On a vu: Virgil, Marcel, Jean-Michel et les autres

Andy Warhol l’aurait, à l’instar de Jean-Michel Basquiat, pris sous son aile s’ils avaient vécu à la même époque.
Celui qui est un des représentants les plus marquants de notre époque post-moderne avait droit à une exposition dont le vernissage avait lieu à la galerie Kreo ce mercredi.

Intitulée Virgil Abloh:Echosystems, l’exposition met en scène les lieux d’action du meta-designer (« celui qui dépasse » au sens figuré) consécutives à ses multiples influences décomplexées et son parcours multidisciplinaire.
Ses créations habitent les frontières et apportent une évidence à la notion d’interdisciplinarité.

Il semble évident que l’exposition démarre avec une des reproductions de 1965 de LHOOQ de Marcel Duchamp, source d’inspiration majeure.

Virgil Abloh séduit tant les jeunes générations au sens où il a fracturé les lignes de démarcations.
Il a ouvert la voie à l’affirmation de nos diversités au sein de nos communautés. Il nous a appris à oser le sampling, à créer des aspérités plutôt que de lisser, effacer et aseptiser.

ART COLLAB: JOSEPH BEUYS X LAFUMA (!)

Lors d’une visite au ‎⁨Stiftung Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen⁩, ⁨Düsseldorf⁩, ⁨Rhénanie-du-Nord-Westphalie⁩, ⁨Allemagne aussi dénommé musée K20.
L’installation de Joseph Beuys (1921,-1986), Palazzo Regale datant de 1985 est constituée de deux vitrines contenant des objets de son quotidien, d’autres retravaillés, issus de ses actions artistiques et de sept panneaux de laiton vernis et recouverts de poussière d’or.

Mais savent-ils chez Lafuma que ⁩parmi ses objets du quotidien l’artiste allemand à utilisé un de leur sac à dos (le sien) pour une de ses vitrines ?

MAD MOVIES

Ayant osé regarder ces derniers temps quelques Halloween et Destination finale afin d’aborder un genre cinématographique que je connais bien peu, la movie-list de l’été 2023 visite logiquement les genres slasher, erotico-trash, horror-porn, dystopie, « coming-of-ages », criminal… Une dimension comédie-hystérique, est parfois présente dans ces films, ce qui n’est pas pour me déplaire. De plus, pur hasard cette movie-list est une ode à l’actrice Mia Goth.

Frankenstein, Dracula (featuring Christopher Lee), Nosferatu, Night of leaving dead et autres Crash sont, pour moi, des classiques voire des institutionnels. Hors compétition du point de vue du néophyte du genre que je suis.

On commence par X, puis forcément son préquel Pearl qui le surpasse en tout point, ce qui est une belle performance. On attend avec impatience MaXXXine la troisième partie de cette trilogie horror-porn à l’esthétique délicatement travaillée et à la narration radicale.
Afin de sortir la tête de ce bain de sang, on enchaîne sur une horror-comedy hallucinée avec Cocaïne bear (oui un ours sous coke…) et on continue dans un registre thriller-punk avec 68 kill, une histoire de gros sous qui vire à la comédie feministo-gore là aussi avec peu de concessions.

Faire baisser la température, changer de registre le temps de regarder le délicieux Asteroïd City de Wes Anderson. Dans ce mood fantastique apprécier tardivement l’excellente dernière variation de Godzilla (Shin Godzilla), puis le film de super-héros Shin Kamen Rider sombre histoire d’humain hybridés avec des insects afin de détruire une organisation, douteux.

Se laisser guider par un algorithme qui confirme l’excellente qualité des séries sur Apple TV+. Ainsi après Severance l’année passée, ce sont les dix épisodes dystopiques de Silo avec un scénario d’une belle complexité, des détails de décor passionnants et une belle performance de Rebecca Ferguson qui tient en haleine.

L’algorithme égoïste ne perd pas la main et suggère Sonne und beton (Sun and concrete) de David Wnendt, sorti en février lors de la 73e Berlinale. Un tour rapide sur la filmographie de David Wnendt et l’on s’aperçoit qu’il est le réalisateur de Il est de retour, comédie satirique sur Hitler se réveillant dans un parc 70 ans après son suicide… Une envie urgente de visionner les grinçants Kriegerin (Guerrière) et Feuchtgebiete (Zones humides) ses précédents films à forte dimension sociale où sont abordés tantôt une immersion dans le milieu néo-nazi contemporain et tantôt la sexualité féminine.

