Matthew Cunnington en vrai !

Lors des derniers défilés haute-couture j’ai vu pour la première fois des modèles de Matthew Cunnington, lauréat de l’édition 2007 du Festival d’Hyères, in real life. Deux photos de ces petites robes noires pour immortaliser cet instant sous les arcades du Jardin du Palais-Royal…

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Tania de Tania et Vincent

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et Amira…

Bientôt je vous dirai ce qui se passait ce jour là, en face de la boutique de Didier Ludot

Carte blanche à Manish Arora

L’an dernier, suite à ce billet, je recevais le mail d’une journaliste me demandant mon avis sur la mode indienne et ses créateurs émergents (Ritu Berry, JJ Valaya, Manish Arora, …). Tous ces créateurs ont défilé à Paris et à Londres, mais au vu de ses récentes collaborations avec MAC, Swarowski et Reebok, Manish Arora est devenu l’emblème, le porte-drapeau de la mode indienne.

Sa toute récente association avec Swatch sera l’occasion pour lui d’être plus populaire, de faire connaître son style psychédélique et audacieux, mais aussi de se « frotter » plus encore à la demande occidentale sans se renier, exercice délicat.
Manish Arora a-t-il un avenir en occident au-delà de l’accessoire de mode ?

L’occasion nous est donnée de tourner notre regard vers l’est, non pas seulement en termes économiques et d’implantation des marques occidentales mais aussi en termes de style. A nous d’intégrer cette profusion d’imprimés, de motifs et de couleurs. A nous de regarder ces vêtements qui flirtent avec la Couture et le costume de scène.
En période de crise il faut apprendre à regarder devant soi. Pourquoi ne pas se mettre dans l’aspiration(1) de Manish Arora et profiter de son univers idyllique et enchanté ?

Christine Albanel, ministre de la Culture donne une carte blanche à Manish Arora jusqu’au 12 juillet, le créateur présente ses créations majeures dans les cinq vitrines du ministère de la Culture et de la Communication (Galerie de Valois).

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Un modèle de la collection « Circus », une de mes scénettes préférées

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Cette robe de la collection « Butterfly » m’a immédiatement rappelé une des créations de Philip Treacy (voir ci-dessous)

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Mais on peut aussi penser à « Milly Carnivora » la toute récente création de la non moins exubérante Victoire de Castellane pour Dior Joaillerie.
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Une robe très Courrèges de la collection « Space collection », sous un manteau brodé. Admirez l’arrière-plan très rétro SF

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En 2000 pour la Haute-Couture Jean-Paul Gaultier brodait la Tour Eiffel sur ses robes. Manish Arora brode un autre monument (oui c’est bien Big Ben et la Garde Royale qui sont brodés sur cette robe !).

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Têtes à têtes

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Profusion créative pour cette coiffe fiduciaire composée de dentelles, de billets de banque, de broderies, d’agrafes et de collages, un mix and match total.

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Modèle coiffé d’un bibi « Air India »

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Un modèle très sobre et très graphique, très différent du reste des créations.

Carte blanche à Manish Arora
du 26 mai au 12 juillet 2009
Vitrines du ministère de la Culture et de la Communication (Galerie de Valois)
Métro Palais Royal – Musée du Louvre
Horaires d’ouverture du jardin : de 7 heures à 22 heures

Le site de Manish Arora


(1) Pour utiliser une métaphore sportive

Souvenirs d’Hyères

Des photos souvenirs du Festival de la mode d’Hyères 2009, des visages, des figures, des impressions et quelques moments suspendus…

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Festival International de la mode d’Hyères 2009

Le plus difficile lors d’un festival comme celui d’Hyères est de savoir faire la part des choses, différencier les créations coup de cœur des créations qui augurent d’un réel potentiel.

L’an dernier Jean-Paul Lespagnard et Matthew Cunnington se trouvaient aux antipodes l’un de l’autre stylistiquement parlant, mais tous les deux jouissaient d’une certaine crédibilité.

Cette année, je suis un peu passé à côté des choses; n’ayant pas pu assister à la première journée du festival, je n’ai pas pu prendre le temps d’apprécier l’ensemble des collections et des expositions. Dimanche j’en étais encore à mes coups de cœur et ne portais qu’une légère attention au buzz autour du duo letton, futur lauréat de l’édition 2009.

