Mode alphabétique

J’ai trouvé cette publicité (ci-dessous) pour Jean-Paul Gaultier Jean’s dans l’avant dernier numéro d’i-D magazine. Les mannequins posant dans les lettres composant le nom de la marque m’ont immédiatement fait penser aux alphabets figuratifs ou « alphabet bodies » composés depuis plusieurs siècles, des enluminures des moines copistes du moyen-âge à Vanessa Beecroft pour Louis Vuitton…

ID magazine, 2007

jean-paul gaultier pub swimwear

Extraits choisis :

Manuscrit cistércien, XIIe siècle

Giovanni de Grassi, XIVe siècle


Peter Flötner, 1540

Giovanni Battista Bracelli, 1632

Alphabet cirque, début XXe siècle

Erté, Alphabet, 1927-1967 (sublime)
A consulter dans son intégralité ici

Fritz Janschka, 1983

Vanessa Beecroft, (VBLV, 2005), pour l’ouverture du flagship Louis Vuitton de l’avenue des Champs-Élysées, copie de l’alphabet crée par Athonin Beeke en 1970.

Transversalité musicale et nocturne…

Jean-Paul Gaultier vient de finir les costumes de Blonde Ambition tour, il s’associe alors avec Jean Baptiste Mondino, se met en scène et met la mode en scène à travers un clip, puis un disque baptisé Aow ou dou zat.

Toute la mode d’alors et l’univers foutraque de Jean Paul Gaultier résumé dans cette vidéo de 4 minutes.

Quelques années plus tard en 1993, Jean-Paul Gaultier partira à Londres enregistrer avec Antoine de Caunes l’émission culte Eurotrash, confirmant son rôle de locomotive de la scène créative parisienne et internationale.

Rares sont les créateurs apte à dérider la mode, à faire « bouger les lignes ». Rares à la sortir de son carcan parfois trop « business » et trop frileux. Rares sont ceux qui ont la possibilité d’investir le domaine créatif à des fins plus iconoclastes que mercantiles.

Heeer… I think i should… heerr… Bring so-some technic ideas… Heerr…

Marc Jacobs vs Elsa Schiaparelli

En voyant les détails chaussures du défilé SS 2008 de Marc Jacobs, je n’ai pu m’empêcher immédiatement de faire un rapprochement avec une réalisation d’Elsa Schiaparelli ; « rivale » de Gabrielle Chanel et grande amie, comme elle, des surréalistes…

Chapeau « chaussure » d’Elsa Schiaparelli qui excellait dans le style « trompe l’œil ».

Mais c’est surtout à l’artiste français underground Pierre Molinier, dont l’œuvre est centrée sur le fétichisme érotique, ami des surréalistes et particulièrement d’André Breton que Marc Jacobs fait référence.

Ci-dessus la création, pour des projets personnels, de Pierre Molinier Et la réédition par Marc Jacobs pour le printemps-été 2008

Marc Jacobs, printemps-été 2008

L’Inde en Vogue

Je partage avec vous une série d’articles et news que j’ai trouvés cette semaine et qui font écho à l’article du Time Magazine, dont j’avais posté quelques extraits ici.

Ces articles confirment la place prépondérente que prend le marché indien dans le domaine de la mode et du luxe.
Le premier article, issu du FashionMag, fait état de l’ouverture de la première boutique Gucci en Inde (Mumbai, ex-Bombay), Mark Lee, PDG de Gucci s’y exprime en ces termes :

« … nous sommes absolument certains que notre héritage, fort de quatre-vingt-six années, incarné dans nos produits de grande qualité, made in Italy, encensant le luxe et l’innovation, sera apprécié par les clients indiens. »

Le second est un extrait issu du compte-rendu des défilés parisiens S/S 2008 écrit par Suzy Menkès dans l’IHT, elle fait référence au défilé Hermès entièrement dédié à l’Inde, je cite :

« Backstage at Hermès, it looked like Old Delhi during the Hindu festival of Holi. The models were shaking the leather turbans and silken hair twists and Jean-Paul Gaultier was wiping from his face the russet powder that had been falling in colorful puffs off the backdrop.
It was a Hermès-goes-to-India moment – literally, in that the house is planning to open a store in Mumbai and as a theme for the spring/summer 2008 show.
« The sari is the most elegant garment for women in the world, » said Gaultier, after his finale of saris in jewel shades of purple, orange and blue. But he added that he was fascinated by the Raj colonial world of polo and safari. All these ideas – and themed shows now seem a cliché – were given a coat of super luxury.
And often it worked beautifully for Hermès, as in the white crocodile jodhpurs, or just the same pants in a stone beige with a ultra-fine cashmere knitted vest over a full-sleeved white blouse.
The Hermès silk prints treated as free-floating tops and sari drapery, on the lines of the toga, looked very fine. Accessories like carved bangles, scarves and bags in colors of curry and spice carried only a light dusting of India. »

