Suite de notre apprentissage du cachemire dans les locaux d’Éric Bompard. Lucille Léorat, styliste, nous parle du goût anglais, du Pérou, de l’impression en 15 couleurs, des fantaisies que l’on peut appliquer sur un pull (les torsades, les différents points, etc.) et nous déballe nos pulls revenus de Mongolie.
Ci-dessous, la seconde partie du podcast (séquence live) ainsi que les photos de nos « cachemires ».
[mp3]http://www.lemodalogue.fr/audio/what-is-cachemire-part-2.mp3[/mp3]
Une fois nos pulls déballés et enfilés, notre plus grande surprise outre la qualité de ceux-ci fût que chaque pull correspondait parfaitement à son propriétaire, avec l’aide de l’équipe Bompard l’expérience bespoke a fonctionné à plein.
Un grand merci à toute l’équipe d’Éric Bompard, ainsi qu’à Brian Levy et Kaoliang, responsables de l’opération.
Suite de l’interview avec Jérôme Dreyfuss, le créateur nous parle de mode, des blogs et d’un hypothétique retour dans l’habillement…
Beaucoup de femmes sont complètement dingues de tes sacs, tu as un grand fan club sur les blogs. Lis-tu certains d’entre eux ?
Pas beaucoup, parce que je n’ai pas le temps. Parfois, une de mes collaboratrices me montre les blogs et je suis vraiment étonné. C’est drôle, je ne comprends pas comment les gens peuvent passer du temps à écrire sur un sac. Çà me fait rire, c’est un autre monde pour moi. Cependant je suis vraiment emballé. C’est intéressant, parfois on y trouve des choses vraiment positives et d’autres fois c’est très négatif, ces gens disent ce qu’ils pensent. Cela peut m’aider à monter une collection, mais je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à Internet.
Le slow wear, prochaine grande tendance. Penses-tu qu’un nouveau styliste puisse démarrer une activité sans avoir une éthique bio?
Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Il n’existe pas de règle pour commencer. S’il y avait une règle tout le monde utiliserait la même, et tout le monde ferait la même chose. Je ne sais pas s’ils sont obligés ou non de le faire. Je ne pense pas que ce soit déjà le cas, mais ça viendra. Aujourd’hui, le souci c’est qu’avec toutes les pressions économiques que nous avons, c’est très difficile de lancer une nouvelle marque. J’ai vraiment de la chance, j’ai commencé il y a dix ans. Depuis mes débuts, très peu de créateurs ont réussi à se lancer.
Est-ce plus cher de produire bio?
Non, ça n’est pas plus cher. Je ne paye pas mon cuir plus cher que quiconque. Rien n’est plus cher, si vous faites attention.
C’est donc une fausse idée ?
Oui, c’est une fausse idée. Le biologique est simple, c’est juste le matériel que vous utilisez qui est bio. Après, vous faites ce que vous voulez. C’est plus l’utilisation de différentes pièces métalliques qui coûtent cher. Si le cuir coûte un peu plus il faut faire attention à ce que vous utilisez à l’intérieur des sacs afin de garder un prix normal. Donc non, je ne pense pas que cela coûte plus d’argent pour le faire.
Le modèle Tween Mini
Tu crées des sacs qui dureront toute une vie que l’on pourra transmettre. Considères-tu la slow fashion, comme un luxe?
C’est ce que je rêve de faire. Nous essayons de travailler de cette façon, j’ai toujours dit à mes clients d’acheter juste un sac et de le conserver pendant des années. Mais la pression de la société fait que les gens veulent changer la couleur de leur sac à chaque saison. Je voudrais qu’un jour ils le gardent pendant dix ans, ce qui ne sera pas bénéfique pour mon entreprise, mais ça m’est égal (rires) ! Ce que je veux, c’est aller dans le Sud de la France et faire du fromage.
Y-a-t-il une ligne prévue pour les hommes ?
Non, pourtant tous mes amis me le demandent, parfois je crée des sacs pour eux mais je ne suis pas intéressé par la cible masculine!
Et l’avenir? Un retour dans l’habillement ?
Je ne sais pas, c’est toujours le même problème. J’aimerais refaire des robes mais je ne veux pas être englouti par le business de la mode. J’aime ce milieu et je veux continuer à l’aimer. Donc c’est mieux d’en être éloigné, ça me permet de garder mon rêve, et j’ai besoin de rêver pour être en mesure de créer. Si je suis trop dans le business, je ne rêve plus. Lorsque vous voyez la réalité, vous ne rêvez plus. J’essaie de rester à distance pour me permettre de rêver et de créer. C’est très important pour moi.
