L’insoutenable légèreté des années 80

La chouette exposition qui prend place dans les sous-sol du Centre Beaubourg, intitulée « L’insoutenable légèreté – les années 1980, photographie, film », n’a malheureusement pas de catalogue.

Dans l’espace qui lui est consacré, on y retrouve cette utopie sociétale et artistique propre à cette époque. Une nouvelle génération d’artiste est en train d’émerger, on y croise notamment  jusqu’au 23 mai, Jean-Paul Goude ou Martin Parr. Dans les flous de certains Polaroïds flotte une poésie punk.

Heureusement Profession Photographe co-édite avec le magazine Fisheye un fanzine dédié à la manifestation.

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Il est disponible ici


Curated by Julie Rosier

Vu | Informer et séduire

VU (1928-1940) serait comme le Twin Peaks des magazines, il y a eu un avant et un après…

Certaines publications actuelles ne seraient pas ce qu’elles sont si le magazine VU n’avait pas existé (ainsi que Life ou le Berliner Illustrirte Zeitung). VU fut un véritable laboratoire photographique et révolutionnaire dans sa manière de montrer l’information. Moderne, avant d’être lancé le magazine fut annoncé au cinéma en complément des actualités. Privilégiant l’image et un travail sur le texte au service de l’image et inversement, le magazine créé par Lucien Vogel reste une référence, son logo dessiné par Cassandre (qui créera plus tard le logo d’Yves Saint Laurent) un modèle du genre.

VU illustre la vie trépidante de l’époque qui « empêche de lire », « il faut voir, nous sommes au siècle de l’image. » ces déclarations sont l’articulation de la publication. « VU apporte une formule neuve: le reportage illustré d’informations mondiales ». A l’instar de notre époque où nous sommes via FaceBook, Pinterest, Flickr, Tumblr ou encore YouTube abreuvés d’images et de vidéos. La période de parution du magazine fut une période d’accélération informationnelle que seule la photographie pouvait rendre compte.

Feuilleter les pages de VU, c’est plonger dans cet entre-deux guerres riche en bouleversements politiques, sociétaux et techniques (prééminence de la photographie sur l’illustration, nouveaux procédés d’impression…). C’est également découvrir les premiers pas de photographes indépendants, jeunes artistes au devenir fameux comme Robert Capa, Man Ray, Edward Steichen, Germaine Krull, André Kertész ou encore Henri-Cartier Bresson.

C’est grâce à ce type de publications que les professions de journaliste, celui qui réalise un travail d’investigation ou de directeur artistique, celui qui sollicite les photographes, crée des séquences visuelles et développe une ligne éditoriale ont pris leur sens et leur essor.

Magazine engagé sur le plan de la mise en page, la rédaction de VU contrôle également la sélection photographique et complète le récit visuel. Engagé politiquement, dénonçant très tôt le franquisme ou les dangers du régime fasciste allemand, il reste un exemple dans notre période de « frictions » où les publications confondent souvent communication séductrice et information. Ou pour des raisons de sécurité et de frilosité l’engagement éditorial et esthétique est réduit au strict minimum…

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Ci-dessus « Les titres se libèrent de l’horizontalité des lignes »

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Visages cadrés, serrés en pleine page, logo typographique en coin, certaines couvertures d’i-D peuvent évoquer celles de VU…

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« Citations tirées de « La fabrique de l’information visuelle » ed. Textuel

You and me

« What is yours is mine » Diesel summer/spring 2016 campaign reminds me this

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Yohji Yamamoto, Spring 1999 | Yves Saint Laurent, 1966 | you+me : Frederique Daubal, 2002

Toshio Shibata, « Night photographs » à la galerie Polka

Découverte du photographe Toshio Shibata et de son travail lors du vernissage de son exposition Night Photographs à la galerie Polka, Paris.

Des photographies en noir et blanc prises exclusivement à la chambre et de très grand format, représentant des lieux déserts photographiés la nuit dans le Tokyo des années 80. Saisis dans cette nappe monochrome ces lieux monumentaux, aires d’autoroutes, parkings, stations d’essence, structures citadines sont empreints d’une étrangeté. Les cadrages, le rendu graphique, les halos de lumières, phares, néons, lampadaires nous plongent dans un Tokyo en plein changement enfin libéré des désordres la guerre.

Toshio Shibata, né en 1949, photographie la nuit, mais c’est la lumière qu’il recherche, comme des réponses à ses interrogations. C’est la lumière qui façonne, trace les contours de ces architectures urbaines noyées par le silence de la nuit et pourtant si cacophoniques car lieux de transit et d’échanges permanents.

C’est ce contraste permanent qui ressort des photos de Toshio Shibata, reflet d’une société en pleine mutation.

 

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Les travaux récents de Toshio Shibata sont en couleurs.

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Übersee « exploring visual culture »

« Übersee, exploring visual culture », was a magazine edited in 2003. It’s seems that it only lasted a year. In a time when Pinterest or Instagram didn’t exist yet, the german publication curated pictures from graphic design, photography, illustration, architecture… No advertising, only images and few texts concerning the artists invited.

The year after, Facebook was launched and the imaged-based crazy e-world was in progress. Even though, many printed image-only publications are still published today, just look at your bookstore in your contemporary art museum or in the concept store next to you. Many very edgy fashion magazine or with a different approach, think Toilet Paper, are a sum of curated images editorialised.

Below a selection of artists shown in the two magazines we own.

