Mode, IA et luxe : pourquoi l’avenir de la mode se joue entre technologie, créativité et éducation

La semaine dernière, une table ronde organisée par Polimoda ouvrait une réflexion sur l’avenir de la mode au croisement de la créativité, de la technologie et de l’éducation
Sur le papier, rien qui paraisse radicalement neuf. Intelligence artificielle, hybridation des compétences, importance du récit de marque, nécessité de repenser la formation : le vocabulaire est désormais bien installé. Mais l’intérêt de cette rencontre n’était pas là. Il résidait dans la parole de professionnelles confrontées chaque jour à ces tensions.

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PARADOXE : QUAND LA FAST FASHION DEVIENT LE DERNIER REFUGE DU RÊVE

L’industrie de la mode traverse une zone de turbulences.

Entre la fash-fatigue et la frilosité économique des maisons de luxe, un curieux renversement s’observe : la fast fashion s’érige en mécène et ne se contente plus d’imiter.

Elle inspire, recrute et finance quand le luxe entre en inertie.

Et si les propositions créatives s’étaient déplacées là où on ne les attendait plus ?

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Fashtigue : quand la mode s’épuise d’elle-même

Défilé de mode – fatigue du système de la mode – Devon Aoki par Susan Cianciolo

Dans un système où le calendrier dicte la création, la mode semble tourner sur elle-même. Entre la course au spectacle et la fatigue des créateurs

Vous connaissez comme moi cette lassitude face à un calendrier qui ne semble jamais s’arrêter ?
Si oui, vous souffrez probablement de Fashtigue mot-valise qui décrit parfaitement l’épuisement face à une industrie de la mode devenue une machine frénétique.

Je me suis librement inspiré de l’article de Stephanie Dieckvoss, « A brief history of contemporary art fairs », 2021 et crée un parallèle entre la Fairtigue du monde de l’art qu’elle décrit et ce que je nomme Fashtigue dans la mode. Les deux systèmes en effet, partagent une structure événementielle, une hiérarchie dominée par des géants et une course effrénée qui épuise autant les créateurs (remember McQueen, Galliano, Simons…) que les consommateurs.

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Moda Povera : Olivier Saillard transforme la mémoire en haute couture

En ces temps où mode rime avec réussite marketing, la performance d’Olivier Saillard dans le cadre de ses Moda Povera fait preuve d’une audace et d’une hardiesse rare qui frise une forme d’insolence heureuse, à rebours des conventions.

Le pas de deux qu’il exécute avec la gracieuse Axelle Doué met en scène la garde-robe de sa défunte mère revisitée et réinterprétée à la façon de la Haute Couture.

On se laisse bercer par les annonces de chaque modèle, comme jadis. On contemple la magnification d’un pantalon un peu fatigué, ressurgi du fond d’une armoire et devenu jupe. Un manteau retrouvé plié au fond d’une malle, devenu blouson bouilloné que ne renierait pas l’architecte de la mode. On aime ces tee-shirts, qui, assemblés, n’en forment plus qu’un — dans un style streetwear de luxe.

On est loin des effets de manche. Chaque pièce est comme recysuscitée (recyclée-ressuscitée) et empreinte d’une délicatesse et d’une intelligence auxquelles nous sommes de moins en moins habitués.

La démarche est mémorielle, une atmosphère modianesque enveloppe la salle.

Au Grand Palais ce jour-là, la finalité n’est pas celle d’un défilé, il n’y a rien à promouvoir, rien à vendre. Il s’agit d’un hommage.

PARIS FASHION WEEK, JUNN J, STREETWEAR DE LUXE

Le streetwear désigne un style vestimentaire ancré dans la culture urbaine et populaire. Il se caractérise par des vêtements décontractés avec une dimension artistique (logos, collaborations avec des artistes, etc.). Au fil du temps, le streetwear s’est popularisé et est devenu un pan essentiel de la mode contemporaine.

Le « luxe » en mode, renvoie traditionnellement à des pièces produites avec des matériaux de qualité supérieure. Il inclut un savoir-faire artisanal avec des détails de broderie et l’utilisation de tissus exclusifs.

La collaboration entre Louis Vuitton et Suprême de 2017 a marqué un moment important. Une maison de luxe historique s’ouvrait alors à l’esthétique urbaine.
Ce fut un coup marketing et commercial très probant, mais qui manquait de profondeur créative car essentiellement appuyée sur la juxtaposition de logos, le streetwear-luxe se résume à un processus « additif ».

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Dans le luxe, l’IA un niveau d’adoption encore limité (dans la création)

C’est la conclusion du rapport établit par le Comité Colbert et le cabinet Bain.
On parle souvent de l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la création, mais l’enjeu principal pour le secteur du luxe est avant tout l’amélioration de son efficacité opérationnelle.
Les chiffres le confirment : 60 % des entreprises du luxe utilisent ou testent des outils de prévision des ventes et 50 % des solutions d’allocation des stocks.
L’IA est donc d’abord mobilisée pour optimiser des aspects tels que les prévisions de vente et la gestion des stocks et également pour approfondir la connaissance client grâce à des outils d’analyse et de « clienteling » plus performants.

Concernant la création proprement dite, l’IA intervient comme un soutien à l’inspiration et non comme un substitut à la créativité humaine.

