Karl Lagerfeld Remixed

Qui n’a pas entendu parler des 70 iPods de Karl Lagerfeld ?

Là où certains créateurs de son âge seraient ridicules, Karl Lagerfeld, lui ne l’est pas. De l’homme à l’éventail, il est devenu, avec sa vingtaine de kilos en moins (et après avoir revendu tout son mobilier), un nouvel homme ; il s’est réinventé une image, une espèce de techno-gothico-rock-metal-Lagerfeld, il s’est redéfini à l’entrée de ce XXIe siècle.

De l’homme à l’éventail…

Ses apparitions et prises de position frisent la caricature, parfois, inévitable lorsque l’on recrée son image de la sorte, mais il semble toujours être maître de cette image, même lorsqu’on le provoque. Peu de créateurs ont eu l’audace ou l’idée de se redéfinir en prenant un tel virage, préférant conserver leur image-icône qui les à fait connaître et qui, « leur semble-t-il », doit toujours plaire, même trente ans plus tard… (Sonia Rykiel, Chantal Thomass en sont les vivants exemples).
Érudit, incollable sur le XVIIIe siècle européen, frénétique, Karl Lagerfeld est plus que jamais présent sur tous les fronts de la création artistique. Il est un des premiers designer « de mode » au sens moderne du terme.
Directeur artistique chez Fendi depuis 1965, chez Chloé (1963-1983, puis 1992-1997), chez Chanel depuis 1983, photographe, à l’écoute des tendances et parfois passage obligé pour une jeune génération en mal ou en recherche de reconnaissance, tel un mécène. Karl Lagerfeld est comme Kate Moss, partout.

… à la version remixed

On l’a vu tout d’abord fan d’Hedi Slimane, puis collaborateur des arty Chicks on Speed, ensuite chez H&M ou encore au côté de Devendra Banhart (ils ont d’ailleurs fait la musique du dernier défilé Chanel et s’habillent en Chanel !) et enfin écoutant un des groupes hypes du moment, The Pipettes.

Son dernier projet (avec l’aide de Michel Gaubert, gourou musical des défilés parisiens), c’est une compil « Les musiques que j’aime » At Home/At Work, où il réunit aussi bien Xavier Cugat que Siouxsie and the Banshees, en passant par Stravinski et LCD Soundsystem.
Respect.

Transversalité

Le designer Marc Jacobs, actuel héros de la mode, vient de collaborer avec le chorégraphe français établi aux États-Unis, Benjamin Millepied, en dessinant 42 tenues (essentiellement des robes courtes) pour le spectacle « Amoveo ».

croquis de Marc Jacobs

Un styliste œuvrant pour le théatre, la danse ou le cinéma est un exemple « classique » de transversalité. J’étais en dernière année d’ESMOD lorsque Christian Lacroix réalisait ses célèbres costumes pour Phèdre présenté à la Comédie Française (vidéo). La même année Rei Kawakubo (Comme des Garçons) réalisait pour la compagnie de ballet de Merce Cunningham les célèbres costumes inspirés de sa collections « Bump and Mind ».

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Modèles de la collection Bump & Mind (Comme des Garçons, 1997)

Les exemples sont nombreux, Mademoiselle Chanel a collaboré avec Serge Diaghilev pour les Ballets Russes ; dans les années 70 Yves Saint-Laurent avec Roland Petit (Notre Dame De Paris, Shéhérazade…), Jean-Paul Gaultier avec Régine Chopinot (voir le fameux spectacle K.O.K en 1988).

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le style Chanel des années 20, les rayures, le jersey, l’inspiration venue du sport, le corps libéré, ici pour le spectacle le Train Bleu en collaboration avec Serge Diaghilev et Jean Cocteau.

Chaque paire fonctionne en parfaite osmose et les rapprochements ne sont pas fortuits, Jean-Paul Gaultier et Régine Chopinot sont chacun dans leur domaine des créateurs bousculant les idées reçues et un peu fous (je me souviens avoir vu la salle du Théatre de la ville se vider de moitié lors de la représentation de Chair-Obscur, un des derniers spectacle de Régine Chopinot).
Merce Cunningham a depuis ses débuts travaillé avec des artistes d’avant-garde, pointus (John Cage, Jasper Johns, Roy Lichtenstein…), il est logique de le retrouver avec une créatrice atypique et d’avant-garde comme Rei Kawakubo.
Marc Jacobs perpétue ainsi une certaine tradition, le créateur découvre un autre univers dont il doit intégrer les codes, les lois et les contraintes techniques ; en contre-partie il apporte un nouveau champ de vision et d’expérimentation, sa propre vision du spectacle. Une osmose se crée, des échanges se font et si l’ensemble est réussi, la création, la mode et la danse en sont les gagnants.

