Modoscopie | Pièce d’Anarchive

 

Trois profils pour un design

Virginie organisait des évènements pour les marques de luxe lorsqu’elle à rencontré Déborah qui travaillait alors dans l’industrie du parfum. Priscilla, soeur de Déborah et designer, responsable des collections prêt-à-porter femme à Londres chez Vivienne Westwood, les a rejoint par la suite.

Elles toutes les trois quitté leur boulots respectifs afin de se lancer dans l’aventure Pièce d’Anarchive.

Univers: héritage et anarchie

Notre univers découle directement du nom de la marque, Archive pour tout ce qui a attrait au savoir-faire et à l’héritage. Cette saison la guipure est faite à Calais, les cuirs sont français. On fait appel aux meilleurs fabricants qu’ils soient français ou étrangers.

Ce n’est que cette saison que nous avons trouvé un fabricant avec lequel nous souhaitions développer notre chaîne et trame.

Anarchie parce que l’envie est d’insuffler des nouvelles techniques chez les fabricants, de pousser les traditions et dans les thématiques, de faire s’entrechoquer des choses différentes.

« L’envers devient l’endroit, on leur fait faire des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de faire » (Deborah)

« Il s’agit d’une anarchie positive, portée sur le produit, avec l’envie de twister les choses » (Priscilla)

 

Cependant travailler avec les meilleurs reste un processus long a mettre en place mais nous avons réussi à posé nos fondamentaux auprès des fabricants, lors des deux premières collections. Désormais notre approche commence a être reconnue.

Sportswear de luxe

Bien sûr ce sont les détails sportifs, les inspirations venues des maillots de basket, les incrustations de biais, la résille, les détails fluos…

Mais il y a aussi le confort, des pièces qui ne sont pas « body conscious », mais qui ont plus à voir avec le vertige que l’on peut avoir lorsque l’on est en mouvement ou que l’on danse…

Communication et distribution

On essaie de conserver une certaine confidentialité, de trouver des manières de présenter singulières, d’avoir une communication conforme à la marque.

Nous sommes distribués depuis nos débuts chez Montaigne Market, Le Bon Marché, Merci et Colette, mais aussi chez Blake à Chicago, Louis à Boston et nous avons de bons retour du Japon, qui est un marché que nous allons suivre.

Une mode intello pour des filles cool

La femme qui porte Pièce d’Anarchive est comme nous, elle a simplement envie de vêtements confortables et élégants.

« L’idée est d’installer des codes, un discours qui corresponde a notre positionnement très haut de gamme » (Virginie)

 

On se projette dans nos créations, on les porte et faisons de multiples essayages au studio. Celles-ci se doivent d’être très portables et très qualitatives, des pièces très chères que l’on aurait envie de porter avec des baskets.

Nous recherchons cette envie de « cool », de casual et d’élégant à la fois.

Colette Music Box | Grimes & Chevalier Avant Garde

A l’ouest il y a du nouveau et plus particulièrement au Canada.

Rivales pour accueillir la superbe exposition rétrospective de Jean-Paul Gaultier, Montréal et Toronto sont le creuset d’une nouvelle scène musicale canadienne aux orientations passionnantes.

Je veux pour exemple Metric et les Crystal Castles issus de Toronto, ou The Arcade Fire, Godspeed You! Black Emperor, Caribou, originaires eux, de Montreal pour n’en citer que quelques uns.

Avant hier soir, c’est Montreal qui était à l’honneur lors du quinzième Colette Music Box avec la new wave synthétique et sympathique de Chevalier Avant Garde (quelque part entre Talk Talk et New Order) et la toute jeune Grimes.

Ci-dessous, Chevalier Avant Garde

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Claire Boucher (aka Grimes) fait partie de cette jeune génération d’artistes qui n’ont aucun complexe à faire se rencontrer les musiques qu’ils affectionnent, du R’n’B à Joy Division, de Britney Spears à Radiohead.

Grimes en parfaite cohérence avec son époque, mélange les genres, synthétise, hybride et crée pour la génération d’aujourd’hui. À la voir sur scène au sein du concept store parisien cela semble simple… En une poignée de morceaux, elle confirme qu’elle est surement le prochain catalyseur d’une certaine scène musicale.

Ci-dessous la shitty-video

Meet | Mary Katrantzou, Arik Levy & Rodrigo Otazu x Atelier Swarovski


Close-up on Claire Adair collection for Swarovski

As last season Atelier Swarovski leave « carte blanche » to six designers to create a new collection of jewels. I met three of them this morning.