De mes échanges avec les différents designers et photographes, voici ce que j’ai retenu/aimé/détesté de ce week-end pluvieux mais toujours passionnant :

J’ai noté

qu’une grande partie des créations présentées cette année étaient finement « ciselées », beaucoup de plissés, de découpes et d’empiècements…

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Création Maxime Simoens, sur le thème du kaléidoscope, multiples découpes et bas de robe mille-feuille.

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Création Thomas Trautwein, « Bandit Couture » : gilet à empiècements multiples, fermeture Perfecto et aux épaules plissées

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Plissés réguliers sur le devant de cette robe « chic et choc », création des lauréats Marite Mastina & Rolands Peterkops

J’ai été étonné

car la moitié des designers sélectionnés se réclament de la Sainte Trilogie « arty-fashion » : Martin Margiela/Rei Kawakubo/Hussein Chalayan, voire des trois à la fois. Une tendance qui m’a fait leur demander naïvement s’ils se considéraient plutôt comme des fashion designer ou des artistes. Bien entendu leur réponse fut unanime: la finalité est de créer des vêtements destinés à être portés (wearable)…

La créatrice la plus emblématique de cette tendance est Melody Deldjou Fard dont le thème explore les transformations corporelles résultant de notre interaction avec les technologies, ses vêtements (sauf un) défilent sur des mannequins de chiffons portés par des mannequins de chair…

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Création Melody Deldjou Fard
Ci dessous deux extraits très courts d’un entretien avec Melody et Anémone Skjoldager lorsque je pose ma « question-piège » (éclats de rire inside) :
[mp3]http://www.lemodalogue.fr/audio/fimh2009-fashion designer vs artist.aif.mp3[/mp3]

J’ai été charmé

par la démarche créative de Steffie Christiaens qui a réalisé sa collection en photographiant des vêtements basiques soumis à l’influence du vent. Ces instants « saisis » font apparaître des formes inédites à partir desquelles elle crée le vêtement. Idem pour les créations d’Anémone Skjoldager qui construit ses vêtements à partir des projections qu’elle réalise sur des acrobates vêtus de blanc; le motif crée le patronnage, générant des formes inattendues. Des démarches proches où photo et vidéo, manipulées par le créateur, sont à la racine du processus créatif.

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Création d’Anémone Skjoldager, bichromie géométrique, sous influence Op Art

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Création de Steffie Christiaens, qui rappelle les réalisations de Rei Kawakubo pour Merce Cunnigham

J’ai aimé les propos

de Camille Vivier sur la fascination qu’exerce l’art contemporain sur les stylistes de mode et la mode sur les artistes contemporains.

Je suis passé à côté

des hermétiques vidéos de Camille Vivier (ci-dessous Boojie Girl, par A Shaded View)

Je me suis effacé

comme les mannequins de Thomas Trautwein, Melody Deldjou Fard et Marite Mastina & Rolands Peterkops.

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Bandit romantique sans visage (très margielesque)

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N’est pas le mannequin qui croit chez Melody Deldjou Fard, le mannequin « sans vie » vole la vedette.

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Coiffure oversize pour détective incognito chez Marite Mastina & Rolands Peterkops

J’ai aimé

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cette veste (bien que j’aurais préféré une manche gauche classique) de Thomas Trautwein, dont j’étais persuadé qu’il allait remporter le grand prix du jury.

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cette robe faite de bandelettes de cuir de Steffie Christiaens

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ce manteau d’Harald Lunde Helgesen lauréat du prix Crystallized-Swarovski Elements

Dans un prochain billet je vous montrerai les modèles des lauréats ainsi que les nouvelles collections des gagnants de l’édition 2008, et vous parlerai de mon coup de cœur pour la photographe mexicaine Alejandra Laviada.740

1.2.3 Go Jean-Paul Lespagnard Go !

I l y a quelques semaines Jean-Paul Lespagnard, mon lauréat préféré du dernier festival d’Hyères, à présenté sa collection printemps-été 2009 pour 1.2.3-Étam. On y retrouve l’esprit supra-optimiste du créateur, qui campe un scénario se déroulant à la montagne, un brin « kitsch » évidemment. Les filles aux jambes interminables et à la perruque supra-oversized sont shootées devant des imageries montagnardes qui ont sans doute fait les beaux jours de certains living-room des années 70.

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Tout comme les frites étaient « l’accessoire » récurrent et marquant lors de la précédente collection, pour celle-ci c’est la corde d’alpiniste terminée par un gros nœud façon balle qui remplit cette fonction. On la retrouve sur les chaussures, lacée le long de la jambe, en ceinture ou en bandoulière; tantôt sur un sweat long, une combinaison-swing, une robe-short, ou sur une robe aux larges rayures rouges et blanches, motif que semble apprécier le créateur.
Une collection qui devrait permettre de prendre un grand bol d’air frais cet été.

