Paluopo a famous and huge chinese company which products cashmere apparels.

Her knitting art got highly recognition in Europe where she designs for lots of advanced fashion houses. She collects fashion awards since 2008. Last year she won the Knit Award during the China Creative Design Contest.

Recently her works appeared on the cover of Surface (Jan, 2012) and mentioned in Vogue, Harper’s Bazaar…

Liu Fang the chinese Sandra Backlund?

PFW | Anthony Vaccarello AW 12

Waaow ! Anthony Vaccarello à la Cité de la Mode et du Design! Il n’y a pas si longtemps, c’est entassés joyeusement à la Galerie Joyce que l’on assistait à ses défilés. Entre temps, il y a eu la reconnaissance internationale de son talent et le prix de l’ANDAM.

De Suzy Menkes à Susie Lau, le front row réunissait, ce jour, tout ce que la presse et l’e-press comptait de rédactrices influentes.

Et toujours cette manière de dessiner des obliques, des diagonales, des lignes basculées sur les vêtements, créant des perspectives escheriennes sur les vestes, les bustiers, de concevoir des volumes… a plat.

Tout est à l’unisson, grandeur du lieu, musique néo-disco qui claque et mannequins à la démarche métronomique, quasi-militaire.

Quand certains créateurs ces dernières saisons proposent des volumes extravagants en 3D, Anthony Vaccarello, aime, « semble-t-il » travailler en 2D.

Les asymétries sophistiquées sont une des marques de fabrique du créateur belge. Ici se rencontrent plissés, plis, découpes et sangles. Une vive tension habite les vêtements d’Anthony Vaccarello.


Dans le dos des bretelles non symétriques concluent le propos sur des pantalons aux pinces se présentant vers l’extérieur.

Plis et sangles créent des zig-zag sur les tops, pour un ensemble très graphique et strict, au point parfois que l’on peut se demander si cela n’est pas un peu trop compliqué…

Le travail sur la poitrine peut laisser perplexe, les bonnets laissant souvent trop « d’aisance »…

La singularité d’Anthony Vaccarello consiste, entre autre, à tracer des lignes sur le corps féminin qu’il rend ainsi terriblement sexy.

Une foultitude de détails, d’éléments en tension, voire contrariés apportent à la mode du designer belge une modernité époustouflante.

Il traduit de manière simple et directe l’air du temps où tant de choses semblent se télescoper.

Anthony Vaccarello c’est un radicalisme rock, strict et sophistiqué, qui ne cherche pas à séduire avec des éléments nostalgiques, mais qui préfère l’audace et le risque (car la frontière avec l’erreur esthétique est ténue) d’aller en avant toute!

 

PFW | Damir Doma

The silhouettes of Damir Doma are rather known for their minimalism and comfortable proportions. It was certainly a surprise when we seen a few days ago, these men wearing fur and african-inspired prints on the podium.

Half of the collection later, we found again the style of the croatian designer: mixing shades of gray and a work on another volume for men clothes.

For the autumn/winter 2012, the cut is as usual, but colors (in fact only on two silhouettes) and subversives stripes appeared.

Not necessarily convincing, Damir Doma, however, opens the way for other creative directions. We look forward to see the rest of the process.


Green…

De Damir Doma on est plutôt habité à voir défiler ses moines urbains, silhouettes minimalistes aux proportions confortables. C’est avec surprise que l’on a pu voir il y a quelques jours, ces « hommes des steppes », portants fourrures et imprimés afro-inspired surgir sur le podium.
Une fois la surprise passée (la moitié de la collection) on retrouvait alors le style plus connu du créateur croate, privilégiant les nuances de gris et le travail sur de nouvelles proportions masculines.

Son travail de coupe reste le même, la couleur fait son apparition, timide mais franche ainsi que que l’imprimé et de subversives rayures (lire L’Etoffe du diable, une histoire des rayures et des tissus rayés de Michel Pastoureau).

Pas forcément convaincant, Damir Doma s’ouvre néanmoins la voie à d’autres directions créatives, au regard de son parcours on attend avec impatience la suite des ses investigations.


… and red, that’s all for the color for this season on two tops.

En deuxième partie du défilé, le style plus « classique » de Damir Doma.


Ci-dessus un des plus bel ensemble de la collection

Ci-dessous son travail sur le tailoring entamé lors des saisons précédentes.

Paris Fashion Week | Josephus Thimister

Josephus Thimister invites us to a wandering. Monastic silhouettes in white, black and brown, sandals and leather pouches. A very beautiful, studious and peaceful show.

Josephus Thimister à présenté un des beaux défilés de la semaine de la mode parisienne. Il nous invite à une errance studieuse. Des silhouettes monacales empreintes de vertu. De l’écru, du noir, du brun-rouille, des sandales et des pochettes en cuir.

Une collection mixte, un vestiaire aisément interchangeable entre elle et lui.

A mixed collection for her and him.

Ci-dessous, le sarouel présent tout au long du défilé en pantalon ou bermuda.

