PARIS, NOVEMBER 8TH, COLLECTION D’ARNELL ANDREA

PARIS, NOVEMBER 8TH, COLLECTION D’ARNELL ANDREA

Quelle est la pertinence et la valeur des avant-garde dans le contexte culturel contemporain?
LA QUESTION PRIMORDIALE N’EST PLUS D’IDENTIFIER LES MOUVEMENTS D’AVANT-GARDE, MAIS PLUTÔT DE COMPRENDRE DANS LE TUMULTE CONTEMPORAIN CE QUI MÉRITE D’ÊTRE PRÉSERVÉ ET EXALTÉ (Réflexions et conversations lues et entendues deci-delà)
On se ‘fout’ des classiques…
En cette année d’élections sur une grande partie de la planète, prêtons-nous au jeu du petit théâtre politique du luxe.
Évaluer, et organiser les marques, tant françaises qu’internationales, selon leurs actions et avec une touche de subjectivité donne ceci.
« Les algorithmes ne font que répondre aux objectifs qui leur ont été fixés, contrairement aux humains »

L’Escapisme, qui désigne la tendance à chercher refuge dans des mondes imaginaires, est un phénomène ancien et persistant. Les moyens d’évasion ont évolué au fil du temps, allant des contes racontés au coin du feu, aux romans du XIXe siècle et jusqu’aux séries en streaming aujourd’hui. Les explorations virtuelles du Metaverse s’inscrivent dans cette tradition, offrant une immersion profonde dans des univers fictifs.
Lire la suite « AU DELA DU RÉEL, LES NOUVELLES FRONTIÈRES »Quand on est obsédé par l’image qui fait surgir des messages. Que celui-ci soit d’ordre esthétique, informatif ou communicatif peu importe, l’essence réside dans le décodage du visuel.
L’exercice devient alors la déconstruction de cette image, la quête de ses références, la découverte de ses sources ou d’en trouver le cas échéant (!).
Lire la suite « Il voit des références partout »Lily McMenamy, fille de Kirsten, icône des années 90 ayant révolutionné le monde du mannequinat par son allure singulière, incarnait la semaine passée à Paris, la conscience aiguë que nous avons, de notre représentation, de l’image que nous projetons aux yeux des autres et de son impact sur notre existence.
Sa performance, une exhibition solo, s’est révélée être un exutoire où elle explorait la dualité de son être en se mesurant à l’image de son double, son doppelgänger.
Lire la suite « Lily McMenamy, image de soi, réveler l’invisible »
Mon récent passage à l’Espace Louis Vuitton en quête des introspections méditatives que provoquent chez moi, les toiles de Mark Rothko, m’a laissé dans un état dubitatif, loin de l’exaltation spirituelle ressentie il y a plus de vingt ans.
Lire la suite « Rothko revisité : Quête d’intimité à l’ère de la surabondance »Dans l’arène du luxe, les marques ont progressivement mué, adoptant les traits de véritables entreprises de divertissement. Délaissant les tactiques publicitaires orthodoxes pour des stratégies plus immersives, elles puisent désormais dans le registre journalistique et muséal, usant de termes tels que « ligne éditoriale » et « curation » pour créer des scénarii captivants.
L’objectif étant de plonger le consommateur dans un univers cohérent et qu’un lien émotionnel se crée entre la marque et lui…
Lire la suite « Business et Pop Culture, le couple parfait »

Face a face, critique, de ces deux réalisations.
Dans le théâtre de la performance artistique, « Mademoiselle Bourgeoise Noire » se dresse comme une pièce maîtresse, où le vêtement devient véhicule de revendications.
J’ai immédiatement pensé au top créé par Martin Margiela pour la collection SS 2001.
Faite de 180 gants blancs, présentée lors de performances (198à-1983) la robe-œuvre de l’artiste Lorraine O’Grady déborde sa matérialité pour embrasser une dimension symbolique, interrogeant les intrications de la race, de la classe sociale et du genre.
L’usage des gants, incarnent la critique acerbe d’O’Grady envers un système artistique qui, selon elle, impose une forme d’assimilation et de domestication de l’art produit par les artistes noirs.
Les gants blancs se chargent d’une dimension allégorique et dénoncent cet ethnocentrisme artistique.
Cette métaphore des gants blancs fait écho à l’imaginaire collectif où ces derniers sont souvent associés à la haute société, à la propreté et à la formalité, masquant ainsi les aspérités, les contestations et les vérités inconfortables.

Cette œuvre trouve-t-elle un écho dans la réalisation de Martin Margiela?

Margiela, avec sa signature conceptuelle, métamorphose le gant en un top avant-gardiste, défiant les conventions établies de la mode, le quotidien est sublimé dans un geste de couture.
Le gant est une toile de fond pour explorer la reconstruction, l’innovation et l’abstraction dans la mode.
Ces deux réalisations divergent dans leurs intentions.
Chez O’Grady l’œuvre est politisée, chez Margiela il est question d’expérimentation textile.
Mais les deux expressions partagent une quête commune de transcendance à travers l’objet ordinaire.
Ces dialogues entre l’art et la mode, entre la critique et la création, esquissent les contours d’une réflexion plus vaste sur le pouvoir des vêtements comme médium de révolution et d’expression, habillant autant le corps que l’esprit.