Jean-Paul Lespagnard 4 1.2.3, summer-spring 2009

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équilibre instable en leggings supra-moulant irisés

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confortable en débardeur avec un imprimé placé façon « Fruit of the loom »

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un maillot une pièce imprimé photo représentant une marmotte en tenue de boxe…

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Le site de Jean-Paul Lespagnard
À lire égalemment : Palmarès de Hyères

Palmarès de… Hyères

Prix spécial du Jury : Matthew Cunnington
Prix 1.2.3 – Etam : Jean-Paul Lespagnard
Prix du public : Jean-Paul Lespagnard

Plage de L’Ayguade, où j’ai passé mon enfance, dimanche 18 heures, le soleil est au rendez-vous du point culminant du week-end. Le palmarès du 23e Festival de la Mode et de la Photographie d’Hyères est connu, fin du suspens et beaucoup d’émotions, au point que Michel Malar, DA de la partie photographie du Festival finira par verser une larme à la tribune.

Flashback

En rentrant à mon hôtel vendredi soir, il ne faisait aucun doute pour moi que les réalisations de Jean-Paul Lespagnard, d’Isabelle Steger et Matthew Cunnington allaient se partager les prix. La question était quel prix pour quel créateur ?

Les créations de Jean-Paul Lespagnard, m’ont séduit pour la tornade d’optimisme qu’il a fait souffler sur ces défilés et ces trois jours de festival. Le croiser sur la grande terrasse de la villa Noailles, tout sourire, vous requinque pour la journée tellement il irradie la joie et le plaisir d’être là. Et pourtant l’histoire de sa collection, celle de Jacqueline, vendeuse de « fritkot » (friterie) qui rêve d’épouser un cowboy texan est bien plus qu’une simple blague de potache.

En effet pour Jacqueline il n’y a que deux issues; soit elle réussit sa vie en accomplissant son rêve, soit elle rate sa vie qui se termine alors dans un hôpital psychiatrique, il n’y a pas d’autres possibilités. « Ce parcours en Y, très personnel et très proche, comme me l’a confié le créateur, sera mis en scène lors de prochains défilés.

Et l’humour dans tout çà ? Car pour moi, c’était la partie visible de l’iceberg, celle qui manque cruellement à la Couture ou au Prêt-à-porter. Jean-Paul Lespagnard m’a alors assuré que bien sûr, l’humour faisait heureusement partie de son processus créatif et qu’il était aussi un élément fondamental de son défilé. Ouf !


Perruque et sourire oversize, rayures hypnotiques, robe de serveuse de fritkot revue et corrigée


Robe de fermière à motif tipi d’indien


Viens goûte mes frites ! Détail : le cornet de frites intégré au talon…


Les broderies de ce vêtement aux volumes clownesques ont été réalisés au sein d’un hôpital psychiatrique, par les internés eux-mêmes; afin de garder toute la cohérence du propos cité plus haut.

Un style et un humour qui n’est pas sans me rappeler celui de Walter Van Beirendonck autre belge barbu.

La collection d’Isabelle Steger (Autriche) m’a immédiatement conquis. Un univers très créatif, des silhouettes au graphisme géométrique avec comme bande son une reprise de « Life is life » façon musique militaro-industrielle, oppressante. Inquiétants sont les mannequins dans ces vêtements qui semblent les accabler, avec une démarche rasante comme-ci leur centre de gravité était ramené à 20cm du sol ! Des vêtements de travail disproportionnés comme pour signifier le poids de celui-ci dans nos vies quotidiennes ?

Le grand prix du jury va à la collection de Matthew Cunnington (Royaume-Uni), que j’avais classé troisième dans ma wishlist, pour sa collection monochrome, noire, baptisé Hail Mary.

Des drapés contrariés stoppés net par de larges ceintures drapés, des robes qui coulent sur les silhouettes looongilignes, comme un souvenir dont on aurait du mal à se séparer, qui « colle à la peau ». Ce souvenir c’est celui de sa mère contrainte à abandonner sa fille illégitime et qu’elle ne retrouvera que trente ans plus tard.

Une dernière silhouette en robe ajourée accidentellement par de l’acide, comme rongée par le temps ou le remord et en même temps si délicate. Une robe douce amère, pleine de délicatesse.
Difficile de ne pas être ému à la fin de ce passage.