Below, you can see the harem pants during all the show.

Austère, mais sensuelle, shorts et jambes libres, la collection de Thimister crée un bédouin moderne et citadinLes tissus sont fluides, ajourés et coulent sur le corps.

Lorsque qu’un corset en cuir (ci-dessous), vient apporter de la (re)tenue, une jupe déchirée haut sur la cuisse vient en contrebalancer l’effet…

Austere and sensual, the collection describes a modern urban Bedouin. Fluid and mesh, the fabrics floats on the body. When a leather corset hold the waist a torn skirt counterbalances the effect (see below) …

… boutonnée jusqu’au col, c’est la jambe qui se libère.

… buttoned to the neck, the leg is free then.

Lie Sang Bong, a star

« One can tell the truth about Lie Sang bong whitout knowing what lies behind the designer. In this book one can find what has been truly going on with Lie Sang Bong during the last 25 years. » (excerpt from The truth of Lie Sang Bong)

Dear Anna Bang, writer for Volt magazine, gave me this book (autographed) on the famous Korean designer Lie Sang Bong. Selected view below.

The truth of Lie Sang Bong, edited by Kyobo book centre

Jean Paul Gaultier | Souk & chic

Jean Paul Gaultier revisite ses classiques pour l’été 2012.

Jean Paul Gaultier Summer Spring 2012, on stage Miles Aldridge is taking pictures during the show for the next catalog.

Dans une mise en scène représentant un studio photo, les filles coiffées dans un style rétro-futuriste prennent la pose, suite à leur passage, devant l’objectif de Miles Aldridge, les photos trouveront place dans le prochain catalogue.

La « voix » de ce défilé, celle qui commente chaque modèle, fut confiée cette saison à Charlotte LeBon, qui malgré son humour singulier, ne parvient pas à nous faire oublier Elisabeth Quin dans cet exercice… Le trac peut-être?

Le tatouage qu’il réinterprète depuis 30 ans est présent partout, sur les collants, la peau, sur les blousons ou encore en broderie. On ne s’en lasse pas.

Le trench est dans tous ses états et les pantalons sont sublimes, larges, fluides, fendus au côté ou « à pont ».

L’élégance du souk-chic

C’est un trench « so british » raccourci et sans manches, porté sur une chemise blanche nouée à la taille, le tout agrémenté de bijoux d’inspiration orientale.
Ce sont des broderies monochromes très graphiques qui rencontrent des plissés qui rappellent Madame Vionnet.
C’est la marinère dont on attend la nouvelle version chaque saison.
C’est un « mix and match » fou entre une robe imprimé résille, un veste de jogging à capuche imprimée tatoo et des piercings.
C’est la rencontre entre calligraphie (voir sa signature brodée au dos des vestes) et typographie.
C’est Rachel de Blade Runner qui flirte avec Joan Crawford.
Ce sont des filles toutes différentes, mais au style à nul autre pareil (certaines, comme Lexy Hell ont même été recrutées sur Facebook)
Ce sont des couleurs très crues qui côtoient des tons nude.

On le dit impertinent et « enfant terrible », il est en fait un chroniqueur de la mode, de celle qui va de la rue aux podiums étoilés, d’aujourd’hui et d’hier, véritable miroir de notre société.

L’élégance selon Jean Paul Gaultier, c’est le métissage permanent. S’y mélangent des sons, des voix, des couleurs, des odeurs, un souk-chic et néanmoins bien français.

Paris Fashion Week | Véronique Leroy

Pour peu que l’on suive son parcours on reconnaît immédiatement les silhouettes de Véronique Leroy. Ses tenues sont chargées de souvenirs mais revisitées par le talent de la créatrice. Elle sait comment actualiser ces périodes passées, nous rendre nostalgiques tout en étant bien ancrés dans notre époque, saisissant l’air du temps.


Ce modèle en « maille grosse corde » est un de mes favoris.


Pour l’été prochain Véronique Leroy à travaillé sur des volumes plutôt amples, jupes, robes et vestes s’évasent, des emmanchures très « sporty » basses et décollées du corps, des jupes « tube » à la taille non appuyée donnant l’impression de s’échapper à chaque pas. Des couleurs ficelle, très « nature », des couleurs sorbet (lilas, citron, vert amande). De grands plis plats pour donner du volume et de l’aisance. Une collection aux lignes claires et modernes.

Revue d’emmanchure, envie d’aisance et esthétique… délicate.

Très eighties le ventre à l’air, brassière et crop top.

Un imprimé « zèbre » oversize et très graphique.

Ci-dessous contraste d’un pull fitted sur une ample robe blouse.

L’iconique chemise blanche revisitée par Véronique Leroy, une des pièces emblématiques du show. Aux proportions surdimensionnées (poches, encolure, revers, emmanchure) reste féminine.