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Below: Eliezer Sonnenschein

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Lutz Pramann

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Colin Ardley

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Delta (Boris Tellegen)

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Helge Barske

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Andrea Giacobbe
here a collaboration with the digital hardcore band Atari Teenage Riot

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Piet Thrular

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Robert Volt

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Nora Bibel

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Frédérique Daubal

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Takashi Okamoto

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Ueno Hirosuke

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Clarissa Tossin

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Stina Persson

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Julien Gosset

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« Ici et ailleurs », le temps par Pierre Arpels

Utilisés quotidiennement pour nos multiples besoins, nos téléphones multifonctions, iphones greffés à nos mains font de nous ce que l’on appelle un Homme Augmenté. Mesurant notre pouls, secrétaire virtuel, preneur d’images, assistant de notre vie sociale, l’un des principaux usage de ces terminaux reste sans doute, de nous donner… l’heure.

Paradoxe ou vision, la firme responsable du sus-nommé smartphone à mis au point ces derniers mois une… montre avec le souhait avoué de bousculer le monde de l’horlogerie.

Une preuve, peut-être, que la mesure du temps reste un élément essentiel de notre vie.  Du cadran solaire à la montre connectée l’Homme à toujours souhaité maîtriser le temps qui passe.

Depuis que l’Homme à fondé des sociétés, il observe le rythme de la vie (de la naissance à la mort), le rythme des saisons pour la culture aux champs, le temps qui le sépare du village voisin…

Mesurer le temps avec précision est affaire de mécanique.
Chez Van Cleef & Arpels les créations horlogères prônent aussi une dimension poétique, mesurer le temps est affaire d’histoires, de rencontres et d’émotions. La mécanique est au service de l’esthétique.

Sobre, la dernière réinterprétation de la montre Pierre Arpels (du nom de son créateur) au design ultrafin, dont le cadran semble flotter entre deux attaches vise, elle, à l’intemporalité.

Le temps et ses précieux instants, dernier luxe de notre époque, est pour le « garde-temps » de Van Cleef & Arpels une invitation au voyage à travers le temps et l’espace.

“Heure d’ici et heure d’ailleurs” telle une maxime, un vers, est inscrit sur le cadran. « Ici » est maintenant, « ailleurs » sera demain et vice-versa.

Le temps est insaisissable c’est ce qui le rend si cher, il est multiple. On le perd, on le gagne, il est assassin, il nous file entre les doigts. C’est le temps des amours ou comme le chante Aznavour

« Le temps qui va / Le temps qui sommeille / Le temps sans joie / Le temps des merveilles / Le temps d’une jour / Temps d’une seconde (…) Le temps et rien d’autre / Le tien le mien / Celui qu’on veut notre” (Le temps, 1964)

Une série de photos prises ici, à Paris et ailleurs (Saïgon, Marrakech, Marseille, New-York), des instants suspendus et passionnés tentent d’illustrer ces temps.

Des « ici »

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Merci pour les photos à M. Philippe Margeault et Mlle Gaëlle Charles

Des « ailleurs »

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Ambroise Tézenas à la librairie Maupetit

Découverte du travail photographique d’Ambroise Tézenas dont l’exposition « Photographies » à l’incontournable librairie Maupetit de Marseille était prolongée quelques jours.

Ambroise Tézenas, né en 1972, diplômé en 1994 de l’école d’Arts Appliqués de Vevey (Suisse) fût reporter et passa la plus grande partie de son temps en Asie du Sud-Est, Amérique Centrale et Amérique du Sud. Depuis 2001 il se consacre à des projets plus personnels délaissant ses collaborations avec la presse. Son travail artistique est représenté en France par la galerie Mélanie Rio.

« I was here, Tourisme de la désolation » est son dernier travail, véritable enquête, présenté aux Rencontres de la Photographie d’Arles du 6 juillet au 20 septembre 2015.

Un ouvrage à été édité accompagnant son investigation entamée sur la signification de ces nouveaux lieux touristiques réunissant des zones de catastrophes industrielles, des lieux de génocides (Auschwitz) et autres lieux morbides, un phénomène baptisé « Tourisme noir ». Un ouvrage sur une tendance macabre à découvrir absolument.

Ci-dessous, accrochage de l’exposition « Photographies »

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La librairie Maupetit sur La Canebière depuis 1927, une sélection dynamique et pointue.ambroise-tezenas-11

 

Radio France

Radio France représente un des derniers bastions où la Culture et l’esprit critique demeurent, loin des rythmes frénétiques. Contre vents et marées, le modèle Radio France s’adapte et évolue perpétuellement afin de rester en phase avec l’époque. Du Masque et la Plume (émission créée en 1955) à la tranche quotidienne d’humour, anciens et modernes cohabitent dans un esprit d’universalité et d’éclectisme choisi.

Marion Bernard, journaliste du service Culture de France Info, spécialisée dans la musique, nous à accordé quelques heures pour nous offrir une visite privée des nouveaux locaux, un territoire de l’information, à préserver.

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La radio évolue en ce début du XXIe siècle. Passer sur la FM c’est aussi prendre soin de son look car tout est filmé afin d’être diffusé sur le web et ouvrir ainsi de nouvelles interactivités. Voilà qui oblige par exemple, à repenser les espaces de travail afin notamment d’avoir une meilleure exposition lumineuse.

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Vue imprenable du dernier étage.

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Vue depuis l’agora

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Nous ferons une halte au sein du superbe auditorium en forme d’arène surplombé d’un orgue monumental. La salle de 1461 places qui a récemment reçu Dominique A, est entièrement recouverte de bois, elle accueille aussi les formations musicales de la Maison de la Radio.

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