Precious little diamonds

Lundi dernier dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement parisien, premier jour des défilés Couture, avait lieu la présentation de la nouvelle collection de joaillerie réalisée par Camille Micelli (1) et Pharell Williams(2) et baptisée Blason. J’étais convié ainsi que Géraldine et Garance à assister à l’évenement.

L’invitation semble l’indiquer, par son carton noir épais, le blason or siglé LV appliqué en gauffrage et le texte en typographie anglaise imprimé en dorure à chaud, ce sera classique et chic.
N’ayant pas la permission d’utiliser mon cher Canon, je me contenterai de photos prises avec mon iPhone, d’où une qualité de photo moyenne, mais l’ambiance y est et c’est le plus important.

Ce n’est pas la première fois que Louis Vuitton s’associe ainsi avec d’autres artistes, Stephen Sprouse, Takashi Murakami ont déjà  collaboré avec le célèbre malletier ces dernières années. Quant à Pharell Williams il avait déjà  créé en 2004 une ligne de lunettes soleil sous la direction de Marc Jacobs (voir ici).

Ambiance les joyaux de la Couronne…

Le premier espace, premier thème de la collection, tel la Tour de Londres version « neon-lights » est une grande alcôve tapissée de miroirs du sol au plafond, le mur du fond accueille des néons en forme de diamants taillés brillant rond, l’ensemble formant une couronne royale ornée du sigle LV. Nous sommes « reçus » par trois armures médiévales (époque XVIe-XVIIe siècle) présentant sur de petits coussins de velours noir les premières pièces de joaillerie : des broches et des pendentifs en or blanc reprenant la forme de la couronne royale ou d’un blason, tous ornés de diamants.

Ci-dessous l’armure au centre, noire et casque ailé est impressionante, les motifs délicatement ciselés des armures, font écho à la finesse du travail des orfèvres

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Ci-dessous un exemple d’armure finement ciselé, réalisée entre 1536 et 1547 pour le dauphin Henri, futur Henri II (tiré de Armes et armure de la Couronne, ed. Faton)

Seconde alcôve, second thème, le monogramme lumineux LV se reflète sur les murs, le sol et le plafond donnant le vertige quand on y pénètre… À l’unisson de l’effet provoqué par les précieux bijoux contenus dans ces châsses un brin technoïdes.

Ressemblant à de minuscules couronnes ou diadèmes, des rubans recourbés constitués d’une succession de petits losanges en or blanc dans lequels sont incrustés le sigle LV créent de fins bracelets et de fines bagues.

La troisième pièce, troisième thème de la collection Blason, est plongée dans le noir, les bijoux semblent flotter au sein de meurtrières, simplement protégés par un volet forgé en forme de trèfle à quatre feuilles et pivotant sur lui-même. Parmi l’assistance on parle français, anglais et pas mal italien également, certaines élégantes et acheteurs potentiels se font décrire les différentes pièces, d’autres se contentent d’apprécier…

Ci-dessous énorme créole, orné du Blason LV, incrusté de pierres précieuses.

De la « petite » bague ornée de diamants à la chevalière massive ornée d’un blason pivotant qui ne manquera pas de faire fureur autant sur la West Coast que sur la East Coast, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses(3).

Rien de radicalement nouveau dans cette collection au niveau du design, on pouvait espérer peut-être plus d’audace, dans les formes et le style, un peu comme Marc Jacobs le fait dans son prêt-à-porter. Le nom de la collection, qui fait référence à l’aristocratie, va dans ce sens, « ne rien bousculer », en tout cas pour l’instant.

Je m’attendais aussi à une collection plus ostentatoire, plus bling, ce n’est pas le cas, hormis trois pièces, une bague-chérubin, une chevalière démesurée et de larges créoles ; l’ensemble est assez fin, voire discret, il n’y a pas d’étalage, ce qui somme toute convient assez à la vision que l’on peut se faire de la maison Vuitton aujourd’hui évoluant dans l’art du contre-pied.

Depuis une dizaine d’années, on a vu au sein de cette maison l’intégration de Marc Jacobs styliste quasiment inconnu, le joyeux et lucratif « bazardage » créatif de la maroquinerie avec les graffitis de Stephen Sprouse, puis ceux de Takashi Murakami, l’association avec des artistes du monde du hip-hop, du rap ou de l’art contemporain soit : l’art d’être là où on ne vous attend pas. Mais aussi une certaine forme de transversalité.

Dans tous les cas, ces artistes, bien que venant d’univers radicalement différents, ont su s’intégrer à la culture « maison » et participer activement à la création de Louis Vuitton en tant que marque de luxe globale.

Let’s go Party !

Le reste de la soirée se déroule dans les deux salles adjacentes ; exit les néons, place aux lustres grand-siècle et aux chandeliers un brin baroques de la salle de réception et du petit salon façon cabinet de curiosités (qui d’ailleurs me rappelle celui de la vidéo présentant la collection).Pharell Wiliams et Camille Micelli se sont retrouvés en début de soirée, ont posé pour les photographes, puis les people (cf. name-dropping plus bas) sont arrivés les uns après les autres, en flot régulier. L’atmosphère chauffait lentement.

Camille Micelli et Pharell Williams

Loin de l’image du rappeur-gangsta, Pharell Williams « très gentil garçon », poli et bien élevé.

Une soirée sans folies ni excès, mise en musique par DJ Jus Ske, l’assistance discute et dansote gentiment, se fait prendre en photo avec la star de la soirée ou prend le frais sur la grande terrasse, une coupe de Ruinart à la main.

Audrey Interviewée par le staff de Louis Vuitton !

Name-dropping de la soirée : Virginie Ledoyen, Sofia Coppola + Thomas Mars, Natalia Vodianova, Élodie Bouchez + Romain Duris, Audrey Marnay, Cécile Cassel, Ariel Weizman, Mademoiselle Agnès, Fréderic Beigbeder, Azzeddine Alaia, Ramdane Touhami, Victoire de Castellane (est restée 30 sec.), Diane Kruger, Suzy Menkes, Simon le Bon (?), Dita Von Teese, Victor & Rolf, Marc Newson et sans doute bien d’autres encore…

Pour en savoir plus, visitez le site officiel

(1) muse et bras droit de Marc Jacobs et responsable du design de la joaillerie
(2) producteur incontournable, membre de N.E.R.D et The Neptunes
(3) entre € 1 400 et € 420 000