Rodrigo Otazu: push my buttons !

Rodrigo Otazu is obsessed with the desire to make « something new », something people will remember, he doesn’t want to be « one more ». He spend three months to design this collection that himself describes as punk-chic. For the first time he use a computer for the designs: « it give you a fresh edge in your work » he said.

The passionate guy design jewels for celebrities like Lady Gaga, an artist that « push my buttons », that keeps you « on the move » he said. Rodrigo is influenced by a rock’n’roll way of life and classical architecture. Some of his designs seems to have studs on it. In fact he uses the crystals upside down creating a new effect.

Rodrigo Otazu wants to see his jewellery worn easily by every girl, « from the office to the club ».

Mary Katrantzou: chromatics !

Like the previous seasons, Atelier Swarovski is acting like a talent scout and ask new british phenomenon Mary Katrantzou to design a crystal jewel collection.

I was very pleased to meet Mary as i am a new fan of her work. She is one of the new british designers who are using unique digital printing method to create a strong identity more than just a trend.


Beautiful iridescent effects

She adapts her fashion based this season on Fabergé and inspiration from objets d’art, perfumes bottles or interiors, to the jewels. She explores a wide scope. The idea was « to wear them with the garments » and that why they beautifully match together. The challenge was: being desirable, keep a sense of glamour and have a commercial credibility.

Mary was interested by the lightness of the stones and create this colorful collection where she combines the crystals with brass and enamel.

Arik Levy: Métaphores


Toujours aussi décontracté, plaisant et rieur Arik Levy nous a une fois de plus passionné.

Retrouvailles un an et demi plus tard avec Arik Levy ce matin-là, ce type est un vrai bonheur. On peut passer des heures à l’écouter parler de son travail.

Lors de cette collaboration « j’ai pu prolonger mon travail artistique, créer des métaphores ».

Ce qui l’intéresse c’est de créer une nature que l’on ne connaît pas, mais que l’on imagine. Dans les bijoux « cratères » (ci-dessous), Arik combine plusieurs tailles, des qualités et des couleurs différentes de cristal. Ainsi il crée un profondeur qui existe uniquement dans la nature. « On montre l’intérieur, on ne se contente pas de décorer la surface » dit-il.


Collier « cratère »


La démarche est similaire avec les bijoux diamants (ci-dessous). La modélisation filaire nous fait dire « diamant » or comme nous l’explique le designer « ce n’en est pas un », il en a l’aura. Arik Levy crée une réalité qui possède tous les codes sociaux du diamant sans l’être, il s’agit d’une métaphore. Il travaille autour de la notion de « présence-absence », avec le désir de provoquer de l’attraction et « de l’amour » autour de cette aura, de cette persistance.


Bijoux « diamant » et métaphore du diamant

On utilise souvent l’expression « ce n’est pas la mienne, c’est l’autre ». Le travail d’Arik Levy s’articule aussi autour du concept d’altérité: l’autre présence, l’autre nature, l’autre matière, l’autre impression, « c’est presque de la psychotherapie » nous confiera-t-il. Il s’agit du rapport qu’entretient le corps avec son espace de vie.

Exhibition | Eat my lipstick !

Chez Colette, se tenait une petite party célébrant la parution du premier numéro d’Exhibition, nouveau beau magazine très luxe…

Rencontre avec Gael Hugo (ci-dessous chez Colette) un des membres fondateurs du magazine (avec Edwin Sberro), au sein de son studio du Xe arrondissement parisien.

Ce fut l’occasion de rencontrer un passionné d’art contemporain de  photographie et de mode.

A l’heure d’internet, jamais nous n’avons autant manipulé d’éléments imprimés et quand on reçoit un magazine comme Exhibition, c’est charnel. On ressort l’antienne « le contact du papier c’est mieux, l’écran c’est froid, etc…

Nos cinq sens sont sollicités, dans ce magazine au format inhabituel (33 x 44 cm), le toucher (les grains du papier, le poids du magazine), l’odeur (encre), la vue (les splendides et immenses photos) et l’ouïe (le bruit du papier), ne manque que le goût mais les créateurs ont conviés pour ce numéro M. Pierre Hermé, on en salive d’avance…

On aime la direction artistique qui choisi ce rectangle black réplique homothétique et réduite du format du magazine qui vient empiéter sur le visuel de couverture signé Richard Burbridge pour un rendu très graphic design. Ce pavé correspondant également au format de possibles futures publications qui seront distillées durant l’année et qui étofferont le thème en cours.