Tu es un rebelle…
Non, je ne suis pas un rebelle. Je suis juste quelqu’un de simple qui cherche à faire son travail. Je ne cherche pas à être une star sinon j’aurais joué dans des films. Ce n’est pas mon métier d’être célèbre, mon job consiste à travailler avec des gens, avec mes mains. J’essaie tout simplement de suivre mon chemin.
Quelques années après avoir partagé (à un an d’intervalle) la même école de mode, j’ai eu l’occasion de retrouver Jérôme Dreyfuss. L’homme n’a pas changé, toujours la même décontraction apparente, le sourire et un bon accueil.
Retrouvailles et interview au sein de son showroom parisien, un espace sis dans le XIe arrondissement où batifolent Billy, Francky, Twee et leurs amis sacs, soit environ « cent sacs au mètre carré »…
L’interview se concentre sur deux thèmes. Le premier, traite du label Agricouture lancé par le créateur en 2006 et qui s’ancre parfaitement dans la révolution « Slow », favorisant l’artisanat local et la recherche de la qualité, pour un produit avec une âme, l’anti fast-fashion. La seconde partie (billet suivant) est axée sur ses rapports avec la mode, les blogs et un hypothétique retour dans l’habillement.
A few years after sharing (one year apart) the same fashion school, I had the opportunity to meet Jerome Dreyfuss for an interview. The man has not changed, always the same apparent relaxation, home simple and straightforward. Homecoming and interview in his showroom, a space located in the eleventh district of Paris where Billy, Francky, Francky, Twee, and the other bags (approximately ten bags per square meter) enough to make all these crazy ladies …
The interview focuses on two themes. The first, developed today, deals with the Agricouture label launched by the designer in 2006 and well anchored in the Slow revolution, promoting local crafts and the pursuit of quality for a product with a soul, the anti fast-fashion. The second part (published tomorrow) is more focused on his relationship with fashion, blogs and a hypothetical return to the clothing business.
Retranscription de l’interview (french text version)
Parle-nous du label Agricouture. Qu’est-ce que c’est exactement?
C’est un peu compliqué. Agricouture est un engagement que j’ai pris envers mes clients. Je leur donne la garantie que les animaux que nous utilisons proviennent de la terre où ils vivent libres, ce qui est quelque chose de vraiment important. Ils ne vivent pas enfermés. Ils peuvent courir dehors, manger normalement. Je garantis aux clients que nous faisons le maximum pour éviter d’utiliser des produits chimiques lorsque l’on tanne la peau. Nous garantissons aussi que l’eau utilisée pour tanner la peau est recyclée ce qui est très important. Les choses ont changé en dix ans, quand j’ai commencé à travailler le cuir toutes les usines ne recyclaient pas l’eau. En 2012, je pense qu’ils seront tous obligés de le faire. Au début, aucune d’entre elles ne le faisait et il était difficile de trouver des usines qui souhaitaient recycler l’eau et ne pas rejeter la pollution hors de l’usine. Fondamentalement, c’est la garantie que je donne à mes clients.
Où fais-tu fabriquer tes sacs? Dans une petite usine, dans un « atelier »?
Je ne travaille que dans de très petites usines en Belgique, au Maroc, en Tunisie, au Portugal et en Espagne. Malheureusement pour nous, toutes ces industries ont disparus en France. Je travaille avec des petits « ateliers » et – comme j’aime à le répéter – avec quelques vieux artisans qui connaissent vraiment le travail. J’aime collaborer avec ces personnes car j’apprends beaucoup avec eux. C’est important de continuer à travailler avec ces petites entreprises pour d’apprendre d’eux, et qu’il puissent transmettre leurs connaissances à d’autres. C’est vraiment ce qui fait le luxe français, donc je pense que mon rôle est de travailler de cette façon.
Sais-tu pourquoi les marques haut de gamme (à l’exception de quelques-uns) ou encore les marques de grande distribution ne communiquent pas sur le « bio »? Penses-tu que cela aurait une réelle incidence si certains grands noms indiquaient la voie.
