Lectures

Quelques magazines que j’ai découvert récemment ou au cours de l’année passée. Tous ces magazines ont, bien sûr, un lien avec l’univers de la mode. J’ai profité des vacances pour en refeuilleter certains, voire lire ceux que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir…

Paradis, magazine pour l’homme contemporain

Découvert en début d’année dernière avec le numéro Printemps-Été, ce magazine a rapidement remporté mes suffrages. Couverture noire, un visuel poétique, ludique et recherché. Typo de type institutionnel, non soumise aux tendances éphémères. Papier satiné, mat, épais et chaud, procurant une certaine sensation de confort et de luxe pas clinquant.

La photographie est très belle. Des femmes, beaucoup de femmes, belles, nues ou à demie-nues, jamais vulgaires. Des sujets éclectiques, pointus, sur des personnalités connues ou moins connues sur plus de 300 pages ; pour le numéro 2 citons un article sur le peintre John Currin, les photos « très nature » de Jock Sturges, un article sur le journal The Economist, le commissaire-priseur Simon de Pury, des boxeurs, Juergen Teller, Jerry Hall, les huîtres et j’en passe.

Faisant suite à un article sur un de mes peintres favoris, John Currin, une série de photo inspirée de ses réalisations.

Très belle série photo de Jock Sturges

Un magazine à lire, à feuilleter, à refeuilleter et à conserver.

Le Paradis c’est ici


Playboy, le retour

Juliette Binoche en couverture du premier numéro de la nouvelle formule de Playboy. Une couverture qui n’est pas sans rappeler la série de clichés prises par Bert Stern avec Marilyn Monroe (ci-dessous).

L’année passée a vu la refonte de l’édition française du magazine Playboy.

Invocation de Karl Lagerfeld himself pour le premier numéro. Chroniqueurs du moment (Frédéric Beigbeder, Nick Kent, Éric Dahan, Yan Céh, Ora Ito, etc.). Interviews et chroniques des personnalités hype (Sébastien Tellier, Katerine, Colette, etc.). Des couvertures/playmates à sensation puisque l’on y trouve successivement Juliette Binoche, Julie Ordon ou Ludivine Sagnier.

Bien que le contenu fasse constamment référence aux marques de mode et aux créateurs, la maquette, elle, reste (volontairement ??) basique, voire pauvre, en tout cas pas en accord avec l’univers suggéré par les personnalités sus-cités.

Certes, la couverture avec Juliette Binoche est très belle et laissait augurer d’un contenu à la hauteur de celle-ci. Mais j’ai trouvé la séance photo avec l’actrice peu crédible,on s’attend à des photos moins abstraites de la part d’une actrice si « entière ».

L’ensemble du magazine (articles et photos) déçoit, on ne renoue pas avec l’esprit « club » de ses débuts américains.

Les énièmes interviews de Roberto Cavalli ou Hedi Slimane, très vendeurs en ce moment, me semblent plus être des faire-valoirs pour un magazine en quête de crédibilité mode.

Logiquement, je n’ai donc pas acheté le dernier numéro avec Ludivine Sagnier, Géraldine en fait une chronique plus enthousiaste que la mienne, ce qui vous permet d’avoir un autre point de vue sur le magazine.

Ci-dessous, un exemplaire de ma collection (merci eBay)

Playboy France avant Juliette Binoche c’était çà…

Il serait intéressant de voir l’érotisme et le charme traités à leur manière, par des illustrateurs comme Monsieur Z, Garance Doré, Mateo, Arthur de Pins, Soledad Bravi, ou encore David Downtown (et aussi ici), Jean-Philippe Delhomme, Jason Brooks, Julie Verhoeven


Business l’Officiel

L’Officiel a publié en 2007 deux numéros de Business l’Officiel, magazine dont je ne pensais pas qu’il verrait le jour une deuxième fois. Le magazine s’adresse aux femmes d’affaires ayant de hautes responsabilités au sein de grandes entreprises, aux dirigeantes, aux femmes politiques soucieuses de leur apparence… La cible est bien au-dessus des vingt ans, cet âge où l’on doit encore faire ses preuves.

