Young Bloods | Simone Rocha, l’étrangeté londonienne

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Fille du créateur John Rocha, diplômée du National College of Art and Design de Dublin ainsi que de la Central St Martins School, à seulement 27 ans, la créatrice irlandaise Simone Rocha exalte le monde de la mode.

Après avoir expérimenté la féminité lors de la Fashion Week, fall 2013, Simone Rocha semble faire preuve de maturité.
Il semblerait que cette saison (spring 14) soit la fin d’une innocence; la créatrice explore ainsi l’autorité sexuelle -entre voyeurisme et pudeur- à travers une collection poétique.

Ce que nous pouvons retenir de la collection: les découpes coquines, l’utilisation du polychlorure de vinyle, son approche poétique et avant-gardiste du vestiaire féminin.

« J’aime expérimenter, mais en privilégiant toujours la féminité. Car les femmes veulent avant tout porter de beaux vêtements. » dit-elle.
Son sens de la coupe, son innovation de construction ainsi que sa recherche de modernité font d’elle l’une des créatrices les plus prometteuse de Londres.

Semaine de la Mode | Tsolo Munkh

Chers lecteurs,

animal fragile et indomptable, telle semble être Tsolo Munkh, lauréate du Festival d’Hyères en 2010.

La collection de cette hiver tempête son désir de retrouver ses racines créatives. Tsolomandakh de son prénom complet, n’aime pas « faire du sexy pour faire du sexy » et nous livre des vêtements où le travail manuel est poussé encore une fois à son paroxysme.

En éruption perpétuelle, la créatrice originaire de Mongolie doit connaître un état proche de la transe chamanique lorsqu’elle confectionne ses vêtements. Certains ont des structures si complexes qu’elle doit elle-même en assurer le montage, ses assistantes ne pouvant pas encore entrer « dans son cerveau ».

Les cuirs sont minutieusement perforés de centaines de trous, les matières se mélangent, vont dessus-dessous, entrent par ici et ressortent par là en maintes circonvolutions neuronales. La surface et les volumes de ces pièces uniques évoquent des bois d’ébène sculptés ou des roches volcaniques encore en fusion.

Le manteau ci-dessous d’une beauté singulière évoque aussi les écorchés humains, un vêtement armure pour un corps plus que mis à nu… Proche du travail de Boris Bidjan Saberi, qu’elle apprécie, Tsolo Munkh à depuis toujours appréhendé le vêtement par sa fonction première, la protection.

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© image fr.dreamstime.com

Rien ne se perd, ci-dessous, une robe « trois trous » oversize dont la surface est réalisée à partir des rondelles de cuir récupérées des perforations réalisées sur d’autres modèles. Le résultat rappelle la structure de l’astrakan ou celle d’une cotte de mailles.

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Un travail obsessionnel, nécessitant pour le manteau ci-dessous, plusieurs dizaines d’heures à frotter sans cesse à s’en abimer les mains, les seize peaux de cuir et la laine de mouton nécessaires pour que les matières s’hybrident entre elles et forment la matière de ces vêtements sculptures.

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Collier fait de cuir et roches volcaniques

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Young Bloods | Rad Hourani, le visionnaire

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Né en Jordanie, Rad Hourani s’installe à Paris en 2005 et lance sa marque éponyme en 2007. Rad est le premier designer canadien à intégrer la grande famille de la Chambre Syndicale de la Haute Couture française.

S’illustrant comme le premier créateur unisexe à entrer dans le secteur de la Haute Couture, Hourani « défie » les codes prédominants dans l’univers de la mode.

Pionnier de l’unisexe, Rad Hourani affirme avec ferveur que la condition humaine peut se manifester librement, sans limitation ou d’injonctions.

Sa philosophie ayant pour but d’abolir les frontières, serait de créer un nouveau monde sans âge, sans sexe et ni appartenance religieuse.

«Je n’ai jamais commencé par dessiner des vêtements réels. Je commence par dessiner l’architecture des formes, des lignes et des motifs.» dit-il.

Le designer construit ses collections de la même manière que les architectures qu’il réalise.
Sa collection Fall 2013 en dit long sur ses capacités de construction. Son jeu de torsions réfléchies, de superpositions et son choix de matières apportent un intérêt visuel à chacun de ses défilés.

