Inspiration | Qui a un peu de temps devant lui…

Inspiration- … pour explorer les Abysses ? Il y a quelques semaines, des affiches avec des créatures gélatineuses, troublantes pour ne pas dire… effrayantes, sont apparues pour nous faire part de l’ouverture d’une exposition, nous entraînant très loin dans les profondeurs sous-marines.


couverture du livre de Claire Nouvian, également commissaire de l’exposition

Question d’agenda, je me suis contenté pour le moment des infos que j’ai pu glaner sur le web, car cette expo m’intéresse ; non pas tant du point de vue « marin » mais plutôt par ce qu’elle inspire.

Ces animaux qui vivent dans des cathédrales sombres et glacées plongeant de – 400 à – 7000 m sous la surface marine sont une bonne source d’inspiration. Allons-y façon cahier de tendance…

Les couleurs

  • beaucoup de rouges* vifs, des roses, des couleurs chairs et des marrons ;
  • des couleurs vives et intenses sur fond noir ;
  • une touche de couleurs fluorescentes, nous rappelant la saison passée (Christopher Kane, la nu-rave, etc.) ;
  • des tons porcelaine.

* le rouge est la première longueur d’onde à disparaître dans l’eau, ces créatures deviennent donc « invisibles » et sont à l’abri de leur prédateurs.

Photos de l’exposition

Les « volumes »

comme en modélisme, ils sont importants.

Ils seront amples et leurs proportions décalées. Ils seront à la fois ouvragés, délicats et aériens, créant des voiles arachnéens ou des bouillonnés.

Voyez les « volumes » ! – affiche du Printemps SS 2008 ou chez John Galliano pour Christian Dior

Les matières…

seront précieuses (soie rebrodée, mousseline, organdi et organza)

Photo de l’exposition (gros plan)

seront en matières naturelle et délicates (voir ci-dessous)

des mailles aux détails raffinés, une ethnicité moderne avec des incrustations de plumes et de perles.

Les formes…

une garde-robe qui fait la place belle aux robes de soirée et aux jupes boule…

Ci-dessous photo de l’exposition (avant-après)

Ci-dessous photo de l’exposition (avant-après)

Ci-dessous sur Julie Ordon une tunique courte en mousseline de soie à collerette et volants, photo via Chauffeur de Buzz

Ci-dessous photo de l’exposition (avant-après)

Les abysses inspireront aussi les costumiers et chorégraphes, je pense immédiatement à Philippe Guillotel

… pour témoin, voir ci-dessous le croquis de Philippe Guillotel pour la Compagnie DCA (Philippe Découflé) qui rappelle les poissons-dragons que l’on trouve dans les profondeurs marines.

poisson dragon dit football fish (-1000 m de profondeur).

etc…

costume de la Compagnie DCA

A lire

Les accessoires…

aux  formes épurées pour des accessoires futuristes et des effets matières pour des accessoires chaleureux au style « vintage-très chic ».

Les accessoires ne seront pas en reste, ces créatures des profondeurs pouvant, avec un peu d’imagination, prendre la forme de broches ou de sacs…

Photo de l’exposition – une broche ?

Photo de l’exposition, un sac-bourse haute-couture en plumes (Maison Lemarié), tulle de soie et perles ?

Photo de l’exposition, un sac-bourse, un détail de vêtement…

Photo de l’exposition, une créole?

Les imprimés et motifs…

… subtils cocktails d’imprimés pointillistes, avec des incrustations de perles, des fonds dégradés façon tie-and-dye.


Le site de l’exposition où j’ai puisé la plupart des visuels.

Visitez également la galerie

Mise-à-jour (6/03) : Pour étendre le sujet, consultez impérativement le billet de P’tite Mademoiselle.

Le point G

Quand John Galliano sort il y a quelques mois une seconde ligne, il la baptise simplement galliano

En faisant abstraction du prénom, la différence entre les logos des deux marques éponymes se situe au niveau du « G ». Le nom en lettres majuscules pour la marque la plus ancienne, en lettres minuscules pour la seconde ligne : ainsi une hiérarchie s’établit par le signe et se traduit dans le vêtement.

Haut de casse (majuscule) pour un nom propre, un mot unique, ayant pour « équivalent mode » le prêt-à-porter de luxe;

Bas de casse (minuscule) pour les noms communs, un mot courant, ayant pour « équivalent mode », le prêt-à-porter et la mode junior (dans un style rock chic, avec une base de jean importante), plus abordable, mais aussi plus moderne et dynamique.

Une différence subtile de hiérarchie, aussi bien en typographie qu’en mode.


Galliano


galliano

Voici une citation de Michel Wlassikoff, auteur de l’Histoire du graphisme en France, pour bien prendre conscience de l’importance du choix de la typographie et de sa signification en terme de communication.

