Conversation au Silencio « le design au féminin »

PARIS, LE SILENCIO, 11 SEPTEMBRE 2015

CONVERSATION ANIMÉE PAR MARION VIGNAL AUTOUR DU THÈME DE « L’ARCHITECTURE INTÉRIEURE, L’ESPACE ET LES INSTALLATIONS » ENTRE CHARLOTTE BILTGEN, DOROTHÉE MEILICHZON ET EMILIE BONAVENTURE.

LE SUJET DÉBUTE SUR LE FAIT DE TOURNER À SON AVANTAGE LE FAIT D’ÊTRE UNE FEMME DANS UN MILIEU TYPIQUEMENT MASCULIN.

CI-DESSOUS: CHARLOTTE BILTGEN, MARION VIGNAL, CURATRICE DES CONVERSATIONS DESIGN-ART-ARCHITECTURE DU SILENCIO, DOROTHÉE MEILICHZON ET EMILIE BONAVENTURE

Charlotte Biltgen-Dorothee Meilichzon-Marion Vignal-Emilie Bonaventure-2

EN EFFET, LE SUJET PARAIT ÉVIDENT ET DOIT ÊTRE ABORDÉ. MAIS QU’EN EST IL VRAIMENT, POURQUOI CETTE QUESTION REVIENT SOUVENT DANS LE MONDE DU BÂTIMENT? LES FEMMES SONT DÉSORMAIS REPRÉSENTÉES À ÉGALITÉ SUR LES BANCS DES ÉCOLES VOIRE PLUS NOMBREUSES QUE LEURS HOMOLOGUES MASCULINS.

CEPENDANT, PEU DE FEMMES SONT À LA TÊTE D’AGENCE D’ARCHITECTURE, AGENCE DE DESIGN OU AGENCE DE SCÉNOGRAPHIE. PEU MAIS DE PLUS EN PLUS. LA COMMUNICATION EST À SON MAXIMUM MAIS EN MÊME TEMPS LE MILIEU RESTE FRILEUX. UNE SEULE FEMME EST PRÉSENTE DANS L’EXPOSITION D’AD DESIGN AU PALAIS D’IÉNA.

LA DISCUSSION MET EN AVANT ANDRÉE PUTMAN COMME ÉTANT LA DOYENNE ET INDIA MADHAVI COMME ÉTANT LA RÉFÉRENCE INCONTOURNABLE DE NOTRE ÉPOQUE.
POURTANT JE PENSE À RAY EAMES, CHARLOTTE PERRIAND, SONIA DELAUNAY, EILEEN GREY COMME ÉTANT AUSSI DES RÉFÉRENCES, DES POINTURES DE LA CRÉATIVITÉ FÉMININE.

« WORDS FOLLOWS FONCTION » OU LE CHOIX DES MOTS

LE CHOIX DES MOTS PÈSE ASSEZ RAPIDEMENT. LA NOTION DE DÉCORATRICE EST VITE BALAYÉE COMME UN SOUS-STATUT, UN NON-MÉTIER…

DOROTHÉE MEILICHZON SE DÉCRIT COMME DESIGNER. ELLE FAIT DU DESIGN GLOBAL, DU MENU DU RESTAURANT À LA CHAMBRE D’HÔTEL. ELLE TRAVAILLE TOUS LES DÉTAILS DE SES PROJETS, CHOISISSANT AUSSI BIEN LES COUVERTS, QUE LES APPLIQUES, LES MATIÈRES ET L’ARCHITECTURE DE L’ESPACE. ELLE A DÉJÀ OUVERT 3 HÔTELS ET TRAVAILLE ACTUELLEMENT SUR 3 NOUVEAUX PROJETS HÔTELIERS.
ELLE ATTACHE BEAUCOUP D’IMPORTANCE À LA DURABILITÉ, AU CONFORT ET… À L’HUMOUR.