Bras collés le long du corps comme saisi par la peur, ceinturée taille haute, démarche lente. Tout est retenu, suspendu.


Looongiligne silhouette, vêtue d’une robe qui semble couler sur son corps comme de la poix.


Délicat détail sur ce dos nu

Matthew Cunnington et Jean-Paul Lespagnard ont livré deux collections se situant a priori aux antipodes l’une de l’autre, mais au contenu émotionnel fort et très personnel.

Stéphane Mahéas n’aime pas les écoles de mode…

Un article intéressant, quoi que pas tout à fait juste, notemment sur le passage sur les écoles de stylisme ; les écoles comme Esmod, Mod’Art International ou autres n’ont pas pour vocation première de former des grands couturiers.
Deuxièmement, ces écoles ne forment pas que des futurs chômeurs, car elles alimentent égalemment l’énorme marché du prêt-à-porter, des centrales d’achats, des bureaux de style, des créateurs etc. en formant aussi bien des stylistes que des modélistes. Vanina Vesperini, Catherine Malandrino ou encore le grand couturier Franck Sorbier sont sortis d’Esmod, comme quoi…

En consultant le parcours de Stéphane Mahéas, je note quand même une chose, il a commencé sa formation haute couture par un BEP et un CAP « industrie de l’habillement », un cursus certes moins valorisé, moins « hype » et moins glamour que celui des écoles de mode, car non créatif, où l’on apprend les techniques nécessaires à cet artisanat.

Cursus à ne pas occulter, ni dénigrer, sans doute, pour ceux et celles qui veulent se retrouver dans un atelier de haute couture ou devenir grand couturier.

La Cambre MODE[S]

 

Sur les conseils de mon ancien prof (Xavier Chaumette), auprès de qui j’ai la chance de travailler aujourd’hui, je me suis procuré le livre La Cambre MODE[S] 1986-2006, célébrant les 20 ans du département mode de l’École nationale des Arts Visuels de la Cambre. Le livre est gros pavé 500 pages largement agrémenté de photos, de notes et d’interview. Sa réalisation, sa mise en forme graphique est parfaitement en phase le sujet, le choix du papier, de la typographie, la mise forme des visuels véhiculent ces idées de rigueur et de créativité qui, à mon sens, font La Cambre MODE[S].

Le livre s’ouvre sur un face à face entre les deux directeurs du département mode, Francine Pairon, qui l’a créé et Tony Delcampe, ancien élève et son successeur. C’est un entretien informel, sur des souvenirs, des pensées. J’ai trouvé plusieurs passages de cet échange très intérressants, on y apprend énormément sur les méthodes d’enseignement, sur les attentes des élèves et des professeurs, sur la mode et ses rapports avec les autres disciplines artistiques.

Entre l’Académie d’Anvers (Dries Van Noten, Ann Demeulemeester, Dirk Bikkembergs, Martin Margiela, Raf Simons…) et La Cambre à Bruxelles (Oliviers Theyskens, Cathy Pill…) , la Belgique s’impose comme un grand pays de mode.

J’ai numérisé quelques passages de cet entretien, afin de vous faire partager ma découverte.
Bonne lecture !


The elusives

Francine Pairon

How to integrate fashion design into an art school? There is something ambiguous about fashion: we stand between art and commerce and we obviously have a slightly hybrid profile. We are part of the elusives. In an art school, fashion doesn’t have the same credibility as design or the graphic arts, since we are part of the applied arts, the « impure arts » so to speak. But nevertheless, our department has evolved and has won acclaim. We have always been very independent. It cost us dearly, but that was the price of freedom.

The Hyeres Festival

Francine Pairon

From the begining, I wanted the department of fashion design to have an international dimension. In 1991, our students took part for the first time in the Hyeres Festival. John Galliano and Paquita Paquin were members of the jury. They were amazed by my students’ propositions, that were utterly, completely personal, not at all trend-related, uncompromising. We started scooping all the prizes.

The teaching approach

Tony Delcampe

The teaching approach can only be devised with the final result in mind. Who do we want to train at La Cambre? If we want to train fashion designers, then our main focus should be on personalities. These can only grow through an unavoidable process that consists in developing the creative language by means of a formal vocabulary. This process also includes some experimentations. The method is a combination of visual creativity and technique. Through a series of exercises, the student explores as deeply as possible his or her own vision.

Francine Pairon
For long, the following issue has been a topic for discussion: do we want to train fashion designers or fashion stylists in our department.

