Le spectacle Cornucopia (corne d’abondance) de l’artiste Björk fait partie de ces œuvres pivot qui marquent la transition des représentations postmodernistes vers l’esthétique de l’époque hypermoderne.
Björk propose une utopie où la technologie et la nature s’hybrident non pas pour une optimisation personnelle et à terme anxiogène, mais dans une quête de prise de conscience collective face à l’urgence écologique.
Cornucopia devient alors un manifeste pour un avenir possible, à la fois technologiquement avancé et organiquement régénéré.
J’ai eu l’opportunité d’assister au seul passage en France du spectacle Cornucopia, en tournée mondiale depuis 2019.
Cornucopia, l’opéra biomimétique.
Messe du temps futur, Cornucopia c’est faire l’expérience d’un art total.
The issue of morality in the partial presentation of artworks on social media raises significant concerns related to censorship, the visibility of artists, and the public reception of artworks.
The artist in the social media world is a target…
Arbitrariness Censorship on social media, as highlighted by the Académie des beaux-arts, often occurs arbitrarily, without distinguishing artworks from other content, thereby hindering the promotion of art on these platforms. Last summer, Miriam Cahn‘s painting exhibited at the Palais de Tokyo, Paris was pornographied by showing only a part of it on social media. This practice ignores the spatial context of the painting and its exhibition setting, reducing the fragment to the whole artwork. This situation highlights a tension between platform policies and the freedom to disseminate art, calling for a reflection on ways to protect this freedom, and perhaps a skepticism towards contemporary art.
En voyant ces deux photos issues du dernier show artisanal de Maison Martin Margiela, à la sortie du défilé de Louis Vuitton j’ai été frappé par la propension à littéralement fixer l’époque, bien qu’aux antipodes l’un de l’autre, de deux designers de ces maisons.
Mademoiselle Bourgeoise Noire, New York, 1981, Coreen Simpson et Salima AliMaison Martin Margiela, SS 2001
Face a face, critique, de ces deux réalisations.
Dans le théâtre de la performance artistique, « Mademoiselle Bourgeoise Noire » se dresse comme une pièce maîtresse, où le vêtement devient véhicule de revendications.
J’ai immédiatement pensé au top créé par Martin Margiela pour la collection SS 2001.
Faite de 180 gants blancs, présentée lors de performances (198à-1983) la robe-œuvre de l’artiste Lorraine O’Grady déborde sa matérialité pour embrasser une dimension symbolique, interrogeant les intrications de la race, de la classe sociale et du genre. L’usage des gants, incarnent la critique acerbe d’O’Grady envers un système artistique qui, selon elle, impose une forme d’assimilation et de domestication de l’art produit par les artistes noirs. Les gants blancs se chargent d’une dimension allégorique et dénoncent cet ethnocentrisme artistique. Cette métaphore des gants blancs fait écho à l’imaginaire collectif où ces derniers sont souvent associés à la haute société, à la propreté et à la formalité, masquant ainsi les aspérités, les contestations et les vérités inconfortables.
Mademoiselle Bourgeoise Noire, New York, 1981, Coreen Simpson et Salima Ali
Cette œuvre trouve-t-elle un écho dans la réalisation de Martin Margiela?
Margiela, avec sa signature conceptuelle, métamorphose le gant en un top avant-gardiste, défiant les conventions établies de la mode, le quotidien est sublimé dans un geste de couture. Le gant est une toile de fond pour explorer la reconstruction, l’innovation et l’abstraction dans la mode.
Ces deux réalisations divergent dans leurs intentions.
Chez O’Grady l’œuvre est politisée, chez Margiela il est question d’expérimentation textile. Mais les deux expressions partagent une quête commune de transcendance à travers l’objet ordinaire.
Ces dialogues entre l’art et la mode, entre la critique et la création, esquissent les contours d’une réflexion plus vaste sur le pouvoir des vêtements comme médium de révolution et d’expression, habillant autant le corps que l’esprit.
Lors d’une visite au Stiftung Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne aussi dénommé musée K20. L’installation de Joseph Beuys (1921,-1986), Palazzo Regale datant de 1985 est constituée de deux vitrines contenant des objets de son quotidien, d’autres retravaillés, issus de ses actions artistiques et de sept panneaux de laiton vernis et recouverts de poussière d’or.
Mais savent-ils chez Lafuma que parmi ses objets du quotidien l’artiste allemand à utilisé un de leur sac à dos (le sien) pour une de ses vitrines ?
Suzanne Valadon, femme libre, muse et artiste est au Centre Pompidou Metz jusqu’au 11 septembre et à fait immédiatement fait résonner en moi quelques portraits d’Alice Neel. Quant au tire de l’exposition Un monde à soi, il n’est pas sans me rappeler un des ouvrages majeurs du discours féministe Une chambre à soide Virginia Woolf, autre femme libre.
