Art | Rupert Shrive

Ci-dessous, « Les sept péchés capitaux », Rupert Shrive (acrylique et papier craft, résine et bambou, 2011)

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Au Grand Palais, lors de la party « pas sage » organisée par Paris Première, découverte du travail de l’artiste Rupert Shrive.

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Style et monumentalité de l’œuvre, la dynamique due au papier froissé (dynamique qui varie selon l’endroit où l’on se trouve) sont passionnants. La texture, les couleurs, l’expression qui se dégage de ces visages interpellent le spectateur.

Les réalisations de Clara Degand (ci-dessous) dont j’ai parlé il y a quelques mois rappellent ces masques « oversize » de Rupert Shrive.

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© photo Christian Lartillot

Bastille Design Center | In-Carne, beauté incarnée

Exposé, surexposé, caché, pornographié, tatoué, scarifé, effacé ou starifié, où en est la représentation du corps aujourd’hui?

Avant-hier soir, In-Carne exposition d’un jour, prenait place au Bastille Design Center. Les artistes Annabelle Petit, Christophe Martinez, Emmanuel Lacoste et Alexandre Bardin se sont exprimés autour de la thématique de la beauté ainsi que sur le rapport que nous entretenons avec notre corps.

En utilisant différentes techniques (photographie, peinture, travestissement…) et en utilisant une ou plusieurs parties du corps (chair, cheveu, sang) ou toute représentation de celui-ci, ils apportent leur vision, ne nous laissant jamais indifférents.

In-Carne, comme tout ce qui a attrait au corps, dérange. A propos du cheveu, matière première de l’artiste Christophe Martinez, ne dit-on pas à la fois « sale comme un peigne » alors que Beaudelaire exalte celui-ci dans son poème « La chevelure ». La beauté est hautement subjective.

Christophe Martinez


Ci-dessus, Christophe Martinez, Set de table en cheveu, 2009 qui n’est paa sans rappeler Méret Oppenheim et son déjeuner en fourrure de 1936


Christophe Martinez, photographie de cheveux sous plexiglass


Christophe Martinez, « Cocofesse », 1998, copy-art cheveu (photographie sous plexiglass)


Christophe Martinez, « Duplicity », 1999, photographie sous plexiglass

Emmanuel Lacoste

s’interroge sur la projection de soi à travers une œuvre. Que transmet-on à la personne qui porte ou reçoit une œuvre que l’on a conçue?

Si l’on considère que certains créateurs de mode ont une démarche artistique voilà de quoi alimenter un passionnant sujet de discussion. Que transmettraient alors Martin Margiela, Hussein Chalayan ou Azzedine Alaïa à travers leur vêtement?


Emmanuel Lacoste « Essence 2011-« , tirage photographique sur aluminium.

Ci-dessus, la mère de l’artiste porte une chemise tachée du sang de son fils, « bouclant ainsi, le cycle de la création » (sic).

Annabelle Petit,

cite l’ésotériste arménien Georges Gurdjieff et nous propose à travers ses toiles et ses sculptures un voyage vers l’imaginaire et le surréel. Un voyage à l’intérieur de soi aussi bien dans la chair que dans notre esprit, palpable et impalpable.


Annabelle Petit, « I », 2011, acrylique sur toile


Annabelle Petit, « Bois de chair », 2011, acrylique sur bois de cerf

Alexandre Bardin

est adepte du travestissement, il incarne Vera Berkson personnage hypnotisant ayant vécu au début du siècle dernier.

Initiales V.B. comme Vanessa Beecroft, artiste aimant, elle aussi, utiliser son corps ou une représentation de celui-ci. Vera Berkson serait aussi à rapprocher de la comtesse Elisabeth Bathory de part certaines pratiques particulières… L’histoire de Vera Berkson indique que celle-ci aimait à porter des bijoux fait de métal et de chair (cf. photos ci-dessous)…


Collier métal et chair

On pense à « Vanitas, robe de chair pour anorexique albinos » de Jana Sterbak (1987), mais aussi à la superbe exposition de ce printemps Tous cannibales à la Maison Rouge.

Les artistes étant souvent annonciateurs de nouveaux comportements sociétaux, une micro-tendance se dégagerait-elle alors? Dans notre monde où semble s’imposer le préfixe « dé », on dé-mondialise, on dé-mode, on dé-matérialise, on dé-fiscalise, à venir une dé-sincarnation de nos êtres?

 

The Kills, kills, kills !

