Fashtigue : quand la mode s’épuise d’elle-même

Défilé de mode – fatigue du système de la mode – Devon Aoki par Susan Cianciolo

Dans un système où le calendrier dicte la création, la mode semble tourner sur elle-même. Entre la course au spectacle et la fatigue des créateurs

Vous connaissez comme moi cette lassitude face à un calendrier qui ne semble jamais s’arrêter ?
Si oui, vous souffrez probablement de Fashtigue mot-valise qui décrit parfaitement l’épuisement face à une industrie de la mode devenue une machine frénétique.

Je me suis librement inspiré de l’article de Stephanie Dieckvoss, « A brief history of contemporary art fairs », 2021 et crée un parallèle entre la Fairtigue du monde de l’art qu’elle décrit et ce que je nomme Fashtigue dans la mode. Les deux systèmes en effet, partagent une structure événementielle, une hiérarchie dominée par des géants et une course effrénée qui épuise autant les créateurs (remember McQueen, Galliano, Simons…) que les consommateurs.

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Moda Povera : Olivier Saillard transforme la mémoire en haute couture

En ces temps où mode rime avec réussite marketing, la performance d’Olivier Saillard dans le cadre de ses Moda Povera fait preuve d’une audace et d’une hardiesse rare qui frise une forme d’insolence heureuse, à rebours des conventions.

Le pas de deux qu’il exécute avec la gracieuse Axelle Doué met en scène la garde-robe de sa défunte mère revisitée et réinterprétée à la façon de la Haute Couture.

On se laisse bercer par les annonces de chaque modèle, comme jadis. On contemple la magnification d’un pantalon un peu fatigué, ressurgi du fond d’une armoire et devenu jupe. Un manteau retrouvé plié au fond d’une malle, devenu blouson bouilloné que ne renierait pas l’architecte de la mode. On aime ces tee-shirts, qui, assemblés, n’en forment plus qu’un — dans un style streetwear de luxe.

On est loin des effets de manche. Chaque pièce est comme recysuscitée (recyclée-ressuscitée) et empreinte d’une délicatesse et d’une intelligence auxquelles nous sommes de moins en moins habitués.

La démarche est mémorielle, une atmosphère modianesque enveloppe la salle.

Au Grand Palais ce jour-là, la finalité n’est pas celle d’un défilé, il n’y a rien à promouvoir, rien à vendre. Il s’agit d’un hommage.

PARIS FASHION WEEK, JUNN J, STREETWEAR DE LUXE

Le streetwear désigne un style vestimentaire ancré dans la culture urbaine et populaire. Il se caractérise par des vêtements décontractés avec une dimension artistique (logos, collaborations avec des artistes, etc.). Au fil du temps, le streetwear s’est popularisé et est devenu un pan essentiel de la mode contemporaine.

Le « luxe » en mode, renvoie traditionnellement à des pièces produites avec des matériaux de qualité supérieure. Il inclut un savoir-faire artisanal avec des détails de broderie et l’utilisation de tissus exclusifs.

La collaboration entre Louis Vuitton et Suprême de 2017 a marqué un moment important. Une maison de luxe historique s’ouvrait alors à l’esthétique urbaine.
Ce fut un coup marketing et commercial très probant, mais qui manquait de profondeur créative car essentiellement appuyée sur la juxtaposition de logos, le streetwear-luxe se résume à un processus « additif ».

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Dans le luxe, l’IA un niveau d’adoption encore limité (dans la création)

C’est la conclusion du rapport établit par le Comité Colbert et le cabinet Bain.
On parle souvent de l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la création, mais l’enjeu principal pour le secteur du luxe est avant tout l’amélioration de son efficacité opérationnelle.
Les chiffres le confirment : 60 % des entreprises du luxe utilisent ou testent des outils de prévision des ventes et 50 % des solutions d’allocation des stocks.
L’IA est donc d’abord mobilisée pour optimiser des aspects tels que les prévisions de vente et la gestion des stocks et également pour approfondir la connaissance client grâce à des outils d’analyse et de « clienteling » plus performants.

