LUXE ABSTRAIT ET SUSPECT

Entendu:
(…) « Dans un régime totalitaire, l’art est un outil de propagande et le rapport au réel devient un enjeu politique » (…) « A travers les représentations artistiques, le « bon peuple » doit impérativement « reconnaître » ce qu’il croit connaître. » (…) Par conséquent, l’art abstrait et toute forme d’abstraction devient suspecte. »(…)

Luxe suspect
Depuis la nuit des temps, le luxe stimule l’imaginaire des peuples. Outrageusement marketé, le luxe semble se réduire et se fondre avec des produits à quelques centaines d’euros alignés sur les étals des magasins de l’avenue Montaigne, de la Ve avenue ou de Nanjing Road à Shanghai.
Rattaché a une marque, donc visible, repérable, le luxe n’invente, ne stimule plus et n’est plus synonyme d’avant-garde.

Toute tentative de nivellement est dangereuse. Une scission est indispensable, elle seule garantie la sur-vie du système. Par sa démesure, le luxe doit conserver son obscurité (plus de 400000 euros pour faire le tour de Terre dans une des navettes d’Elon Musk ou Ricard Branson).

Enjeu économique, le Luxe est synonyme d’inaccessibilité; pour le commun, il se doit (donc) d’être despotique, abstrait

MEAN GIRLS

« Once upon a time there was a wicked witch and her name was:
Lilith, Eve, Hagar, Jezebel, Delilah, Pandora, Jahi, Tamar
and there was a wicked witch and she was also called goddess and her name was:
Kali, Fatima, Artemis, Hera, Isis, Mary, Ishtar
and there was a wicked witch and she was also called queen and her name was:
Bathsheba, Vashti, Cleopatra, Helen, Salome, Elizabeth, Clytemnestra, Medea
and there was a wicked witch and she was also called witch and her name was:
Joan, Circe, Morgan le Fay, Tiamat, Maria Leonza, Medusa
and they had this in common: that they were feared, hated, desired, and worshiped.”
― Andrea Dworkin, Woman Hating