Crucify myself

La communication print du dernier rouge à lèvres de la maison Saint Laurent, Rouge Volupté, a pour égérie l’emblématique Kate Moss, nue, la bouche fardée, les yeux à peine maquillés, négligemment coiffée à la main. La photo est barrée de haut en bas et de gauche à droite de deux traces couleur lipstick.

Voilà qui rappelle « The last sitting », la célèbre séance de shooting marathon réunissant Marylin Monroe et le photographe Bert Stern en 1962. Outre les considérations purement artistiques on retrouve en effet quelques similitudes entre les deux mises en scène. L’actrice, qui disparaîtra la veille de la publication par le Vogue US de cette série de photos, a tracé sur cette photo une croix christique prémonitoire.


The last sitting, Marylin Monroe, par Bert Stern, hôtel Bel Air, Los Angeles, 1962

Faisant office de refus de publication par l’actrice, cette croix est sans complaisance : elle barre deux fois le visage et sépare le corps en deux. Cette croix dont la base est légèrement courbée est chancelante, son instabilité renforcée par l’horizontale qui penche dangereusement vers le bas est le prélude à une chute.


Campagne print, Kate Moss pour Rouge Volupté d’Yves Saint Laurent, 2008

C’est une autre croix qui orne l’affiche d’Yves Saint Laurent, une croix inversée, dite croix de Saint-Pierre. C’est la croix du martyr indigne du supplice de son Dieu. Aucune indignité cependant ici, contrairement à la photo de Marylin, ici le visage n’est pas barré par la croix bien au contraire, les infographistes ont fait en sorte de laisser le visage de Kate Moss, l’égérie, bien visible. Conquérante, cette croix à la base solide se dirige vers la droite et vers le haut, elle est plus dynamique.

Pour un mannequin au comportement sulfureux, maintes fois enterré et ressuscité par la profession, cette croix inversée, qui est aussi un symbole satanique connu, peut-elle être perçue comme une ultime provocation, volontaire ou pas, consciente ou inconsciente ?

gémellité

Lorsque j’ai découvert la dernière réalisation de l’artiste Nagi Noda chez Stéphane, je n’ai pu m’empêcher de penser à la série Bêtes de mode réalisée en 2006 par Thomas Couderc et Clément Vauchez (Helmo) pour les Galeries Lafayette.


nagi noda, 2008


helmo, 2006


nagi noda, 2008


helmo, 2006


nagi noda, 2008

Deux très belles réalisations.


Visonnez cette pépite vidéo réalisée par Nagi Noda pour Coca-Cola.

Le site de Nagi Noda (RIP 7 septembre 2008)

Alice Lane, un ange passe…

… au 7e étage sur une terrasse des Champs-Élysées.
Un sourire, une chevelure-crinière, une houle flamboyante, sur un teint de porcelaine. C’est Alice Lane, make-up artist et assistante d’Aaron de Mey, le nouveau directeur artistique maquillage de Lancôme.

 


Alice porte à ravir le nouveau rouge de Lancôme ainsi que le nouveau gloss noir créés par Aaron, le tout accompagné de la combinaison de plombier, une tendance de l’été selon Miss Nardj (voir ici).

Le coffret en édition limité présentant le nouveau rouge (rouge à lèvres) et le nouveau noir (gloss) de Lancôme.

A suivre…

Twiggy (version 2008)

Il y avait cette photo prise lors du Festival de la Mode à Hyères en avril dernier, la première personne que j’ai photographié en fait.

Elle a un je ne sais quoi cette jeune fille. Ses cheveux très courts, son sourire, le tee-shirt Velvet Underground & Nico, le gilet loose, une dégaine quoi !

C’est vrai que cette jeune fille à un petit air de Twiggy non?

et la version 60′

twiggy

Jean Widmer, un graphiste à la mode

jean-widmer-2
Jean Widmer, co-édition de la maison du livre, de l’image et du son – les Éditions du Demi-Cercle

Quelques images et extraits d’un livre consacré à l’éminent graphiste Jean Widmer.

Pourquoi Jean Widmer ?

Parce qu’au travers de ses différentes collaborations, il a beaucoup fait pour la mode, son style, constamment renouvelé, moderne, rigoureux et classique a traversé le XXe siècle et reste aujourd’hui une référence absolue.
Né en 1929 en Suisse (Frauenfeld), il fait ses études sous la direction de Johannes Itten* (rien que çà !), ancien enseignant au Bauhaus. Il arrive en France en 1953 où il termine sa formation à l’École des Beaux-Arts. Avec d’autres créateurs suisses, il participera à la création de ce que l’on appelle communément l’École Suisse, « privilégiant la visibilité de l’information en exploitant le fonctionnalisme comme forme esthétique » (Margo Rouard-Snowman). Jean Widmer est un puriste, le sens de la composition graphique devant primer sur tout artifice visuel.

