Saint Laurent by Hedi Slimane

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Petites têtes, petits manteaux, petits blousons, petites jupes et petites bottes, jolis petits moineaux urbains trottant sur la piste. Sur les filles tout est court, très court même, ajusté, vif et franc. Comme un titre de musique punk-rock, le show fuse en mode urgence tandis que la musique bat la contre mesure. Cette saison encore Slimane crée une tension permanente et transversale entre la mode, l’art et la musique.

Les filles, aux allures post-ado, que l’on croise aujourd’hui à la sortie d’un chic lycée parisien, aux jambes qui « tels des compas arpentant le globe terrestre… » (merci Charles) ressemblent à Anna Karina, héroïne godardienne de la nouvelle vague. Voilà pour la temporalité.

La musique est interprétée par le teenage-band californien Cherry Glazerr, un morceau spécialement composé pour la maison Saint Laurent, c’est lancinant, c’est rock, on ne résiste pas, point.

L’inspiration c’est monsieur John Baldessari, 83 ans et artiste conceptuel de son état. À travers son œuvre il montre le pouvoir narratif des images, l’invitation-livret d’une centaine de pages présente une sélection d’œuvres de l’artiste couvrant la période 1966-2004, voilà pour la dimension artistique.

Hedi Slimane se retrouve cette saison, au milieu de tout çà, un peu Godard, un peu Baldessari, un peu Larry Clark aussi, dans cette habileté à faire cohabiter les générations et promouvoir la « youth culture ». Au sein de la maison Yves Saint Laurent il à les moyens d’exprimer pleinement sa transdisciplinarité, il embrasse les époques et les domaines artistiques. Réellement commerciale, la collection comporte nombre manteaux, vestes, blousons et souliers (plats), imprimés et matières diverses, peu d’accessoires en revanche.

Tout comme John Baldessari, Slimane réalise des « juxtapositions », il sait capter l’air du temps avec brio. Il juxtapose les comportements de l’époque, une dégaine, une coupe de cheveux, les gimmicks, une radicalité raffinée, une punkitude chic, une énergie. Ses collections sont actuelles, à consommer tout de suite, en urgence, pour être en phase.

Tout comme le maître Yves Saint Laurent sut capter son époque et booster sa maison à un moment clé de son évolution, avec les robes Mondrian, Hedi Slimane sait sans doute mieux que quiconque qu’une maison de mode ce n’est pas que des vêtements. Chaque saison depuis son arrivée se mettent en place des collaborations artistiques et des exclusivités (music project, vidéos, icônes trans-générationnelles…) en flux tendu. Cette saison John Baldessari à collaboré à la création de trois robes couture qui seront édités en dix exemplaires chacune.

Son savoir-faire, son flair du présent lui permit d’établir son succès chez Dior Homme, l’Homme un territoire où il fallait tout redéfinir à l’aube du XXIe siècle. Pour la femme, c’est plus compliqué, entre une multitude de propositions et une frontière entre prêt-à-porter « luxe et créateurs » et un prêt-à-porter « haut de gamme » qui se brouille au détriment des premiers. Slimane recrée son écosystème créatif et creuse l’écart dans la réalisation des modèles, s’éloignant de toute possible comparaison avec des finitions couture.

En deux mille onze, lors de son exposition au Moca, Hedi Slimane s’est coulé dans la tenue de l’artiste. Au sein de la maison de l’avenue George V il ne se place cependant pas en tant que tel, il ne transgresse pas les codes, ses collections ne se « projettent pas ». Nul question d’expérimentation, une jupe ressemble à une jupe et une veste à une veste.

Hedi Slimane n’est ni « en deçà », ni « au-delà », il est photographe du temps présent. Plus fort que le « designer total » que fut Tom Ford lors des années Gucci, Hedi Slimane est lui un génial manipulateur des codes sociétaux.

Ci-dessous le final, le runway et son arche composée de compas dorés.