Je pense. Je ne suis pas sûr qu’ils vont communiquer à ce sujet, mais je suis sûr qu’ils le feront un jour parce ils seront obligés de le faire. Nous allons avoir des lois pour obliger les gens à travailler avec des produits propres. Donc, tout le monde va s’y mettre lentement. Les gens continuent à me parler d’agricouture, apparemment j’ai été l’un des premiers à utiliser ces matériaux et ces techniques. Maintenant, je vois quand je voyage je vois d’autres entreprises qui utilisent aussi ce type de produits, ce que je trouve bien. Je ne veux pas être le seul à le faire. J’espère que tout le monde suivra. Je suis sûr que les grandes entreprises s’y mettront aussi, mais pour elles cela exige beaucoup d’organisation et de modifications des usines, ce qui prend du temps. C’est plus facile pour moi parce que j’ai une entreprise plus petite.
A propos de la création, quand nous parlons de bio attitude, les gens pensent encore à quelque chose d’ennuyeux : couleurs fades, formes pauvres, etc. Mais ce n’est certainement pas ton cas, tes sacs ont de nombreux détails, qui semblent être très réfléchis. Comment crées-tu un nouveau sac, où trouves-tu l’inspiration?
Je trouve l’inspiration en regardant ma femme et mes amis. Je m’intéresse à l’architecture des années 30 aux années 60. Je suis surpris par des gens comme Noguchi, George Nelson, ou Jean Prouvé. Ces gens ont essayé de fabriquer des meubles pour le grand public. Ils ont essayé de faire en sorte que tout soit pratique et facile, c’était un peu les débuts des meubles slow. L’objet doit être pratique et bon marché. Je suis épaté par ces designers. Quand je crée un sac, je pense toujours à ce que ma femme et mes amis mettraient dedans. Je le fais en fonction de ce dont ils ont besoin de mettre l’intérieur. C’est pourquoi il y a beaucoup de poches et toujours une petite lampe à l’intérieur. J’essaie de rendre la vie des femmes plus facile, ce qui est vraiment très dur!
Tu ne sembles pas être sous l’influence des tendances.
Non, je ne m’intéresse pas vraiment à la mode. Avant je m’y intéressais plus, j’en rêvais. Mais je ne pense pas qu’elle soit créative aujourd’hui. Il ne se passe pas grand chose dans le monde de la mode aujourd’hui. C’est devenu un gros business et je ne suis pas intéressé ni par Madonna, ni par Mariah Carey, ni par le reste.
Plus maintenant ?
Plus maintenant. Je l’étais quand j’avais 20 ans, aujourd’hui j’ai 30 ans et je ne suis plus du tout fasciné par ces gens. Ce ne sont pas de vraies personnes, tout est faux, les seins sont faux, leur bouche est fausse, leur voix est fausse. Je préfère les choses réelles. Je travaille beaucoup avec des jeunes artistes. J’ai une bande d’amis qui sont peintres ou artistes. Ils sont plus créatifs que quiconque dans la mode, et ils m’inspirent beaucoup. Ils n’ont pas la pression que nous avons dans la mode, où nous avons tous besoin d’être dans la tendance, bla bla bla, et toutes ces choses stupides. Je me fiche de tout ça. Je préfère me recentrer sur mes émotions et essayer simplement de séduire les femmes.
Invité par Éric Bompard dans son studio de création, j’ai vécu une expérience étalée sur plus d’un mois que j’ai partagé avec Julie, Nadia, Francesca et Stéphane.
Éric Bompard, Lorraine Bompard, sa fille et une partie du personnel ont pris le temps de nous expliquer la fabrication d’un fil de cachemire ainsi que le processus de création d’un pull Éric Bompard, de la tonte de la chèvre jusqu’à son arrivée sur nos épaules. Une expérience bespoke, qui nous amenait à créer notre pull, en choisissant le type de maille, la couleur et la forme de celui-ci.
Dans cette première partie, Lucille Léorat, styliste, nous parle des chèvres Capra Hisca, du twist et de techniques de lavage qui permettent aux pulls Éric Bompard d’obtenir une qualité sans égale. Je vous laisse écouter le podcast que j’ai réalisé pour l’occasion ainsi que les premières photos de l’événement.
Le poil après la tonte…
Le poil nettoyé
Le poil teint
Un fil non twisté
Un fil en bobine, prêt à l’utilisation
Le croquis de mon pull…
Dans la seconde partie, nous découvrirons les différentes fantaisies que l’on peut apporter sur un Bompard ainsi que nos pulls revenus de Mongolie !
