Au Words, Sounds, Colors and Shapes, 10 rue Perrée, Paris, est un lieu culturel imaginé par Ramdane Touhami. L’autre jour il s’y tenait une séance de signatures du magazine Purple menée par Olivier Zahm (OZ) son cofondateur. Accompagné par l’artiste André, Olivier Zahm, dandy intellectuel y dédicaçait 25 ans d’archives d’un magazine devenu une référence.
Le streetwear désigne un style vestimentaire ancré dans la culture urbaine et populaire. Il se caractérise par des vêtements décontractés avec une dimension artistique (logos, collaborations avec des artistes, etc.). Au fil du temps, le streetwear s’est popularisé et est devenu un pan essentiel de la mode contemporaine.
Le « luxe » en mode, renvoie traditionnellement à des pièces produites avec des matériaux de qualité supérieure. Il inclut un savoir-faire artisanal avec des détails de broderie et l’utilisation de tissus exclusifs.
La collaboration entre Louis Vuitton et Suprême de 2017 a marqué un moment important. Une maison de luxe historique s’ouvrait alors à l’esthétique urbaine. Ce fut un coup marketing et commercial très probant, mais qui manquait de profondeur créative car essentiellement appuyée sur la juxtaposition de logos, le streetwear-luxe se résume à un processus « additif ».
Une grande partie des films que j’ai vus l’an dernier était signée A24 ou Neon.
Ce qui intrigue ici, ce n’est pas seulement leur présence répétée dans mon parcours de spectateur. C’est aussi la manière dont ces studios se sont imposés comme une référence esthétique et créative immédiate. Il m’arrive de reconnaître un film A24 au premier coup d’œil, voire au premiers mots du synopsis. Une affiche, une texture et l’évidence s’impose. « I saw the TV glow », « Maxxxine », « Triangle of sadness », « Longlegs » « Anora » (Palme d’Or), « Parasite », « Euphoria », « The Idol », « Anatomie d’une chute » ou « Titane » (la liste est longue) portent en eux cette grammaire visuelle qui leur est propre, ils sont forcément des films ou des séries A24 ou Neon…
La diffusion publique des intelligences artificielles génératives (IAG) à redéfinit nos pratiques créatives.
Ces outils, qui manipulent des volumes gigantesques de données et se présentent comme accessibles à tous, interrogent non seulement les processus de création, mais aussi notre propre autonomie artistique.
Outre une réflexion technologique, ces transformations touchent aux fondements mêmes de la créativité humaine et à son interaction avec l’imaginaire.
En 1977 dans son essai « Sur la photographie », Susan Sontag notait que chaque innovation technique tend à libérer le médium dominant de ses contraintes historiques. Ainsi, la photographie a permis à la peinture de s’émanciper de la représentation mimétique pour s’aventurer vers l’abstraction.
Il est légitime de se demander si les IAG libèrent à leur tour nos capacités créatives et quelles sont les conséquences de cette évolution sur notre autonomie et notre capacité à imaginer.
Il ne reste que quelques jours pour découvrir à la Pinault Collection une exposition dédiée à l’Arte Povera, mouvement artistique né en Italie et qui, au tournant des années 1960, bouleversa les codes traditionnels de la création.
Les artistes Alighiero Boetti, Jannis Kounellis, Giuseppe Penone entre autre ont le désir violent de s’émanciper des dogmes établis et des conventions académiques. Ils explorent des territoires inattendus, convoquant des matériaux souvent jugés triviaux ou non nobles : légumes, résidus métalliques, tubes réfrigérants…. La matière brute, fragile ou industrielle, s’impose comme un vecteur d’interaction et de réflexion, plaçant le spectateur au centre l’œuvre et redéfinissant le statut même de l’art et de son rapport au réel.
Une approche qui résonne encore aujourd’hui, à l’heure où les frontières entre disciplines artistiques, écologie et artisanat s’effacent.
Albero Porta, Giuseppe Penone, 2012
Albero Porta, Giuseppe Penone, 2012
GIOVANNI ANSELMO Particolare, 1972-2023
MICHELANGELO PISTOLETTO Venere degli stracci. 1967
MICHELANGELO PISTOLETTO
GIOVANNI ANSELMO Particolare, 1972-2023
ALIGHIERO BOETTI Lavoro postale (permutazione), 1973
ALIGHIERO BOETTI Lavoro postale (permutazione), 1973
ALIGHIERO BOETTI Mettere al mondo il mondo, 1972-1973
GIUSEPPE PENONE Spoglia d’oro su spine d’acacia – occhio, 2002
GIUSEPPE PENONE Alpi Marittime. 1968
GIUSEPPE PENONE Patate, 1977
MICHELANGELO PISTOLETTO, QR Code Possession, Generative Artificial Intelligence, 2023
Le cours sur l’image que j’ai récemment clôturé a exploré la nature, les fonctions, les types et le statut des images. L’objectif principal était de développer une véritable littératie visuelle chez les étudiants. Il visait aussi à les encourager à adopter une attitude réflexive face au flux constant d’images qui nous assaillent quotidiennement.
Le cours s’est ensuite penché sur les aspects techniques, de la composition, du cadrage et autres choix esthétiques
Un deuxième temps crucial fut d’aborder la sémiologie et l’étude des signes. Cela a permis de décrypter les finalités et les méthodes employées. Ces méthodes sont utilisées dans la création de campagnes de communication et publicitaires efficaces. Il a été souligné l’interaction cruciale entre le marketing et la sémiologie pour une communication fluide et adaptée et révélé la puissance, parfois invisible, des images en tant qu’outil stratégique.
L’étude de cas de la Maison Saint-Laurent a permis d’illustrer l’application du concept d’image à une marque. L’image de marque est soumise à de multiples tensions et se nourrit d’influences diverses : les collaborations avec des photographes, les diverses incarnations et les direct.rices.eurs artistiques.
Cette exposition à l’Hôtel des Arts de Toulon dédiée à l’illustration réunit les créations d’étudiants de quatrième et cinquième année d’écoles d’art françaises.
Présentés dans le magazine The Drawer et sous la direction artistique de Barbara Soyer et Sophie Toulouse, ces travaux explorent les multiples dimensions de l’illustration.
Chez cette jeune génération l’intime dialogue avec le collectif, les supports et matériaux se démultiplient, tandis que les formes de représentation s’étendent fréquemment vers l’installation.
Cette manifestation a le mérite de révéler les potentialités vastes et inattendues d’un champ artistique en mutation.