It didn’t take us long to realise that if we consider fashion with all it’s complexity, it is not so easy to make a clear distinction between these two profiles. When you put fashion on the curriculum of an arts school, then you want to train fashion designers who have to develop their own personal idiom.

If you want to train fashion stylists, then the standards and requirements will obviously be very different. The people you would then prepare for the job market will have acquired abilities but not necessarily a personal form of expression.


Volumes

Tony Delcampe
Garments rest on supporting points; these are the same for everyone, they are universal. Our idea is to move away from the body by creating volumes, move away from the body to even better reveal it. The aim is to stretch the space between the body and its ‘outer skin’ as much as possible in order to gain awareness of volume, until reaching the most extreme point that the body and the supporting points can possibly sustain. The question is: « When are we out of reach of the body? »

Very quickly we have introduced different levels into our teaching with an increasing technical complexity that matches the requirements of each year. We begin to experiment with volumes during first year, then the following years, this approach is refined in the process of creating outfits that bear one’s own signature.
Step by step this personal idiom is enhanced and enriched by articulating one’s vision around a full-fledged collection. There is one specific technical difficulty that has to be mastered each time by introducing a main thematic piece such as the dress, the skirt, the shirt in first year, trousers, a lined jacket (perfecto, reefer or trench) and coat in second year. On this basis the personal vocabulary can be worked out.

Vocabulary

Tony Delcampe
Fundamentally, the first two years are the reservoir out of which the work for the years to come will emerge. During that time, we explore the projects so deeply that we end up with a wealth of resources in terms of colours, fabrics, volumes and techniques. For instance for trousers this can be; jeans, jodhpurs, cigarette, sailor and biker trousers, denim, wool, leather, front pleats, crotches, waistbands, pockets.

We study each piece from A to Z, we examine it and we try to imagine everything that’s left to invent. We are not trying to obtain a pure line but rather a volume that holds its shape and needs to have all the characteristics of a recognisable garment. Our aim is to help students to get all this into their heads. When they will be making trousers in fifth year, they will know where to draw ideas from, because they acquired this vocabulary like learning how to speak and write.

Nevertheless, they will use it in their own personal way. Of course, they will have their own references. This vocabulary will obviously be enriched all along the five-year curriculum through specific courses such as: graphic design in first year, knitwear in second year; fabric printing in second and third years; sound volumes and textures in fashion, ethnical costume and industrial patternmaking in third year and historical costume in fourth. The teaching staff has changed over the years with the arrival of new specialist lecturers such as Eric Chevalier, Maylis Duvivier, Marianne Janssens, Tiphaine Kazi-Tani, Billie Mertens, Catherine Piqueray and Aya Takeda.

Constraints

Francine Pairon
We always give a set of guidelines, because without a fixed framework there can be no creativity.

Tony Delcampe
Do we currently have enough ways out of this constraints framework? It’s difficult to tell. We are always expecting some sort of rebellion. Hopefully it should go beyond the constraints and lead to a final result, be it expected or unexpected. Some achieve to escape constraints by exploring alternative routes. This is where the most beautiful personalities reveal themselves.

Francine Pairon
Indeed, students find their way because they are given indications. However, sometimes your method is so directive that students find it hard to find their own one. A strong personality is required to break out of this. It’s like constructing and deconstructing.

Tony Delcampe
There really is no ideal pedagogical approach. But without giving constraints, nothing materialises, even if, by doing so, we are at risk of shaping people. We always want to set higher standards. We are catering for academic progress while the school has to defend the quality standards.


Emilie Zanon’s works

Things to say

Tony Delcampe
A fashion designer is definitely someone who has things to say, but he also has to be able to communicate his projects in a proper way, so that they can be understood and realised. Beyond personal expression, you also have to master a trade, which means to be the driving force behind the production chain. That’s the actual role of an artistic director. It’s a real profession, I insist, and we also teach this side of things.

[Ce paragraphe me rappelle les propos de Paul Rand, graphic designer, que j’ai cité dans ce billet il y a quelques jours. Un fashion designer est une profession avec des objectifs clairs et précis, on ne peut se contenter de faire du sensationnel ou uniquement de l’artistique sous peine de passer à la trappe rapidement.]

Seen from the inside

Tony Delcampe
All our endeavours, be they more or less successful or more or less failed are our real wealth. Here we anticipate the creation of tomorrow’s fashion. In most cases, novelty results from taking risks.