Concernant la création proprement dite, l’IA intervient comme un soutien à l’inspiration et non comme un substitut à la créativité humaine.

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Le luxe « à la papa » c’est fini…

Il y a quelques années, un restaurant important désignait un palais en marbre avec un service pléthorique et une carte des vins comme un dictionnaire. Aujourd’hui, on recherche des tables sans nappe, pas chères, avec quelques vins soigneusement choisis. C’est une nouvelle définition du luxe.

DRIES VAN NOTEN

La mode au chevet du monde

… si la Mode est parfois comparée a une activité artistique, du moins certains de ses protagonistes, parmi lesquels, on peut citer Elsa Schiaparelli et ses amis surréalistes, Hussein Chalayan… Puis il y a les « in between », Rei Kawakubo en tête, Miuccia Prada ou Raf Simons (ce dernier passant de collaboration avec Sterling Ruby à la marque Calvin Klein), à cheval entre consumérisme censé et implication.

… et si l’Art a pour vocation de changer le monde.

… alors l’activité des créateurs de Mode, tout comme celle de certains artistes engagés de l’art contemporain (Marina Abramovic, Santiago Sierra…) pourrait-elle avoir pour vocation de participer au changement du monde?

Il y a l’attrait, parfois hystérique, pour les produits de Mode et tendance. Puis le poids économique du secteur, qui depuis l’invention du luxe à la française au XVIIIe siècle en à fait la première industrie de France, rayonnant à travers le monde.

Indéniablement les situations politiques (traitement des Ouïghours…), sociales (inclusivité, BLM…), économiques (délocalisation…), sur la durabilité et sur l’écologie… se confrontent à cette industrie.

Au-delà du woke washing et du tee-shirt à slogan à 700 euros, les créateurs de mode doivent-ils aussi se montrer responsables et être les acteurs de l’état du monde?

Entre une vanité idéologique visant à changer le monde aussi par la mise (la veste chinoise) et se faire l’écho de l’état du monde, il existe une voie étroite que se doit de tracer le créateur de mode. Celui-ci manie le prisme qui entraîne notre regard, le questionne et nous permet de changer notre vision du monde.

HOMELESS-LUXE

En 1982, Rei Kawakubo a provoqué nos intelligences avec la collection « holes« . Ses mailles déchirées, aux volumes non-conventionnels questionnaient l’interculturalité, la notion de beauté. La collection fut vouée au mépris par la critique.

La Couture de l’été 2000 de la maison Christian Dior imaginée par John Galliano était une collection homeless-chic inspirée par les sans-abris des rues de Paris. Doublures débordantes, coutures non-finies, imprimés papier journal, assemblage contrarié de matières, déchirures, trous… le tout stylisé et accessoirisé pour le podium… Là encore cette démonstration provoqua un petit scandale.

DIOR HAUTE-COUTURE SS 2000

Ci-dessous une photo capturée à Paris, place de la République où la réalité rattrape la fiction des podiums, comme une mise en abyme, illustrant le style homeless-chic-hippie.

SANS-ABRI, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, PARIS 2017 © PHOTO CHRISTIAN POULOT

« Ici et ailleurs », le temps par Pierre Arpels

Utilisés quotidiennement pour nos multiples besoins, nos téléphones multifonctions, iphones greffés à nos mains font de nous ce que l’on appelle un Homme Augmenté. Mesurant notre pouls, secrétaire virtuel, preneur d’images, assistant de notre vie sociale, l’un des principaux usage de ces terminaux reste sans doute, de nous donner… l’heure.

Paradoxe ou vision, la firme responsable du sus-nommé smartphone à mis au point ces derniers mois une… montre avec le souhait avoué de bousculer le monde de l’horlogerie.

Une preuve, peut-être, que la mesure du temps reste un élément essentiel de notre vie.  Du cadran solaire à la montre connectée l’Homme à toujours souhaité maîtriser le temps qui passe.

