I really like those beautiful postcards and sticker designed by Adonis Sancho, discovered at the Vagina Museum in London — the world’s first museum dedicated to vaginas, vulvas, and more
The main point of the museum is an educational and inclusive mission: to break taboos, celebrate diverse bodies, and open up conversations about anatomy, health, and identity.
Each piece i purchase blends bold colors and tattoo‑inspired lines, turning anatomy into art you’d proudly slip into a notebook or on your laptop.
This reminder us that design can spark dialogue, challenge norms, and still look fantastic on your wall.
Vava Dudu n’est jamais front row, ni même au second plan. Elle est celle que l’on aperçoit au second regard : bariolée, tout au fond, affairée, habitée d’une présence presque chamanique. On devine alors que c’est elle qui, en secret, a soufflé à l’oreille des créateurs, les a inspirés, telle une muse.
« Il vaut mieux suivre la mode, même si elle est laide. S’en éloigner, c’est devenir aussitôt un personnage comique, ce qui est terrifiant. Personne n’est assez fort pour être plus fort que la mode. »
La mode, phénomène multifactoriel complexe, est peut-être l’acteur le plus actif de la modernité, qu’on le veuille ou non. Elle en condense les tensions : le renouvellement constant, le culte du présent, l’effacement du passé.
Rester moderne,
c’est croire qu’il reste quelque chose à dire, croire encore à l’inédit — à une parole, un style, un geste qui n’a pas encore eu lieu.
Refuser la mode,
se prétendre « anti-mode » ou s’opposer aux diktats de celle-ci, reviendrait-il alors à se retrancher de ces dynamiques ? et signifierait-il s’exclure de la modernité ?
Ou bien, autre voie, ce refus constitue-t-il, paradoxalement, une forme suprême de modernité : celle qui se défait d’elle-même ?
Fatigue
Terme d’actualité, on le retrouve aujourd’hui dans les discours culturels, médiatiques et esthétiques et souvent rattaché à la notion de « surcharge », à l’effondrement du sens et des repères.
Nous vivons dans une société injonctive où l’obligation de performance s’impose dès le réveil. « Être moderne » ou cette nécessité d’actualisation perpétuelle finit par produire une fatigue émotionnelle.
Rares sont les designers capables de s’extraire de ce torrent. Azzedine Alaïa, Yohji et Rei, Madeleine Vionnet et plus récemment Jeanne Friot. À l’opposé, Jacquemus (mais il n’est pas le seul) participe activement à cette saturation propre à notre époque (hyper)moderne.
C’est alors que certains éprouvent le besoin d’un retrait volontaire, d’une pause. En 1979, Roland Barthes écrivait:
»Tout d’un coup, il m’est devenu indifférent de ne pas être moderne. »
Il exprimait par là une forme de fatigue, de lassitude — mais active. Et ce point fait toute la différence car son choix n’est pas un renoncement.
Barthes propose un désengagement, une retraite stratégique (comme sur un champ de bataille). Une indifférence choisie, stoïcienne à la manière de Marc Aurèle, salvatrice. Une manière d’être qui refuse le goût dominant où l’ironie devient une forme de critique et qui flirte avec le geste artistique, une attitude très « camp ».
Et si la vraie modernité, aujourd’hui, consistait à ne plus s’en revendiquer ?
C’est un hommage comme la mode en produit rarement. Et une fin de chapitre comme peu de créateurs peuvent s’en vanter. Dans le silence ouaté de l’ancien hôpital Laennec du VIIᵉ arrondissement, au cœur même du siège de Kering, Demna Gvasalia orchestre sa propre sortie. Une exposition sans tapage, ni triomphalisme — mais qui dit tout de l’impact qu’il a eu, en dix ans, sur Balenciaga, sur le vêtement et sur la culture contemporaine.