CHARLOTTE BILTGEN ASSUME SON STATUT D’ARCHITECTE D’INTÉRIEUR. ELLE A OUVERT SON AGENCE IL Y A UN AN ET DEMI (APRÈS TREIZE ANS PASSÉS CHEZ INDIA MADHAVI), DEPUIS ELLE À TERMINÉ LE CLOVER, LE RESTAURANT DE JEAN-FRANÇOIS PIÈGE ET TRAVAILLE À TOKYO.

EMILIE BONNAVENTURE, QUI VIENT DE SIGNER LA DÉCORATION DU NÉO-BISTROT PARISIEN LE FRENCHIE ET QUI TRAVAILLE BEAUCOUP POUR LES GRANDES FOIRES D’ART INTERNATIONAL SE DIT SCÉNOGRAPHE-DÉCORATEUR. AU-DELÀ DU GENRE, LE MASCULIN EST ASSUMÉ ET PONCTUÉ. AUTODIDACTE, ELLE SE COMPARE MÊME À UN ENSEMBLIER TERME SURGIT TOUT DROIT DES ANNÉES 30. L’ENSEMBLIER ÉTANT CELUI QUI CHOISIT ET COORDONNE DIVERS ÉLÉMENTS D’UN DÉCOR D’HABITATION, NOTAMMENT LE MOBILIER, EN FONCTION DE CHOIX ESTHÉTIQUES ET FONCTIONNELS.

ARCHITECTE D’INTÉRIEUR, DÉCORATEUR, DESIGNER, ENSEMBLIER, AUTANT DE MOTS POUR AUTANT DE FONCTIONS MAIS AVEC UN REFUS ASSUMÉ DE LA « DÉCORATRICE »… PEUT-ÊTRE UN BESOIN D’AFFIRMER UN INVESTISSEMENT, UN MÉTIER ET UNE PASSION, QUI VA BIEN AU-DELÀ DU « SIMPLE » CHOIX D’UNE COULEUR OU D’UN TISSU.

UNE PASSION

LA MODE DE L’INTÉRIEUR, DE LA « DÉCO À TOUT VA », ONT AUSSI EU DES CONSÉQUENCES DANS LA FAÇON D’ABORDER LA CRÉATION.
A L’ÈRE DU TOUT NUMÉRIQUE OÙ CHACUN « PINTEREST » ÉPINGLE SES COUPS DE COEUR… LES CRÉATIVES QUI CONVERSENT CE SOIR-LÀ AFFIRMENT LA NÉCESSITÉ DE SE DÉMARQUER, DE TOUJOURS ÊTRE DANS L’UNICITÉ. DE CRÉER UN PROJET PERSONNALISÉ ET INSOLITE.
EVITER LE REPEAT, LA CHAISE QUE L’ON VOIT PARTOUT… TOUT CECI EST À CONTOURNER, DÉVIER….
LE PLUS INTÉRESSANT, LE CLIENT IDÉAL, SERAIT CELUI QUI DONNERAIT CARTE BLANCHE À CES CRÉATIVES.

EN EFFET, CHACUNE DE CES FEMMES EST À LA TÊTE DE SON AGENCE.IMPLIQUÉES, MAITRESSES DE LEUR DESTIN, ELLES NAVIGUENT DANS TROIS UNIVERS DISTINCTS MAIS CHACUNE A CE TEMPÉRAMENT, CET UNIVERS QUI LES A MIS EN HAUT DE LA VAGUE.

L’ART DE VIVRE À LA FRANÇAISE

VIENT ALORS UN POINT UNISEXE: « L’ART DE VIVRE À LA FRANÇAISE »… CHACUNE ABORDE DES PROJETS INTERNATIONAUX.
CHARLOTTE OUVRE UNE MAISON-RESTAURANT DANS LE QUARTIER EBISU, À TOKYO. DOROTHÉE TRAVAILLE ENTRE LES ETATS-UNIS ET LONDRES, TOUT COMME ÉMILIE.
CHACUNE RECONNAIT CET ATTRAIT DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE, CETTE « FRENCH-TOUCH » QUI A TOUJOURS DU SENS ET POUR LAQUELLE ELLES SONT FRÉQUEMMENT CONSULTÉES.