Respectueux des codes du costume masculin, Kris Van Assche en détourne les détails pour proposer des tenues d’une étonnante modernité évitant toute forme de déguisement. Chef de file de la mode masculine, Kris Van Assche nous livre ici ses impressions sur la beauté, le statut de créateur de mode, ses influences et les nouveaux médias. Les organisateurs du Festival de la Photographie et de la Mode d’Hyères ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en le nommant président du jury de l’édition 2009.
Vous êtes un jeune créateur responsable de la direction artistique d’une des plus prestigieuse maison de couture. N’est-ce pas trop difficile à porter? Quels conseils donneriez-vous à un jeune créateur qui veut débuter dans la profession?
Il faut revenir sur l’ensemble de mon parcours pour comprendre mon cheminement jusqu’à cette fonction au sein de la maison Dior. J’ai tout d’abord été le plus jeune diplômé de l’Académie Royale d’Anvers, puis j’ai effectué ma première expérience professionnelle chez Yves Saint Laurent pour la ligne Homme. J’ai ensuite rejoint Dior Homme que j’ai quitté pour fonder ma propre ligne puis finalement retrouvé pour en diriger la ligne masculine… Tout s’est passé relativement vite, sans temps mort. J’ai cependant vécu cette période intense avec beaucoup d’interrogations. Je savais ce que je voulais même si je n’avais aucune certitude quant à l’aboutissmenet de mes rêves… Il faut avoir à la fois de le achance mais aussi faire preuve de courage, d’un travail acharné et d’une concentration à toute épreuve. Il faut écouter les conseils mais ne pas être frileux. Alors, si je me permettais de donner un conseil à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure, ce serait d’être fou et rigoureux à la fois.
A l’image de certains créateurs comme Karl Lagerfeld, créateur de mode, photographe et depuis peu réalisateur de court-métrage, éprouvez-vous le besoin de vous exprimer dans d’autres domaines artistiques?
Effectivement, je m’intéresse à l’art en général. Je me suis déjà impliqué dans de nombreuses expositions, en particulier dans de nombreuses expositions, en particulier au sein de la galerie de Barbara Polla « Analix Forever » pour qui j’ai créé plusieurs installations: « Handsome » En 2006, « Working Men » En 2008. Nous avons d’ailleurs d’autres projets en cours. La photo tient également une place privilégiée dans ma vie. Ma contribution en tant que rédacteur en chef au A Magazine a été l’occasion de montrer quelques uns de mes clichés de voyages et de réunir des artistes qui représentent une influence dans mon univers, comme Nan Goldin, Jeff Burton ou Sarah Moon.
Etes-vous d’accord avec cette phrase : «Un créateur aujourd’hui doit pouvoir répondre à tout »?
Oui et non. Oui, car il nous faut être beaucoup plus polyvalents qu’auparavent, plus ouverts, plus « poreux » au monde qui nous entoure. Et non, car il est absolument ridicule et présomptueux de demander à un créateur de mode d’être omniscient et omnipotent. C’est totalement déplacé et vaniteux. Restons à notre place.
Ce qui touche beaucoup dans vos créations c’est la dimension poétique et une très grande sensibilité. Comment définiriez-vous la beauté?
Ma quête reste toujours la même. Celle d’une élégance radicale. Il faut qu’elle soit moderne et sensible, tout en traduisant l’énergie de notre époque. La beauté est un état de grâce, une noblesse naturelle sans caricature ni posture.
Dans le dernier défilé Dior Homme, il y a un pantalon coupe «baggy» avec une large ceinture repliée, comportant une poche plaquée au dos et une martingale au côté. Ce mix du sportswear et des attributs classiques du costume masculin semblent définir votre style.
Je souhaite revisiter les classiques, les bousculer pour atteindre une véritable modernité. Je souhaite revisiter les classiques, les bousculer pour atteindre une véritable modernité. Il ne s’agit pourtant pas de déguiser les hommes, de les caricaturer. Je m’attache donc aux détails, aux décalages. Le costume est comme une figure imposée qu’il faut maîtriser à tout prix pour mieux le faire « muter ». Tout doit se passer dans les glissements, sans que cela soit brutal ou défigurant. La subtilité réside là, dans ce carrefour d’influences.
J’ai trouvé dans vos collections personnelles et également dans la dernière pour Dior Homme des rapprochements avec l’esthétique du cinéma expressionniste (les angles, le noir et le blanc, etc.), quelles sont vos principales sources d’influence?