Hermès met donc le paquet pour aborder le marché indien, en dédiant un défilé à son nouvel objectif. Mais lorsque Jean-Paul Gaultier, parle de sa fascination pour l’Inde et ses traditions, du sari et des accessoires aux couleurs et matières adaptées aux coutumes locales, Mark Lee parle des produits « Made in Italy » appréciés par les clients indiens, une attitude que je trouve opposée. D’un côté on fait référence à la culture indienne, où le luxe n’est pas comme en Chine, une nouveauté, les maharajas élevés avec la joaillerie Cartier et les bagages Louis Vuitton en sont un bel exemple ; de l’autre on parle de produits qui s’imposeront d’eux-mêmes par leurs qualités intrinsèques. Or l’Inde, qui possède depuis longtemps ses propres marques de luxe, est plus un marché à apprendre qu’un marché à conquérir. Ces différences d’approches sont-elles juste le fait que l’un est designer et l’autre PDG ?

Le troisième est un lien chez BoF annoncant la sortie du premier numéro de Vogue India, avec qui les marques devront compter, en effet son éditrice, Priya Tanna prévoit de mixer mode locale et internationale. Pour finir, une citation de celle-ci concernant sa vision de l’Inde aujourd’hui :

 » … There’s no cultural revolution that’s been thrust upon us. It’s not as if we’re seeing our first red lipstick and going out and buying it in hundreds of thousands. India is getting richer. At a very micro level, I think every Indian woman who is now financially independant is realizing the joys of guilt-free consumption. We are kind of moving from a ‘we’ culture to a ‘me’ culture. »

Comment va réagir le marché indien et comment les marques vont-elles s’y adapter ? À suivre…

Quelques photos du défilé Hermès S/S 2008, la patte de Jean-Paul Gaultier

… et deux modèles « qui se battent en duel » chez Gucci (collection A/W 2007 et S/S 2008) où l’opération séduction est moins évidente.

Photos madame figaro et style.com

Les enfants terribles

Jean-Paul Gaultier et Régine Chopinot, sont (toujours) les enfants terribles de la mode et de la danse. Hier soir avait lieu le vernissage de l’expo qui retrace les onze ans de collaboration (1983-1994) entre ces deux artistes.

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Jean-Paul Gaultier et Régine Chopinot

Le style foutraque de Jean-Paul Gaultier s’adapte à toutes réalisations de la chorégraphe, des robes crinoline folles, des robes coussins, aux tenues de boxe de K.O.K. Une sélection de modèles « couture » au terme de l’expo, nous permet de déceler les interactions existantes entre les techniques utilisées pour les costumes de scène et celle utilisées dans la mode. Les seins obus de « The » tournée Blonde ambition tour de Madonna en 1990, sont présents lors du spectacle « Le défilé » datant lui de 1983… Ou encore la grosse laine torsadée sur les crinolines que l’on retrouve des années plus tard sur une robe de mariée mémorable…

Au regard de l’expo, on mesure égalemment l’énorme chemin parcouru par le couturier, dont le style reste toujours impertinent et décalé (il faut le faire !) mais à énormément gagné en subtilité.

Une expo à ne pas manquer donc !

Voir aussi ce billet

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mini catalogue de l’expo

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Jean Paul Gaultier – Régine Chopinot : Le Défilé
du 22 mars au 23 septembre 2007 au Musée des Arts Décoratifs
107, rue de Rivoli – Paris Ier

Anniversaires

L’an dernier il y a eu les 60 ans de création de Pierre Cardin ou encore les 30 ans de défilés de Jean-Paul Gaultier, en cette année 2007 c’est à une avalanche d’anniversaires des maisons de couture ou des créateurs, auquel nous allons assister. Il y aura en vrac :
John Galliano, 10 ans d’éclats chez Dior
Ralph Lauren, 40 ans de création
Valentino, 45 ans de robes… de soirées
Pucci, 60 ans d’imprimés fous
Costume National, 20 ans
Vive la fête !