A lire
+ John Baldessari: « Picture in a frame », ed. Distanz Publishing
+ John Baldessari: « Somewhere between almost right and not quite (with orange) » ed. Deutsch Guggenheim

Hedi, OK tu n’es pas un génie…

… mais tu as un sacré talent pour savoir ce que les hommes et les femmes veulent porter immédiatement. Tu sais convertir nos désirs en réalité à consommer tout de suite.

Idem en rock-music, où tu affiches autant les vénérables Sonic Youth que les Cherry Glazerr… un band d’ados de L.A. L’idée? Hedi Slimane est en phase avec toutes les époques.

Avant-hier soir, outre pour voir la collection femme, il fallait être au défilé Saint Laurent aussi pour entendre « Had ten dollaz », obsédante pépite stridente miaulée par Clémentine Creevy des Cherry Glazerr…

Magazines de créateurs

Publications réalisées en partie par des créateurs de mode, en l’occurrence ici Karl Lagerfeld pour le 31, rue Cambon de la maison Chanel et Kris Van Assche pour Londerzeel.

31, rue Cambon

C’est le fruit d’une collaboration entre Karl Lagerfeld et Olivier Zahm. Légèrement plus petit qu’un format A4. Papier mat pour la couverture avec une photo en noir et blanc gros grain (featuring Baptiste Giabiconi), au centre en gaufrage rose très girly le titre de la publication.
On y trouve un bref portrait de la grande Mademoiselle et l’ensemble des produits de la maison: Haute Couture, collection Croisière, Haute Joaillerie, maroquinerie, articles de sport, parfums, beauté, etc. Chaque famille de produits est présentée avec un petit brief très intéressant (année de création, inspiration…).
Ce que j’appréhendais comme un magazine résultant d’une alliance détonnante et excitante (Lagerfeld x Zahm !) est en fait plus un catalogue à destination des clients de la marque, luxueux et informatif. Nul débordement créatif comme on pouvait l’espérer.

Londerzeel

Londerzeel ? C’est le nom de la ville de Belgique où est né Kris Van Assche.
La revue de 16 pages au format A3 possède une couverture en papier calque imprimé, exprimant à la fois toute la créativité et la sensibilité du créateur.
On y trouve les photos et illustrations de Kris Van Assche (notamment l’installation Picaflor, présentée à la Villa Noailles) et les travaux d’artistes amis comme Andrea Mastrovito ou David Casini… Les textes sont de Maxime Buechi (Sang Bleu), de Paul Ardenne…
Contraste total avec la publication précédente, ici on est en possession d’une revue alternative où la démarche est plus artistique et engagée, moins commerciale. Le magazine correspond assez à l’idée que l’on se fait de l’univers subtil du créateur belge-flamand, styliste-artiste et poète.


À lire, le blog de Barbara Polla, rédactrice en chef de Londerzeel et auteure d’une biographie imaginaire de Kris Van Assche, Kris Van Assche, Amor o Muerte?. Vous y trouverez plein d’informations sur KVA et son univers.

(1) Il y a quelques années Hedi Slimane avait collaboré avec Purple Magazine (pour le supplément Interzone) et le journal Libération, assurant leur direction artistique.

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Le Modalogue | Weekly #8

Semaine hermétique et moderne

Une soirée consacrée à deux pièces sonores dont Hedi Slimane est l’instigateur: Sweet bird of youth, une carte blanche à Hedi Slimane (feat. Gus Van Sant et Pete Doherty). Cela se passait sur France Culture dans le cadre de l’Atelier de Création Radiophonique et se ré-écoute ici.

Afin de compenser la gravité de la création précédente, je me suis plongé à corps perdu dans la lecture de Design Addicts ou l’histoire de l’aménagement du nouvel appartement d’Huliéna et Anders, respectivement stratège dans l’univers du luxe et consultant en communication transversale. Soixante-dix pages écrites et illustrées par ce cher Jean-Philippe Delhomme, narrant les aventures délirantes de ce couple über-trendy et ses soucis d’aménagement intérieur, un délice absolu, un nectar, à consommer lentement afin d’en apprécier chaque bon mot et chaque référence au design d’hier et d’aujourd’hui.