« Quant à l’intérêt porté au graphisme, les Français ont surtout cherché une autre voie que celle, Moderniste, des Allemands.
Ainsi quand le Bauhaus rédigeait tous ses documents en minuscules, les graphistes français
réunis au sein de l’Union des Arts Modernes répondaient par des documents tout en majuscules. »

Mercato d’hiver

Lu la semaine dernière dans la presse (Le Figaro), un état des lieux des directions artistiques des différentes maisons de couture. Force est de constater que cela a énormément bougé, que ce soit pour la mode homme ou la mode femme.

La tendance est d’intégrer sur la plus haute marche de la création non pas une diva, mais un créateur au profil « studio de création ». Chloé et Gucci avaient lancé la tendance, précise l’article ; en effet Phoebe Philo a remplacé Stella Mc Cartney et Frida Giannini a succédé à Tom Ford ; le mouvement s’est accéléré et d’autres maisons ont suivi (Calvin Klein…).

En plus de cette tendance de fond, une série de « transferts » se sont opérés depuis le début de l’automne, chamboulant la carte des DA des maisons de couture parisiennes ; ainsi on retrouve Paulo Melim Andersson chez Chloé (exit Phoebe !), le talentueux Olivier Theyskens chez Nina Ricci, Dai Fujiwara chez Issey Miyake, Giles Deacon chez Daks, Nicolas Andreas Taralis chez Cerruti, Sophia Kokosalaki chez Vionnet, Damian Yee chez Guy Laroche ou encore Peter Dundas chez Ungaro.

Plus dure est la situation de la mode masculine : plusieurs maisons ont en effet pris le virage du relifting, mais sans le succès connu par Dior Homme, hélas… Au vu du travail réalisé par Oswald Boateng chez Givenchy, ou encore Jason Basmajian pour ST Dupont, cela me semblait prendre bonne tournure, les lignes se modernisant, attirant de facto une nouvelle clientèle. Mais les résultats financiers n’étant pas bons, ou en tout cas pas assez rapidement bons, Franck Boclet a ainsi quitté Smalto, Oswald Boateng est sur le départ, Jason Basmajian a été remercié et Pierre-Henri Mattout est également sur le départ chez Dormeuil…

Les maisons de couture masculine ou féminine n’ont aujourd’hui plus le temps, ni l’argent, les résultats financiers doivent se voir quasi-immédiatement ; les créateurs ont donc pour mission de « générer du cash » le plus rapidement possible, sous peine de se voir remercier rapidement, et ce, quel que soit leur talent.

Dans un autre registre, mais concernant toujours les changements de créateurs, Irène Leroux a quitté Erès (groupe Chanel), LA marque de maillots de bain et de lingerie qu’elle avait créée en 1968. Elle sera remplacée par la styliste Valérie Delafosse. Il sera intéressant de suivre les nouvelles (?) orientations de style que cette dernière va y apporter.

Au milieu de ce constat, seule la maison LVMH et ses énormes moyens financiers peut se donner le temps de « recadrer » un John Galliano – avec le succès que l’on sait – et de redéfinir la mode masculine avec Hedi Slimane. Karl Lagerfeld et ses 24 ans chez Chanel fait figure de héros… génial héros, qui a su relancer, moderniser, recréer et propulser la maison de la famille Wertheimer. Quel créateur intégrant une maison peut « espérer durer » autant que lui aujourd’hui ?

La saga John Galliano – suite –

Pour faire suite au billet posté ici, je vous livre un lien YouTube où vous pouvez voir la suite de ce documentaire (en 5 parties) sur celui qui bousculé la mode de ces dernières années et qui a fait tant de bien à Paris.

Anniversaires

L’an dernier il y a eu les 60 ans de création de Pierre Cardin ou encore les 30 ans de défilés de Jean-Paul Gaultier, en cette année 2007 c’est à une avalanche d’anniversaires des maisons de couture ou des créateurs, auquel nous allons assister. Il y aura en vrac :
John Galliano, 10 ans d’éclats chez Dior
Ralph Lauren, 40 ans de création
Valentino, 45 ans de robes… de soirées
Pucci, 60 ans d’imprimés fous
Costume National, 20 ans
Vive la fête !

L’homme paré

Suite à l’exposition qui a eue lieue au printemps dernier au Musée de la Mode et du Textile, je me suis procuré le catalogue de celle-ci, mais je n’avais pas eu le temps de le lire, c’est chose faite maintenant et voici un petit compte-rendu.

L’exposition revenait sur la parure masculine à travers les âges et nous rappellait que cette tenue à aussi connue des périodes somptueuses et coquettes. Aux tenues colorées « rubans-velours-satin » de l’époque de Louis XIV semblent répondre le style de Walter Van Bereindonck (un de mes designers fétiches des années 90) ou le mouvement « Bling-Bling-Pimp my body » des rappeurs américains, sans oublier les créateurs des années 80 (Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler).
On se réjouit aujourd’hui de (re-)voir l’homme, porter de la couleur, des bijoux et faire attention à sa silouhette vestimentaire, un homme paré.

homme-pare
Intéressant parallèle sur la couverture du catalogue, entre une tenue de John Galliano et un « homme de qualité » de la fin du XVIIe siècle…