L’Escapisme, qui désigne la tendance à chercher refuge dans des mondes imaginaires, est un phénomène ancien et persistant. Les moyens d’évasion ont évolué au fil du temps, allant des contes racontés au coin du feu, aux romans du XIXe siècle et jusqu’aux séries en streaming aujourd’hui. Les explorations virtuelles du Metaverse s’inscrivent dans cette tradition, offrant une immersion profonde dans des univers fictifs.
Du suicide d’Alexander McQueen, au scandale Galliano, du jeté d’éponge de Raf Simons chez Dior, au débarquement manu-militari d’Alessandro de Michele, nous sommes rentrés depuis plusieurs années dans une époque où le créateur à été déconstruit, seule la marque compte.
Progressivement oubliés de la mémoire collective, qui se souvient de Gabrielle Chanel ? de Cristobal Balenciaga ou de monsieur Saint-Laurent? Lorsque l’on demande à quelqu’un de nommer un créat.eur.rice de mode qu’il apprécie, il est fréquent que la réponse soit le nom d’une marque plutôt que celle d’une personne.
Cette évolution s’inscrit dans la stratégie des géants de la mode, messieurs Bernard Arnault et François Pinault, ont privilégié les investissements dans les marques plutôt que dans la création de marques, un renouveau, avec des créateurs individuels comme Olivier Theysken ou Hedi Slimane, les cantonnant à leur rôle de mercenaires épuisables. Que faut-il en conclure ?
La mode est aujourd’hui synonyme de marque et de puissance marketing et célèbre moins le génie individuel.
Lors d’une visite au Stiftung Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne aussi dénommé musée K20. L’installation de Joseph Beuys (1921,-1986), Palazzo Regale datant de 1985 est constituée de deux vitrines contenant des objets de son quotidien, d’autres retravaillés, issus de ses actions artistiques et de sept panneaux de laiton vernis et recouverts de poussière d’or.
Mais savent-ils chez Lafuma que parmi ses objets du quotidien l’artiste allemand à utilisé un de leur sac à dos (le sien) pour une de ses vitrines ?
Ayant osé regarder ces derniers temps quelques Halloween et Destination finale afin d’aborder un genre cinématographique que je connais bien peu, la movie-list de l’été 2023 visite logiquement les genres slasher, erotico-trash, horror-porn, dystopie, « coming-of-ages », criminal… Une dimension comédie-hystérique, est parfois présente dans ces films, ce qui n’est pas pour me déplaire. De plus, pur hasard cette movie-list est une ode à l’actrice Mia Goth.
Frankenstein, Dracula (featuring Christopher Lee), Nosferatu, Night of leaving dead et autres Crash sont, pour moi, des classiques voire des institutionnels. Hors compétition du point de vue du néophyte du genre que je suis.
On commence par X, puis forcément son préquel Pearl qui le surpasse en tout point, ce qui est une belle performance. On attend avec impatience MaXXXine la troisième partie de cette trilogie horror-porn à l’esthétique délicatement travaillée et à la narration radicale. Afin de sortir la tête de ce bain de sang, on enchaîne sur une horror-comedy hallucinée avec Cocaïne bear (oui un ours sous coke…) et on continue dans un registre thriller-punk avec 68 kill, une histoire de gros sous qui vire à la comédie feministo-gore là aussi avec peu de concessions.
Faire baisser la température, changer de registre le temps de regarder le délicieux Asteroïd City de Wes Anderson. Dans ce mood fantastique apprécier tardivement l’excellente dernière variation de Godzilla (Shin Godzilla), puis le film de super-héros Shin Kamen Rider sombre histoire d’humain hybridés avec des insects afin de détruire une organisation, douteux.
Se laisser guider par un algorithme qui confirme l’excellente qualité des séries sur Apple TV+. Ainsi après Severance l’année passée, ce sont les dix épisodes dystopiques de Silo avec un scénario d’une belle complexité, des détails de décor passionnants et une belle performance de Rebecca Ferguson qui tient en haleine.
L’algorithme égoïste ne perd pas la main et suggère Sonne und beton (Sun and concrete) de David Wnendt, sorti en février lors de la 73e Berlinale. Un tour rapide sur la filmographie de David Wnendt et l’on s’aperçoit qu’il est le réalisateur de Il est de retour, comédie satirique sur Hitler se réveillant dans un parc 70 ans après son suicide… Une envie urgente de visionner les grinçants Kriegerin (Guerrière) et Feuchtgebiete (Zones humides) ses précédents films à forte dimension sociale où sont abordés tantôt une immersion dans le milieu néo-nazi contemporain et tantôt la sexualité féminine.
La liste s’allonge et il faut y mettre un certain ordre, l’algorithme n’en fait qu’à sa tête et complète la liste en mettant en exergue le réalisateur danois Nicolas Winding Refn. Smart move, il est l’auteur d’une série de film que j’adore: Drive, Only God Forgives et le troublant The Neon Demon, mais son début de carrière dont Pusher, m’était inconnu. Beaucoup moins esthétique que Trainspotting, sorti la même année (on a une caméra à l’épaule dans Pusher), moins glamour et sans Blur, Pulp ou Underworld, Pusher est beaucoup plus radical et âpre. On est dans le cinéma naturaliste, du Ken Loach hardcore et trash qui laisse la boule à la gorge. Très dur mais on adore. On pense aussi à Orange mécanique ou Naked de Mike Leigh… On prend son temps, car tout comme X cité plus haut, Pusher est une trilogie (Pusher 2, With Blood on My Hands et Pusher 3, I’m the Angel of Death).