Rad pousse ainsi, à son paroxisme la recherche de proportions et de volumes.
Sous cette étude complexe de la transformation, il continue de surprendre, et semble ne pas vouloir s’arrêter en si bon chemin.

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Virgule, les archives Roger Vivier

Le Palais de Tokyo sous le commissariat d’Olivier Saillard, propose une exposition de 140 créations de Roger Vivier. Passionné par « la ligne », celui dont la carrière débuta dans les annes 30, s’est toujours vu comme un sculpteur plutôt qu’un chausseur.

Inspiré par la peinture française, l’Orient, l’Afrique, le XVIIIe siècle… partenaire exclusif de la Maison Dior vers la fin des années 50, il lança le talon aiguille en 1954 et créera l’emblématique talon « Virgule » en 1963 année de la création de sa marque.

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« Who is affraid by blue, red and yellow? » Sérigraphie

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Masque à déformation faciale, culture Fang, Nigéria

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Tête réduite, culture Jivaros Equateur

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Tête gardienne de reliquaire

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« My sweet rose », étude sur toile à l’encre de Seiche

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De gauche à droite: « Coquille de Murex » eet »Ex-Voto aux moissonneurs »

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« Madone aux pompes blessées », marbre jaune de Sienne

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Grand Sphinx

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PFW | Amaya Arzuaga

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La créatrice espagnole, Amaya Arzuaga, a présenté, le 30 septembre dernier, au sein de l’institut Cervantès, sa collection printemps/été 2014. Un défilé au coeur de la fashion week parisienne, une sphère privilégiée à laquelle elle appartient depuis plusieurs saisons déjà .

Le défilé est mis en scène dans un espace habité par la lumière et saturé de couleur. Un lieu qui fait écho au sculpteur de lumière James Turrell et ses Monochromes Lumineux.

Des silhouettes qui suivent une ligne structurale. La créatrice expose un travail de volumes donnés au corps et crée une composition de courbes, de spirales et de jeux asymétriques.

Le parti pris étant le travail de la coupe, Amaya Arzuaga radicalise les couleurs et choisit de travailler en aplats. Une palette composée de jaune, vert et rose vif, que la créatrice associe au blanc et noir, des variations de couleurs nettement définies.

Alice Knackfuss autumn-winter 2013-2014

‘Syncopia’, the title of the video as well as from a.KNACKFUSS latest fall – winter 2013 collection, is a compound word of ‘syncopation’, which means a disturbance or interruption of the regular flow of rhythm, and ‘Utopia’, a community or society possessing perfect qualities.

It’s about that point when fantasy and visions of the future become entangled with nostalgia, the need for sophistication in a classic sense, as a kind of reminder that time does not forget true style.

Vidéo by Laetitia Bica

& Other Stories, Grand opening

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& Other Stories is, like COS, a brand founded by H&M. The women-only collection is available in Paris at 277 rue St Honoré, below pictures of the Grand opening cocktail.

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High end credibility?

Interesting communication concept: the adress is as big as the brand name and above it. Which one is the more important?

Rue saint Honoré, the place to be?

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I like this wrinkled aluminium foil print

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Cosmetics figure prominently in the parisian store

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« Created in our parisian atelier » Artcrafting-legitimity at & Other Stories?

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Shopping the good articles at & Other Stories, make you feel « like » wearing Acne without the price. It’s a pity to see some cuttings not « well » made on some shoes, it’s only « a visual thing » and have nothing to do with the confort. It’s sometimes, the price to pay to have a nice & trendy pair of shoes for only 80€!

Accessories are spread all around the store, make it difficult to resist as they are well designed.

As a men you can find scarves, purses, tote bags, iPhone/tablets cover and if your size fit you can even try some girls outfits like the boys i saw queuing for fitting rooms!

Sylvie Vartan | revue de mode

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Sylvie Vartan dingue de mode… attestée par cette publication de Paris Musées consécutive à une exposition sise au Musée Galliera d’octobre 2004 à février 2005…

Au mitan des années 60, celle que l’on appelait « Sylvie », est à la fois star de la chanson française, reconnue aux Etats-Unis comme « la jeune française idéale », muse pour les maisons Christian Dior, Nina Ricci ou Guy Laroche, mais aussi une créatrice de mode et une future femme d’affaires.