On aime le papier choisi pour cette publication. Variant selon les sujets, d’un papier couché brillant à un papier non couché mat et grenu, créant une diversité sensorielle intéressante.

Exhibition – Before (le projet)

Des mois de reflexion et un an de réalisation mèneront à ce numéro mono-thémathique, centré sur la bouche (ce qu’elle énonce, ingurgite, etc.) et le rouge à lèvres, mais le traitement, lui, est transversal.

C’est ainsi que l’on y croisera Pierre Hermé interviewé par Pierre Lescure, Sølve Sundsbø qui shoote une superbe série de macro photos de kisses très french, Dominique Paquet, philosophe y propose une « history of lips ».

Le stylisme de vêtement est aussi transversal puisque l’on y trouve aussi bien Louis Vuitton, Bless, Prada, Altuzarra, qu’Haider Ackerman.

Exhibition – After

Clac ! Des photos « pleine page », un vrai régal pour les yeux !

Chez Colette

M. Pierre Hermé

Que ce soit sur le web ou en print notre consommation quotidienne d’images est exponentielle. Les polémiques autour de celle-ci (image de conflits, corps de mannequins retouchés, etc.) montrent que l’image est au centre de nos sociétés. En quelque sorte, de par le choix son titre, le magazine Exhibition ne cache rien. Un magazine dans lequel on a envie de plonger.

Ce beau magazine est vendu dans des lieux choisis de par le monde, à Paris vous le trouverez, entre autres, chez Colette, Lazy Dog, Station, La Hune, Palais De Tokyo, WH Smith, Artazart ou Le Bon Marche pour la modique somme de… 20 euros ! Un prix qui semble sous-proportionné en comparaison de la qualité de l’ouvrage.


Joseph Altuzarra x Atelier Swarovski

Dear readers,

Meet Joseph Altuzarra early in the morning even if you gig all night with Courtney Love is inevitable !

With Alexander Wang and Proenza Schouler, Joseph Altuzarra is part of this new generation of designers who put fire on the runways every season. For Atelier Swaroski working with designers is always a good challenge. This time, the main goal was to find new technics and new way of shaping the stones.

Joseph Altuzarra x Atelier Swarovski’s style came from is love for the sixties and the wish to work with crystals and a clear thick material (bakelite). The thickness is for the wealth he said.

Atelier Swarovski’s team have done everything to bring to life the wishes of the young designer.

Bagues, bangles à accumuler, boucles d’oreilles… Le plastique utilisé est travaillé par l’atelier qui fabrique les bijoux d’Yves Saint Laurent – Rings, bangles (to wear by three or four), earings are made by the same workshop as Yves Saint Laurent’s jewels.

Avec Alexander Wang ou les Proenza Schouler, Joseph Altuzarra fait parti de cette nouvelle génération de designers qui affolent les podiums de New York City. Pour Swarovski, friand d’échanges, cette collaboration est un nouveau challenge. Comme nous le dira Joseph, il s’agit de mettre en place de nouvelles techniques et de nouvelles taille de pierre.

Son inspiration il est allé la chercher au sein des années 60 qu’il affectionne tant. Il y avait chez lui le désir de travailler autour du cristal, sur une bakélite épaisse (pour un rendu plus riche) et transparente. Le défi était de trouver une matière nouvelle, des cristaux spéciaux ayant des reflets particuliers.

Les équipes de l’atelier Swarovski ont tout mis en œuvre pour bring to life les idées du jeune designer.

Front – Des pièces au reflets particuliers ayant un rendu très graphique où le cristal semble flotter – Graphic: a necklace where the crystals seems to float.

Back – Le collier vue de dos, un long ruban noué qui descend jusqu’à  la taille, sensass ! – Back: the above necklace, a ribbon running down to the waist, beautiful !

Meet Joseph and see the collection at Colette

Modoscopie | Anthony Vaccarello at Arts of Fashion Foundation

Last month, as he was leading a masterclass, i spend some times with Anthony Vaccarello, discovering a reserved designer. We talks about his fashion, the sharing of knowledge and blogging with Susie Bubble.

The talented and creative Anthony Vaccarello is now hitting Kirna Zabette in New-York City, Colette in Paris and Browns in London.