Les Galfa (1959-1961)

Jean Widmer va être le directeur artistique des Galeries Lafayette durant cette période(1) qui correspond, vous l’aurez noté, à l’avènement du prêt-à-porter, mais aussi de la publicité. Pendant deux ans il va contribuer à la mise en place d’un univers commun à tous les produits, d’une identité forte et radicalement nouvelle(2) pour la grande enseigne parisienne.

Ci-dessous annonce presse pour les Galeries Lafayette, tirée d’un poème calligramme d’Apollinaire

 

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L’univers créé par Jean Widmer prétend montrer au consommateur que les Galeries sont le lieu où se fait la mode, sans pour autant montrer le vêtement. La composition graphique ci-dessous laisse plus de place à l’animation typographique qu’au mannequin lui-même, placé en bas à gauche dans une posture presque comique et dont l’ « accessoire-parapluie », tel une flèche, semble indiquer la direction que doit prendre notre regard : le texte, la poésie d’Apollinaire(3). Le style de vie et l’image que promeut l’enseigne priment sur le produit.

Ci-dessous annonce presse pour les Galeries Lafayette.

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Un vêtement au volume moderne de l’époque, un mannequin-vitrine, une typographie est très travaillée, façon affiche Dada (cf « Le cœur à barbe« ). La typographie véhicule le message aux choix multiples et qui se veut être d’avant-garde. Les lettres occupent l’espace, débordent, venant même se superposer au mannequin. Le message passe : demain il y aura profusion de modes et d’accessoires de mode élégants aux Galeries Lafayette.

Fond uni et jeu typographique définissent un style, voire une « charte » graphique qui la lie avec l’affiche précédente, un univers se crée.

Ci-dessous papier cadeau pour les Galeries Lafayette

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Jean Widmer influencé peut-être par les dadaïstes Kurt Schwitters et Théo van Doesburg qui ont dessiné l’affiche ci-dessous en 1922

Schwitters-Doesburg-Kleine-Dada-Soiree

 

Jardin des Modes (1961-1969)

Jean Widmer est pendant huit ans directeur artistique et photographe de ce magazine devenu mythique. S’inspirant des courants artistiques du XXe siècle (Dada, Pop Art, lettrisme-hypergraphie etc.) il développe autour d’une esthétique du détournement, de l’humour et de l’émotion auxquels se mêlent le graphisme, la photographie et bien sûr la typographie, une nouvelle mise en page en rupture avec le modèle classique du magazine de mode.

Le magazine, que j’ai connu à la fin des années 90, avait su garder le souffle de ses précédents directeurs artistiques : certaines pages « auraient pu » être du Widmer. Résolument transversal, ce magazine mêlait tous les mois architecture, design, cinéma, art et mode ; il m’a fait comprendre que la mode ne se limitait pas à la hauteur de l’ourlet.

Jardin des Modes, janvier 1967

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série de photo « strip-tease » de Jean Widmer pour la couverture du magazine allemand Twen, précurseur de Nova.

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Ci-dessous annonces presse, sans suite

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Mêmes remarques que sur les affiches précédentes. On note l’omniprésence très graphique du noir et blanc, l’importance de la typographie, son jeu avec la photo et des idées qu’elle indique (20 ans, élégance des mille et une nuits, etc.)

Extrait n°1

Les années 60, par Thierry Grillet

« Chez Jean Widmer, l’aventure Jardin des Modes prend les allures d’une véritable traversée emblématique d’une décennie capitale, Les années 60 accompagnent, en effet, l’émergence d’une culture de la consommation, et certaines revues, comme Jardin des Modes, en France, ou Twen, en Allemagne vont capter et faire progresser cet esprit nouveau, Aussi, lorsque Jean Widmer s’attelle à la rénovation du Jardin des Modes (en avril 1961), il se « libère » et peut affirmer des choix esthétiques nouveaux. Cette liberté nouvelle profite, en outre, de la grande souplesse formelle qu’autorise un journal où s’est déposée, en couches sédimentées, une puissante culture visuelle.