Madame Pompidou

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Moderne première dame… le 30 juin 1968 à Orvilliers, avec son époux, alors Premier ministre. © AFP

Au détour d’une émission télévisée, j’entends Jean-Paul Gaultier rappeller au journaliste qui l’interroge, que Madame Claude Pompidou, alors première femme de France, s’habillait aussi bien en jean que chez Pierre Cardin, LE créateur pointu de son temps. Vous imaginez Madame Chirac ou la future première dame participer au G8 en Jean-Paul Gaultier, Martin Margiela, Haider Ackerman ou encore en jean DSL(1) !!?

(1) Edit juillet 2013: Depuis la ministre du Logement Madame Cécile Duflot à été vivement critiquée pour avoir porté un jean lors du Conseil des Ministres.

L’homme paré

Suite à l’exposition qui a eue lieue au printemps dernier au Musée de la Mode et du Textile, je me suis procuré le catalogue de celle-ci, mais je n’avais pas eu le temps de le lire, c’est chose faite maintenant et voici un petit compte-rendu.

L’exposition revenait sur la parure masculine à travers les âges et nous rappellait que cette tenue à aussi connue des périodes somptueuses et coquettes. Aux tenues colorées « rubans-velours-satin » de l’époque de Louis XIV semblent répondre le style de Walter Van Bereindonck (un de mes designers fétiches des années 90) ou le mouvement « Bling-Bling-Pimp my body » des rappeurs américains, sans oublier les créateurs des années 80 (Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler).
On se réjouit aujourd’hui de (re-)voir l’homme, porter de la couleur, des bijoux et faire attention à sa silouhette vestimentaire, un homme paré.

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Intéressant parallèle sur la couverture du catalogue, entre une tenue de John Galliano et un « homme de qualité » de la fin du XVIIe siècle…

Haute-Couture automne-hiver 2006-2007

Les collections automne-hiver 2006/07 de Haute-couture(1) vont défiler à Paris prochainement, l’occasion de lister les différentes maisons participants à cet évènement.
Tout d’abord la première info de taille, Madame Carven est toujours vivante ! A bientôt 97 ans, elle assistera au défilé de sa maison de couture qui réintègre le calendrier Haute-Couture et dont le directeur artistique est aujourd’hui Pascal Millet.

Les huit membres de la Chambre syndicale de la haute couture
Adeline André, Chanel, Christian Dior, Christian Lacroix, Dominique Sirop, Franck Sorbier, Givenchy, Jean-Paul Gaultier

Les invités permanents
Carven, Anne Valérie Hash, Felipe Oliveira Baptista, Elie Saab, Giorgio Armani, Valentino et le duo de couturiers d’On aura tout vu, Eymeric François et Maison Martin Margiela
sont des maisons qui ne remplissent pas forcément les critères haute-couture, mais qui techniquement présentent des modèles Haute-Couture. Après plusieurs saisons, ils peuvent prétendre au statut d’invités permanents.

Les défilés sont aussi l’occasion pour de jeunes créateurs français ou étrangers de présenter leur collection en marge du calendrier officiel. Cette saison on trouvera
Georges Hobeika, Robert Abi Nader, Gérald Watelet, Georges Chakra, Eric Tibusch (ancien de chez Jean-Paul Gaultier), Gavin Rajah (sud-africain) et Ritu Beri, indienne (ancienne de chez Jean-Louis Scherrer).

(1) L’appellation Haute-Couture est appellation contrôlée, les maisons devant remplir des condition strictes pour intégrer ce calendrier (nombre d’employés, participation à un quota de grands défilés, utilisation d’une certaine surface de tissu, etc.)

Raf Simons

raf-simons

D’orgine belge (Anvers) Raf Simons étudie le design industriel à Gens, en Belgique, et obtient son diplôme en design d’objet. En 1995, il devient designer de mode homme. Martin Margiela, Jean-Paul Gaultier comptent parmi ses références, ainsi que W&LT.
Il puise son inspiration au travers les rebellions passées (punk, mod, gothique) et actuelles des jeunes gens et les mixe avec les notions de « tradition » et « racine » ; créant des vêtements admirablement bien coupés. De part son parcours, pour Raf Simons le vêtement ne se suffit pas à lui-même, la musique, l’art, les images, la performance, jouent un rôle important. de même le choix de ses mannequins est depuis toujours très particulier, ce sont des non professionnels, des outsiders, des individus particuliers, énergiques et indépendants choisis dans les rues d’Anvers.
Il est un des créateurs qui a le plus influencé la mode masculine ces dernières années, il est depuis peu directeur artistique de Jil Sander.

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