Anthony Vaccarello’s blog

Sex, drugs, rock’n’roll… & fashion

J’ai eu l’impression de me retrouver au milieu de l’intelligenstia-underground du New-York City bouillonnant des années 70 l’autre soir chez Colette. Le leader du Velvet Underground y faisait quelques lectures de ses textes, sa voix monocorde captivant le public de passionnés qui s’était réuni au water-bar.

Lou, moi et les autres…

Lou Reed c’est avant tout LE leader du Velvet Underground, l’initiateur du mouvement punk. Il est le troisième membre d’un triumvirat formé avec Iggy Pop et David Bowie. Ce soir là j’étais donc paré pour un « shaking hands » avec un mythe, prendre une photo avec lui, faire dédicacer mon bouquin et lui poser une petite question tout çà en 2 minutes chrono !

L’homme est très cordial, patient, même après 3 heures de lecture/dédicaces. Il ne s’est interrompu que deux fois, la première pour embrasser sa compagne, la seconde pour saluer l’ex-top model Farida Khelfa.

J’aimerais lui poser plein de questions (sur le Berlin d’aujourd’hui et d’hier, sur Nico, etc.) mais finalement je me résigne à ne lui en formuler qu’une seule, car le temps presse.

Moi : – Heu… Which rock band do you listen today ?

Lou : – Ahem… Shonen Knife, a japenese band, Emily Haines… Do you know them ?

Moi : – Oh ! Yes great ! Emily Haines is the leader/singer of Metric, one of my favorite band « Live it out » is a great album ! Shonen Knife is a Japanese band i used to listen many years ago !! Sapristi !

Lou : – ?

Mais on me fait signe qu’il est de temps de laisser ma place, la conversation s’arrêtera là, Lou Reed rajoute:

Dr. Dog, do you know them ? – Heu… No sorry là and thank you ! Je repars en me disant qu’il à les mêmes goûts musicaux que moi, Lou Reed, on est potes…

Malcom…

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Malcom Mc Laren, j’ai eu la chance de le croiser et d’échanger quelques mots avec lui lors d’un défilé Christian Dior. Ces deux hommes à quelques années d’intervalle de part et d’autre de l’Atlantique ont évolués dans un cercle où musique bruyante (sex, drugs and rock’n’roll), art et mode ont fortement cohabité…

Lou Reed fréquentait La Factory d’Andy Warhol à la fin des années 60 et posait avec le Velvet Underground quelques fondements d’un futur mouvement que l’on appellera le punk. Dix ans plus tard environ Malcom Mc Laren invite dans la boutique qu’il gère avec son amie Vivienne Westwood des garçons turbulents qui deviendront les Sex Pistols, porte-drapeau du mouvement punk.

De ces deux sphères créatives jailliront différentes personnalités, éphémères ou devenues depuis institutionelles. C’est le cas de Diane Von Furstenberg qui a fréquenté Warhol et sa Factory à ses débuts et de Vivienne Westwood, dont-on connaît la carrière (depuis la fameuse collection Pirates de 1982 à nos jours). Sans prétention voici une mini-carte heuristique (qui mériterait d’être complété puis étendue prochainement) où l’on trouve les différents acteurs de l’époque jusqu’à  ce que j’estime être leurs enfants spirituels : Marc Jacobs aux États-Unis et John Galliano pour la Grande-Bretagne. lour-reed-malcom-mc-laren-heuristique À gauche, John Galliano se qualifiant lui-même de « pirate » et à droite Marc Jacobs déguisé en Andy Warhol pour la couverture d’Interview (le magazine fondé par Andy Warhol…).

À suivre.

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Lady D.I.Y

Drôle de coiffe pour cette jeune fille croisée hier soir chez Colette, tandis que Lou Reed nous lisait certains de ses textes…

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… des leggings zippés dans le dos, un diadème fait de vis et de rondelles dentelées, très D.I.Y(1), très punk, très arty, très Lou Reed en somme…

(1) D.I.Y : Do It Yourself, expression très utilisée dans la culture underground des années 70.

There is a riot going on at Lanvin

Je pensais récemment au concept de la beauté, à la définition d’un chef-d’œuvre et toutes ces choses. Posé à mes côtés un magazine de mode annonçait un « spécial beauté » avec une couverture des plus morbide… Qu’est ce qui fait que l’on trouve une robe, une paire de chaussures, un manteau ou tout autre vêtement beau ? Je ne parle pas du vêtement porté, mais de celui que l’on voit en vitrine, sur un portant, en photo dans une revue, un vêtement qui exhale la beauté par sa seule présence…
Ci-dessous nulle explication, juste une expérience, du vécu.