Depuis son origine, dans les années 20, Jardin des Modes perpétue dans l’intention de son fondateur, Lucien Vogel, l’idéal qui avait été celui de la Gazette du Bon Ton. une ébouriffante société de rédacteurs-écrivains et princesses russes désargentées côtoie dans les pages du magazine les figures majeures de Dufy, de Van Dongen, de Pierre Brissaud et de bien d’autres encore.

Dans les années 60, son directeur, Rudi d’Adler, souhaite le réactualiser. Ce journal de « dames » va devenir, avec Jean Widmer, un journal de « femmes ». La métamorphose intervient juste au moment où la haute couture commence, avec Cardin, Courrèges, Yves Saint-Laurent, à jouer les gammes intermédiaires du prêt-à-porter de luxe. Dans ce contexte, l’arrivée de Jean Widmer paraît mettre en équation le Jardin des Modes et lester le frivole dans l’épaisseur d’une raison graphique. Mise en pages rigoureuse où chaque élément trouve sa place, où l’unité graphique est préservée d’un numéro il l’autre. Mais surtout conscient de la part croissante que les médias joueront dans les années à venir, Jean Widmer impose une nouvelle typographie du titre et le traitement ostentatoire de la première de couverture, et la transforme de fait en véritable « affiche », le Jardin des Modes acquiert alors une dimension de « manifeste ».

Manifeste d’introduction à un nouvel âge de la mode, qui, après avoir longtemps gravité dans les nébuleuses éthérées d’une haute-couture pourvoyeuse des modèles mythiques, finit par s’incarner dans les mille et une scènes d’un quotidien accessible. Jean Widmer renonce à la représentation de la mode pour promouvoir une mode en représentation. Du concept à la substance: le défilé de femmes-présentoir cède le pas à des instantanés de femmes.

Le Jardin des Modes ne propose plus désormais à ses lectrices le vêtement qu’elles pourraient rêver de porter, mais une idée de la femme qu’elles pourraient être. Le rapport de la mode au monde gagne en épaisseur culturelle, et les « petits tailleurs pour le soir » portés par de jeunes dames sages s’enrichissent en « air de mai », ou en « mode à deux » … Du mythe de la distinction absolue, réservée à un cercle restreint, à la revendication collective d’un nouvel art de vivre au présent, toute la création est réinterprétée. Ainsi pour une page « tissus » – de même qu’autrefois madame Schiaparelli s’était inspirée du passage à Paris du cirque Barnum and Bailey pour ses collections – Jean Widmer puise-t-il dans le cinéma et les « mania » de l’époque les éléments d’une composition contemporaine. Enserrés dans des griffes d’oiseaux, quelque peu hitchcockiens, des morceaux d’étoffes lacérés se retrouvent, plus loin, accrochés aux dents d’un large peigne, symbole alors du « temps des Beatles. »

Extrait n°2

« Vaillamment épaulé par Éléonore Latzarus, qui prend en charge tous les problèmes d’organisation, il s’entoure de graphistes, et fait travailler les plus jeunes comme Roland Topor, Toni Ungerer, Folon, Bruno Suter et d’autres dans la rubrique « Les idées flèches de Nicole Bamberger ».

Mettant en œuvre la leçon américaine qu’il a reçue de l’ancien directeur artistique de Harper’s Bazaar, Alexey Brodovitch, qu’il a rencontré lors de son voyage à New York, Jean Widmer, avec des photographes comme Harry Meerson, Helmut Newton, Frank Horvat, Jean-Loup Sielf, Bob Richardson, souscrit à un nouvel art de voir et contribue à une fantastique mondialisation des modes : l’intercontinental circus du regard haut de gamme diffuse un art de vivre international et secoue de sa torpeur la presse féminine.

Ci-dessous photos Jean Widmer, robe « Pop-Art » d’Yves Saint-Laurent

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Dans cette course poursuite au temps présent, chaque mercredi après-midi, Jean Widmer ouvre son atelier à de jeunes photographes. Banc d’essai où se révèlent, entre autres, Jean-François Jonvelle, Sacha, Rolf Bruderer, Gilles Bensimon, Chantal Wolf, Beni Trutmann, Jean Widmer lui-même signe quelques natures mortes qui participent à l’évolution de la photographie. Il y laisse apparaître une légèreté qui contraste avec la rigueur, parfois « algébrique », de son travail graphique. Avec un sens ironique du collage, « la nappe tout à trous », délicieuse broderie anglaise, rivalise, dans une de ses natures mortes, avec un gigantesque morceau d’emmenthal. Avec un sens audacieux de contemporain, les compositions de Jean Widmer paraissent imprégner l’esprit des années 60 : la robe de Yves Saint-Laurent sur laquelle se dessine un profil, est « collée » près du feu arrière, grandeur nature, d’une Cadillac qui rappelle les peintures pop art de Lee Bontecou.

