ENSEIGNER, MÉTHODES ET SINGULARITÉS

Enseigner (dans le supérieur) c’est transmettre des connaissances et accompagner l’apprenant.e dans la mise en forme d’une hybridation libre des savoirs, selon les situations et sa curiosité, qui lui sont apportés et qu’il.elle a développé. Participer à son éclosion.

On accordera alors une primauté à l’articulation de la pensée et à la maturation des idées. Il deviendra nécessaire d’accorder une part importante à la contextualisation puis à la conceptualisation. Cela devant se réaliser sans entraver (si cela se manifeste), les intuitions, la spontanéité, l’étonnement ou la singularité.
Si (comme souvent) il y a création ex-nihilo l’apprenant.e doit être en mesure de « penser à rebours » et de trouver les indices et références inconscients ayant fait germer ses propositions.

L’étudiant.e doit découvrir avec l’aide de ses enseignants, comment développer son aptitude à appréhender et organiser les faits (les données) d’un problème, mettre en relation les procédés à employer avec le but à atteindre et choisir selon sa sensibilité les moyens permettant l’adaptation aux exigences de l’action.

Acquérir une méthode doit devenir obsessionnel, c’est la première étape du parcours de l’étudiant.e. C’est par cet apprentissage qu’il.elle modifiera son rapport à lui-même (acquerra de la confiance) et affectera son rapport au monde et sera en mesure de rester ouvert. Cette intelligence développée, son style, l’étudiant.e sera à même de l’adapter au sein de son réseau.

Pour les étudiant.e.s, être en mesure de créer des stratégies plus tard dans leur cursus et dans leur vie professionnelle, c’est au plus tôt, apprendre à connaître. C’est comprendre avant d’agir.

Produire implique des prises de conscience, tenir compte du coût, du design, de l’écologie, du sanitaire, de l’implication sociale ou de la dimension humaniste (bientôt transhumaniste).
Il en va de la survie de nos économies.

L’enseignant à pour mission d’accompagner l’élève proactif (qui en choisissant ses études à pris sa vie en main) à faire fi de ses inhibitions créatrices.

L’apprenant travaille et manage avec ses camarades son think tank, apprend à construire un topos, lieu dans lequel ils.elles viendront puiser les éléments nécessaires à l’articulation de leur pensée, à la construction de leur discours et ainsi être armé.e.s pour défendre leur projets.

L’enseignant doit comprendre comment les étudiants sont curieux de ce qui se passe et provoquer une stimulation et maintenir en tension l’élève. Ce dernier bien que fortement sollicité par de multiples canaux de diffusion doit trouver en l’enseignant un point de référence. A charge à ce dernier d’être l’équilibriste qui oscille entre autorité (cf. Hannah Arendt) tout en se remettant en question régulièrement, créant une relation dynamique permanente.

Il faut donc aborder la pédagogie de manière systémique où la transmission des savoirs (interactive et interdépendante) s’auto-régulerait sur l’ensemble du cursus.

La direction des Études est alors un modérateur qui se charge de décloisonner et de relier les disciplines entre elles et d’établir une unité culturelle.
Plus qu’interdisciplinaire, il s’agirait d’une pédagogie de la complexité (cf. Edgar Morin).

Photo The Matrix, « choose the blue pill or the red pill » ou la transmission de la connaissance du monde.