The other night, inhabited by the demon of rock the magnetic duo were on stage at Le Bataclan. Each one in a corner of the scene, each one in his own universe, playing their sound, raw and minimal.

No partners, alone with their drum machine. Alison Mosshart, hanging on the microphone, her hair blocking her face, is a feline without artifice. Jamie Hince, firm and determined is sometimes holding his guitar like an assault rifle.

And despite all the hype, uncompromising rock, resisting of current trends and other ephemera.

The usual shitty video below (with Kate Moss and Stefano Pilati inside !)

Yvon Lambert | L’insoutenable légèreté de l’être

Vernissage de l’exposition L’insoutenable légèreté de l’être à la galerie Yvon Lambert

Une exposition multi-disciplinaire, dont le titre provient du roman de Milan Kundera, qui laisse une large part à la reflexion. On y croise du beau, de l’horreur, de l’inaccessible, mais aussi des œuvres peu connues d’artistes très connus, le tout dans un lieu parfaitement adapté.

Neon lights – Stefan Brüggemann, « this work should be turned off when i die », 2010

Coup de cœur pour les ombres découpées et lacérées de Jean Charles Blais, « 1 12 10. », crayon, fusain, papier découpé, épingles, 2010

Jenny Holzer, « Living series », 1981

Inaccessibes – A quelques mètres de hauteur les 365 boîtes d’allumettes de Julieta Hanono, « 365 veces raspar », 2010

Politique? – La faucille et le marteau, dessin d’Andy Warhol, « Still-life (hammer and sickle) », 1977

Pop – Sculpture et peinture, une représentation des objets quotidiens qui n’est pas sans rappeler le pop-art, Kaz Oshiro, « Washer/Dryer #2. », 2005

Drôle – Bertrand Lavier l’ustensile ménager ou une version moderne du sabre? « Bosch/Klagenthal », 2011

Coup de cœur et interrogation sur la conservation des œuvres modernes à la vue de ces photographies brûlées qui doivent se décomposer d’exposition en exposition… Douglas Gordon, « Self portrait of you + me (David Bowie 03) », 2010

Ci-dessus, une œuvre étonnante et… déroutante que je vous invite à découvrir par vous même… Je vous défie de trouver l’œuvre au sein de la galerie, puis le nom de l’artiste.

Ci-dessous, les étincelles aquatiques jaillissant sur les corps des performeurs sont comme des rayons lumineux. Ils accompagnent le passage d’un état à l’autre de l’être humain, la naissance (l’arrivée dans la lumière), puis la vie et pour finir la mort (ou le retour à l’obscurité). L’eau source de toute vie. Sublime.
« Incarnation », Bill Viola, 2008

Une vidéo qui me rappelle Vollmond de Pina Bausch, vue il y a quelques années à Paris.


Vollmond, 2006, photo Laurent Philippe, Tanztheater Wuppertal


Diva Lady Gaga

Gaga inspiration – Ascension fulgurante pour Stefani Germanotta aka Lady Gaga, en 2007 inconnue ou presque, elle chante avec Lady Starlight en bikini brodé de petits miroirs « boule a facettes » lors du Lollapalooza festival, trois ans plus tard elle collabore avec le photographe Steve Klein.

Hypnotisante, agaçante, troublante, folle, ridicule, géniale, provocante, monstrueuse pour certains, sublime pour d’autres… Personnalité hors norme elle ne pas laisse pas indifférent.

Lady Gaga fait du bien à la scène artistique, elle stimule et défie comme d’aucun ne l’a fait depuis des années. Elle « impacte » en tant qu’artiste et pas seulement en tant que chanteuse (oui elle est transversale). Fascinante, elle est source d’inspiration pour maints créateurs, mais également hors de la scène artistique comme lorsqu’elle se retrouve être le sujet de ce cours donné dans une université américaine.

Qu’on le veuille ou non elle est un nœud sociologique et culturel, un point de convergence et de transfert pour l’art et la mode. Son parcours est aussi indissociable de la progression d’internet. Plus populaire que Björk qui a influencé la scène artistique alternative et branchée des années 90, Lady Gaga est plus proche d’une Ciccone 2.0.

A travers elle, des artistes comme Yazbukey, Jean-Claude Jitrois, la maison Thierry Mugler, Mouton Collet, Amylee, Brisa Roché, Alexander McQueen, Aurèle, Vainui de Castelbajac, Jean-Paul Gaultier ou Arnaud Pagès se sont exprimés ou ont collaborés avec elle.