Cela varie énormément. La peinture flamande comme les photos de Desire Dolron peuvent être une piste de départ pour une collection. La musique électro de Justice peut en être une autre. Films, musiques, rue, tout m’inspire et me nourrit. Une collection résulte souvent d’une mosaïque d’influences quotidiennes (mon entourage proche) ou exceptionnelles (expos, créations diverses).
La mode Homme a beaucoup évolué ces dernières années. Comment définiriez-vous (en quelques termes choisis) l’homme occidental contemporain?
Il est plus complexe et subtil dans son désir de mode. Il est réconcilié avec l’idée d’élégance mais ne veut pas pour autant être apprété. Il est sophistiqué mais sans contraintes, moderne mais en refusant le déguisement d’une « Fashion Victim ». Il a trouvé un équilibre en somme…
Le chapeau est un accessoire oublié depuis longtemps. Il semble que vous ayez une affinité particulière avec cet accessoire. Est-ce un accessoire susceptible de faire son apparition chez Dior Homme?
Le chapeau est un accessoire intemporel, qui dépasse toute notion de nostalgie. Il est la signature d’une élégance radicale, assumée. En même temps, il est toujours très moderne, plébiscité par les plus jeunes. Il ne cesse de concrétiser cette nouvelle masculinité, très sophistiquée sans pour autant verser dans le déguisement. Je l’utilise souvent, mais pas systématiquement. Je l’ai mis en scène sous toutes ses formes au Pitti Uomo dont j’étais l’invité en 2007, au coeur d’une installation nommée « Desire ». Le chapeau est pour moi autant un symbole et un objet de recherche qu’un accessoire du quotidien, actuel et indémodable.
Internet vous influence t-il, y trouvez vous des sources d’inspiration?
Internet est un outil quotidien, complémentaire des autres supports. En ce sens, il participe à un ensemble, facilite l’accès à certains documents. Internet n’es pas mon seul outil de connaissance et de recherche mais je ne saurais pas m’en passer.
Pensez-vous qu’internet va modifier le rapport que nous avons avec la mode, les créateurs et les marques?
Peut-être, je ne suis pas assez visionnaire sur ce sujet pour faire des prévisions. Ce qu’il y a de certain avec Internet, c’est qu’il modifie l’accès au luxe et même à l’hyperluxe. C’est réellement une véritable révolution. Toutes les grandes maisons vendent en ligne aujourd’hui alors qu’il y a quelques années à peine cela aurait semblé être une hérésie…
Avez-vous des projets futurs?
Mon futur est largement organisé par le rythme des collections: deux pour Dior Homme, deux pour KVA Homme et deux pour KVA Femme. Il ne me reste que peu de temps pour le reste. J’ai quand même pu libérer mon agenda pour prédiser le prochain Festival d’Hyères en avril prochain. C’est une mission très importante à mes yeux. — Lire aussiRésumé du défilé Dior HommeKris Van Assche, l’homme fleurDis Hedi quand reviendras-tu ?
Une interview de Giles Deacon, créateur très demandé depuis son succès lors de la précédente Fashion week londonienne, réalisée avec Stéphane Galienni.
On y parle de création, de ses amités avec Luella, Stella Mc Cartney ou Gareth Pugh, d’internet et des blogs, de Pac Man et de Moscou.
Park Hyatt Paris Vendôme, december 4th, 2008
Me: In 2007, you won a BFA(1). This year, Luella won the BFA. You are friend of Gareth Pugh… is there a Deacon posse?
GD: I suppose it appears that may be from the outside, but Luella that I knew from St Martin’s was two year below me. I have known her for fifteen or more years. Gareth, his studio is very close to mine; I’ve known him for five years. I think it’s very different in London than it is say in Paris where people work very, very independently. There is no crossing at all. In London everyone is with each other all the time, it’s much more like a healthy competitiveness, than a kind of people are more willing to help out each other.
(1) British Fashion Award.
Me: It was the same thing with the previous generation, John Galliano, Alexander Mac Queen or Antonio Berardi?
GD: Yeah, I think it worked like that. I mean it’s…in particular with this group, kind of group you are talking about now…I was a bit of a funny one. I was in college with Alexander, Stella, but I set my own company relatively late, because I wanted to go work for other people. I worked with Jean Charles de Castelbajac in Paris, Gucci, Bottega Venetta, etc. I wanted to get kind of get experience about the cities and the way which other people work. I left college and I didn’t really know how it all worked. I really wanted to see that, I think that I really benefited me in the kind of outlook I have. I think I have, from a design perspective, a slightly different understanding of what customers and people around the world want.