Une couleur érotique enveloppe parfois la présentation des collections: la série « strip-tease », qu’il réalise alors pour des maillots de bain, sera plusieurs fois achetée, et reprise en couverture par le magazine Twen. »

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Jean Widmer a ensuite fondé son agence Visuel Design et à conçu de nombreuses identités visuelles (Centre Georges Pompidou, la ville de Berlin, etc.), mais aussi la signalétique des Autoroutes du Sud de la France.
Pour en savoir plus

A lire l’Art de la couleur, ouvrage référence sur la théorie des couleurs

(1) Anecdotes transversales : on notera que pendant ces deux ans, l’illustrateur affichiste Cassandre dessinera le logo d’Yves Saint Laurent et que Denise Fayolle prendra la direction du département Publicité, packaging et esthétique industrielle de Prisunic. Denise Fayolle qui quelques années plus tard fondera avec Maimé Arnodin le bureau de style Mafia.

(2) Ses innovations seront tout de même contraintes aux règles de l’activité commerciale et finiront par lui donner envie de quitter le secteur.

(3)  » il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir / c’est vous aussi qu’il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes / et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires / écoute s’il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique / écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas. » Un poème un brin surréaliste, qui en 1960 a heurté quelques sensibilités commerciales…

 

Steven Meisel et Léon Bakst en rehab’

Encore et toujours dans l’inégalable Vogue Italie de décembre, une superbe série photo de Steven Meisel. Un époustouflant jeu de camouflage entre le corps des mannequins, les tenues et les décors, le tout inspiré par les imprimés de l’été 2008. Overdose inhabituelle de couleurs et de motifs à consommer sans modération.

Quelques notes sur cette série photo et les liens que j’ai établi entre elle et d’autres artistes.
Les tatouages, le maquillage et même les coiffures (choucroute effondrées) des mannequins m’ont immédiatement rappelé Amy Winehouse…


Steven Meisel a déjà  réalisé des séries mode plus décadentes que celle-ci sur le theme de la Rehab’, cela ne semble donc pas étonnant qu’il creuse le thème et fasse référence à cette chanteuse.

Ces photos m’ont également rappellé les dessins de Léon Bakst, costumier et décorateur attitré des Ballets Russes (de 1909 à 1921)

Steven Meisel, Vogue Italie, décembre 2007

Léon Bakst, L’oiseau de feu d’Igor Stravinski (1910)

Steven Meisel, Vogue Italie, décembre 2007

Léon Bakst, L’oiseau de feu d’Igor Stravinski (1910)


Poses similaires, profusion baroque des imprimés et des couleurs, sensualité évidente. A creuser et à développer.

Les photos du Vogue Italie sont tirées de l’album Flickr’ de Fashion addict

Mode 2.0

Les galeries photo de mode sur le web sont légions et constituent par là même un fantastique matériau de travail ou d’inspiration. Encore faut-il, comme tout travail de recherche, prendre le temps de trier cette masse d’information.

Je reçois chaque matin une newsletter d’un site à « forte audience », contenant la photo d’une jeune fille, plutôt parisienne, shootée pour son « soi-disant » look de référence ; en fait les tenues sont depuis que je me suis abonné cet été : quelconques ! On est à des années-lumière de l’originalité du street-style plutôt chic et choisi du Sartorialist.

J’ai du mal à comprendre ce positionnement rédactionnel, hormis le fait d’être dans l’ère du temps et de faire du street-style. Avec les moyens investis, ce site pourrait proposer une prestation de bien meilleure qualité.

Pour en revenir à la photo de mode proprement dite, je suis retombé sur des anciens liens bookmarqués il y a quelque temps, il s’agit de fora où les abonnés postent les meilleures pages des magazines de mode (passés ou récents), les plus pointues ou les plus avant-garde. Les photos sont commentées par les autres membres du forum et la plupart du temps les informations techniques (photographes, stylistes, mannequins, etc…) sont indiquées par le posteur.

On y trouve des perles comme la série Nomade’s Land de Peter Lindbergh de 1990 (!), ou encore des magazines auxquels on n’a pas toujours accès ; le nec plus ultra : la série de mode, dont on a oublié le nom du photographe ou le magazine où elle a été publiée, sera complétée par un autre membre du forum, pour un échange total. Ces espaces représentent, à mon sens, de bons terrains d’investigation et constituent une bonne base de données.