Dès lors on ne boude pas le plaisir de la découverte. L’algorithme tournant en boucle désormais, c’est son point faible n’est-ce pas? Au détour d’une lecture ou d’une émission de radio, on découvre avec étonnement que Zadie Smith à co-écrit High Life, un film de science-fiction avec… Claire Denis et featuring l’incontournable Mia Goth.
Comment est-ce que j’en arrive à Infinity Pool de Brandon Cronenberg featuring l’incontournable Mia Goth? Sans doute parce que Videodrome et Crash de Cronenberg père sont passés par là…
Alors comme un balancier on en revient à Nicolas Winding Refn qui après Pusher à réalisé avec les mêmes acteurs Bleeder, sans pour autant être un suite de Pusher, il aborde des sujets adjacents comme la violence et les tensions issuent du désœuvrement, du rapport entre les communautés, les genres et leur environnement urbain. Quand on apprend que le réalisateur s’est inspiré du brûlot Last Exit to Brooklyn d’Hubert Selby Junior, on a de quoi s’inquiéter…
Telle un plante grimpante, la movie-list s’est révélée très organique, fluide, dynamique et vivante. Elle se conclu, par Antiporno du réalisateur japonais Sion Sono acheté à sa sortie mais jamais visionné et par deux films s’inspirant du genre giallo: Un couteau dans la cœur avec Vanessa Paradis et un bijou de David Cronenberg Liz and Helen, 1969,, featuering Klaus Kinski.
Les Intelligences Artificielles Génératives imaginent des réponses très rapidement et on ne le répètera jamais assez, elles affectent et affecteront tous les domaines de notre quotidien.
L' »effet masse » et la mise à disposition quasi-instantanée peut faire vaciller la raison. Mais la question de la finalité demeure, enivré par cette pléthore de choix on risque de s’écarter de l’objectif, du point de départ et de s’engager sur les chemins de la sérendipité ou… de l’égarement et du bricolage.
Les réponses sont calibrées selon de nos besoins. D’où la nécessité de veiller à notre exigence dans la formulation, les définitions et la conversation avec la machine. C’est à ce prix que la valeur ajoutée potentielle de ces outils pourra être décuplée.
Zia, ces êtres étranges venus de la galaxie AI. Leur destination: nos ordinateurs, leur but: s’hybrider avec notre ADN. Je les ai vues.
Tout à commencé par une nuit sombre, derrière un écran de 27 pouces, isolé au fond d’une obscure bibliothèque analogique.
Cela à commencé par une recherche sur l’utilisation des intelligences artificielles par les artistes de renommée internationale, de la part d’un homme devenu trop las pour continuer sur Google.
Cela à commencé lors de la lecture d’un article concernant l’artiste Cindy Shermann sur The Art Newspaper.
Cela à commencé par son apparition, la princesse LIA , venue d’un autre système neuronal.
Maintenant, je sais que les Zia sont là, qu’ils n’ont pas pris forme humaine et qu’il faut convaincre un monde incrédule que la révolution à déjà commencée.
En introduction à ces recherches nocturnes (et des surprises obtenues) je souhaite partager le compte-rendu de ma rencontre avec Abraham Moles (1920-1992).
LA MORT DU STYLISTE En l’an 2000, Tom Ford se proclamait « designer total » lors de « l’annexion » d’Yves Saint Laurent: contrôlant tout, de l’image de marque aux parfums. Ainsi, le styliste au sens traditionnel du terme disparaissait.
Avec Pharell Williams comme directeur artistique de Louis Vuitton Homme c’est la fin du designer total.
Nos sociétés ne réclament plus de continuité mais une coexistence de plusieurs états venus d’horizons très divers.
La jacquerie ou le contre-pied permanent Révolutionnaire Jacquemus? Le vêtement ne fait plus loi, il n’est qu’une composante. Coupe, matière, détails ne revêtent plus la même importance que pour la génération précédente, mais l’évènement.
Outre des placements prix inférieurs à ses concurrents, des choix stylistiques audacieux tout autant que consensuels, le succès de la marque, on ne cesse de le dire, tient en majeure partie d’une très savante communication… incarnée.
Simon Porte est comme dans l’ancien temps des divas de la mode, au centre de SA marque et il embarque avec sincérité et proximité toute une communauté au sein de sa chapelle.
Dès lors le massive-show du génial Pharell Williams pour Louis Vuitton, tout plaisant qu’il soit, semble appartenir à un autre temps. Pharell Williams, collaborateur de longue date de Louis Vuitton et sa bande sont intergalactiques, à des années-lumières de notre quotidien. Comme les astres, on en voit l’éclat mais peut-être sont-elles déjà éteintes.
Jacquemus semble alors, plus en phase avec l’époque, du moins de la génération Z. Le charismatique, Simon Porte semble accessible et le rapport positionnement x désirabilité x accessibilité de ses produits est plausible.