
Le deuxième volet de l’exploration de la fast fashion créative s’arrête sur un paradoxe : c’est désormais au sein de ce système industriel que s’expérimente une forme d’avant-garde démocratique. Après Zara x Szilveszter Makó, Glenn Martens, en collaboration avec H&M, en donne une preuve intéressante.
La collaboration entre Glenn Martens et H&M rend accessible — for the rest of us — une vision contemporaine de la mode jusqu’alors réservée aux initiés.
Peut-être croisera-t-on, dans les bureaux, les couloirs du métro, sur les bancs de l’université ou les rayons du Monoprix, ces silhouettes aux volumes contrariés, aux boutonnages déplacés et aux proportions tendues1.
Quand l’avant-garde descend dans la rue
Le style radical de Glenn Martens, que l’on a apprécié chez Y/Project, briserait-il cet « entre-soi » et va-t-il s’étendre hors des cercles hermétiques de la mode pour investir nos quotidiens ordinaires? L’avant-garde sortirait-elle de sa réserve ?
Cette porosité entre création absolue et consommation de masse interroge : porter le jean denim bicolore ou les cuissardes XXXL comme « vêtements de tous les jours » tels qu’il sont présentés, n’est-ce pas déjà un Manifeste ? Glenn Martens et H&M bousculeraient ainsi les codes.

La fast fashion comme laboratoire
Hier, les créateurs affirmaient leur vision à travers leur propre maison.
Aujourd’hui, la fast fashion devient un support d’expérimentation, autant pour la créativité que pour la fabrication.
Ce glissement marque un tournant : la fast fashion n’est plus un simple dérivé des podiums — elle est devenue un outil anthropologique, qui révèle nos désirs collectifs et nos contradictions.
Redéfinir le vêtement
Paradoxalement, c’est dans ce système tant décrié (né d’un impératif économique mais qui se doit d’être vertueux) que s’opère peut-être une redéfinition du vêtement, de sa créativité, voire de sa beauté.
Avec H&M, Glenn Martens dispose des moyens industriels et médiatiques pour bousculer notre regard, loin de l’autosuffisance des Fashion Weeks, qui peut être doivent repenser leur modèle au moment même où la fast fashion commence, ici, à explorer des champs plus artistiques.
Et si la véritable avant-garde ne se trouvait plus dans les shows élitistes, mais dans les rayons grand public ?
- A l’heure où j’écris tous les stocks sont épuisés… ↩︎

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