Ce jour-là au sortir d’un rendez-vous je m’engouffrais dans la boutique sise au 213, rue Saint honoré, pour flâner. Arrivé au premier étage du concept store parisien, je tombais en arrêt devant une robe que j’attribuais à quelque créateur japonnais. Gris anthracite, toute en bandelettes sculptant la silhouette, sa conception, sa modernité me confortait dans mon choix. Quelques pas et je vis une veste appartenant à la même collection, bandelettes enroulant le corps, pas de boutons, une ligne simple, un zip discret, à côté la jupe complète le tailleur, toute en rubans modelant la taille, les hanches et les cuisses, pas de détails inutiles, une construction complexe qui ne laisse voir que simplicité, élégance et suscite le désir : beau.

Automne-hiver 2009 (c) vogue.fr

Automne-Hiver 2009 (c) vogue.fr

Il y a quelques années, alors que j’achetais ma place dans un cinéma d’art et d’essais du quartier Beaubourg je me retrouvais nez à nez avec ce drôle de monsieur qu’est Alber Elbaz. Il venait juste de quitter la maison Saint Laurent où son passage n’avait apparemment pas fait l’unanimité (puisque remplacé par un designer radicalement différent en la personne de Tom Ford). Il semblait si fragile dans ce petit cinéma de quartier, me dis-je, des tonnes de talents et de sensibilité en sourdine, comme sous cloche, attendant le moment propice…

Je me décidais enfin à regarder l’étiquette : Lanvin bien sûr ! Quelques jours avant j’avais acheté le livre Lanvin de Dean L. Merceron.

Il y a maintenant chez Alber Elbaz de l’assurance, quelque chose de paisible, de la maîtrise. Avec le départ de M. Saint Laurent, Alber Elbaz serait ainsi le garant d’un prêt-à-porter de luxe sans spectacle inutile, sans heurts et sans concept touffu et confus, juste la recherche de la « beauté », ce que certains appellent le luxe à la française.

On dit souvent de Karl Lagerfeld qu’il est la réincarnation au masculin de Mademoiselle Chanel, même goût de l’exposition médiatique et des mondanités. On pourrait en dire de même pour Alber Elbaz et Jeanne Lanvin qui ont en commun le goût de la discrétion et du mystère, avec pour résultante, la même ignorance de la part du grand public, alors que le talent est identique.

On pourrait en rester là, mais la marque se projette et noue des partenariats fort intéressants qui l’éloignent par la même de tout risque de mémérisation, tentant lorsque l’on crée des nouveaux classiques dans l’ombre.

Tout d’abord un positionnement plus que réussi sur le marché des sneakers de luxe en proposant des chaussures « so dope »(1) dessinées par Lucas Ossendrijver, designer de l’Homme Lanvin ou encore lancement d’une ligne de jean (très attendue) en collaboration avec la marque suédoise « so hype » Acne: Lanvin (love) Acne. La dernière campagne de communication est, à mon sens, très bien aussi, abandonnant les symétries ou les déformations du corps des campagnes précédentes.

Sneakers « à tomber », (c) photo Mathieu Lebreton

sneakers, (c) photo Mathieu Lebreton

Lanvin (love) Acne, collection « jean » pour homme et femme

Lanvin (love) Acne, collection "jean" pour homme et femme

Printemps-été 2009, prêt-à-porte de luxe narcissique sur un canapé lacéré… Attention rien est acquis semble signifier la photo.

printemps-été 2009

Pour finir, deux visuels montrant que le travail de bandelettes chez Lanvin est depuis longtemps inscrit dans l’histoire de la maison.

Brimborion (1923), Jeanne Lanvin lacère et réactualise les manches d’un kimono

brimborion (1923), Jeanne Lanvin lacère et réactualise les manches d'un kimono

Brimborion (que l’on pourrait traduire par robe de « peu de rien ») revue pour l’automne-hiver 2005, sensualité a fleur de peau par Alber Elbaz

automne-hiver 2005

Actuellement chez Lanvin tout est Beau.

Et si vous avez manqué les photos du Préfall 2009, çà continue ici

(1) Kanye West, ici