Depuis que l’Homme à fondé des sociétés, il observe le rythme de la vie (de la naissance à la mort), le rythme des saisons pour la culture aux champs, le temps qui le sépare du village voisin…

Mesurer le temps avec précision est affaire de mécanique.
Chez Van Cleef & Arpels les créations horlogères prônent aussi une dimension poétique, mesurer le temps est affaire d’histoires, de rencontres et d’émotions. La mécanique est au service de l’esthétique.

Sobre, la dernière réinterprétation de la montre Pierre Arpels (du nom de son créateur) au design ultrafin, dont le cadran semble flotter entre deux attaches vise, elle, à l’intemporalité.

Le temps et ses précieux instants, dernier luxe de notre époque, est pour le « garde-temps » de Van Cleef & Arpels une invitation au voyage à travers le temps et l’espace.

“Heure d’ici et heure d’ailleurs” telle une maxime, un vers, est inscrit sur le cadran. « Ici » est maintenant, « ailleurs » sera demain et vice-versa.

Le temps est insaisissable c’est ce qui le rend si cher, il est multiple. On le perd, on le gagne, il est assassin, il nous file entre les doigts. C’est le temps des amours ou comme le chante Aznavour

« Le temps qui va / Le temps qui sommeille / Le temps sans joie / Le temps des merveilles / Le temps d’une jour / Temps d’une seconde (…) Le temps et rien d’autre / Le tien le mien / Celui qu’on veut notre” (Le temps, 1964)

Une série de photos prises ici, à Paris et ailleurs (Saïgon, Marrakech, Marseille, New-York), des instants suspendus et passionnés tentent d’illustrer ces temps.

Des « ici »

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Merci pour les photos à M. Philippe Margeault et Mlle Gaëlle Charles

Des « ailleurs »

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Peau neuve #4 | La notion du « vide »

 

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« I understand why European people take my creations as very Japanese. It is probably because if you see a creation as a whole, as 100 percent, I will always try to finish before arriving at 100. This five, seven, or ten percent we call empty or in between or uncompleted in Japanese. It’s when you go to shut a window or door and leave a space. We need this space, so I design space. Space has always been very important in Japanese traditional art of every genre »

Extrait de l’interview de Yohji Yamamoto pour le magazine en ligne The talks Août 2011 (Ici)

« We need this space, so I design space. »

Dans sa réflexion sur la notion d’espace, la notion de « l’entre », le créateur Yohji Yamamoto, en employant le terme « design » (to design: Realization of a concept or idea into a configuration) pose la question de création, de conception du vide telle une matière première à part entière.

Une idée qui dans son discours parait comme dûe, logique et irréfutable, mais qui pourtant amène à réflexion.

L’espace vide étant ce qu’il est: étendue indéfinie, et ce qu’il n’est pas: objet concret, perceptible par la vue et par le touché, il est difficile d’imaginer le façonner de même sorte que le tangible.

Cependant, Yohji Yamamoto le pense et l’inclue. Il lui offre 5, 7 ou 10% d’ampleur, de liberté. L’inachevé prend alors une autre dimension, la volonté de ne pas arriver à terme, de ne pas donner le point final.

Un parti pris: celui d’offrir à son oeuvre cette étendue, cette infinité, de lui laisser son propre espace d’expression.

Celui de savoir « perdre le contrôle », de prendre conscience qu’il n’est pas de notre ressort de conclure, mais bien de laisser libre. De donner le pouvoir à cette entité qui dépasse les limites de la création docile.

Une sensibilité mise en avant dans les photographies de David Sims (ici) ainsi que dans celles de Nick Knight (ici) où l’ampleur sert de base, tel un support sur lequel le vêtement repose.

Le volume, comme sculpté dans l’espace et dans le temps, suit la ligne du travail de Yohji Yamamoto, celle d’un mouvement saisi, d’un instant « T », vivant et indomptable, rappelant l’œuvre d’Irving Penn pour Issey Miyake (vue ici).