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Le luxe « à la papa » c’est fini…

Il y a quelques années, un restaurant important désignait un palais en marbre avec un service pléthorique et une carte des vins comme un dictionnaire. Aujourd’hui, on recherche des tables sans nappe, pas chères, avec quelques vins soigneusement choisis. C’est une nouvelle définition du luxe.

DRIES VAN NOTEN

La mode au chevet du monde

… si la Mode est parfois comparée a une activité artistique, du moins certains de ses protagonistes, parmi lesquels, on peut citer Elsa Schiaparelli et ses amis surréalistes, Hussein Chalayan… Puis il y a les « in between », Rei Kawakubo en tête, Miuccia Prada ou Raf Simons (ce dernier passant de collaboration avec Sterling Ruby à la marque Calvin Klein), à cheval entre consumérisme censé et implication.

… et si l’Art a pour vocation de changer le monde.

… alors l’activité des créateurs de Mode, tout comme celle de certains artistes engagés de l’art contemporain (Marina Abramovic, Santiago Sierra…) pourrait-elle avoir pour vocation de participer au changement du monde?

Il y a l’attrait, parfois hystérique, pour les produits de Mode et tendance. Puis le poids économique du secteur, qui depuis l’invention du luxe à la française au XVIIIe siècle en à fait la première industrie de France, rayonnant à travers le monde.

Indéniablement les situations politiques (traitement des Ouïghours…), sociales (inclusivité, BLM…), économiques (délocalisation…), sur la durabilité et sur l’écologie… se confrontent à cette industrie.

Au-delà du woke washing et du tee-shirt à slogan à 700 euros, les créateurs de mode doivent-ils aussi se montrer responsables et être les acteurs de l’état du monde?

Entre une vanité idéologique visant à changer le monde aussi par la mise (la veste chinoise) et se faire l’écho de l’état du monde, il existe une voie étroite que se doit de tracer le créateur de mode. Celui-ci manie le prisme qui entraîne notre regard, le questionne et nous permet de changer notre vision du monde.

HOMELESS-LUXE

En 1982, Rei Kawakubo a provoqué nos intelligences avec la collection « holes« . Ses mailles déchirées, aux volumes non-conventionnels questionnaient l’interculturalité, la notion de beauté. La collection fut vouée au mépris par la critique.

La Couture de l’été 2000 de la maison Christian Dior imaginée par John Galliano était une collection homeless-chic inspirée par les sans-abris des rues de Paris. Doublures débordantes, coutures non-finies, imprimés papier journal, assemblage contrarié de matières, déchirures, trous… le tout stylisé et accessoirisé pour le podium… Là encore cette démonstration provoqua un petit scandale.

DIOR HAUTE-COUTURE SS 2000

Ci-dessous une photo capturée à Paris, place de la République où la réalité rattrape la fiction des podiums, comme une mise en abyme, illustrant le style homeless-chic-hippie.

SANS-ABRI, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, PARIS 2017 © PHOTO CHRISTIAN POULOT

« Ici et ailleurs », le temps par Pierre Arpels

Utilisés quotidiennement pour nos multiples besoins, nos téléphones multifonctions, iphones greffés à nos mains font de nous ce que l’on appelle un Homme Augmenté. Mesurant notre pouls, secrétaire virtuel, preneur d’images, assistant de notre vie sociale, l’un des principaux usage de ces terminaux reste sans doute, de nous donner… l’heure.

Paradoxe ou vision, la firme responsable du sus-nommé smartphone à mis au point ces derniers mois une… montre avec le souhait avoué de bousculer le monde de l’horlogerie.

Une preuve, peut-être, que la mesure du temps reste un élément essentiel de notre vie.  Du cadran solaire à la montre connectée l’Homme à toujours souhaité maîtriser le temps qui passe.

Depuis que l’Homme à fondé des sociétés, il observe le rythme de la vie (de la naissance à la mort), le rythme des saisons pour la culture aux champs, le temps qui le sépare du village voisin…

Mesurer le temps avec précision est affaire de mécanique.
Chez Van Cleef & Arpels les créations horlogères prônent aussi une dimension poétique, mesurer le temps est affaire d’histoires, de rencontres et d’émotions. La mécanique est au service de l’esthétique.

Sobre, la dernière réinterprétation de la montre Pierre Arpels (du nom de son créateur) au design ultrafin, dont le cadran semble flotter entre deux attaches vise, elle, à l’intemporalité.

Le temps et ses précieux instants, dernier luxe de notre époque, est pour le « garde-temps » de Van Cleef & Arpels une invitation au voyage à travers le temps et l’espace.

“Heure d’ici et heure d’ailleurs” telle une maxime, un vers, est inscrit sur le cadran. « Ici » est maintenant, « ailleurs » sera demain et vice-versa.

Le temps est insaisissable c’est ce qui le rend si cher, il est multiple. On le perd, on le gagne, il est assassin, il nous file entre les doigts. C’est le temps des amours ou comme le chante Aznavour

« Le temps qui va / Le temps qui sommeille / Le temps sans joie / Le temps des merveilles / Le temps d’une jour / Temps d’une seconde (…) Le temps et rien d’autre / Le tien le mien / Celui qu’on veut notre” (Le temps, 1964)

Une série de photos prises ici, à Paris et ailleurs (Saïgon, Marrakech, Marseille, New-York), des instants suspendus et passionnés tentent d’illustrer ces temps.

Des « ici »

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Merci pour les photos à M. Philippe Margeault et Mlle Gaëlle Charles

Des « ailleurs »

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