CRÉATRICES TRANSVERSALES

BIEN QU’AYANT DES ACTIVITÉS TRÈS DIFFÉRENTES, ELLE TOUCHENT TOUTES À L’ARCHITECTURE INTÉRIEURE, À LA CRÉATION DE MOBILIER… PLUS QUE DÉCORATRICE, PLUS QUE DESIGNER… ELLES SONT TRANSVERSALES, ELLES « TOUCHENT À TOUT ». ELLES NE SONT PAS DES CONTROL-FREAK, MAIS NE SE FIXENT AUCUNE LIMITE POUR FAIRE ÉCLORE DES PROJETS FINS, FÉMININS ET PARTICULIÈREMENT BRILLANTS.

ÊTRE UNE FEMME DANS CET UNIVERS EST UNE ÉVIDENCE, UNE FORCE. TROIS FEMMES À SUIVRE.

TEXTE ET PHOTOS: JULIE ROSIER

YOU CAN READ OUR DEAR FRIEND KUNTY MOREAU AT UPTOWN DESIGN

 

Rue Chapon | Les artistes de la furiosité, Youcef Korichi

Furiosité (mot fantôme?): furieusité, s.f., fureur, furie (« Dictionnaire de l’ancienne langue française du IXe siècle au XVe siècle », Frédéric Godefroy)

Gravure sur bois, métal, verre, dans la poussière, reportée sur papier, tissu ou… écran. Une exposition collective sise galerie Frédéric Lacroix, rue Chapon où interviennent quarante artistes dont les œuvres sur le thème de la gravure sont empreints d’une certaine forme de magnétisme, voire provoquent une forme d’inquiétude. Provoquer notre perception en cette période normative, c’est la moindre des choses que l’on puisse demander à ces artistes (Claude Levêque, Vanessa Fanuele, Olivier Daquin, …) 

« Les artistes empreints de furiosité s’inscrivent dans un mouvement de résistance : contre les dogmes, contre les normes oppressives, contre les censures, contre la standardisation des discours et des formes. Le cercle de furiosités agit, libère et transforme » – Julie Crenn, commissaire

Julie Crenn est en outre, spécialiste des pratiques artistiques sur les thématiques de la mémoire, l’histoire, le genre et les identités (culturelles et sexuelles).

Ci-dessous, Vanessa Fanuele

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Olivier Daquin

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Eric Corne

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Camille Fischer

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Eric Pougeau (la croix)

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Egalement rue Chapon, découverte à la galerie Eva Hober de l’exposition « Traverser le miroir » consacrée à l’artiste Youcef Korichi.

Notamment ses représentations ci-dessous, qui appartiendrait presque au photo-réalisme. Bâches, telles des chrysalides ou des suaires en polypropylène, enveloppes mystérieuses ne laissant rien transparaître.

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Übersee « exploring visual culture »

« Übersee, exploring visual culture », was a magazine edited in 2003. It’s seems that it only lasted a year. In a time when Pinterest or Instagram didn’t exist yet, the german publication curated pictures from graphic design, photography, illustration, architecture… No advertising, only images and few texts concerning the artists invited.

The year after, Facebook was launched and the imaged-based crazy e-world was in progress. Even though, many printed image-only publications are still published today, just look at your bookstore in your contemporary art museum or in the concept store next to you. Many very edgy fashion magazine or with a different approach, think Toilet Paper, are a sum of curated images editorialised.

Below a selection of artists shown in the two magazines we own.