Ci-dessous, Nick Knight pour Yohji Yamamoto

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Ci-dessous, David Sims pour Yohji Yamamoto

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L’immatériel, l’espace, le vide…

… des idées abstraites que l’artiste Yves Klein exposa à la galerie Iris Clerc en 1958.

« La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée », une succession de pièces aux murs peints de blancs, dénuées de tout œuvre saisissable. (Concept repris en 2009 au centre Georges Pompidou avec l’exposition »Le symposium »)

L’artiste, dans sa représentation du vide, n’utilisa aucune allégorie. Il tenta de s’en rapprocher, avec humilité, sans essayer de le résigner à « être ».

Une mise en avant de l’espace à l’état brut, sans réalité matérielle, dans sa pleine nature contradictoire.

Un corps qui nous est proche, une entité sur laquelle nos gestes et nos regards reposent, et qui pourtant échappe à nos sens.

Plus concret que l’idée, plus abstrait que l’objet, un être libre non reconnaissable, impossible à concevoir hors du champ de la philosophie, de l’art conceptuel(1).

(1) Mouvement de l’art contemporain apparu dans les années 1960 et dont les origines remontent au « ready-made » de Marcel Duchamp (ici), attachant plus d’importance à l’idée qu’à la matérialisation de l’oeuvre.

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Galerie Iris Clerc lors de l’exposition

 Art conceptuel, le temps comme l’espace: le Wabi-Sabi

« 1. represents a comprehensive Japanese world view or aesthetic centered on the acceptance of transience

2. The aesthetic principal is sometimes described as one of beauty that is « imperfect, impermanent, and incomplete » — Urban dictionary

De même manière, le principe du wabi-sabi comprend la notion d’infini. C’est le temps, comme l’espace chez Yohji Yamamoto, qui apportera sa sagesse, son histoire et sa beauté à l’oeuvre. Une beauté imparfaite puisque sans échéance elle ne finira de se magnifier. Sa liberté seule la sublimera.

Un concept artistique reposant sur la modestie face à la nature, à l’univers, aux dimensions qui intriguent et fascinent. Les œuvres prennent une dimension spirituelle, tels des dons au temps, à l’espace, à ce qui, « plus que nous », existe.

L’importance ici n’est pas la finalité. C’est la vie, le chemin qui créé la noblesse.

Une philosophie sans espérance, libératrice, une sagesse rare dans une société dont le désir vise ce qu’il ne possède pas déjà, et plus que tout ce qui ne dépend pas de lui. (Cf: « Le bonheur, désespérément » – André Comte-Sponville)

Là est peut être dissimulée la raison pour laquelle l’espace et le temps sont, pour beaucoup, considérés comme le plus grand des Luxe…

Luxe | Comité Colbert, une belle utopie

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Rêver 2014

C’est avec du vocabulaire, ensemble de mots, rassemblés dans un livre, que le Comité Colbert à décidé de célébrer ses 60 ans. Des mots choisis par ses 92 membres (78 maisons de luxe et 14 institutions), 6 auteurs de science-fiction, un linguiste et un compositeur, spécialiste lui, du vocabulaire musical.
Soit 100 écritures projetant le Luxe 60 ans en avant afin de “Rêver 2074”.

Une utopie pleine d’audace

C’est un excellent choix que celui d’inviter des auteurs de science-fiction, genre populaire et de niche, pour parler du luxe de demain. Voilà qui sort des sentiers battus et qui montre le dynamisme qui anime le Comité Colbert. Le genre policier et la S.F sont souvent les livres que l’on met tout en haut de nos bibliothèques ou qui sont relégués au « lieu d’aisance », alors qu’ils ont tout autant que la littérature classique leur Modiano ou leur Balzac.

Plus que créer des textes individuels les écrivains ont collaboré, réutilisant les références créées par chacun d’entre eux dans leur propres textes afin de créer une œuvre “commune” sous la forme de six nouvelles.