La liste s’allonge et il faut y mettre un certain ordre, l’algorithme n’en fait qu’à sa tête et complète la liste en mettant en exergue le réalisateur danois Nicolas Winding Refn. Smart move, il est l’auteur d’une série de film que j’adore: Drive, Only God Forgives et le troublant The Neon Demon, mais son début de carrière dont Pusher, m’était inconnu.
Beaucoup moins esthétique que Trainspotting, sorti la même année (on a une caméra à l’épaule dans Pusher), moins glamour et sans Blur, Pulp ou Underworld, Pusher est beaucoup plus radical et âpre. On est dans le cinéma naturaliste, du Ken Loach hardcore et trash qui laisse la boule à la gorge. Très dur mais on adore. On pense aussi à Orange mécanique ou Naked de Mike Leigh…
On prend son temps, car tout comme X cité plus haut, Pusher est une trilogie (Pusher 2, With Blood on My Hands
et Pusher 3, I’m the Angel of Death).

Dès lors on ne boude pas le plaisir de la découverte.
L’algorithme tournant en boucle désormais, c’est son point faible n’est-ce pas? Au détour d’une lecture ou d’une émission de radio, on découvre avec étonnement que Zadie Smith à co-écrit High Life, un film de science-fiction avec… Claire Denis et featuring l’incontournable Mia Goth.

Comment est-ce que j’en arrive à Infinity Pool de Brandon Cronenberg featuring l’incontournable Mia Goth? Sans doute parce que Videodrome et Crash de Cronenberg père sont passés par là…

Alors comme un balancier on en revient à Nicolas Winding Refn qui après Pusher à réalisé avec les mêmes acteurs Bleeder, sans pour autant être un suite de Pusher, il aborde des sujets adjacents comme la violence et les tensions issuent du désœuvrement, du rapport entre les communautés, les genres et leur environnement urbain.
Quand on apprend que le réalisateur s’est inspiré du brûlot Last Exit to Brooklyn d’Hubert Selby Junior, on a de quoi s’inquiéter…

Telle un plante grimpante, la movie-list s’est révélée très organique, fluide, dynamique et vivante. Elle se conclu, par Antiporno du réalisateur japonais Sion Sono acheté à sa sortie mais jamais visionné et par deux films s’inspirant du genre giallo: Un couteau dans la cœur avec Vanessa Paradis et un bijou de David Cronenberg Liz and Helen, 1969,, featuering Klaus Kinski.

Pur plaisir.

ARCHIVES: SIOUXSIE AND THE BANSHEES, 1995 PARIS

Retrouvées dans les archives, trois photos analogiques et bien granuleuses sur pellicule AGFA prises le 1er mars 1995 au Bataclan.

ARCHIVES: MODE SPORT ET CLIMAT

La mode responsable dans le supplément Styles du journal Le Monde daté du 11 mars 1999.

L’équipe de France de football à remporté la coupe du monde l’été dernier, le sport deviendrait cool, la mode est au coin du bois.
La mode emprunte alors au domaine du sport surtout du côté des matières techniques (matières déperlantes, Nylon, assemblage thermocollés, matières poids plume…), aux couleurs énergiques, aux zips…

En 1999, on ne se fait pas de soucis pour le climat. L’eau n’est pas un problème car « la mer est promesse d’infini » et le « ciel est atmosphériqument pur » écrit la rédactrice en chef (!)
Nulle référence aux sneakers car celles-ci n’ont pas encore envahi nos armoires.
Aujourd’hui, on parle de canicule marine et nous possédons tous au moins une paire de sneakers.

Matières déperlantes, Nylon, assemblage thermocollés, matières poids plume, spas, transparences, l’urbanwear à ses balbutiements.

LEVI’S VINTAGE

Numérisation du catalogue de l’exposition de 1992 à l’Hôtel Drouot, sur l’histoire des jeans Levi’s

Disponible ici

VALADON, NEEL et…WOOLF

Suzanne Valadon, femme libre, muse et artiste est au Centre Pompidou Metz jusqu’au 11 septembre et à fait immédiatement fait résonner en moi quelques portraits d’Alice Neel.
Quant au tire de l’exposition Un monde à soi, il n’est pas sans me rappeler un des ouvrages majeurs du discours féministe Une chambre à soi de Virginia Woolf, autre femme libre.

Alice Neel, Margaret Evans pregnant, 1978
Suzanne Valadon, Nu assis au châle tapis, 1921
Suzanne Valadon, Catherine nue allongée, 1923
Alice Neel, pregnant woman, 1971