BALENCIAGA OR ACTION-COUTURE

Whether it’s the 1951 cocktail dress, the 1962 summer collection, or the « Rose dress » worn by Veruschka and immortalized by Irving Penn for summer 1967 (see below), these three creations constitute clear references for Demna Gvasalia’s recent proposals, who, during Couture shows, remains resolutely faithful to the house’s heritage.

Demna Gvasalia, although he may not possess the genius of John Galliano or Alexander McQueen, nor the marketing acumen of Tom Ford (during his Gucci era), undeniably asserts himself as one of the few designers capable of reinterpreting the fundamentals of the Spanish house.
He gravely aligns these codes with our hyper-modern era, often with a touch of cynicism, addressing economic, social, and political themes.

The two dresses (No. 25 and 39) from Winter 2024 are, after all, « distressed » versions of those created by Cristobal Balenciaga, completely in tune with our times.

Moreover, in this show, as always, Demna Gvasilia incorporates streetwear elements into Couture. This doesn’t make it more accessible but situates it in its time. Fashion in action as a means of expression and social critique.
Photos: Fashion Network, Balenciaga Paris ed. Thames & Hudson

Parcours graphique, Londres

Sans prétention, la présence du graphisme au quotidien, en suivant le pavé londonien.

L’habit fait le moine

Dans l’univers technologique, il contribue, parfois, à participer à faire le leader. Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Jensen Huang, chacun à leur manière, ont utilisé leurs choix vestimentaires pour se forger une image iconique, transcendant ainsi la simple apparence.

Le vêtement n’est plus seulement une protection ou une parure, mais un vecteur de messages puissants et subtilement orchestrés.

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SORTIR EN CHEVEUX? MOI JAMAIS !

L’expression « sortir en cheveux » signifie sortir tête nue, non couverts, sans fichu, sans bibi ou sans chignon. La coutume a perduré jusqu’aux alentours des années 60. Il était malvenu alors, pour une femme de sortir les cheveux libres, et si c’était fait de manière délibérée il en était d’exprimer une certaine désinvolture.

Sur les photos ci-dessous issuent de la collection automne hiver 1997 de Yves Saint Laurent Rive Gauche une longue écharpe entouré le visage des mannequins, il s’agit d’une déclaration stylistique et artistique (la collection étant un hommage à Mondrian). Les temps ayant changé, beaucoup d’idées se sont déplacées sur le plan politique, religieux, social et culturel. Une telle représentation pourrait-elle être aujourd’hui sans provoquer de polémique ?

YVES SAINT LAURENT RIVE GAUCHE-AW 1997
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Vestiaire d’Identités: entre conformité et individualité, représentation sociale et différenciation

Janus, le dieu romain aux deux visages

Les vêtements, au-delà de leur fonction première de protection, sont de puissants vecteurs de signification (Roland Barthes) reflétant non seulement l’identité personnelle mais aussi les dynamiques socioculturelles, économiques et politiques.

La transversalité entre la notion de représentation en société et la manière dont on s’habille pour soi soulève des questions fascinantes sur l’identité, la perception sociale et la communication non verbale.

Ci-dessous, une compilation d’information et de reflexion sur la problématique.

Philosophie et Sociologie du Vêtement
Philosophes et sociologues tels que Georg Simmel et Roland Barthes ont examiné le vêtement comme symbole de classe sociale, d’appartenance culturelle et de personnalité individuelle.
Georg Simmel, dans sa théorie de la mode (Philosophie der Mode [1905]), évoque le dualisme de l’imitation et de la différenciation : les individus adoptent des modes pour s’aligner sur un groupe, tout en cherchant à se distinguer au sein de celui-ci.
Roland Barthes, dans « Le Système de la mode [1967] », analyse les vêtements comme un langage, un système de signes reflétant et communiquant des significations complexes.

Anthropologie et Économie de la Mode
Du point de vue anthropologique, les vêtements sont étudiés comme des artefacts culturels qui révèlent les normes, les valeurs et les structures sociales. Des travaux comme ceux de Ted Polhemus montrent comment la mode permet l’expression de l’identité individuelle et collective, naviguant entre conformité et rébellion.
Économiquement, la mode est un secteur majeur qui influence et est influencé par les dynamiques globales. Les économistes étudient l’impact de la mode sur les environnements et les économies locales et mondiales, y compris comment les tendances de la mode reflètent et façonnent les conditions économiques.

Art et Mode
Les designers de mode, tels que Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Alexander McQueen, Miuccia Prada et Virgil Abloh, ont révolutionné la façon dont nous percevons les vêtements, en les transformant en œuvres d’art et en déclarations politiques. Ces créat.rices.eurs ont utilisé la mode comme un moyen d’exprimer des idées, de contester les normes sociales et de réimaginer l’identité.

La Mode Comme Miroir Social
La mode fonctionne comme un miroir social, reflétant et influençant les mouvements politiques, les changements sociaux et les évolutions culturelles. L’émergence du mouvement punk dans les années 1970 a utilisé la mode comme un acte de résistance politique et culturelle, tandis que le mouvement féministe a remis en question les normes de genre à travers les choix vestimentaires.