Me: In 2003, you opened your fashion house. What does a designer need today to start in this business (except money -smile-?)
GD: First of all a good relationship with the bank manager who looks after your money (laughs). They need to have a very clear idea of what their esthetic is about, what they want to achieve from setting up a fashion house. I hate to use the word « DNA » that people seem to like to use, but you need to know what the thing is that you’re wanting to project.
Me: A lot of new designer are coming from London, you, Gareth Pugh… Do you think it’s easier for a new designer to start in England ?
GD: Yeah… so much easier. I think the reason is the colleges and I think the general kind of cultures in London is so diverse and it’s very ideas driven from music through to graphics, art. There’s a big interest in creativity and ideas. It’s kind of is everywhere and for some reason it seems to work. You sit and try analyzing it, as I’ve thought about it before… but I don’t really know what the answers are, but it kind of exists and it does. It’s just kind of one of those things, which is great…great for London
Me: Because there is more creativity?
GD: I don’t know if it’s that… I think that there is from an outside perspective from people all over the world, I don’t know why, there is a much bigger willingness to kind of accept something new from London than pretty much anywhere else. I don’t know if there’s lots of ideas…I don’t know, but it seems that if it’s « from London » it might be something. I don’t know, that seems to be the impression that I get. I think it’s a shame because there’s lots of great people starting up in all sorts of places that are really, really good and I think it’s all harder for them in certain worlds to get as far…you can reach a bigger audience much quicker in London, I think than lots of other places.
Me: You worked for Louis Vuitton and Ralph Lauren and they are very different in style, how difficult was it for you to adjust, question #1, and would you call it a useful experience ?
GD: I think it’s a very useful experience, if you decide to go want to go and get a job which is what the idea of what I wanted to do when I graduated from college, because you know that the number of graduates who end up working in design is tiny. I wanted to go and get experience working in other environments and you pick certain areas in your personality that you feel you have some connection with from a design perspective. It’s really important, as a designer, you should be able to understand what these different houses thing is about… and then put you take and understanding on how to design for that house. That’s why when people come and work for me and I set them a project to do, I don’t know, design some skirts or something for the collection; it’s no good if they come back and just come back with things just suitable for Comme des Garcons…they have to get an understanding of what the house is about and it’s a very, very important thing as a designer…especially if you want to work.
Me: There was in your last collection « some » Pac-Man, Pac-Man prints, Pac-Man hats… Giles are you a computer geek??
GD: I don’t think I’m a computer geek, I love all aspects of technology, and I embrace that very much so and if that means I’m a computer geek, then maybe…. The whole idea of using Pac-Man was something that came along from when we were doing fittings with Stephen Jones who is the milliner. Every season it works differently. For the forthcoming show, we’ve already designed all the hats and the clothes are going to be designed after the hats. The shoes that Christian Louboutin has done have been designed already, so the clothes will be designed around those. Whereas last season; it worked in a way that the hats came quite late in the process. The clothes were coming out quite graphic, the colors. It just worked, we played with shapes, we made these balls….and said, »They look like Pac-Man. »…then we decided, « Wouldn’t that be funny? Wouldn’t that be a nice idea? « . That’s how it came around. It wasn’t because I used to sit playing Pac-Man all the time. I like it when accidents and intuitive things come along. I like it when it’s not so all referential throughout the collection.
.. in your last collection some Pac-Man, Pac-Man prints, Pac-Man hats…All catwalk photos Imaxtree
Me: I loved your prints and you mentioned graphics… Do you work with graphic designers on this collection?
GD: Yeah, every season I have. There is this guy called Rory Crichton who I’ve known for a long, long time and we work very closely together. Again, there is no set format of how we do it. Sometimes Rory will come along to a fitting and we’ll discuss things…tear sheets that I’ve saved over a period of time or things…might be something we see today, see something take a photograph of it, print it out. We keep big archive books of just images of things. You intuitively feel certain times, certain things feel right. Let’s do an abstract camouflage or something. It just works like that or Rory could have an idea of something that he maybe wants to do, some ideas he’s had and then we’ll design something for the print. So, it can work in many ways, which I really like, it keeps it fresh and the ideas exciting instead of seeing reams of ready to buy prints. I really like designing them. We work really closely on that.
