A l’heure de la mode des pantalons XLarge, un clin d’œil sur la dégaine de Jean Ross.
Chanteuse de cabaret, actrice qui a défilé pour Jean Patou, journaliste puis critique de cinéma elle a inspiré Christopher Isherwood lorsqu’il a crée le personnage de Sally Bowles pour son roman Goodbye to Berlin, 1939 adapté plus tard dans la comédie musicale Cabaret. Sally Bowles ayant à son tour inspiré Truman Capote pour son personnage Holly Golightly dans Breakfast at Tiffany’s.
Ce week-end se tient Révélations, la Biennale internationale des métiers d’art et de la création au Grand Palais.
Le vernissage de vendredi fut l’occasion de retrouvailles : mes amies de longue date du WBDM – Wallonie Bruxelles Design Mode (oui je suis très belge), l’artiste plasticienne Patricia Canino, et l’historienne de la mode Lydia Kamitsis.
Patricia Canino, Daniel Henry et Lydia Kamitsis
Sur leur stand, j’ai découvert le travail fascinant de Daniel Henry, ennoblisseur. Grâce au mécénat de la ville de Bruxelles, il signe Velum Magneticus, une œuvre destinée à la salle des mariages de l’Hôtel de Ville gothique. Composée d’une tenture à plis et d’une broderie par application (patchwork) sa création s’adosse à une structure datant elle de 1897. Il m’apprendra, à demi-mot, collaborer depuis plusieurs saisons avec Maison Martin Margiela sur un procédé d’application d’or sur tissu puis craquelé à la main.
Velum Magneticus
En déambulant, la matière foisonne – marbre de Carrare, résine, textile, laiton, béton, ferraille, porcelaine et montre la richesse de la création humaine.
Autre éblouissement : coup de cœur pour les cubes paysagistes de l’artiste coréenne Jeon Ahyun, les textiles organiques de la créatrice textile géorgienne Ekaterine Geguchadze, aux accents de Sheila Hicks et la sélection rigoureuse de Caroline Andreoni dont chaque pièce donne envie d’acquérir une villa à Isla del Rey et d’en confier l’entièreté à ses designers, du seuil au plafond.
Une dissonance latente: entre les ors du lieu et la précarité de certains créateurs dont le talent peine à trouver preneur. La nécessité de ces manifestations s’impose alors : pour provoquer la rencontre, faire résonner les voix du secteur et donner corps à leurs gestes.
Il reste quelques heures pour s’y laisser submerger – et en ressortir un peu plus émerveillé.
Petit parcours transversal à DSM Paris où texte et textile s’hybrident sur les portants pour notre bon plaisir.
Des vêtements à lire, à déchiffrer et à porter. Sur les vêtements et les accessoires il n’y a pas de frontière entre les évocations allant de Jenny Holzer en passant par les codes du fanzine punk et le grunge design de David Carson voire aux concepts de Sol LeWitt
Chez Simone Rocha la typographie devient chair, l’organique s’invite dans l’écriture. Moschino sature le tissu de caractères, dans un chaos contrôlé, tandis que JW Anderson cite un manuel et le texte devient ornement (mais que…), comme chez Sol LeWitt. Graffitis et typos néons taggent des shorts pour sorties urbaines.
Le texte sur vêtement est une pratique ancienne, le tee-shirt à toujours été une page imprimée de slogans et de manifestes autant pour accompagner la contre-culture qu’une opération marketing.
Une expression de soi cultivée?
Ce qui captive ce ne sont pas tant les vêtements eux-mêmes que les signes qui les recouvrent. Le texte déploie une narration. Il impose de la précision et verrouille le sens, quel qu’il soit, quel que soit sa mise en forme, quel que soit son support.
Le vêtement-écrit devient le signifiant du dépassement de la fonction utilitaire du vêtement vers la représentation d’une expression de soi, cultivée.
La tendance Booktok ou les salons de littéraires de Miu Miu semblent aller dans ce sens.
On porte un vêtement non plus pour se protéger, ni pour s’affirmer mais parce qu’il participe à la construction de notre écosystème personnel, il doit donc être chargé de signification.
Tracing the visual codes of excess from postmodern pop to hypermodern spectacle I found myself lingering over the inner sleeve of Welcome to the Pleasuredome by Frankie Goes to Hollywood (1984), struck by how oddly current the image feels: saturated colors, a dream-like lushness, a fantastical fauna nestled within a baroque wilderness. The band members pose like figures from a fevered tableau, caught somewhere between theater and ritual, where pleasure becomes its own myth. Then I stopped by the poster for Björk’s Cornucopia tour — this Sunday, May 11 at the Grand Rex — and i personally found an uncannily similar aesthetic. Don’t you think so? Forty years apart, yet both visuals seem to breathe a similar image narrative, creating a sensory-rich world we now call hypermodern: vibrant colors, intricate details, and surreal compositions that visually represent a reality where nature and technology intertwine — harmoniously, yet unmistakably dreamlike.
Rather than hybridization, I would speak of an aesthetic mutation that alternately blends nature, the human, and now technology.
When my students invite me to their events — a performance, a runway show, an impromptu screening.
What I encounter there isn’t only the work of young bloods — it’s a different relationship to the world, beginning to articulate itself. A way of dressing, performing, showing — not imitative, but one that twists references, makes them its own.
I consider it a rare privilege: to witness the worlds they are shaping, to get a glimpse of a generational sensibility (Gen Z), in short, to come into contact with what’s to come.
And when the lead singer has a My Bloody Valentine sticker on his guitar, you can’t help but nod — in silence or in some kind of internal feedback loop.
Alexandre Bavard travaille la ville comme un site de fouille : il collecte des objets urbains et les assemble en bas-reliefs où les vestiges du présent dialoguent avec l’iconographie antique. Ses toiles effacent les slogans typographiques mais laissent des spectres de rébellion à la surface (entre censure, mémoire et archivage).
Info pratique:
Galerie Molin Corvo – 12, galerie Véro-Dodat, 75001 Paris
Il reste encore deux petits jours pour plonger dans l’univers de Peanuts qui fête cette année ses 75 ans.
Une exposition gratuite à l’Hôtel du Grand Veneur, dans le Marais, qui s’offre aux passionnés de mode comme à ceux que fascine l’univers graphique, psychologique de Peanuts.
A l’ouverture de l’exposition on découvre que certains choix vestimentaires sont loin d’être anodins. Ainsi le sweatshirt Beethoven de Schroeder s’inscrirait dans une typologie de l’adolescent mélomane, isolé dans sa bulle musicale. Le tee-shirt zigzag, ajouté après les premières apparitions de Charlie Brown reflète quant à lui ses oscillations émotionnelles, ses échecs répétés et son instabilité affective. Schulz manipule le signe sémiotique avec brio. Tout comme la robe à pois autre signe fort porté par les filles.
A lire
« Rayures : une histoire culturelle » de Michel Pastoureau, spécialiste de l’histoire des systèmes symboliques.