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Below: Eliezer Sonnenschein

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Lutz Pramann

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Colin Ardley

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Delta (Boris Tellegen)

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Helge Barske

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Andrea Giacobbe
here a collaboration with the digital hardcore band Atari Teenage Riot

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Piet Thrular

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Robert Volt

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Nora Bibel

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Frédérique Daubal

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Takashi Okamoto

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Ueno Hirosuke

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Clarissa Tossin

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Stina Persson

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Julien Gosset

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Galerie Axolotl

Découverte de la galerie Axolotl dans un quartier de Toulon en plein rénovation. On y présentait cet été, quelques mois après LO/A à Paris deux projets d’édition.

pOster est un format 290 x 410 mm tiré a 500 exemplaires des éditions Guilt by Association. Propositions photographiques d’artistes autour du thème du corps, du genre et de la sexualité. Composé de 20 tirages de tête en impression pigmentaire (tirage en très haute définition réalisé généralement sur un papier neutre 100% coton et dont la longévité et la richesse de valeurs sont supérieures au tirage photo argentique) numérotés et signés par l’artiste et vendus 45 euros l’unité. Les 480 autres exemplaires de pOster sont distribués au public via LO/A, la galerie Axolotl et le Salon du Salon (galerie spécialisée dans l’édition d’art à Marseille).

La seconde présentation est un projet d’édition monographique sur tablette des éditions On your slate. Le coffret contient un DVD, une édition pigmentaire et une biographie, le tout numéroté et signé par l’artiste.

Quatre artistes ont jusqu’à présent été édités: Gio Black Peter (disponible sur iTunes Store), Nagi Gianni, Dorothée Smith et Ricci/Forte.

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Punk, féminisme, X-Girl (and beyond): Underground US scene mid-90

Tout débute avec « The punk singer », un documentaire sur Kathleen Hanna chanteuse et activiste américaine. L’exposé video réalisé par Sani Anderson revient sur plus de 20 ans de carrière de la leader successive des Bikini Kill, Le Tigre et Julie Ruin, son dernier projet en date. Un parcours musical intrinsèquement lié à son activisme au sein du mouvement féministe Riot Grrrl, qu’elle à d’ailleurs largement contribué à faire connaître.

Une des actions notoires des Bikini Kill en live était de demander aux filles de venir devant la scène. Quiconque à participé à des concerts « dans la fosse » comprendra ce que cela signifie.

Son engagement l’amène a croiser d’autres figures emblématiques de la défense de la cause féminine. Joan Jett ex-the Runaways. Kim Gordon, ex-Sonic Youth. Tavi Gevinson aka Style Rookie qui incarne la nouvelle génération de féministe américaine.

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Le reportage se veut aussi intimiste. Sans voyeurisme, il aborde la maladie au stade avancé :-/ de Kathleen Hanna (maladie de Lyme) ou son mariage avec Adam Horovitz, aka Ad-Rock des Beastie Boys.

Au mitan des années 90, ces jeunes gens ne sont prêts à aucune concession, pensons au radicalisme artistique d’Harmony Korine. Préférant le silence à toute exposition médiatique au risque d’une récupération. L’essence même de l’esprit punk et rebelle.

 

Extension

Au vu du documentaire, on se souviendra que la scène indépendante US des années 90 mêlait facilement cinéma, musique, mode et activisme. Durant cette période, Kim Gordon fut une des créatrices de la marque de vêtements X-Girl (une émanation du label X-Large). Kathleen Hanna en sera une adepte, Chloé Sevigny une ambassadrice jouant et maniant le genre.

X-Girl (vendue en 1998 à un groupe japonais) voulait créer des vêtements « cool » pour les filles, des vêtements « ajustés » mais pas « moulants ». Se démarquer de l’esthétique baggy appliquée uniformément aux filles et aux garçons d’alors. Montrer, comme le prônait sur scène Kathleen Hanna, que les filles « pouvaient faire mieux que les garçons ».

Une Chloé Sevigny androgyne déambule le long de « Sugar Kane » des Sonic Youth, défile nue pour Marc Jacobs créateur sorti de l’underground new-yorkais le tout sous le regard de Sofia Coppola et Spike Jonze.