Arnaud Pagès devant ses créations à la Reflex gallery, Paris

A l’heure de la fast food, de la fast fashion ou du fast love il existe aussi le fast show-business, « buy it, use it (…) trash it » chantent les Daft Punk (in Technologic). Ce que l’on attend d’une artiste comme Lady Gaga désormais c’est de nous montrer sa capacité d’adaptation pour ne pas finir dans la poubelle de nos iMac.

Transgressive et mainstream, c’est possible ?

Les attitudes borderline finissent tôt ou tard par devenir mainstream. Les MTV Awards sont une vitrine où elle a tantôt orchestré sa mort, paradé dans la robe-viande de Franc Fernandez et raflé un nombre impressionnant de trophées, so what else maintenant?

Quand Madonna choquait une fois par ci par là au travers d’un clip provoquant ou d’une collaboration sulfureuse, Lady Gaga se doit de braver l’opinion tous les six mois, voire tous les trois mois, adapté au rythme de l’époque, à la manière d’un designer de mode enchaînant les collections pre-fall, puis resort, puis automne-hiver, puis printemps-été…

Lady Gaga est-elle réellement créatrice? Comme le disent certains professionnels de la mode à l’instar de certains stylistes « on a rien créé en mode depuis 30 ans, on renouvelle » ne fait-elle qu’opérer un simple renouvellement de son style, une accumulation de faits provocants? Lady Gaga n’est-elle déjà  qu’une transgressive-mainstream artist?

Générationnel ?

Autre piste, la notion de durée a-t-elle cours aujourd’hui? Etre un artiste qui reste au top pendant 5, 10 ou 20 ans n’intéresse peut-être plus les générations actuelles. Il n’y a pas de place, ni d’envie de nouveau Michael Jackson. Ce qui compte désormais c’est la première impulsion, la force de celle-ci, le first-impact artistique, visuel et social. Les artistes ne sont plus des coureurs de fond mais des sprinters. CQFD.

Mugler x Gaga = coup de poker ?

La Lady relance Polaroïd et point de passage obligé, nous prépare sa fragrance pour l’an prochain. Mais c’est l’arrivée de Nicola Formichetti son styliste attitré dans l’équipe de Thierry Mugler qui suscite le plus d’attentes.

Le style de Thierry Mugler qui a habillé les plus grandes stars des années 80-90, se marie plus qu’aucun autre créateur avec le style détonnant de l’artiste américaine (à voir abso-lu-ment les vidéos du défilé époustouflant de 1995 célébrant ses vingt ans de création ici, ici, ici, ici -au début de cette séquence on y voit le fourreau porté par Lady Gaga-, ici et ici)

Rendre Thierry Mugler « gaga de Gaga » n’est-ce pas la meilleure façon de réinjecter de la vie dans cette maison en sommeil? Gageons que l’avenir sera riche en surprises car rien ne serait plus décevant, en effet, de voir disparaître l’interprète de Poker Face aussi vite qu’elle est apparue.


Alexandra Boucherifi, curator, portant un collier de Michael Pelamidis

Il vous reste quelques jours pour découvrir l’exposition Gaga expérience mise en place par Alexandra Boucherifi à la Reflex gallery. Vous y verrez du fan art d’amateurs et d’artistes connus ou inconnus, des toiles et une sélection de tenues de scène, soit une petite partie de l’iceberg créatif modelé par la diva.

Reflex Gallery, 62, rue Jean-Jacques Rousseau – 75001 Paris

Magazines de salon

J’ai lu ce billet, ce week-end. Dans le commentaire sont cités deux célèbres et luxueux magazines: Réalités et Egoïste. Deux magazines qui accordent une large place à la photographie.

Réalités (1946-1976) est un peu le Life à la française. Egoïste (1977-), quant à lui est un magazine rare (un numéro tous les trois ans) à la parution « spasmodique ». Il réunit les plus belles plumes (Salman Rushdie, Sagan, etc.) ainsi que des photographes de renom (Avedon, Bettina Rheims…).

J’ai mis la main sur quelques exemplaires de ces magazines, acquis tantôt dans une brocante, dans la rue ou simplement donnés. Je les ai associé avec un de leur successeur, le magnifique Acne Paper.