Bien entendu on se retrouve face à une problématique propre à tous les réseaux d’échanges sur internet. Le fait de mettre en ligne des photos tue-t-il l’industrie en question ? La réponse n’est pas aussi simple, le marché musical en témoigne, car on n’a jamais autant produit de documents papiers que ces dernières années ; les magazines de mode, eux, se déclinent sous toutes les formes et tous les styles, témoignant ainsi de la richesse et de la vivacité du secteur, mais aussi de la demande croissante de la part des consommateurs.

Chaque mois mon marchand de journaux me présente un nouveau magazine touchant de près ou de loin à l’univers de la mode. Les éditeurs, je le cite, s’empressent (sans jeu de mots) de sortir de nouvelles publications régulièrement, avec pour objectif que celles-ci soient revendues ou éliminées dans les deux ans. D’où ce phénomène de magazines jetables, similaire aux vêtements « jetables » de certaines enseignes et autres pyramides jetables(1).

Tout comme le prêt-à-porter et la mode de rue l’ont fait précédemment, l’aspect collaboratif ou participatif, les initiatives personnelles apportent une nouvelle dimension, stimulante, foisonnante et grisante aux métiers de la mode, et l’internet va en faire autant.

Il est temps pour la mode de faire aussi SA révolution 2.0. La blogroll du Face Hunter est à cet égard stupéfiante, puisque on a là pratiquement au jour le jour le street style de villes allant de Pékin à Caracas en passant par Istanbul, Londres et L.A.

Il est grand temps que les bureaux de style, les professeurs de style, immergent leurs employés et étudiants dans cet univers, c’est en tout cas ce que j’essaie de faire avec mes étudiants.

Dans cette frénésie informative, où l’on a souvent envie d’être Early Adopter ou First Mover si une seule habitude héritée de l’avant-internet devait subsister, ce doit être la réflexion, prendre le temps d’analyser son sujet, de faire des choix, de regarder. Prendre modèle sur un Azzedine Alaïa que les magazines de mode redécouvrent ces derniers temps, être contemporain, intemporel et juste.

Je vous invite à y faire un tour sur les dits fora
The Fashion Spot, Visualising fashion
Live Journal
Fashion Box

(1) Tostaky, Noir Désir

Bela Borsodi

Ce photographe d’origine aurichienne possède l’art de réaliser des compositions mêlant la photo à d’autres éléments. Illustrations, découpages, objets design ou sculptures s’intègrent parfaitement et prennent vie au sein de ses compositions tantôt surréalistes, érotiques ou ludiques.
Mis à part les pages accessoires de Numéro, je trouve que la présentation des accessoires dans les magazines de mode est souvent le parent pauvre, c’est donc naturellement que j’ai eu un gros coup de cœur pour ce photographe. Il compte parmi ses clients, Another Magazine, Glamour Italy , Kid’s Wear, Vogue, Hermès, Details ou encore V Magazine.

Des compositions créatives et variées, à suivre et dont on pourra s’inspirer.

Stern, 2006

S Magazine, 2006

Vogue Japan, 2006

Another Magazine, série « Faces » avec Paul Graves, 2003

Details, 2006

V Magazine, 2007

Kid’s wear, 2006

Hermès, 2003

Son portfolio à visionner en entier…

Noah Kalina

Découvert ce matin Noah Kalina, à travers sa vidéo postée sur YouTube et qui à été vue plus de 6 millions de fois.

Pendant 6 ans, Noah s’est photographié chaque jour dans la même posture de visage, impassible, il a résumé le tout à travers cette vidéo. Une réflexion sur la personne, le temps et la mécanique de nos comportements. J’ai donc voulu en savoir plus sur le personnage et j’ai découvert un photographe intéressant aux photos léchées, un peu « froides », avec parfois, des angles de vue étonnants, un travail sur la lumière intéressant, des couleurs très contrastées et matinées d’humour.

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Ci-dessus, un giant muppet à l’angle d’une rue…

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Découvrez ses différents travaux à travers ses différents sites :
Son site professionnel, son book est ici

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Son site de photographie d’intérieurs (restaurants, lieux de réception à Manhattan, Brooklyn, etc.) est ici

Son site personnel, le projet Everyday est par là, son album Flick’r, montrant une autre facette de son travail, plus désinvolte, mais avec quelques perles, est