Les rubriques abordées couvrent les champs de l’actualité (Économie, Relations internationales…), le Luxe et l’Art de vivre (Mode, Accessoires, Culture, Tourisme…), la High-Tech et la Beauté/Forme.

Les différentes pages mode font la part belle au tailleur, vêtement par excellence de la femme de pouvoir ; là où je craignais une sélection ultra-classique (voire ringarde), on trouve un choix assez équilibré (de Escada à Balenciaga), adapté à la vision que l’on peut se faire d’une femme d’affaires/politique d’aujourd’hui(1), le choix des accessoires permet logiquement des écarts et des excentricités puisque l’on trouve dans la sélection du dernier numéro la série « cloutée » (Waow !) de Burberry Prorsum ou les Richelieu un brin SM de Givenchy.

Le magazine s’adresse donc à une passionnée de mode, qui saura savemment doser sa tenue.

Très intéressant aussi, le contenu rédactionnel. Pour ce second numéro : le dossier Pouvoir et séduction, le portrait d’Annie Bois, Directrice des Galeries Lafayette, la série d’interviews de femmes de la com, Chandy Chasal, Donie Mamikunian ou encore Sophie Douzal-Sarkozy, des femmes qui font rarement la une des journaux mais que l’on trouve derrière le Comité Colbert, Swarovski ou encore Vertu.

Un article sur les femmes d’influence dans le monde, de Angela Merkel (première au classement Forbes) à Anne Lauvergeon (présidente d’Areva), en passant par Wu-Yi (vice-premier ministre chinoise), Condolezza Rice, Patricia Russo (présidente d’Alcatel Lucent) ou Ho Ching (présidente de Temasek Holding, une des plus puissantes sociétés d’investissement de Singapour).

Pour finir, je vous cite aussi un intéressant petit sujet sur Sarah Ruston(1), la fashion director de Lane Crawford, le Bergford Goodman asiatique.

Un magazine très intéressant qui nous éclaire sur une cible très précise, mais néanmoins très variée que l’on voit rarement représentée ainsi dans les médias…

(1) que le Sartorialist a shooté il y a quelques mois.


Intelligent Life, lifestyle ‘intelligent »…

Lancé en fin d’année dernière par le journal The Economist, Intelligent Life (un peu snob comme titre ?), se présente comme un magazine d’art de vivre, qui paraîtra quatre fois par an.

Parmi les quatre magazines que je cite dans ce billet, c’est celui qui est le moins axé sur la mode proprement dite, c’est aussi ce qui le rend intéressant. Tourisme, Culture, Nouvelles technologies, Photographie etc. sont au programme de ce magazine qui s’adresse à une clientèle « haut de gamme » et cultivée.

Le numéro de cet hiver propose pour la première fois au cours des 164 ans de parution The Economist une série mode, incluse au sein de la timide rubrique Flair, Style with substance (tout un programme) ; on y trouve un petit article sur la joaillerie et la mémoire familliale, plus précisement les nouveaux bijoux de famille, une brève sur Roland Mouret et deux petits articles de shopping international.

Cette publication propose un autre angle de vue que Wallpaper, Business l’Officiel ou Monocle qui sont peu ou prou sur le même secteur du lifestyle CSP++. Des sujets sur la mode proposés par la rédaction de cet auguste journal, je trouve ça plutôt intéressant à suivre.

Deux photos de la série heirlooms (joaillerie de famille)

Pour avoir un avant-goût.

 

J’ai 64567 amis…

… dont Kate Moss, David La Chapelle, les Fisherspooner et même Viktor & Rolf !

