Still browsing the web and found this brillant crossover between the incredible movie « Possession » by Andrzej Żuławski, 1981 (featuring Isabelle Adjani) and « Plague », one of the last song of Crystal Castles (featuring Alice Glass).
Fascinating…
Still browsing the web and found this brillant crossover between the incredible movie « Possession » by Andrzej Żuławski, 1981 (featuring Isabelle Adjani) and « Plague », one of the last song of Crystal Castles (featuring Alice Glass).
Fascinating…
CHERS LECTEURS,
75010, PARIS
UNE GALERIE AUX MURS DÉLABRÉS FAÇON SOUS-SOL DU PALAIS DE TOKYO.
UN ESPACE CULTUREL DÉDIÉ À LA TRANSVERSALITÉ AU MILIEU DES COIFFEURS AFRICAINS DU CHATEAU-D’EAU.
ÉDITION, PHOTO, PERFORMANCE, EXPÉRIMENTATIONS, DESIGN, MUSIQUE ET MODE SE CÔTOIENT, BOUILLONNENT COMME LE QUARTIER, « S’INTERFACENT »…
CH.ER.ÈRE.S LECT.EUR.RICE.S,
LES BOXED-JACKET DE LA COLLECTION HOMME DE LA MAISON BALENCIAGA POUR LA SAISON SS 2017 ONT MARQUÉ LES ESPRITS. UN ENIÈME GESTE ICONOCLASTE DU NOUVEAU DIRECTEUR ARTISTIQUE DEMNA GVASALIA?
CES DERNIÈRES FONT ÉCHO AU ‘FELT SUIT’ (1970) DE JOSEPH BEUYS, ŒUVRE MULTIPRODUITE (UNE CENTAINE D’EXEMPLAIRES) CRÉÉE À PARTIR D’UN DES COSTUMES DE L’ARTISTE DONT LES MANCHES ET LES JAMBES ONT ÉTÉ LÉGÈREMENT RALLONGÉES.
Jörg Heiser, fondateur du magazine d’art Frieze à énoncé le concept de super-hybridité en 2010.
Tout semble hybride aujourd’hui dans notre société adepte du mash-up. Les nouvelles réalisations architecturales de Zaha Hadid pour la Maison du port d’Anvers, la cuisine en termes gustatifs et visuels ainsi que le design de Jaime Hayon ou Hella Jongorious. Les univers virtuels que nous côtoyons chaque jour via nos smartphones nous permettent avec notre avatar, d’endosser notre dualité. Avec notre double nous formons un nouvel être hybride, un méta-individu, un trans-individu. Hybridité, une tendance sociétale, artistique, culturelle et même politique.
Tantôt Docteur Jekyll, tantôt Mister Hyde, cet être hybride et virtuel peut alors expérimenter, tester, copier et coller sans-cesse, faire et défaire quasiment sans risque.
Notre société où l’on communique à la vitesse de la lumière et de manière multipolaire nous enjoint à avoir un comportement où l’on serait à la fois ici et ailleurs, on développe la nécessité(?) d’ubiquité, d’omniprésence et d’immédiateté.
Pratiquement, le concept de Jorg Heiser s’est vulgarisé pour devenir une tendance et s’est infiltré dans les représentations populaires. La génération Y à redécouvert la pratique du collage, des associations et du métissage. Cela s’est traduit ces dernières années par la multiplication d’images-hybrides (deux images en formant une nouvelle via un montage), juxtaposées ou mises côte à côte, les images se « répondant » alors l’une et l’autre.
Les images composants ces images-hybrides n’ont pas d’ordre chronologique et n’entrent pas dans la logique des montages « avant-après » des centres de beauté. L’allégorie ainsi créée communique le message: humour, détournement, surprise…
Dans un monde où nous sommes submergés d’images, remplaçant les mots. Ces images-hybrides sont-elles des chimères ou l’expression d’une certaine réalité? Elles nous obligent, en tout cas à réfléchir sur le pouvoir et le sens des images dans notre quotidien.
A lire Li Edelkoort doyenne des études de design hybride
…glanées ces derniers mois



Ci-dessous Sexy is Sexy par l’artiste Marc Turlan, 2014

Campagne de communication du Printemps Carrousel Louvre, Paris, 2014

Wearable pour « wearable technology » dont les premières manifestations sont les montres connectés comme l’Apple Watch ou les Google Glass.