Me: On the subject of that collaboration, today there are many cases of such a types of collaboration. There is Rei Kawakuko working with H&M and now you have architects that design shoes, illustrators that draw dresses and clothes. Do you think that’s a good thing, creative and positive or does it tend to makes things more common place?
GD: I think it’s a really good thing, I’m all for people trying to experiment in other areas of design. I think that designers and inherently creative people don’t like being compartmentalized. I think it’s great that people have got the opportunities to test other things. Some may work, some may not. Reach out to a larger audience to see ideas and creativity which can only be good things. It’s good as long as you retain the core values of what you are about and work really hard on that. I think it’s essentially a really good, interesting thing.
Tanqueray No. Ten, world’s finest gin Martini. Art-Déco style designed by Giles
Me: About the internet, do you read fashion blogs? Do you know any of them?
GD: I go on a couple, yeah. I have a look on style.com. I have on look on boingboing. I often get to them by looking for something. This friend of mine does one blog on shoes, which is quite interesting.
Me: So you don’t specifically read fashion blogs?
GD: Sometimes, not everyday, no. But I do read them. I don’t follow them like a newspaper every day, it’s when researching or looking for something then I kind of get redirected around.
Me: Do you think internet is going to affect the relationship that people have with fashion, in general?
GD: Yeah, it increases your speed of seeing things, doesn’t it? You can see much quicker all around the world what’s going on. If you want to find out what’s going on in Reykjavik or Buenos Aires you can go in there and find things or find new stores. So, yeah… one thing that I do think is that it’s another channel for ideas to be seen.
Me: Isaac Mizrahi has asked web-surfers to send him some designs for a customized tee-shirt, then he’ll choose one and he’ll put it on his show and promote it. What do you think of this?
GD: Yeah, it’s great, it’s great fun. It’s brilliant for people to get access to things; you choose to enter the competition. It’s a bit of an interesting idea.
Me: What’s the last thing that struck you ? A movie, a picture you saw, trip you took?
GD: I was in Venice before it started flooding, about 7 to 8 days ago…which is really fantastic and I always really love going there. I was in Moscow the week before that, which I had never been to, which was really incredible. Kind of fascinating on lots of levels: of seeing the super amount of money to the complete lack of money. A very different dynamic to being in a European city, the way that everything is done. It’s really quite extraordinary; I’d like to have bit more of a look there. But in regards to a film, there was an interesting program on the television called Survivors. It’s about a group of people who find out that they are all alive after a large epidemic has wiped out a large amount of the population and I thought it was quite fascinating on how you would start dealing with all of that, it was pretty thought provoking.
Me: Future projects??
GD: Future projects…well, the collection which is paramount…and we do pre-collection now. We are doing a collaboration with Smythson, a kind of diary. We are doing some sketches of mine put onto some the notebooks and notepads and things which are being really beautifully done and really nicely printed. Um…what else are we doing? I mean, there are all sorts of things flying around, we are doing some more sunglasses, or tons of stuff.
Me: You are a great illustrator can you draw something for me (smiles)??
GD: Can I draw something for you? Dum, dum dum, what shall I draw for you ?… All right… (sketching noises)… This isn’t an example of a great illustration… But you can have, how about… there you go ! You can have a… mask ! Cut across the dotted line… Get the scissors out when you get home… There you go !
Un second podcast avec la sympathique Anne Willi, créatrice de la marque éponyme. Elle nous parle de son parcours professionnel, de la mode en Israël, de la gestion et des contraintes de production au sein de son entreprise, ainsi que du marché japonais…
Ensuite filez vite voir son site et passez dans sa boutique pour y voir de bien beaux vêtements au 13, rue Keller dans le 11e arrondissement parisien.
Le prochain Modcast sera consacré à Isabelle Puech, de Jamin Puech.
Isabel Marant le temps d’une petite interview, nous explique ce que c’est qu’être un créateur indépendant, parle aussi de la création sous toutes ces formes, de la femme qui s’habille chez elle, et d’argent.
Notez certains phrases intéressantes, comme :
« Les vêtements pour moi ce n’est pas de l’art »
« (La mode) à … un processus créatif commun à plusieurs métiers »
ou encore
« Mémé H & M, te trouve ça plus intéressant qu’Agnès B »…
Une interview récupérée dans le magazine Technikart Mademoiselle n°8 (Automne-Hiver).
