Chez Balenciaga, la couture devient un art d’équilibre. Cristobal Balenciaga « le seul vrai couturier » disait Gabrielle Chanel, a redéfinit la silhouette féminine où la rigueur technique rejoint la poésie du mouvement.

Chez Balenciaga, la couture devient un art d’équilibre. Cristobal Balenciaga « le seul vrai couturier » disait Gabrielle Chanel, a redéfinit la silhouette féminine où la rigueur technique rejoint la poésie du mouvement.

Un couple d’images de l’inspirante PJ Harvey, époque « Let England shake »











Dans l’univers d’Anne Valérie Hash, la couture devient murmure. Chaque pli, chaque bouton déplacé raconte un secret. Ses vêtements n’imposent rien, ils suggèrent — comme une conversation à voix basse entre le corps et le tissu.
L’œuvre d’Anne Valérie Hash appartient à une mode qui a choisi de susurrer sur la peau plutôt que de crier aux yeux du monde.
Anne-Valérie Hash lève le voile d’un langage intime et pudique: un décolleté fuit, glisse, pour renaître en secret dans le creux des reins. Une patte de boutonnage cesse d’être une ligne droite et s’enroule tel un lierre autour de l’épaule.
La coupe et la structure de ses créations, dans l’évidence d’un tombé, d’un mouvement, révèlent une sensualité tout en suggestion. Pour l’avoir rencontrée à plusieurs reprises, il m’a semblé que la véritable maîtrise d’Anne-Valérie Hash résidait dans cet art de l’effacement et de la retenue.
Chez elle, même le pantalon — symbole d’un pouvoir longtemps réservé — s’efface pour renaître autrement. Ni masculin ni féminin, il devient passage, territoire libre où le vêtement redéfinit le genre plutôt qu’il ne l’affirme.
Porter du Anne-Valérie Hash, c’est habiter une élégance qui ne se livre pas, qui ne cherche pas à plaire. Ses vêtements intriguent — il y a du Kawakubo ou du Yamamoto “à la française” — et captivent par la richesse de leur non-dit, comme un murmure à déchiffrer.
Photos prises en 2016 lors de l’exposition « Décrayonner » à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais.

Dans un système où le calendrier dicte la création, la mode semble tourner sur elle-même. Entre la course au spectacle et la fatigue des créateurs
Vous connaissez comme moi cette lassitude face à un calendrier qui ne semble jamais s’arrêter ?
Si oui, vous souffrez probablement de Fashtigue mot-valise qui décrit parfaitement l’épuisement face à une industrie de la mode devenue une machine frénétique.
Je me suis librement inspiré de l’article de Stephanie Dieckvoss, « A brief history of contemporary art fairs », 2021 et crée un parallèle entre la Fairtigue du monde de l’art qu’elle décrit et ce que je nomme Fashtigue dans la mode. Les deux systèmes en effet, partagent une structure événementielle, une hiérarchie dominée par des géants et une course effrénée qui épuise autant les créateurs (remember McQueen, Galliano, Simons…) que les consommateurs.
Lire la suite « Fashtigue : quand la mode s’épuise d’elle-même »What a surprise it was to come across this portrait of Leigh Bowery by Fergus Greer — Session VII, Look 37, June 1994 — a few days ago, in a room of the Tate Modern as a part of the museum’s exhibition dedicated to him.

It was impossible not to think of Rick Owens’ Spring/Summer 2016 show and the so-called « human backpacks ». The press had seized upon the gesture, which the designer described as a tribute to women: “It’s about nourishment, sisterhood/motherhood and regeneration; women raising women, women becoming women, and women supporting women.”


However, there was no mention of this possible echo — no parallel drawn and Rick Owens’ reinterpretation of it. Still, this image — a body carried by another — had already been staged by Bowery some twenty years earlier. It’s just one of the many intersections the exhibition brings to light, which shows just how underestimated his influence on the creative fashion scene is.

As I continued my research, I found that Annie Leibovitz had photographed the same look in 1993 — a few months before Greer. This is yet another trace of the protean figure that was Leigh Bowery, whose radical aesthetic continues to resonate today.
Parcourir un disque dur, c’est explorer un musée intime : des images éloignées s’y rencontrent, des correspondances inattendues s’y tissent.

A gauche, Chrystabel Leighton Porter-Jane qui à inspiré l’héroïne du comic strip Jane (1952-1959). A droite « Femme au coquillage », 1885, de William Bouguereau.
En ces temps où mode rime avec réussite marketing, la performance d’Olivier Saillard dans le cadre de ses Moda Povera fait preuve d’une audace et d’une hardiesse rare qui frise une forme d’insolence heureuse, à rebours des conventions.

Le pas de deux qu’il exécute avec la gracieuse Axelle Doué met en scène la garde-robe de sa défunte mère revisitée et réinterprétée à la façon de la Haute Couture.
On se laisse bercer par les annonces de chaque modèle, comme jadis. On contemple la magnification d’un pantalon un peu fatigué, ressurgi du fond d’une armoire et devenu jupe. Un manteau retrouvé plié au fond d’une malle, devenu blouson bouilloné que ne renierait pas l’architecte de la mode. On aime ces tee-shirts, qui, assemblés, n’en forment plus qu’un — dans un style streetwear de luxe.







On est loin des effets de manche. Chaque pièce est comme recysuscitée (recyclée-ressuscitée) et empreinte d’une délicatesse et d’une intelligence auxquelles nous sommes de moins en moins habitués.






La démarche est mémorielle, une atmosphère modianesque enveloppe la salle.
Au Grand Palais ce jour-là, la finalité n’est pas celle d’un défilé, il n’y a rien à promouvoir, rien à vendre. Il s’agit d’un hommage.









En découvrant le film Bird, une réflexion m’est venue autour d’un autre statut que l’image aurait acquis depuis la création du smartphone.
J’aborde ce sujet dans mon cours Image, mais principalement à travers sa dimension spectaculaire — publicité, influence, politique, art.
Ce que le film d’Andrea Arnold m’a révélé, c’est la manière dont l’image s’est glissée dans notre quotidien, non plus pour sublimer ou représenter, mais pour agir et parfois être menaçante.
Il fut un temps où prendre une photo relevait du souvenir, du voyage. L’acte de capter en images était réservé aux moments que l’on souhaitait immortaliser. Aujourd’hui on dégaine son smartphone non pas pour des raisons pulsionnelles « scopiques » – pour le plaisir de voir – mais pour une autre raison, pulsionnelle pragmatique : faire preuve.
Lire la suite « Quand l’image devient une arme : smartphone, preuve et surveillance permanente »
I really like those beautiful postcards and sticker designed by Adonis Sancho, discovered at the Vagina Museum in London — the world’s first museum dedicated to vaginas, vulvas, and more
The main point of the museum is an educational and inclusive mission: to break taboos, celebrate diverse bodies, and open up conversations about anatomy, health, and identity.
Each piece i purchase blends bold colors and tattoo‑inspired lines, turning anatomy into art you’d proudly slip into a notebook or on your laptop.
This reminder us that design can spark dialogue, challenge norms, and still look fantastic on your wall.

Vava Dudu n’est jamais front row, ni même au second plan. Elle est celle que l’on aperçoit au second regard : bariolée, tout au fond, affairée, habitée d’une présence presque chamanique.
On devine alors que c’est elle qui, en secret, a soufflé à l’oreille des créateurs, les a inspirés, telle une muse.