Nombre des créations présentées pendant Wearable à la Gaîté Lyrique montrent les liens qui peuvent être établis entre la mode, la technologie, les interactive designer, les ingénieurs. Une approche de la mode attentive aux conditions actuelles.
En ce début d’année l’ex-ministre de la Culture et de la communication Fleur Pellerin conseillée par Lyne Cohen-Solal à décidé de mettre en place une grande école de mode publique française afin de rivaliser avec la Central Saint Martins ou La Cambre.
En septembre 2016, un Master de création de mode sera mis en place. Cette école aura un profil transversal et transdisciplinaire puisqu’elle sera issue d’un partenariat où se mêleront Art, Ingénierie et Economie/Gestion soit l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, les Mines et Paris-Dauphine.
La rencontre du produit (le vêtement ou UI pour User Interface) et de l’utilisateur crée ce que l’on pourrait baptiser d’un nouveau terme: Fashion UX (pour User Experience).
Wearable présentait entre autres, ces multiples « Expériences Utilisateur » qui se créent lorsque la mode s’hybride avec d’autres domaines.
Le consommateur se positionne devant une webcam et raconte « son histoire ». Durant ce processus, ses émotions et ses expressions sont enregistrées par la webcam puis retranscrites en données. Un algorithme se charge de le transformer en motif propre au consommateur. Ce dernier a ensuite la liberté d’en choisir la couleur, le positionnement sur un sweat, un t-shirt, un pantalon…
Afin de réaliser les pièces présentées, les créateurs du concept ont fait appel au groupe Pink Floyd.

Cette robe consiste à protéger la personne qui la porte. En effet, la robe réagit par le biais de petits bras mécaniques qui se tendent et se détendent selon la proximité d’individus en fonction de l’état émotionnel (distrait, stressé…) du porteur de la robe. Si une personne arrive à vive allure sur la robe, alors cette dernière se positionnera sur une dynamique d’attaque. C’est également le cas si le porteur est crispé, la robe se contracte.
Cette robe (catalytic clothing) a pour objectif de réduire la pollution dans l’air. En effet, les substances qui composent cette robe seraient capables d’éliminer environ 5 grammes d’oxyde d’azote de l’atmosphère par jour soit l’équivalent de ce que rejettent la plupart des voitures.
Catalytic Clothing explore comment les vêtements et les textiles peuvent servir de surface catalytique pour purifier l’air, en exploitant les technologies existantes de manière innovante. Ce projet est né de l’imagination du professeur Helen Storey et du chimiste Tony Ryan.


Ce collier a pour unique but de rendre hommage aux jeunes femmes du monde qui meurent chaque jour d’accouchements mal pris en charge. Ainsi, toutes les 7 minutes, une petite lumière clignote afin de nous rappeler que l’une d’elle est en train de perdre la vie.

Des études scientifiques ont montrées que la sensation de chair de poule était bénéfique pour la peau. Cette robe a alors pour but de reproduire cette sensation en fonction du rythme de la respiration du porteur. La robe s’illumine selon le degrés d’intensité du frisson.

Cette création est très semblable au corps humain, elle a la capacité de respirer, et laisse apparaitre des veines. Cette robe reproduit la sensation générée lors d’une première rencontre avec une personne : les veines apparaissent en surface de la peau, la tension monte et la respiration augmente. Dotée d’un coussin situé autour de la nuque et les épaules, il se dégonfle progressivement lorsque la personne se sent en confiance.
A voir absolument pour leur différents travaux:
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Cette robe réalisée a partir d’une imprimante 3D réagit au regard de la personne se situant face à elle. En effet, selon l’intensité du regard, les picots faits de plastique vont s’animer. Ces derniers ont la capacité de capter l’âge et le sexe de la personne située face à elle et ainsi en informer le porteur.
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Biz Eyes est une série de lunettes transformables imprimées à partir d’une imprimante 3D. L’armature de base nous offre la possibilité de clipser une multitude de formes originales afin de la personnaliser.
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Ce vêtement réagit en fonction de son environnement. Les couleurs captées sont retranscrites sur les led du vêtement. Le créateur a ainsi voulu créer une « oeuvre-vêtement » qui lierait les écrans de plus en plus présents dans nos villes.
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Ce vêtement a pour fonction de se transformer en piano, en harpe ou encore en chant tout en gardant l’esthétique du kimono. Il suffit, par exemple, d’effleurer le vêtement telle une harpe pour entendre un son.