En effet, à l’occasion de la Fashion Week parisienne, MySpace à encore sévit en proposant un service destiné aux stylistes et à tous les passionnés de mode : MySpace Boudoir, l’habillage est réalisé par JC/DC (Jean-Charles de Castelbajac) et on y trouvera des infos, des conseils et des exclusivités, la première sera dès le mois de mars, la diffusion du documentaire de Rodolphe Marconi, Lagerfeld Confidentiel.

MySpace Boudoir est associé avec le salon Who’s Next et la boutique Colette (!) mais reste comme son grand frère MySpace, doté d’une interface à l’esthétique douteuse, tout le contraire d’un « boudoir » en somme.
A suivre (?)

Edit 2011: Le site semble offline et depuis les choses ont bien changées…

Dans le même registre, « communauté d’amis », jetez un oeil à iqons.

Unique

iconofly_2
La nouvelle de la semaine fut pour moi, d’apprendre l’existence d’Iconofly, très intéressant concept de magazine qui se place dans deux des domaines porteurs de la mode aujourd’hui: le luxe et l’accessoire.
Posséder un porte-clefs Gucci ou un sac Vuitton, voire une chemise Cardin (!) pouvait laisser croire que l’on avait un produit de luxe, or c’est loin d’être le cas… Le luxe obéit à certaines règles strictes. Pour répondre aux exigences d’une nouvelle clientèle fortunée et aussi repositionner son image, ces maisons de luxe se sont données les moyens et ce secteur a le vent en poupe désormais.
Tout comme dans le prêt-à-porter, la multiplicité de l’offre à nivelé les styles, rendant difficile d’être différent au sein de la foule. L’accessoire a ainsi su tirer son épingle du jeu comme moyen de personnaliser sa tenue, son style.

Chez Iconofly, on entretient l’exclusivité jusqu’au bout puisqu’un seul accessoire est traité par parution, de son histoire à sa fabrication ; ainsi le magazine prend des chemins rarement abordés, mais parfaitement en phase avec le luxe, celui du recul et de la réflexion.
À cela, le magazine a ajouté une dimension créative en faisant appel à Ich & Kar, talentueux duo de graphistes pour réaliser sa direction artistique.
Ich & Kar ce sont Helena Ichbiah et Piotr Karczewski deux « concepteurs d’images » comme ils aiment à se définir. Ils interviennent en équipe suite, je cite, « à des conversations à bâtons rompus » dans des domaines variés, créant des identités et des images aussi bien pour une marque de bonbons que pour le luxe.

Dans ce premier numéro d’Iconofly consacré au sac, que je vous conseille de lire de bout en bout, appréciez la nouvelle de Jean Claude Ellena « nez » de la maison Hermès, qui se fait poète pour ce numéro, ainsi que la bande dessinée de Marjane Satrapi, l’entretien de Jérome Dreyfuss au sein de son atelier et les nombreux articles autour de cet accessoire et de son rôle dans l’histoire humaine.
Chaque exemplaire d’Iconofly devient collector, (donc luxueux… C.Q.F.D.) puisque chaque contribution est inédite, unique…

iconofly_3
Le prochain numéro sera consacré aux montres (la montre de luxe est un domaine en forte expansion ces dernières années).

Cerise sur le gâteau, un brin iconoclaste, cette parution est… gratuite et disponible en version électronique sur le site d’Iconofly (lien ci-dessous) ou en version papier chez Colette (213, rue St Honoré – 75001), au Printemps du Luxe (Printemps Haussmann 64, bd Haussmann – 75009), à l’Hôtel le Faubourg (15, rue Boissy d’Anglas – 75008), aux Musée des Arts Décoratifs (107, rue de Rivoli – 75001), chez Christie’s (9, avenue de Matignon – 75008), à Marseille, aux Émirats Arabes et Londres…
Bien entendu une version collector limitée à 100 exemplaires est également disponible à l’achat. Cet exemplaire spécial est consacré à l’incontournable Diane Pernet (A shaded view of fashion).

Le site d’Iconofly
Le site d’Ich et Kar
Ich & Kar sur Amazon