Egoïste (1984)


Réalités (septembre 1964)


Acne Paper (winter 08/09)

Instants volés

À L’ÉTÉ 1962, LE MAGAZINE LOOK COMMISSIONNA DOUGLAS KIRKLAND AFIN DE FAIRE UN REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE SUR CELLE QUI HABILLAIT JACKIE KENNEDY, LA PREMIÈRE DAME DES ÉTATS-UNIS. GABRIELLE CHANEL, ALORS ÂGÉE DE 79 ANS ACCEPTA, NON SANS MÉFIANCE, QUE CE JEUNE PHOTOGRAPHE LA SUIVE PENDANT TROIS SEMAINES. LE RÉSULTAT ÉTAIT EXPOSÉ LE MOIS DERNIER À LA GALERIE BASIA EMBIRICOS À PARIS.

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J’AI PRIS LE TEMPS PENDANT LA FASHION WEEK DE VISITER CETTE EXPO ET D’Y RENCONTRER SON CURATOR KU KHAHN. PENDANT NOTRE ÉCHANGE J’AI PU ME RENDRE COMPTE QUE J’ÉTAIS ASSEZ PROCHE DE CET ANCIEN PHOTOGRAPHE DEVENU COMMISSAIRE D’EXPO. EN EFFET, NOUS APPRENONS RAPIDEMENT QUE NOUS AVONS PASSÉS NOTRE ENFANCE DANS LA MÊME VILLE, FRÉQUENTÉS LE MÊME COLLÈGE ET LE MÊME LYCÉE (CERTES À 25 ANS D’ÉCART, MAIS TOUT DE MÊME!).

KU KHAHN M’ÉTAIT FAMILIER, SITUÉ ENTRE DOUGLAS KIRKLAND ET FREDERICO FELLINI SUR LA COUVERTURE DU MAGAZINE ZOOM (1972) QUE JE VENAIS DE RECEVOIR, SUITE À UN ACHAT EN LIGNE SUR EBAY. « IL Y A DES HASARDS QUI N’EN SONT PAS… » NOUS DIT ALORS LE RESPONSABLE DE LA GALERIE…

KU KHANH ENTRE DOUGLAS KIRKLAND ET FREDERICO FELLINI…

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LORSQUE JE L’INTERROGE SUR LES LIENS QU’IL A PU NOUER AVEC LA MAISON CHANEL GRACE À CETTE MANIFESTATION, IL ME FAIT SAVOIR QUE LES PROMESSES D’ACHAT DE LA COLLECTION N’ONT PAS ÉTÉ TENUES ET QUE DE SOUTIEN IL N’EN A EU QUE TRÈS PEU…

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LA GALERIE NOUS À OFFERT À TRAVERS CETTE EXPOSITION UN REGARD NOUVEAU SUR LA GRANDE MADEMOISELLE. CERTAINS CLICHÉS RÉUSSISSANT MÊME À SAISIR DES MOMENTS D’ABANDON (VOIR CI-DESSOUS), RENDANT CETTE FEMME MOINS GLACIALE QU’À L’ACCOUTUMÉE.

LA GRANDE MADEMOISELLE ÉTENDUE SUR UN CANAPÉ, UN MOMENT D’ABANDON…

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UNE COLLECTION D’INSTANTS VOLÉS DANS LA RUE, DANS SON APPARTEMENT DU 31 RUE CAMBON OU AU MILIEU DE SES COUTURIÈRES ET DE SES MANNEQUINS DANS LES ATELIERS. UNE EXPOSITION QUI NOUS MONTRE UNE GABRIELLE CHANEL TANTÔT GRAVE, TANTÔT SOURIANTE ET SÉDUCTRICE, TANTÔT SECRÈTE. UNE VISION INTIMISTE, LOIN DES CLICHÉS (FINALEMENT RÉDUCTEURS) QUE L’ON ENTRETIENT SUR LA CRÉATRICE.

COCO CHANEL SUMMER 62(ÉDITÉ CHEZ STEIDL L’AN DERNIER) RASSEMBLE SUR PAPIER LES PHOTOS DE KIRKLAND ET UNE INTRODUCTION DE KARL LAGERFELD. UN OUVRAGE, DISPONIBLE CHEZ LA HUNE.

Magazines de créateurs

Publications réalisées en partie par des créateurs de mode, en l’occurrence ici Karl Lagerfeld pour le 31, rue Cambon de la maison Chanel et Kris Van Assche pour Londerzeel.