Toutes ces émotions hermétiques et modernes ont trouvées leur aboutissement à la découverte d’une galerie Flickr consacrée essentiellement aux stars de cinéma vintage. Une vaste photothèque pour les inconditionnels et les curieux.


Créatures

Force est de constater que depuis l’arrivée massive des designers anglo-saxons à Paris au milieu des années 90 (Alexander McQueen et John Galliano en tête) et les succès de quelques stars du show-business typés « goth » (Evanescence, Lily Allen, etc.) ce style gothique s’est comme banalisé, affiné et modernisé sur les podiums et dans la rue.

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Ces dernières saisons ce sont les garçons qui sont fascinants, à l’origine de tout çà le succès d’Hedi Slimane chez Dior Homme sans doute (mais aussi Kris Van Assche et Raf Simons).

À l’extérieur du défilé Dior la semaine dernière la tendance n’a pas changée, il y a toujours autant de jeunes gens, des créatures, à la maigreur étudiée, au style précis, précieux et monochromatique.

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Difficile de manquer Charles Guislain lors de ces défilés homme; le prochain « it-boy » de la mode masculine selon certains.

parce qu’elle le vaut bien

Je suis sans doute la seule personne de cette planète à ne pas supporter Kate Moss. C’était jusqu’à  il y a quelques minutes…

« Comment peut-on ne pas aimer Kate Moss ? » me direz-vous. Pour plusieurs raisons…

Kate Moss tout le monde l’aime, donc je ne l’aime pas… – Kate Moss et ses frasques avec Pete… Laissez-moi rire, on a voulu nous refaire le coup de Sid et Nancy (version junkie de luxe) ! – Kate Moss bannie par le monde la mode, cela n’a duré que « quinze jours », la soi-disant éthique c’était du flan ! – Kate Moss dans Elle magazine, est toutes les semaines une icône de style, qu’elle soit habillée comme un sac ou pas… – Kate Moss n’a rien, combien de fois ai-je lu que cette fille n’avait rien de spécial et que l’on ne comprenait pas son succès… – Kate Moss, cela fait plus de quinze ans qu’elle fait la une des magazines et des dix premières pages des magazines de mode, vous n’avez personne d’autre ?

Une des premières couvertures de la Kate Moss

Certes, je ne crois que moyennement (mais un peu quand même) à ce que j’ai écrit ci-dessus ; cela me permet de ne pas tomber en pâmoison, devant cette fille, comme la moitié de l’univers.

Il y a quelques minutes je suis allé sur le site d’Hedi Slimane et j’ai découvert sa série de photos du 7 mars 2008 intitulé Kate Liberation. À cette Libération fait face ma Révélation. Sans doute l’effet Slimane agit encore une fois sur moi, mais tout à coup je vois ce top-model d’un œil radicalement différent. Les seins de Kate Moss, qui habituellement me laissent… de glace, en sont même devenus troublants. Ce visage et ce corps synthétisent toute une génération de femmes-icônes : la Marianne Faithful de Mick Jagger, la Twiggy, The Shrimp, la Bardot tragique du Mépris, la Patti Smith héroïne du rock, Nico et j’en passe.

Kate Moss est un peu toutes ces femmes.

Après avoir fait parler la poudre, en septembre 2005, on aurait pu craindre une carrière à la Edie Sedgwick, or il n’en a rien été : à la fois sulfureuse, femme-enfant, androgyne, muse, femme fatale, punk ou hitchcockiene ; de Burberry à Topshop, de Tokyo à NYC, de MTV à Fashion TV, son aura et son charisme sont tels que l’on ne peut contester alors son caractère incontournable et son omniprésence.