Moins connotée « bourgeoise bon chic-bon genre » que Céline ou Chloé et positionnée sur un créneau moins luxueux, Véronique Leroy les retrouve cependant dans ce courant « mélancolique ». Elle se permet des audaces stylistiques qui donnent du dynamisme et fraIcheur à cet élan nostalgique, créant de très belle silhouettes.

Définitivement un de mes designers préférés.

« FREE YOUR MIND » WITH KARACHI DESIGNERS

LORSQUE L’ON ÉVOQUE LE PAKISTAN DANS L’ACTUALITÉ C’EST GÉNÉRALEMENT À CAUSE DES CONFLITS INTERNES, DES ATTENTATS OU DES TALIBANS… MONDIALISATION OBLIGE, NOTRE CHAMP D’OBSERVATION DE LA MODE EST DÉSORMAIS ÉLARGI.

DEPUIS LA CRISE ON PARLE DE DÉ-MONDIALISATION ET DE PROTECTIONNISME ÉCONOMIQUE. LE DOMAINE CRÉATIF QUI A BESOIN, EN PERMANENCE, D’ÊTRE SOLLICITÉ ET NOURRI N’EST HEUREUSEMENT PAS CONCERNÉ. LA MONDIALISATION ET L’APPARITION DE NOUVEAUX SPOTS DE MODE, FAVORISE LES ENVIES, ATTISE LES CURIOSITÉS.

LES FASHION WEEK SE COMPTENT PAR DIZAINES

IL FAUT ÊTRE CURIEUX, AVOIR LE DÉSIR DE VOIR CE QUI DÉFILE SUR LES RUNWAYS DE SAO PAULO, SEOUL OU KARACHI. AVOIR LA PATIENCE, AUSSI, DE VOIR DÉFILER DES ESTHÉTIQUES HORS DE NOS ZONES DE CONFORT OCCIDENTALES…
TEL UN TALENT SCOUT, DÉNICHER LE MANISH ARORA DE DEMAIN OU TOUT SIMPLEMENT SE LAISSER INFLUENCER PAR DES VISIONS DIFFÉRENTES, HOLISTIQUES DE LA MODE CONTEMPORAINE.

CES CRÉATEURS « VENUS D’AILLEURS » DOIVENT-ILS SE CONFORMER AU STYLE OCCIDENTAL, AU RISQUE DE PERDRE LEUR IDENTITÉ OU AU CONTRAIRE CONSERVER LEUR DIFFÉRENCE AU RISQUE DE PASSER POUR EXOTIQUES ET ANECDOTIQUES?

STYLE APPEAL BANKABLE

QUESTION ESSENTIELLE QUI CONCERNE LA CONQUÊTE DE NOUVEAUX MARCHÉS, BUSINESS IS BUSINESS. IL SE PASSE LA MÊME CHOSE POUR LES MARQUES FRANÇAISES TELLES ISABELLE MARANT, CARVEN OU VANESSA BRUNO AUPRÈS DES CLIENTES AMÉRICAINES (CF. LE DERNIER MADAME FIGARO « SPÉCIAL MODE »).

IDEM POUR LES EXCENTRIQUES CRÉATEURS ANGLAIS COMME CHRISTOPHER KANE… LA DIFFICULTÉ POUR TOUS CES DESIGNERS CONSISTE À CONSERVER SA SINGULARITÉ STYLISTIQUE  TOUT EN VENDANT.

LE VÊTEMENT COMME MEDIUM D’ÉCHANGE ENTRE LES PEUPLES… AUX POLITIQUES DE FAIRE AUSSI LE NÉCESSAIRE POUR PROMOUVOIR LEURS CRÉATEURS, DÉVELOPPER L’INDUSTRIE DE MANIÈRE RESPONSABLE.

LES FASHION RENDEZ-VOUS QUI VONT COMPTER DANS LES ANNÉES À VENIR SONT-ELLES CELLES QUI SE DÉROULERONT DANS LES PAYS À FORT POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT? LE PAKISTAN FAIT PARTIE DES NEXT ELEVEN, PARMI LESQUELS ON TROUVE LA TURQUIE, LA CORÉE DU SUD ET L’INDONÉSIE. ARZU KAPROL, HAKAAN, JUUN J. OU HARRY HALIM SONT ORIGINAIRES DE CES PAYS.

ALEXANDRA SENÈS A FAIT VENIR QUELQUES CRÉATEURS PAKISTANAIS SUR LE SALON DU PRÊT-À-PORTER, IL NE FALLAIT DONC PAS RATER ÇÀ… VOILÀ AUSSI UNE BELLE OCCASION D’APPRENDRE À CONNAÎTRE CES PAYS AUTREMENT QUE PAR LES CATASTROPHES NATURELLES OU LES ACTIONS MILITAIRES.


NICKIE NINA


NICKIE NINA


ZAHEER ABBAS


KHAADI KAAS


KAMIAR ROKNI


AU MILIEU UN MODÈLE DE MUSE


HSY


NICKIE NINA


NICKIE NINA


KAMIAR ROKNI