31, rue Cambon

C’est le fruit d’une collaboration entre Karl Lagerfeld et Olivier Zahm. Légèrement plus petit qu’un format A4. Papier mat pour la couverture avec une photo en noir et blanc gros grain (featuring Baptiste Giabiconi), au centre en gaufrage rose très girly le titre de la publication.
On y trouve un bref portrait de la grande Mademoiselle et l’ensemble des produits de la maison: Haute Couture, collection Croisière, Haute Joaillerie, maroquinerie, articles de sport, parfums, beauté, etc. Chaque famille de produits est présentée avec un petit brief très intéressant (année de création, inspiration…).
Ce que j’appréhendais comme un magazine résultant d’une alliance détonnante et excitante (Lagerfeld x Zahm !) est en fait plus un catalogue à destination des clients de la marque, luxueux et informatif. Nul débordement créatif comme on pouvait l’espérer.

Londerzeel

Londerzeel ? C’est le nom de la ville de Belgique où est né Kris Van Assche.
La revue de 16 pages au format A3 possède une couverture en papier calque imprimé, exprimant à la fois toute la créativité et la sensibilité du créateur.
On y trouve les photos et illustrations de Kris Van Assche (notamment l’installation Picaflor, présentée à la Villa Noailles) et les travaux d’artistes amis comme Andrea Mastrovito ou David Casini… Les textes sont de Maxime Buechi (Sang Bleu), de Paul Ardenne…
Contraste total avec la publication précédente, ici on est en possession d’une revue alternative où la démarche est plus artistique et engagée, moins commerciale. Le magazine correspond assez à l’idée que l’on se fait de l’univers subtil du créateur belge-flamand, styliste-artiste et poète.


À lire, le blog de Barbara Polla, rédactrice en chef de Londerzeel et auteure d’une biographie imaginaire de Kris Van Assche, Kris Van Assche, Amor o Muerte?. Vous y trouverez plein d’informations sur KVA et son univers.

(1) Il y a quelques années Hedi Slimane avait collaboré avec Purple Magazine (pour le supplément Interzone) et le journal Libération, assurant leur direction artistique.

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Sex, drugs, rock’n’roll… & fashion

J’ai eu l’impression de me retrouver au milieu de l’intelligenstia-underground du New-York City bouillonnant des années 70 l’autre soir chez Colette. Le leader du Velvet Underground y faisait quelques lectures de ses textes, sa voix monocorde captivant le public de passionnés qui s’était réuni au water-bar.

Lou, moi et les autres…

Lou Reed c’est avant tout LE leader du Velvet Underground, l’initiateur du mouvement punk. Il est le troisième membre d’un triumvirat formé avec Iggy Pop et David Bowie. Ce soir là j’étais donc paré pour un « shaking hands » avec un mythe, prendre une photo avec lui, faire dédicacer mon bouquin et lui poser une petite question tout çà en 2 minutes chrono !

L’homme est très cordial, patient, même après 3 heures de lecture/dédicaces. Il ne s’est interrompu que deux fois, la première pour embrasser sa compagne, la seconde pour saluer l’ex-top model Farida Khelfa.

J’aimerais lui poser plein de questions (sur le Berlin d’aujourd’hui et d’hier, sur Nico, etc.) mais finalement je me résigne à ne lui en formuler qu’une seule, car le temps presse.

Moi : – Heu… Which rock band do you listen today ?

Lou : – Ahem… Shonen Knife, a japenese band, Emily Haines… Do you know them ?

Moi : – Oh ! Yes great ! Emily Haines is the leader/singer of Metric, one of my favorite band « Live it out » is a great album ! Shonen Knife is a Japanese band i used to listen many years ago !! Sapristi !

Lou : – ?

Mais on me fait signe qu’il est de temps de laisser ma place, la conversation s’arrêtera là, Lou Reed rajoute:

Dr. Dog, do you know them ? – Heu… No sorry là and thank you ! Je repars en me disant qu’il à les mêmes goûts musicaux que moi, Lou Reed, on est potes…

Malcom…

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Malcom Mc Laren, j’ai eu la chance de le croiser et d’échanger quelques mots avec lui lors d’un défilé Christian Dior. Ces deux hommes à quelques années d’intervalle de part et d’autre de l’Atlantique ont évolués dans un cercle où musique bruyante (sex, drugs and rock’n’roll), art et mode ont fortement cohabité…

Lou Reed fréquentait La Factory d’Andy Warhol à la fin des années 60 et posait avec le Velvet Underground quelques fondements d’un futur mouvement que l’on appellera le punk. Dix ans plus tard environ Malcom Mc Laren invite dans la boutique qu’il gère avec son amie Vivienne Westwood des garçons turbulents qui deviendront les Sex Pistols, porte-drapeau du mouvement punk.