Mélanger textiles et électroniques pour transformer les vêtements en de véritables interfaces avec le monde extérieur, tel est motto de cette diplômée d’Esmod Paris.
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Ces t-shirts sont réalisés à partir de champignons et visent à remplacer totalement le coton présent dans les vêtements. L’artiste a pour objectif de démocratiser les moisissures dans l’industrie de la mode.
En substance elle se pose la question suivante: “If your garment is living and transforming, will you still need to buy the season’s must haves?”


Cette veste a première vue banale a pour particularité d’émettre des sons. Chaque carré de la veste correspond à un son. Le fait d’actionner la fermeture éclair génère aussi un son, les possibilités de composer sont alors multiples.
Sur chacune de ces robes sont brodés 3 poèmes respectifs qui sont lus par ces dernières lorsqu’elles détectent un geste de la part du porteur. Chaque robe représente un sentiment, un état d’esprit.
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Introduction: Christian Poulot
Reportage et photos: Sophie Da Fonseca
Découverte ce week-end de la Galerie d’Architecture, lieu qui promeut la dimension interdisciplinaire de l’architecture. Actuellement les architectes du bureau RDAI–Architecture y exposent leurs créations.
Le cabinet d’architecte, d’architecture intérieure et de design RDAI–Architecture aborde ses projets avec une démarche holistique afin de bâtir des projets cohérents. Il officie aussi bien au niveau de l’objet (création textile pour des tapis) que de la structure monumentale (immeubles d’habitation, hôtels…).
Tout comme la Maison Hermès qui avec Shang Xia mêle les savoir-faire ancestraux avec la contemporanéité, l’agence RDAI–Architecture (d’ailleurs partenaire privilégié d’Hermès) sait combiner les talents de l’artiste-artisan japonais Yugengaisha Nakata faiseur de sculptures en bambou avec la construction architecturale pour réaliser des façades à la singularité étonnante. Ou encore, exploiter le travail du métal tissé de Sophie Mallebranche pour la boutique Hermès de Bond Street.
La démarche de l’agence RDAI–Architecture se veut transversale et interdisciplinaire, répondant ainsi à l’époque. Conjuguant donc, ses talents et des talents vers une trans-disciplinarité qui au contraire de se volatiliser ou de s’éparpiller « façon puzzle » proposent des réalisations attentionnées de l’humain et de son environnement.
Ci-dessous à gauche: Pippa, édition Hermès 1983 et dessous à gauche Les Bains, Paris, 2015
Ci-dessous: La Maison Hermès, Dosan Park, Séoul, 2006
Ganjam, flagship
Ci-dessous de gauche à droite: Tapis laine et soie (Tai Ping, boutique Ganjam, Bangalore), Bambou (Yugengaisha Nakata, claustra en lamelles, Maison Kima et Why pour Hermès), Métal tissé dégradé (Sophie Mallebranche, Hermès Bond Street, Londres)
Ci-dessous: Merisier (Redwood, facade en tubes, Hermès Bangkok), Verre cinétique (Bernard Pictet, Hermès Hambourg)
Conférence du 10 Mars 2015 à L’ENSAD organisée par GEMODE (Groupe d’étude sur la Mode/CeaQ-Sorbonne)
Intervenante : Annick Jehanne – Consultante et fondatrice de HUBMODE
Quelques points à retenir de cette rencontre qui s’interroge sur la place que prennent les nouvelles technologies, la géopolitique et l’éducation dans la filière mode et luxe.
Le textile connecté va apporter de nombreuses évolutions
– Ringly : la bague connectée (GPS)
– Cute Circuit, Francesca Rosella, directrice artistique et le PDG Ryan Genz sont dans le textile connecté depuis 2004
– Il y a un gros potentiel de développement notamment pour l’accessoire et la joaillerie
– En la matière, la référence est la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen et sa mode en 3D
– Un « grand terrain de jeu « inexploité, alors qu’il y a beaucoup de sujets possibles autour de l’idée « comment peut-on changer le monde? »
– L’industrie de la mode n’est éthiquement pas « correcte » (textile chimique, teintures polluantes, etc…)
– Des nouveaux business models sont à inventer, incluant une part de « générosité », Il y a de nouvelles questions à se poser : « Qu’est-ce que je fais pour les autres? », « Quel est l’impact social de mes actions? »
Quelques rares MOOC existent pour se former à ces sujets
Comment traite-on les informations (massives) sur ses clients et comment les utilise-t-on…
La mode est maintenant instantanée. Il faut être prêt à réagir rapidement avec tout ce qui se passe, avoir l’esprit agile afin d’être hyper-réactif et malin.