Jusqu’à présent il n’y a pas eu de grande escroquerie, tous les acteurs de cette scène underground sont restés vingt ans plus tard, fidèles à leur idéaux.

On pourra consulter également l’ouvrage Art et Féminisme paru chez Phaidon et qui retrace 40 ans d’activités artistiques féministes

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« Ici et ailleurs », le temps par Pierre Arpels

Utilisés quotidiennement pour nos multiples besoins, nos téléphones multifonctions, iphones greffés à nos mains font de nous ce que l’on appelle un Homme Augmenté. Mesurant notre pouls, secrétaire virtuel, preneur d’images, assistant de notre vie sociale, l’un des principaux usage de ces terminaux reste sans doute, de nous donner… l’heure.

Paradoxe ou vision, la firme responsable du sus-nommé smartphone à mis au point ces derniers mois une… montre avec le souhait avoué de bousculer le monde de l’horlogerie.

Une preuve, peut-être, que la mesure du temps reste un élément essentiel de notre vie.  Du cadran solaire à la montre connectée l’Homme à toujours souhaité maîtriser le temps qui passe.

Depuis que l’Homme à fondé des sociétés, il observe le rythme de la vie (de la naissance à la mort), le rythme des saisons pour la culture aux champs, le temps qui le sépare du village voisin…

Mesurer le temps avec précision est affaire de mécanique.
Chez Van Cleef & Arpels les créations horlogères prônent aussi une dimension poétique, mesurer le temps est affaire d’histoires, de rencontres et d’émotions. La mécanique est au service de l’esthétique.

Sobre, la dernière réinterprétation de la montre Pierre Arpels (du nom de son créateur) au design ultrafin, dont le cadran semble flotter entre deux attaches vise, elle, à l’intemporalité.

Le temps et ses précieux instants, dernier luxe de notre époque, est pour le « garde-temps » de Van Cleef & Arpels une invitation au voyage à travers le temps et l’espace.

“Heure d’ici et heure d’ailleurs” telle une maxime, un vers, est inscrit sur le cadran. « Ici » est maintenant, « ailleurs » sera demain et vice-versa.

Le temps est insaisissable c’est ce qui le rend si cher, il est multiple. On le perd, on le gagne, il est assassin, il nous file entre les doigts. C’est le temps des amours ou comme le chante Aznavour

« Le temps qui va / Le temps qui sommeille / Le temps sans joie / Le temps des merveilles / Le temps d’une jour / Temps d’une seconde (…) Le temps et rien d’autre / Le tien le mien / Celui qu’on veut notre” (Le temps, 1964)

Une série de photos prises ici, à Paris et ailleurs (Saïgon, Marrakech, Marseille, New-York), des instants suspendus et passionnés tentent d’illustrer ces temps.

Des « ici »

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Merci pour les photos à M. Philippe Margeault et Mlle Gaëlle Charles

Des « ailleurs »

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Ambroise Tézenas à la librairie Maupetit

Découverte du travail photographique d’Ambroise Tézenas dont l’exposition « Photographies » à l’incontournable librairie Maupetit de Marseille était prolongée quelques jours.

Ambroise Tézenas, né en 1972, diplômé en 1994 de l’école d’Arts Appliqués de Vevey (Suisse) fût reporter et passa la plus grande partie de son temps en Asie du Sud-Est, Amérique Centrale et Amérique du Sud. Depuis 2001 il se consacre à des projets plus personnels délaissant ses collaborations avec la presse. Son travail artistique est représenté en France par la galerie Mélanie Rio.

« I was here, Tourisme de la désolation » est son dernier travail, véritable enquête, présenté aux Rencontres de la Photographie d’Arles du 6 juillet au 20 septembre 2015.

Un ouvrage à été édité accompagnant son investigation entamée sur la signification de ces nouveaux lieux touristiques réunissant des zones de catastrophes industrielles, des lieux de génocides (Auschwitz) et autres lieux morbides, un phénomène baptisé « Tourisme noir ». Un ouvrage sur une tendance macabre à découvrir absolument.