Alice Neel, Margaret Evans pregnant, 1978Suzanne Valadon, Nu assis au châle tapis, 1921Suzanne Valadon, Catherine nue allongée, 1923Alice Neel, pregnant woman, 1971
AU CŒUR DE L’EXPOSITION SUR ELSA SCHIAPARELLI, ON S’IMAGINE SOMBRER DANS LES MÉANDRES D’UN TOMBEAU ANTIQUE DONT LA DÉFLAGRATION LUMINEUSE DES ORS NOUS RÉVÉLE UN OCCULTE CHIAROSCURO.
Référence détournée: « La Joconde », Léonard de Vinci, entre 1503-1519 vue par Marcel Duchamp, « L.H.O.O.Q. », 1919
Pour la majorité de la génération Z, Balenciaga est une marque de sneakers… ils n’ont que faire de monsieur Saint Laurent ou qu’avant Squid Games il y a eu Le prisonnier.
Je me souviens de cette phrase promulguée par mon professeur d’histoire du costume: « une marque ne doit pas vieillir avec sa clientèle ».
Je viens de voir la dernière adaptation de la saga Dune, le roman de Franck Herbert réalisée par Denis Villeneuve. Projet fou. Deux heures trente cinq plus tard, le réalisateur canadien à confirmé son talent. Il avait déjà imaginé en 2017 une suite à l’intouchable Blade Runner de Ridley Scott, autre pari quasi-réussi et toujours accompagné par l’attrayante musique d’Hans Zimmer.
J’en parle avec monsieur Crocodile, de la génération Z, pour qui, ce film à « …une esthétique agréable », loin du remous émotionnel qu’il provoque en moi. Pourquoi? Parce que:
« je n’ai pas toutes tes références, la réalisation plus ou moins réussie de David Lynch, l’échec de Jodorowsky, les séries maladroites, etc.. Je ne savais même pas avant de le voir, que c’était une somme de romans de science-fiction publiées il y a près de cinquante ans. » – M. Crocodile, 20 ans
Je saisi tout à coup que cette liberté de point de vue, dénuée de références, permet une forme d’appréciation tout autant légitime que la mienne (voire plus?). Il faudrait se libérer; parfois; de ses carcans culturels, « ne pas savoir » et ainsi pouvoir opérer une rupture qui ferait surgir de nouveaux points de fuite et étendrait les champs de l’imagination, de celle qui, comme l’affirmait Albert Einstein contrairement à la logique, vous emmènera de partout.
C’est alors que se réalise une mise en abîme avec ma situation d’étudiant en mode. Vieillir avec sa clientèle c’est comme vieillir avec ses idées, ses convictions et ses acquis.
Qu’importent les références (pourvu qu’on ait l’ivresse?) Dès lors qu’importe que la marque Balenciaga soit reconnue pour ses Triple S. Cristobal Balenciaga, le maître de tous les couturiers ne disparait pour autant. La preuve est que cinquante ans plus tard (aussi) nous avons eu droit au retour de la Haute Couture maison… A ce petit jeu entre les amateurs et les béotiens c’est sans aucun doute celui qui est le moins « sûr » de lui qui se sentira contaminé par l’autre.
Que les marques de luxe flirtent avec l’univers du dessin animé ou les enseignes de supermarché et génèrent des produits plus ou moins singuliers n’est ce pas aussi une façon de sortir de sa zone de confort et « de ne pas vieillir »?
Que penser de tout çà? Faudrait-il alors changer d’approche et ne pas chercher à analyser ou à décomposer chacun de ces « systèmes » (supermarché, jeux vidéos, cinéma, comics, mode, design…) afin de comprendre la finalité résultante?
Faudrait-il au contraire, sortir des chapelles et avoir une approche systémique, privilégiant alors une vision holistique et laisser s’opérer le grand mix and match des systèmes et en observer le résultat? Cette approche globale où tous les systèmes interagissent on ne sait pas trop pourquoi parfois (quid de cette collaboration entre une marque de mode et un fabricant d’électro-ménager?) ne serait-elle pas aussi propice en cas de dysfonctionnement d’une des parties, d’entraîner l’ensemble du « grand » système dans sa chute?
La mode est à la croisée de ces deux voies, l’une menant vers une forme de synthèse, où l’on oublierait ses références, on en ferait fi (?) où on libérerait sa pensée des dogmes, des histoires et romprait avec les radicalismes. L’autre privilégiant une forme de nucléarisation, catégorisant chaque activité avec une tache définie, périodique et devant interagir logiquement.
L’enjeu: fuir l’inertie. Se jeter à corps perdu dans l’une ou l’autre des voies ne conduirait, sans doute, à plus ou moins long terme qu’à une impasse. Pour vivre son époque, il faudrait être un funambule, en recherche permanente de l’équilibre à qui s’impose le mouvement: fuir l’inertie.