Cependant il faut aussi prendre le temps de réfléchir, se replonger dans ses sources pour ne pas se laisser envahir.
Exemple de marque interactive : Le Slip français
Développement du networking, building partnerships, …
Co-branding, co-design, co-funding et cross boundaries (décloisonnement des expertises)
Constat :
– Les formations sont très chères
– Les formations sont très spécialisées
– Il y a en France un sérieux manque de formations, alors qu’il faudrait s’adapter tout le temps!
– Qui forme sur l’impression 3D (notamment pour les bijoux) et le vêtement connecté?
– Qui forme sur la Data?
– Quelles formations sur le Social Business? (en dehors de quelques MOOC)
– Quid de l’approche internationale? (chacun des élèves d’Annick Jehanne, issus de différentes cultures, doivent réaliser un exposé sur la façon dont on se marie dans leur pays)
Annick Jehanne donne l’exemple de la société Le Fab Shop qui fait de l’impression 3D en Bretagne. La société était désireuse d’ouvrir des points de vente mais n’à pas trouvé les personnes adéquates, car non formées pour présenter ces technologies. Annick Jehanne à réfléchit et créé avec eux une formation en 3 mois.
– Manufacture New-York
– Strawberry Earth Academy (Hollande), est une académie internationale rassemblant des professionnels expérimentés de la mode et du design. Les leaders des deux industries travailleront avec des instituts de recherche pour créer des innovations responsables qui pourront être fabriquées largement.
– La Paillasse: Centre d’expérimentation à Paris, laboratoire communautaire pour les biotechnologies citoyennes
– Le Tricodeur : quand le numérique et la maille se rencontrent
– Atelier 42: l’école d’ingénieurs créée par Xavier Niel (PDG de Free)
A Nantes, à l’initiative de Stéréolux, il y aura des workshop sur la mode en juin (à suivre)
Il y a de plus en plus d’initiatives en région (Angers, Cholet, Lyon, etc…). L’idée étant de décloisonner et de faire se rencontrer les gens et les experts… Il faut mixer les courants, hybrider les disciplines (design/médiéval/mode/géopolitique…), favoriser la mise en réseau et l’utilisation de celui-ci
Résumé par Cécile Chevalier pour Le Modalogue
La mode n’a eu de cesse ces dernières années de créer des collaborations auxquelles on ne croit plus depuis belle lurette. Lanvin, Comme des Garçons ou Viktor & Rolf ne sont au final descendus dans la rue que l’espace de quelques heures…
Plutôt que de promouvoir une réelle mixité (mélange), ces collaborations bâties sur l’autel du marketing n’en sont que plus segmentantes. Elles ne mettent guère en avant quelque élan créatif que ce soit mais accentuent l’écart qui existe entre les créateurs de mode et les marques populaires, signifiant l’inaccessibilité des premières. L’effet désiré s’en trouve inversé et l’on jette en pâture des ersatz de vêtements de luxe que le peuple s’empressera de s’arracher au sein du magasin devenu arène avant d’aller les revendre en ligne.
Pour demeurer sur le plan créatif c’est à une réelle collision des idées, des rencontres, des genres dont nous avons besoin. La mode à besoin d’une forme de perversité créative. Une collision venant de toutes parts, transversale et prenant tous les formes, assumant comme le souligne Marc Jacobs, ses volte-face, versatile. Transversale et versatile: TransVersatile comme le nom de ce blog. Collision génératrice de nouveautés et de partages en parfait accord avec notre époque qui via la révolution de la Culture Numérique à la possibilité de redécouvrir le sens du terme « collaboratif », voire l’attitude épistémique ancrée en chacun de nous et qui se manifeste par le désir de mettre en commun nos connaissances.
Au regard d’une certaine actualité, c’est un évitement que nous avons. Fuite en avant, attitude de repli sur soi. A voir le style, les attitudes et le nom de certaines nouvelles marques de mode, il fleure un parfum de néo-réactionnisme dans les lookbooks. L’antithèse de la curiosité créatrice.
Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire, ex-Conseil européen pour la recherche nucléaire) est un laboratoire où se trouve depuis 2008 le LHC (Large Hadron Collider Grand Collisionneur de Hadrons), le plus puissant accélérateur de particules du monde. Au sein du centre de recherche existent des activités n’ayant pas uniquement un lien direct avec l’action des neutrinos, des antiprotons ou la matière noire… Pour preuve Sir Tim Berners-Lee y à inventé le World Wide Web au début des années 90.
Depuis 2011, photographes, chorégraphes, musiciens, designers, &c sont sollicités, invités à visiter le Centre de recherche, voire à collaborer et y résider pendant 3 mois. Avec les scientifiques en place, les artistes prennent le temps de découvrir le monde de la physique des particules et échangent des idées qui vont nourrir leur travail. Le photographe Wolfgang Tillmans, la compositrice Cheryl Frances-Hoad ou la designer Iris Van Herpen sont parmi les artistes qui ont résidé.
Iris Van Herpen, Spring 2015, 3D printing and particle physics…
Le programme initié par Ariane Koek et baptisé Arts@CERN manifeste que des domaines en apparence fort éloignés peuvent en se « collisionnant » comme les atomes au sein du LHC, générer des particules créatives insoupçonnées, que la peur est l’ennemie de l’innovation.
L’artiste ne doit pas craindre de provoquer et de se projeter dans des lieux inconnus pour faire bouger nos consciences.
Plus tout à fait underground, pas encore mainstream, révélé au public en 2010, Die Antwoord est à l’image de notre société: TRANS-culturel.
Cantonné dans la nomenclature musicale au rap-rave un genre que l’on pourrait rapprocher du psyché rock des années 60, le style Die Antwoord embrasse cependant plus large.
“I represent South African culture. In this place you get a lot of different things: Blacks, Whites, Coloured, English, Afrikaans, Xhosa, Zulu, watookal. I’m like all these different things, all these different people, fucked into one person.”
Tirée de Whatever man, cette phrase chantée par Ninja le leader du groupe sud-africain est en quelque sorte une forme de synthèse d’une youth culture des “années 10” qui baigne dans une forme de chaos culturel.
Tout semble se télescoper sur scène, ce n’est pas que du rap, de la techno, du hip-hop. En fermant les yeux, emportés par la TRANSe on perçoit des accents rock voire pop (comme le défend Ninja dans Interview magazine), bref TRANS-musical.
TRANSgressifs à force de vidéos agressives honorées des milliers de fois sur Youtube. Réveillant nos instincts primaires, nos peurs enfouies, nos désirs inavoués, malaise et jouissance… suscitant (of course) et dès leurs débuts la curiosité d’un David Lynch.
X, Y et Z toutes les générations communient dans la fosse où se mixent des jeunes lolcore tendance bonkers et des gothiques oldschool à la coupe de Billy Idol (ex-leader de Generation X). TRANSgenerationnel, des mix inimaginables pour les générations précédentes où des donzelles afropunks moulées dans des combinaisons en cuir et masque de catcheuse à oreilles de Minnie Mouse croisent des jeunes hommes extatiques en salopette XXL fluo bariolées d’idéogrammes japonais. Des quadras en Louboutin font la queue à la buvette avec des individus en pyjama en pilou imprimé zèbre… C’est une joyeuse anarchie qui prend place.
On y voit Leon Botha qui nous interroge sur un hypothétique TRANShumanisme qui lui aurait peut-être allongé son espérance de vie. Casper le gentil fantôme à des érections cyclopéennes. Les fébriles graffitis, habillage scénique, évoquant des dessins d’enfants autant que l’art brut, entre Keith Haring et SAMO© s’opposent à la typo large et stable utilisée par le groupe. Hyperconnection et tribalisme, à l’image des hippies californiens des années 60, adeptes du LSD et de la vie au grand air et futurs créateurs de la micro-informatique. Sur scène c’est un show TRANSmédia, c’est un grand mash-up,
Là où au mitan des années 70 les punks optaient pour une radicalité excluant les autres influences afin de contrer le Système (sauf certains groupes comme The Clash, The Slits…), Die Antwoord s’engage dans une attitude tout aussi dénonciatrice mais ouverte. N’hésitant pas sur Ugly Boy, morceau samplé et repris à l’obscur Aphex Twin à inviter des personnalités ayant conservé un brin de souffre auprès du grand public (Marilyn Manson, Cara Delevigne et Dita Von Teese).