Ci-dessous, accrochage de l’exposition « Photographies »

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La librairie Maupetit sur La Canebière depuis 1927, une sélection dynamique et pointue.ambroise-tezenas-11

 

Inspiration | Varvara Stepanova

COMME BEAUCOUP DE FEMMES ARTISTES DU SIÈCLE PASSÉ, VARVARA FEDOROVNA STEPANOVA EST SANS DOUTE D’ABORD CONNUE POUR AVOIR ÉTÉ LA FEMME DE…
EN L’OCCURRENCE ELLE FUT L’ÉPOUSE D’ALEXANDER RODCHENKO AVEC QUI ELLE FORMA UN COUPLE MOTEUR DE L’AVANT-GARDE RUSSE DU DÉBUT DU XXE SIÈCLE.

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Workshop | Genre & Mode

Le début de l’année à vu une polémique se développer autour de la théorie du genre. Abordée sous l’angle éducatif, touchant les plus jeunes, il s’est créé autour du thème un débat passionné.

La violence et les dérapages du débat politique combinés à la médiatisation savamment orchestrée et glamourisée d’icônes transgenres (Caitlyn Jenner pour ne citer qu’elle) à, on l’espère, permis à certains de découvrir le concept d’altérité d’Emmanuel Levinas et d’appréhender l’évolution inéluctable de nos sociétés.

La collection masculine d’Anne Kluytenaar (Festival d’Hyères 2014) inspirée par la maison Chanel et par son père qui a décidé « un jour » de changer de sexe étend la reflexion dans le domaine du vêtement, fuyant la caricature de la folle excentrique. Les vêtements de la créatrice néerlandaise sont en effet repensés dans les moindres détails pour la silhouette masculine, les proportions (col, poignet…) revues, les coupes sont masculines dans des matières féminines. Dès lors sa subtile démarche, dépasse la frontière de l’appartenance sexuelle et les conflits, ouvrant des possibilités créatrices tangibles.

Ci-dessous Anne Kluytenaar, « Lux is crossing », Festival d’Hyères 2014

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See also full « Lux is crossing » collection here

On peut songer au Giorgio Armani créateur des costumes de Richard Gere pour American Gigolo. Pour ce personnage dont le métier est de séduire la gente féminine il avait déconstruit le costume masculin, supprimant les paddings, le rendant fluide, le féminisant, le rendant précieux sans perdre sa masculinité.

Jean-Paul Gaultier jamais en retard d’une tendance avait semé le trouble en 2011 faisant défiler sa mariée haute-couture sous les traits d’Andrej Pejic. La même année, le mannequin transgenre sera le premier à poser en lingerie féminine.

Il était donc intéressant d’entamer un débat, suivi d’un quick-workshop avec les étudiants en création de mode sur ce sujet.

Nous avons passé beaucoup de temps à discuter, argumenter, échanger les points de vue. La démarche de réflexion voulant d’une part bousculer notre propre vision et à considérer le sujet de manière plus vaste, envisageant (modestement) tous les angles déjà étudiés par les universitaires (sexualité, sociologie, féminisme, psychologie, identité…).

Ainsi « alimentés » les étudiants abordent dans un deuxième temps l’“application créative” du sujet sur une affiche avec des contraintes techniques et esthétiques.

Les propos échangés furent riches, variés et sans tabous. Politique, anatomie, littérature, web, humour… furent autant de compléments au sujet.

Au même titre que les différences ethniques, l’économie responsable ou d’autres sujets de société, le futur créateur de mode se doit d’avoir une reflexion sur ces sujets. Il n’y a pas d’obligation pour lui d’ériger ses convictions en tant que manifeste, là n’est sans doute pas son rôle. Ses créations doivent être en phase avec son époque, d’être au fait des évènements de société, libre à lui et selon son talent, d’adapter ou de détourner ceux-ci à son profit.

 

NB: Le sujet est à l’étude au London College of Fashion, here