Certes, pour la plupart d’entre vous je ne fais que dire des choses que certains (photographes et rédactrices de mode) ont vu depuis le début, toutefois je doute que la Kate Moss découverte par la campagne de Calvin Klein possèdait tous les atours de la Kate Moss d’aujourd’hui.

Pour certains, Kate Moss n’est qu’un produit qui a eu du succès et qui a réussi un come-back fulgurant, pour ma part je pense que la mode a trouvé en Kate Moss son idole intouchable, son sweetest taboo.

God save the Moss.


1993, campagne Calvin Klein, découverte de Kate Moss et du style heroïn-chic


scary Kate Moss, je n’ai jamais pu accrocher à cette image de la femme…


Kate Moss, Liberation, par Heidi Slimane, une série qui porte bien son nom et que je vous invite à consulter d’urgence…


Kate Moss, néo-blonde hitchcockienne, très Eva Marie-Saint sur cette photo.

Y-a-t-il une vie après Kate Moss ?

 

« Here are the young men » | Transversalité musicale

Hedi Slimane est cruellement absent de la scène mode mais pas de la sphère créative, pour preuve son e-portfolio.

Des photos en noir et blanc où l’on reconnaît le chanteur des Babyshambles, les 5 garçons dans le vent du groupe The Horrors, Madame Cobain ou encore Amy Winehouse et les Daft Punk.

Un ensemble de photos non triées(?), mais parfaitement sous control, des images autour du thème fétiche du créateur : la musique punk-rock, ses fans et les backstages. On pense évidemment à Anton Corbjin, photographe de la scène punk des années 75 ainsi que de nombreux autres artistes de la musique ou du cinéma (David Bowie, Depeche Mode(1), etc.).

Plane également l’esprit de Larry Clark et bien sûr de Gus Van Sant, autrs artistes étudians les comportements des adolescents.

Ces jeunes hommes anonymes tantôt en tee-shirt, tantôt boutonnés jusqu’au col ont largement inspiré Hedi Slimane depuis près de dix ans et ont collaboré à la création d’une nouvelle silhouette masculine, faisant de la maison Dior que cela plaise ou non, une référence en matière de mode masculine, bel hommage.

La mode est toujours présente donc, car comme le dit Hedi Slimane : « une idée peut être approchée à travers plusieurs médiums« , la définition même de la transversalité.

Le détail qui tue, le badge PIL !

Miss Courtney Love Cobain

Pour compléter ce billet :
A consulter d’urgence :
– son e-portfolio

A lire :
– les publications d’Hedi Slimane sur Amazon

A voir :
– les films de Larry Clark (Kids ; Ken Park ; Wassup Rockers ; Destricted
– les films de Gus Van Sant (Drugstore Cowboy ; Paranoid Park ; Elephant ; My own private Idaho)
– l’exposition réunissant une série de documents vidéos, photos et sonores autour du festival musical de Bénicassim 2007.
Hedi Slimane///Perfect Stranger,
Galerie Almine Rech – 19, rue de Saintonge – 75003 Paris (du 28 novembre au 05 janvier 2008)

(1) Le saviez-vous ? Depeche Mode, le groupe, doit son nom au défunt magazine de mode du même nom…
(*)Et pour ceux et celles qui sont intéressés, le titre du billet provient de ce titre du groupe Joy Division.

Dis Hedi quand reviendras-tu ?

Le rêve secret de voir Hedi Slimane remplacer John Galliano à la tête des collections femme de Christian Dior s’évanouit, car la nouvelle vient de tomber, Hedi Slimane et Christian Dior c’est terminé, finito… Les négociations concernant la signature d’un nouveau contrat, au point mort depuis plusieurs mois, n’ont donc pas abouties. Hedi Slimane, va prochainement lancer sa propre marque (homme et femme ?) et le talentueux Kris Van Assche, son ex-assistant, va lui succéder à la tête de Dior Homme.