Le dernier événement de ce type fut sans doute l’exposition dédiée à Marc Jacobs en 2012, célébrant la fin de ses quinze années chez Louis Vuitton qu’il avait transformée en marque de mode. Là aussi, un hommage qui avait pris place au musée du Louvre.
Pour un peu on se croirait à MoMA PS1 non? Vegyn nous a livré une folle gourmandise avec le Everything she wants de Wham, puis à ravivé de précieux souvenirs mais ne s’est guère foulé en spotifiant le mythique Soon de My bloody Valentine (à la fin de la vidéo).
C’était l’autre soir à l’espace Niemeyer, pour la quatrième édition de Manifesto, où se rencontrent arts, fashion et musique, le tout orchestré par le collectif italien Kaleidoscope et la plateforme de style Goat. avec: David Rappeneau, Anna Uddenberg, Issy Wood, Air, D’heygere…
Scène capturée à l’espace Niemeyer, lors de la quatrième édition de Manifesto, le festival arts et culture orchestré par Kaleidoscope et la plateforme de style Goat.
Deux manifestes
À gauche, une typographie volontairement inlisible, agressive dans sa négation de la lisibilité, coulée dans une esthétique Liquid Metal. Une composition qui ne cherche pas à informer mais à exister, qui sert plus à poser uneattitude émotive, esthétique et culturelle. Une position visuelle radicale, empruntée aux sphères de l’hyperpop, de l’anti-design ou d’un death metal digitalisé. On pense au Balenciaga by Demna, mais aussi au dieu vivant du design graphique David Carson.
À droite, à l’antipode, un caractère issu de l’ère moderniste repassé par un filtre streetwear, une typo linéale et fonctionnelle, avec pour mission d’informer, de communiquer rapidement et d’assurer l’autorité par la lisibilité.
La lisibilité contre le chaos
Une confrontation typographique qui évoque aussi celle des postures. Le choix esthétique des caractères devient une syntaxe et une stratégie sociale
Une typographie n’est jamais neutre. Elle est code, elle est clan.
Ce jour-là, à Shoreditch, c’est la nouvelle campagne Burberry qui attire mon attention. L’univers des festivals de musique, choisi par Daniel Lee et incarné, entre autres, par deux figures majeures de la culture britannique populaire : Liam Gallagher et Goldie est une manière de positionner Burberry dans un entre-deux maîtrisé, entre prestige patrimonial (la présence du logo Equestrian Knight datant de 1901 tel un tampon crée un contraste intéressant) et résonance pop contemporaine. On est dans le « cool Britannia »
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Une stratégie difficilement transposable ?
Ce modèle est-il adaptable à d’autres territoires culturels ? En France, nous n’avons pas la même culture musicale que les britanniques et on peine à identifier aujourd’hui, des équivalents suffisamment « compatibles ». La campagne hexagonale fait ainsi appel à des « anonymes ».
Détournement Françoise Hardy avec Paco Rabanne, 15 mai 1968
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Penser local
Durant les années soixante pourtant c’était la pop française qui était « cool » auprès de nos amis d’Outre Manche, notamment à travers Françoise Hardy. Et si l’on devait traduire aujourd’hui ce choix éditorial pour un public français, qui convoquerait-on ?
Aya Nakamura, Eddy de Pretto, Zaho de Sagazan ou Clara Ysé ? Jeanne Added ? Joey Starr ? Voire Christine and the Queens (Rahim C Redcar).
Entendu sur les ondes que Lewis Hamilton, septuple champion du monde de Formule 1, est crédité à la production de F1: The Movie. Je me suis alors souvenu qu’il est ambassadeur pour Christian Dior — mieux encore, qu’il a imaginé une collection capsule. Puis je me suis rappelé aussi qu’Apple, via son label Apple Originals, détient l’exclusivité de la diffusion du film en streaming.
Je me suis alors amusé à dessiner une cartographie instinctive que j’ai ensuite mis en images afin de visualiser ce petit écosystème de luxe où se côtoient, sport mécanique, cinéma, mode et technologie.