Interview, Anne-Françoise Moyson

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Tous les livres de Xavier Chaumette

Mercato d’hiver

Lu la semaine dernière dans la presse (Le Figaro), un état des lieux des directions artistiques des différentes maisons de couture. Force est de constater que cela a énormément bougé, que ce soit pour la mode homme ou la mode femme.

La tendance est d’intégrer sur la plus haute marche de la création non pas une diva, mais un créateur au profil « studio de création ». Chloé et Gucci avaient lancé la tendance, précise l’article ; en effet Phoebe Philo a remplacé Stella Mc Cartney et Frida Giannini a succédé à Tom Ford ; le mouvement s’est accéléré et d’autres maisons ont suivi (Calvin Klein…).

En plus de cette tendance de fond, une série de « transferts » se sont opérés depuis le début de l’automne, chamboulant la carte des DA des maisons de couture parisiennes ; ainsi on retrouve Paulo Melim Andersson chez Chloé (exit Phoebe !), le talentueux Olivier Theyskens chez Nina Ricci, Dai Fujiwara chez Issey Miyake, Giles Deacon chez Daks, Nicolas Andreas Taralis chez Cerruti, Sophia Kokosalaki chez Vionnet, Damian Yee chez Guy Laroche ou encore Peter Dundas chez Ungaro.

Plus dure est la situation de la mode masculine : plusieurs maisons ont en effet pris le virage du relifting, mais sans le succès connu par Dior Homme, hélas… Au vu du travail réalisé par Oswald Boateng chez Givenchy, ou encore Jason Basmajian pour ST Dupont, cela me semblait prendre bonne tournure, les lignes se modernisant, attirant de facto une nouvelle clientèle. Mais les résultats financiers n’étant pas bons, ou en tout cas pas assez rapidement bons, Franck Boclet a ainsi quitté Smalto, Oswald Boateng est sur le départ, Jason Basmajian a été remercié et Pierre-Henri Mattout est également sur le départ chez Dormeuil…

Les maisons de couture masculine ou féminine n’ont aujourd’hui plus le temps, ni l’argent, les résultats financiers doivent se voir quasi-immédiatement ; les créateurs ont donc pour mission de « générer du cash » le plus rapidement possible, sous peine de se voir remercier rapidement, et ce, quel que soit leur talent.

Dans un autre registre, mais concernant toujours les changements de créateurs, Irène Leroux a quitté Erès (groupe Chanel), LA marque de maillots de bain et de lingerie qu’elle avait créée en 1968. Elle sera remplacée par la styliste Valérie Delafosse. Il sera intéressant de suivre les nouvelles (?) orientations de style que cette dernière va y apporter.

Au milieu de ce constat, seule la maison LVMH et ses énormes moyens financiers peut se donner le temps de « recadrer » un John Galliano – avec le succès que l’on sait – et de redéfinir la mode masculine avec Hedi Slimane. Karl Lagerfeld et ses 24 ans chez Chanel fait figure de héros… génial héros, qui a su relancer, moderniser, recréer et propulser la maison de la famille Wertheimer. Quel créateur intégrant une maison peut « espérer durer » autant que lui aujourd’hui ?

Concours Chartered Society of Designers

 

Le Chartered Society of Designers organise un concours réservé à tous les étudiants designers du monde en 2e année de leur école (le formulaire d’inscription est a télécharger en bas de la page citée). Tous les champs du design participent indépendamment, graphic design, fashion design, interactive media design, textile design, interior design etc.

La clôture des inscriptions est fixée au 1er mai et les frais d’inscription sont de 32,5 livres. Le vainqueur se voit attribué un chèque de 1000 livres, plus une carte de membre étudiant du CSD(1) ainsi qu’une médaille du CSD !
Le CSD, établie à Londres peut être considéré comme la plus vieille et la plus grande charte professionnelle consacrée aux designers, elle fut fondée en 1930 et comporte parmi ses anciens vainqueurs et membres quelques noms « célèbres » : Mary Quant, Charles Eames, Alberto Alessi, Sir Terence Conran, Milton Glaser ou encore Saul Bass (excusez du peu !!).

Son objectif consiste à protéger la profession, mais aussi de promouvoir le design sous toutes ses formes, ainsi que son apprentissage afin d’en faire bénéficier toute la communauté.
Le CSD édite également une revue baptisée The Designer (discontinued).

(1) Donc si vous voulez voir votre nom associé avec « CSD Student Member »… Faites chauffer les méninges !

Via Étapes
Sources Wikipédia