De ces deux sphères créatives jailliront différentes personnalités, éphémères ou devenues depuis institutionelles. C’est le cas de Diane Von Furstenberg qui a fréquenté Warhol et sa Factory à ses débuts et de Vivienne Westwood, dont-on connaît la carrière (depuis la fameuse collection Pirates de 1982 à nos jours). Sans prétention voici une mini-carte heuristique (qui mériterait d’être complété puis étendue prochainement) où l’on trouve les différents acteurs de l’époque jusqu’à  ce que j’estime être leurs enfants spirituels : Marc Jacobs aux États-Unis et John Galliano pour la Grande-Bretagne. lour-reed-malcom-mc-laren-heuristique À gauche, John Galliano se qualifiant lui-même de « pirate » et à droite Marc Jacobs déguisé en Andy Warhol pour la couverture d’Interview (le magazine fondé par Andy Warhol…).

À suivre.

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Fiac 2009, Slick 2009 (shebam, pop, blop, wizz!)

Dans les allées de la Fiac 2009…

La Fiac 2009 c’est fini. Vendredi dernier, soir du vernissage, fût l’occasion pour moi d’y découvrir quelques artistes et d’y croiser quelques personnalités… Tout d’abord, beaucoup de monde autour du stand Mini. Le stand, tout de noir vêtu, contrastait avec l’ensemble du lieu, une façon d’affirmer le caractère tonitruent mais chic, de la cinquantenaire voiture. Autour d’une coupe on y croisait l’excentrique créatrice Vava Dudu et ses amis, Nadège Winter, etc. que du beau monde en somme.

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Les artistes Eva et Adèle (avec Loulou de la Falaise ?)fiac-2009-nadege-winter-mini
Nadège Winter, (c) Matthew J. OliverPartageant avec la marque Mini le goût de l’art moderne, du design et de la création artistique, le collectif de la géniale Marroussia Rebecq, Andrea Crews, a réalisé une collection spéciale très graphique pour l’occasion.

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(c) tom [ts74]
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(c) tom [ts74]

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Dans les allées… Cumshot in blue, d’Ida Tursic & Wilfried Mill, 2006

Slick 2009

Le lendemain, au 104, avait lieu le vernissage du Slick 2009, la foire des découvertes (le off de la Fiac), où règne une effervescence toute particulière, une atmosphère moins « institutionnelle » que la manifestation-mère. L’abord est ici plus aisé car il faut faire découvrir des nouveaux talents, n’est-ce pas ? Au Slick on est surpris à chaque coin de stand, on a envie de tout voir, on craint de manquer une œuvre ou un artiste intéressant, résultat: on fait vingt fois le tour.

Les artistes de la galerie MAM ne vous laissent pas indifférents. On se surprend à rester hypnotisé par le marteau de Simon Nicaise. Posé à même le sol et secoué de spasmes « comme s’il était en vie », un marteau se débat, allant et venant contre un mur blanc, décrivant une étrange chorégraphie. Erwan Venn, plasticien, expose des mobiliers-prothèses tous blancs et troublants (vu la première fois au Musée des Beaux Arts de la Rochelle, Respirer, 2008); ils m’évoquèrent immédiatement bODY_rEMIX une œuvre de la chorégraphe québécoise Marie Chouinard.

Une interview de la directrice de la galerie est disponible ici

Beaucoup de photographes m’ont attiré cette année, je me suis arrêté sur la série « Fashion is image » du photographe turc Afik Hakan, les hyperphotos de Jean Francois Rauzier et surtout les superpositions photographiques de Stéphane Couturier (à découvrir absolument !).

Mes coups de cœur

Les sculptures de Sarah Garbarg interrogeant sur le vide et le plein, la présence et l’absence, les détournements de jeu vidéo d’Antonin Fourneau, les dessins cinétiques de Mathieu Dufois, les petites femmes nues (photos et dessin) de Julien Carreyn et les merveilleux papiers découpés de Georgia Boyd Russell sont mes coups de cœur de cette édition 2009.

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À la Fiac, un triptyque de Frédérique Loutz, Galerie Claudine Papillon.

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Papier découpé, « façon dentelles » par l’artiste écossaise Georgia Boyd Russell

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Mathieu Dufois

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Sarah Garbarg

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Stéphane Couturier

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Julien Carreyn

Et…croisée au détour des allées la très délicate Adeline André.

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