Avec Mossi Traoré au mucem, « la mode aussI », le Mucem consacre moins le parcours d’un créateur qu’une manière d’envisager la mode comme un geste de transmission, d’ouverture et de relation aux autres.
De passage à marseille…
L’exposition montre que, pour Mossi Traoré, la mode ne se limite pas à la création de vêtements. Elle devient un outil de formation, de dialogue entre les disciplines.
Dépasser le vêtement
Chez Mossi Traoré La couture dialogue avec la danse, la photographie, la poésie, les arts visuels, mais aussi avec le football, le hip-hop ou Bollywood.





Ces références populaires ne relèvent pas d’effets de style. Elles ouvrent des passerelles vers des publics et des sensibilités variés. Elles invitent à regarder le vêtement autrement que comme un objet de tendance ou un artefact figé, mais comme un lieu de passage entre les corps, les cultures et les récits.
Transmettre plutôt que produire
La transmission constitue la véritable colonne vertébrale de l’exposition. Mossi Traoré est habité par le désir de transmettre sa passion du vêtement.
Former des jeunes, partager un savoir-faire, créer des liens avec des artistes venu·es d’autres disciplines : tout cela donne à son travail une dimension sociale qui ne se réduit jamais au discours. Chez lui, transmettre n’est pas une activité secondaire. C’est une manière d’exercer le métier de créateur.

CHEMISE DE FEMME
Croatie / Avant 1966
crêpon blanc, brodé de coton noir avec points de velours marron et manches longues bouffantes,
Mucem

PIQUEUSE PLATE
Dürkopp / Paris / XXI° siècle
Machine industrielle à point noué (droite) et zigzag
Studio MOSSI, Paris




CULOTTE POUR HOMME
» BRAGOU BRAZ»
Bretagne / 18° siècle
reserves du musée

MANTEAU
MOSSI et Ecomaison / Paris / Automne-hiver 2024
Literie de maison recyclée
Studio MOSSI, Paris
Hériter sans reproduire
Cette ouverture ne l’éloigne jamais de l’histoire de la couture. Les références à Madame Grès, dont le prénom Alix a donné son nom aux Ateliers Alix, ainsi qu’à Madeleine Vionnet, grande figure de la coupe en biais, témoignent de ce dialogue avec l’histoire de la mode.
Mais Mossi Traoré en retient moins les formes que la rigueur, la construction et l’exigence. L’héritage n’est pas ici une nostalgie. Il devient une méthode et une manière d’inscrire le vêtement dans le présent.








Former comme acte de création
Ce qui touche dans cette exposition, c’est l’absence de posture ou de volonté d’être au centre de l’attention, « en haut de l’affiche ». Mossi Traoré ne cherche pas à démontrer que la mode peut être engagée, populaire ou savante. Il le fait simplement, par le vêtement, par son école, par les collaborations et par l’attention portée aux autres.
Il semble avoir trouvé un modèle équilibré où la formation nourrit l’activité de sa marque autant que celle-ci nourrit la transmission. Dans ce modèle, créer ne signifie pas seulement produire des formes nouvelles, mais construire des conditions pour que d’autres puissent, à leur tour, apprendre, essayer et transmettre.
Plus qu’une exposition consacrée à un créateur, Mossi Traoré, la mode aussi esquisse une autre manière d’envisager la mode contemporaine. La transmission, l’humilité et le partage n’y apparaissent pas comme des valeurs affichées, mais comme les conditions mêmes de la création.