Grace à son image, au début des années 60, Sylvie Vartan tisse un lien entre les générations, de la Haute Couture au Prêt-à-porter naissant. Elle pose autant pour la maison Jean Patou que pour Prisunic (dont la direction artistique est alors assurée par Denise Fayrolle, future fondratrice de l’agence MAFIA avec Maïmé Arnodin).

Elle créera sa première collection en 1965, sera distribuée au cours des ans au Bon Marché, chez Franck & Fils et au Printemps. Elle ouvrira plusieurs boutiques en France (dont une à Paris avenue Victor Hugo) et en Belgique. En 1970 pour sa 9e et dernière collection ce n’est pas moins de 150 distributeurs qui commercialisent ses collections.

Les collections qu’elle élabore avec les stylistes « montants » de l’époque (Emmanuelle Khanh, Christiane Bailly) adoptent son style empreint de sagesse et de nouveauté. A travers ses créations elle vise les gens de sa génération et complète ses tenues avec des accessoires souvent ludiques.

A l’instar d’Axelle Red, dont je parlais ici, Sylvie Vartan est plus qu’une « fan de mode ». Tout comme la chanteuse d’origine belge, Sylvie Vartan a conservé, depuis le début de sa carrière, l’essentiel de sa garde robe. La porter aux yeux du public fut un précieux hommage à tout ceux qui l’ont accompagné: d’Yves Saint Laurent à Jean-Paul Gaultier en passant par Gianfranco Ferré, Marc Bohan, Bob Mackie, Michel Fresnay, Helmut Newton, Guy Bourdin, Jean-Marie Périer…

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Pierre et Gilles, Nuit de Neige, 1994

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Pierre et Gilles, Comme un garçon, 1996

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Nashville, 1963, par Jean-Marie Périer – Robe de Marc Bohan pour Christian Dior, 1964

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Collaboration entre le fabricant de montres Kelton et Sylvie Vartan, 1969 – Lunettes de soleil création Sylvie Vartan, 1968

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Concert à l’Olympia, 1968, création Yves Saint Laurent

Comme elle expliquera plus tard, la maison Saint Laurent était déjà  très Catherine Deneuve; « il ne pouvait y avoir deux blondes ». Sylvie Vartan portera alors Christian Dior à la ville et Yves Saint Laurent sur scène.

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Sylvie Vartan et son fils David Hallyday, 1968, Marc Bohan pour Christian Dior – Essayage avec Yves Saint Laurent, 1970

Les ré-interprétation du costume de Colombine (en haut à gauche ou ci-dessous), il y en eu plusieurs, sont parmi les pièces préférées de la chanteuse. A mi-chemin entre le costume de scène qu’elle affectionnait particulièrement (Sylvie Vartan voulait avant de chanter, faire du théâtre) et la robe de soirée.

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Pochette du 33 tours « De choses et d’autres », 1982, Marc Bohan pour Christian Dior

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Fac-similé de la revue du célèbre club parisien le Golf Drouot, 1965

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Marie Claire, 1964

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Robe de la première collection de Sylvie Vartan, 1966 – Robe-pull, Elle, création Sylvie Vartan, 1968

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Vogue, janvier 1973, Guy Bourdin – Elle, décembre 1970, Helmut Newton – Vogue, novembre 1969, Jean-Loup Sieff – Elle, décembre 1970, Helmut Newton

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Elle, décembre 1966 – Elle, août 1967

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Palais des sports, 1982, robe de Bob Mackie – Vogue, novembre 1972, combinaison Yves Saint Laurent

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Concert de la Nation, 1963, robe d’Arlette Nestat pour Real – Pochette du 33 tours « Aime-moi », 1970, photo Jean-Marie Périer

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Pochette du 33 tours « La Maritza », 1968, robe Yves Saint Laurent

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Vogue, mars 1974, photo Guy Bourdin – Vogue, avril 1973, photo Peter Knapp

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Robe de Michel Fresnay, 1977 – Justaucorps et cape de Bob Mackie, 1983

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Pochette du 33 tours « J’ai un problème », 1973, Yves Saint Laurent – Pochette du 33 tours « Sylvie Vartan, Show Palais des Congrès », 1975, veste de Michel Fresnay

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Veste et pantalon, North beach leather shop, 1973 – Combinaison Yves Saint Laurent, 1970 – Robe Yves Saint Laurent, 1970

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Défilé de la 3e collection, création Sylvie Vartan, 1966 – Cannes, 1974