Le retour au premier plan de la mode masculine et le formidable come-back de l’homme Dior est essentiellement dû au style de son désormais ex-styliste, aucune autre marque de mode homme n’a réussi ce que LVMH à fait avec ce directeur artistique hors pair qu’est Hedi Slimane maîtrisant parfaitement tous les compartiments de la création. Nul doute cependant que Kris Van Assche saura relever ce défi et proposer également une autre orientation pour la marque, exit donc la silhouette punk-rock, exit la bichromie noir-blanc et exit Pete. On attend avec impatience les prochains défilés et la réaction des clients…

En attendant

La silhouette Dior par Hedi Slimane

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Hedi Slimane, avait remis au goût du jour la cravate (merci !)

La silhouette Kris Van Assche (automne-hiver 2007-2008)

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Kris Van Assche réussira-t-il à imposer le chapeau ?

La femme

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A gauche la femme vue par Kris Van Assche, à droite la femme vue par Hedi, le mystère persiste…

Mercato d’hiver

Lu la semaine dernière dans la presse (Le Figaro), un état des lieux des directions artistiques des différentes maisons de couture. Force est de constater que cela a énormément bougé, que ce soit pour la mode homme ou la mode femme.

La tendance est d’intégrer sur la plus haute marche de la création non pas une diva, mais un créateur au profil « studio de création ». Chloé et Gucci avaient lancé la tendance, précise l’article ; en effet Phoebe Philo a remplacé Stella Mc Cartney et Frida Giannini a succédé à Tom Ford ; le mouvement s’est accéléré et d’autres maisons ont suivi (Calvin Klein…).

En plus de cette tendance de fond, une série de « transferts » se sont opérés depuis le début de l’automne, chamboulant la carte des DA des maisons de couture parisiennes ; ainsi on retrouve Paulo Melim Andersson chez Chloé (exit Phoebe !), le talentueux Olivier Theyskens chez Nina Ricci, Dai Fujiwara chez Issey Miyake, Giles Deacon chez Daks, Nicolas Andreas Taralis chez Cerruti, Sophia Kokosalaki chez Vionnet, Damian Yee chez Guy Laroche ou encore Peter Dundas chez Ungaro.

Plus dure est la situation de la mode masculine : plusieurs maisons ont en effet pris le virage du relifting, mais sans le succès connu par Dior Homme, hélas… Au vu du travail réalisé par Oswald Boateng chez Givenchy, ou encore Jason Basmajian pour ST Dupont, cela me semblait prendre bonne tournure, les lignes se modernisant, attirant de facto une nouvelle clientèle. Mais les résultats financiers n’étant pas bons, ou en tout cas pas assez rapidement bons, Franck Boclet a ainsi quitté Smalto, Oswald Boateng est sur le départ, Jason Basmajian a été remercié et Pierre-Henri Mattout est également sur le départ chez Dormeuil…

Les maisons de couture masculine ou féminine n’ont aujourd’hui plus le temps, ni l’argent, les résultats financiers doivent se voir quasi-immédiatement ; les créateurs ont donc pour mission de « générer du cash » le plus rapidement possible, sous peine de se voir remercier rapidement, et ce, quel que soit leur talent.

Dans un autre registre, mais concernant toujours les changements de créateurs, Irène Leroux a quitté Erès (groupe Chanel), LA marque de maillots de bain et de lingerie qu’elle avait créée en 1968. Elle sera remplacée par la styliste Valérie Delafosse. Il sera intéressant de suivre les nouvelles (?) orientations de style que cette dernière va y apporter.

Au milieu de ce constat, seule la maison LVMH et ses énormes moyens financiers peut se donner le temps de « recadrer » un John Galliano – avec le succès que l’on sait – et de redéfinir la mode masculine avec Hedi Slimane. Karl Lagerfeld et ses 24 ans chez Chanel fait figure de héros… génial héros, qui a su relancer, moderniser, recréer et propulser la maison de la famille Wertheimer. Quel créateur intégrant une maison peut « espérer durer » autant que lui aujourd’hui ?