“Même s’il y a du doute, la France est un pays curieux au monde” (Olivier Paquet, auteur de “La Reine d’Ambre”)

Les mots pour le dire

Au travers d’un nouveau vocabulaire constitué de néologismes. Le linguiste Alain Rey à imaginé 14 mots-valises, nouveaux mots du luxe de 2074 parmi lesquels on découvre le mot “noventique”.

Depuis l’avènement du web, nous n’avons jamais autant écrit, que se soit sous la forme de billets ou de hashtags. Les mots sont au centre de cette célébration, ils retrouvent toute leur valeur.

SMS, statuts Facebook et autres tags, souvent critiqués pour leur vacuité, leur maladresse grammaticale ou leur vocabulaire appauvri, sont cependant autant de moyens d’écrire et de raconter des histoires. La contrainte des 140 caractères de Twitter à, par exemple, favorisé la création de nombreux concours de haïkus.

Ci-dessous, Elisabeth Ponsolle des Portes, Déléguée générale et Michel Bernardaud, Président du Comité Colbert

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Poésie, nouveau langage et nouveau vocabulaire vecteurs du luxe de demain

Tous les auteurs rassemblés par le Comité Colbert sont attachés à la sensorialité.

Pour l’auteure Anne Fakhouri, qui à écrit “ Un coin de son esprit”, les générations à venir seront initiateurs d’un nouveau vocabulaire. Nous continuerons à “écrire” des histoires « mais aussi » avec des images et des sons, ils seront le nouveau langage de demain.
Au cours de notre discussion, elle me décrit ainsi nos nouveaux comportements de lecture. “Sur un forum on ne lit plus de manière linéaire, on extrait les mots de la phrase. La grammaire perd de sa valeur et le vocabulaire atteint une dimension ludique, on pioche.”
Demain nous devrons utiliser ce nouveau vocabulaire pour exprimer des idées, “être de véritables acteurs du langage qui créent pour leur désir et non celui d’une idée dominante”.

Loin de l’ordinateur HAL 9000 qui veut se comporter comme un humain. C’est sous la forme d’un “langage poétique” qu’une intelligence artificielle va communiquer avec la propriétaire d’un grand vignoble qui a perdu le goût et l’odorat et lui transmettre ainsi les résultats de ses analyses.
L’auteur Olivier Paquet m’explique que dans sa nouvelle, “La Reine d’Ambre” il se crée un apprentissage, une relation proche de l’intime entre les machines et l’humain, il utilise alors le néologisme “intiplanétaire
Son approche vise à rassurer les Maisons sur la cohabitation possible entre les hommes et les machines et le partage qui s’en suivrait. Dans son récit, les poèmes de l’Intelligence Artificielle, “font passer l’émotion même si le vin n’est pas goûté et bien mieux que dans un rapport œnologique…” Des intelligences artificielles qui émettent des sentiments, on pense évidemment au roman de Philip K. Dick « les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ».

Editions de luxe

Le digital n’aura pas “raison” de l’écriture, comme on nous l’a répété pendant des années. Le choix du Comité Colbert d’éditer un livre « digital-only » aboli la tension existant entre print et digital et semble aller dans ce sens de cohabitation de bon aloi.

Le Luxe et l’écrit font donc bon ménage et les initiatives dans ce sens se multiplient. La Maison Hermès fait référence à la poésie dans plusieurs de ses campagnes de communication. La Maison Louis Vuitton édite des ouvrages dont ses fameux « City Guides » composés uniquement de textes depuis des années. En Italie la Maison Prada à créé depuis un an un concours d’écriture.

Au Château de Versailles, le rendez-vous que nous a donné le Comité Colbert n’avait rien d’ostentatoire, mais était chargé d’émotions. Comme le souligne Olivier Paquet “Tous les sens humain, le goût, l’odorat, le toucher, les sons peuvent être transmis via la littérature, voilà qui est plus riche que le cinéma ou le dessin”

Le Luxe de demain sera vecteur d’émotions. Il sera responsable, garant de sens et d’authenticité.

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