Conclusion
La manière dont nous nous habillons au quotidien est intrinsèquement liée à la notion de représentation, jouant un rôle crucial dans la manière dont nous sommes perçus et nous percevons les autres. La mode, dans ce contexte, devient un champ d’étude multidisciplinaire, impliquant la philosophie, la sociologie, l’anthropologie, l’économie et les arts. Elle offre un aperçu précieux de notre société, révélant les tensions entre individualité et conformité, expression personnelle et attentes sociales.
En explorant ces intersections, on peut mieux comprendre la complexité des dynamiques sociales et la puissance du vêtement comme forme de communication non verbale.

Article rédigé avec Monikia

WAIF, X CONTROL

In the context of fashion and cultural analysis, the term « waif » describes a style or persona characterized by a delicate, fragile appearance, often associated with youthful innocence or vulnerability. This aesthetic became notably popular in the 1990s, primarily influenced by figures such as Kate Moss during the CK One campaign (1994) and Courtney Love. She perfectly embodied the « waif look » with her slender frame and minimalist style.

Drawing from Spring Breakers, the first film by the incredibly brilliant A24 film production studio, the Digital Breakers are waifs under control X.

De la littératie visuelle

Je ne sais plus d’où j’ai tiré cet échange, mais il pourrait être le manifesto d’un cours Image ayant une approche reflexive.

– Do you think it’s important to tell a history of photography or do you think that that is sort of a 20th century goal?

– I think it’s hugely important to talk about the history of the medium because it’s not quite a universal language. And the idea that we’re all visually literate is not quite true.

We can all probably extract some very basic level of information from photographs. But I think you have to learn to understand how images work and how images are constructed.

Who made the picture, why they make the picture, who edited the picture, who cropped the picture, who captioned the picture, what pictures did they leave out, what pictures are being censored. It’s a malleable medium and I think people need to be aware of that.

That’s one of the big goals in visual literacy, is for people to understand how many different ways you can make and use and understand any kind of image. There’s nothing like it. There’s no other experience like it. Because when we’re walking around the world, you don’t have time to see everything around you. For a moment, you can stop something and look at it in a way that you normally wouldn’t see it.

And I think that’s part of the real fascination with still photography. It’s kind of very existential, philosophical kind of medium. It lets you step outside yourself to kind of look at the world in a different way.

ON A VU: ROISÍN MURPHY, ICONE DE MODE

L’attente était grande pour le spectacle de Roisín Murphy à l’Olympia l’autre soir.

On anticipait des tenues extravagantes.
On espérait des poses et une théâtralité corporelle sur scène hors du commun.
On souhaitait une fosse habitée de fans vibrants d’énergie.
On attendait une performance hors norme.

Le résultat a surpassé mes attentes… ce fût un un show à 200%!
Le live s’est révélé être une véritable démonstration de passion, menée tambour battant, avec une énergie inébranlable, imprégnée de folie, sans retenue, et s’est avérée être une immense source d’inspiration.

Roisín Murphy ce soir là confirme son statut de véritable icône de la mode.
Ses choix vestimentaires, à mille lieues des tenues pour faire le buzz de stars plus mainstream étaient chargés d’histoire et de références culturelles.

Comment, en effet, ne pas évoquer Yves Saint-Laurent devant une telle allure ?

Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024-Musée Yves Saint Laurent
Roisin Murphy, Olympia, Paris, mars 2024 – Musée Yves Saint Laurent
Jerry Hall dans un tailleur monochrome Yves Saint Laurent
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La « panthéonisation » de la mode?

Le Panthéon, initialement conçu comme un lieu d’hommage aux grands hommes et femmes, reflète aujourd’hui, au vu des cérémonies à répétition, les transformations profondes de notre époque: Il ne s’agit plus seulement de célébrer des individualités remarquables, mais plutôt de représenter une certaine image de la France.

Cette idée où la représentation prime sur la singularité amène la question suivante: « est-ce que la mode, que l’on définit souvent comme l’expression de soi, de sa propre singularité, ne connaîtrait pas elle aussi un phénomène de panthéonisation?

Identités Diluées

Face à une jeunesse en quête d’identité visuelle (l’expression de soi), le phénomène d’emphase semble jouer à fond et alors se cristallise une dichotomie de l’individuel vers le général, du désir de représentation d’un groupe au détriment de l’expression de soi: la panthéonisation, soit moins d’individu et plus de générique.

Du Panthéon des Héros à celui des Marques

Ce qui concrètement se manifeste par le désir d’avoir des vêtements à l’image forte (le savoir-faire étant secondaire), au design prononcé, de célébrer une marque, afin de bien signifier son appartenance au groupe car aujourd’hui on ne cherche plus à être différent, le risque est trop grand.

L’Esthétique du Collectif ?

Optimiste, gageons que cette recherche du général soit (aussi) un désir de collectif, « d’être ensemble », contre les tensions de l’époque.

SCOTCHÉES !

Il ne fait pratiquement aucun doute que Jonathan Jacobson, scénariste du fameux The Kill Room, s’est inspiré du « costume » de Kim Kardashian imaginé par Demna Gvasilia pour le show Hiver 2022 de Balenciaga…