Lorsque l’on parle, en ville, de designers « créatifs », on cite souvent Rick Owens — en se limitant, souvent, à la dimension spectaculaire et blah.
On évoque la nudité de ses modèles lors du show « Sphinx » de Fall/Winter 2015 menswear, où des mannequins hommes défilaient sexe à l’air, ou le défilé « Cyclops » de Summer/Spring 2016 où des mannequins étaient littéralement portés comme des sacs à dos (human backpacks) par d’autres — clin d’œil assumé à Leigh Bowery. Du mélange des genres, des défilés qui basculent dans la performance. On parle aussi de son corps sculpté et du couple-fusion, devenu iconique, qu’il forme avec Michèle Lamy.
Volume, matières, corps : la rigueur en action
Mais on parle rarement de la coupe.
On oublie la maîtrise de la construction, la rigueur. Et c’est justement ce qui m’a frappé dès les premières minutes de l’exposition « Temple of love » qu’il a orchestré su sein du Palais Galliera.










Je pourrais m’attarder sur ses références au brutalisme et au sacré, à Joris-Karl Huysmans, voire à Lucy Orta (dernière photo) et son concept du vêtement-refuge.
Mais je préfère rester sur ce qui m’a le plus marqué : la précision du modélisme, la fascination pour le volume, la complexité des vêtements, la projection qu’il leur insuffle. Le choc des matières, et ce rapport au corps — constant, obsessionnel — le vêtement habite le corps et vice versa.
Car une phrase a jaillit, presque malgré moi :
« Rick Owens est le Cristóbal Balenciaga de notre époque.«