Le modèle des communautés, le grand élan hippie des années 60 désireux de proposer des alternatives sociales à connu un formidable changement avec l’avènement d’internet et l’essor de la culture numérique à l’aube des années 90. Les communautés sont alors devenues virtuelles, les interactions au sein de celles-ci et entre celles-ci se sont enrichies et complexifiées, créant des TRANSversalités insoupçonnées que l’on retrouve dans ces rassemblements.
Dès lors, plus aucun courant culturel n’est aujourd’hui exclusif à un seul groupe, une seule communauté et inversement. L’apparence extérieure ne suffit plus à nous définir.
Le microcosme du monde des tatoués ou le street-art attirent foule aux billetteries des musées, tout comme les impressionnistes et Salvador Dali.
Nos goûts traversent les genres, ils sont TRANSgenre. On hésite plus à affirmer des amours culturelles variées, une versatilité assumée, témoignant ainsi d’une sorte d’ubiquité culturelle. Nos goûts ne sont plus unilinéaires, mais ils se propagent comme le réseau, ils sont multipolaires.
Que cette multiplicité culturelle quasi schizophrénique nous vienne d’un pays situé au bout du continent le plus oublié de la planète en termes culturel, politique ou économique et qui 24 ans après la fin de l’apartheid influence une partie de la jeunesse occidentale ne doit pas nous laisser indifférent.
Above: Hans Behrendt’s « Six Girls Seeking Shelter », 1927
Découverte par hasard, l’affiche (ci-dessus) du film « Six girls seeking shelter » des frères Sternberg (Vladimir -1899-1982- et Georgy -1900-1933-), graphistes et artistes du mouvement constructiviste m’a rappelé cette initiative du New York Times qui a eut lieu lors de la dernière fashion week et la manière dont je l’avais réinterprété avec mes élèves.
Les journalistes du New York Times ont fait appel des programmeurs. Ces poètes du code informatique ont développé, via d’hermétiques algorithmes mathématiques une application permettant de synthétiser les données (datas) couleurs des différents shows.
Sans programmation, juste par leurs observations et quelques sélections dans Adobe Photoshop, les futurs designers de Mod’Art ont reproduit l’exercice du quotidien américain, obtenant une vision rapide de la gamme couleur d’un défilé ainsi qu’une information sur les longueurs… Certains d’entre eux allant même à faire des propositions audacieuses (synthétiser les broderies, les imprimés…). Par souci d’immédiate lisibilité ces propositions furent écartées, le résultat devenant trop complexe à décoder.
L’initiative du New York Times peut être classée comme étant de la datavisualization (représentation graphique de données) adapté aux défilés de mode. En jetant un œil à quelques boards Pinterest on constate que c’est un domaine où la forme graphique compte beaucoup.
Ci-dessous, la datavisualisation réalisée lors de notre workshop à Mod’Art Paris.
La rencontre entre la technologie et la mode, dans le cadre d’analyse des couleurs fonctionne parfaitement et permet ici de rendre explicite, de manière agréable et rapide des informations. Le résultat peut être apprécié autant à des fins créatives et stratégiques au sein d’un bureau de style, des fabricants, etc… qu’à des fins créatives et esthétiques.
Ci-dessous la datavisualisation des défilés DSquared et Yohji Yamamoto est empreinte d’une vibration et d’une musicalité insoupçonnée. On y lit une rythmique savamment orchestrée par la direction artistique du défilé. Chez DSquared, un défilé acidulé aux deux tiers et des filles très court vêtues. Chez Yamamoto les couleurs viennent s’intercaler entre les passages sombres.
En quelques clics de souris nous pourrions apposer la gamme couleur synthétisée sur le mannequin à la manière des Frères Sternberg…
… et y voir une robe Mondrian (Yves Saint Laurent, 1965, photo Peter Knapp) revisitée…
ou « les sportifs » de Kasimir Malevich, 1930-1931
ou encore une robe Poliakoff (Yves Saint Laurent, 1965, automne-hiver)
voire les Compositions de Serge Poliakoff qui aurait subit la loi de la ligne verticale.
Ou encore les expériences vibratoires de Piet Mondrian (Broadway Boogie Woogie, 1942-1943)
et les œuvres cinétiques du peintre vénézuélien Jesus Rafael Soto (Polychromie avec tés, 1980)
Mais peut-être faut-il remonter à l’année 2011 où Fashionary publiait une série de posters intitulé Fashionary 8-bit en référence au graphisme rétro des années 80.