Toutes les photos sont la propriété de leurs auteurs respectifs.

Le Phocinémusigner

Ce matin j’ai reçu dans ma boîte à mèls une information émanant d’Apple. Elle disait ceci :

« Aujourd’hui, être un professionnel de la création, ne signifie plus seulement travailler dans une seule discipline. Il s’agit désormais de travailler simultanément avec plusieurs modes d’expression, de repenser la façon d’utiliser les sons et les images et de maîtriser tous les aspects de la production. »

C’est exactement ce que je pense et que je défend ici, cette citation s’adresse aussi aux stylistes (fashion designer) et à TOUS les métiers de la création.

Accessoirement le « Phocinémusigner » d’Apple me rappelle la baseline accrochée au nom de ma société quand j’ai réalisé que je fournissait deux types de prestations (stylisme et graphisme) et que j’étais aussi à l’aise dans l’une que dans l’autre et que souvent celles-ci étaient complémentaires aussi bien d’un point de vue technique (réalisation de book, d’imprimés) que créatif.

le Grand Orange – Mo/de/sign pour Mode et Design (graphique)

Les ponts sont ouverts empruntons-les !

Pour participer au Phocinémusigner

Le luxe et la création contemporaine (épisode 23)

Vous vouliez une confirmation que la mode et l’art contemporain font plus que jamais bon ménage ? Si vous avez eu le temps de passer à la FIAC 2006 vous avez peut-être vu cette exposition, organisée par le Comité Colbert, et comprenant des verres, des sacs ou des bijoux créés spécialement pour l’occasion, par de jeunes designers pour le compte des maisons Puiforcat, Dior ou encore Hermès.

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Donna Franklin, la fibre réactive

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Donna Franklin, étudiante au Perth Institute of Contemporary Art réalise une robe « vivante » accueillant à sa surface des… champignons.
The most captivating work at the Perth Institute of Contemporary Art for me was Donna’s superb dress. It wasn’t until she was melting under the lights of the symposium guest speakers table with me that I fully understood what I was looking at and could slightly appeciate her art practice. Initially she immersed herself in the scientific realm of colour and growth with a large experiment with moulds, resulting in her first art fashion with a dress sewn in fabric highly patterned by mould stains.

Must read, Wired article

Despite being the opposite of what we perceive as being attractive in the normal scheme of social expectations, the dress has a tantalising elegant appearance with graceful white fabric and shades of grey patterning. Donna moved on to working with fungi resulting in the stunning ‘Fibre reactive’. This is a living garment, an experiment in a symbiotic relationship between the garment as a host for the fungi and the wearer.

When asked how long she expected the dress to live in its current form, Donna gave a slightly sad sigh and said she wasn’t ready for her garment to pass away! Her work is an exquisite blend of installation, fashion, science and feminine passion.

Images de marques

Je trouve intéressant de mettre en parallèle les deux images ci-dessous, la première est la couverture du magazine des arts graphiques étapes du mois de novembre 2005, la seconde provient du site milliondollarhomepage

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…créé par un étudiant britannique du nom d’Alex Tew, 21 ans. Le concept de son site est très simple, il a créé une page contient un million de pixels, il les vends 100 dollars par bloc de 100, soit 1 dollar le pixel. Au départ c’était pour financer ses études, il est en train de faire fortune. La veste en couverture est un vêtement improbable constitué des étiquettes de la plupart des marques de mode, signifiant peut être et ce malgré l’immense brassage provoqué par l’arrivée des marques de mode mastodontes que sont Zara, H&M, TopShop etc. que quelque soit le vêtement (et par extension quelque soit le site ou support de communication) ce qui compte avant tout aujourd’hui c’est la marque, l’image de la marque, dis moi qui t’habille je te dirais qui tu es… A méditer.

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