Loin des logiques de groupe, des designers-stars-people et de l’élitisme faisande de certains créateurs, Isabel Marant est toujours a la tête d’une maison independante. On ne la voit peut-être pas dans « Closer », mais elle compte aujourd’hui 300 points de vente à Paris, Londres, New York et Tokyo. Rester soi-même, ça marche aussi.
Isabel Marant, votre nom est toujours synonyme d’une marque indépendante, pourquoi ce choix ?
J’essaie de faire quelque chose de singulier. Le fait d’être indépendant, de ne pas faire partie d’un énorme groupe, cela permet de ne pas avoir de comptes à rendre. À quiconque.
N’est-il pas oppressant, parfois, de ne rendre des comptes qu’a soi-même ?
Il y a des gens qui ont besoin qu’on leur donne un cadre. Moi, surtout pas ! Dans un monde super-uniformise, mondialise, le fait d’être indépendant permet de faire de vrais choix de stratégie. Ce qui m’intéresse dans le vêtement, c’est que l’on sent qu’il y a quelqu’un derrière. Pour cela, il faut garder le contrôle. Trop gros, on n’arrive plus à préserver cela.
Une création n’est-elle pas, par définition, très dépendante des courants de mode ?
Les courants de mode, on crée tous ensemble. Forcément, je suis sous influence parce que je m’intéresse à ce que font les autres, Et moi, j’inspire d’autres gens aussi. C’est la Mémé démarche que dans la musique ou dans le cinéma Un processus créatif commun a plein de métiers.
Et financièrement, être indépendant, c’est un avantage ou un inconvénient ?
C’est beaucoup plus rentable, parce qu’on investit ses propres sous et on les gère. Dans les grandes maisons, il y a vachement plus de gâchis. Les grands créateurs, ils s’en foutent, ce n’est pas leur fric ! Donc ils engagent des gens et commencent des trucs qui ne servent pas à grand-chose. Moi, le ne commande pas un mètre de tissu qui ne va pas servir.
Malgré votre indépendance, vos vêtements sont passe-partout, conformes, voire neutres…
Conformes ou neutres, je ne crois pas. Simples, basiques, oui, tout a fait. Je ne suis pas une révolutionnaire. Dans ta mode, il y a plusieurs axes possibles. On peut faire une mode très créative et très artistique, comme Viktor & Rolf ou d’autres… Je trouve cela fantastique. Ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Et je ne pense pas avoir ce talent-là. Ce qui m’intéresse, c’est d’habiller les gens. Moi la première.
Donc apparemment vos amies et vous étés plus casual que Barbies trash…
Non, je ne dirais pas casual. Ce sont des gens qui ont une certaine sensibilité, une certaine poésie, différente mais pas tape-à-l’œil ni ravageurs. Effectivement, je n’aime pas qu’on se retourne sur moi dans la rue. Les vêtements, pour moi, ce n’est pas de l’art. On doit pouvoir s’habiller avec tous tes ours. Je suis styliste, je ne suis pas créatrice, voila. Par contre, je n’aime pas trop quand on me compare a des gens comme Agnès B. Dans la philosophie, oui. Mais je ne pense pas taire des vêtements aussi…, insipides. Mémé H & M, je trouve ça plus intéressant qu’Agnès B, Moi, je m’attache à créer une différence dans une coupe, des couleurs, des matières, Mais je n’ai pas envie de faire des vêtements en plastique pour être super-moderne, désolée, on n’habite pas sur Mars. J’ai envie d’utiliser des matières naturelles parce que la pollution, ça me gonfle.
Et à part vous-même, quel genre de nana s’habille chez Isabel Marant ?
C’est une tille qui a juste envie de s’habiller, mais qui cherche peut-être autre chose que ce qu’il peut y avoir chez H & M. ou chez Zara. Le gros de ma clientèle, ce sont des gens de ma génération. Moi, j’ai bientôt quarante ans. On a tous un mec, au moins un enfant. C’est vrai, ma marque vieillit avec moi, mais ce n’est pas une mode de vieilles filles non plus. Quand j’ai commence, te faisais des trucs super-moulants, hyper étriqués, dans des tissus un peu limites, J’apprenais mon métier, j’avais dix-huit ans et je m’en foutais de porter du polyester et d’avoir un ourlet mal tait. J’avais plutôt envie d’avoir un truc rasta touffe, alors qu’aujourd’hui, je sors moins en minijupe qu’avant…
Elle ressemble a quoi, la femme Isabel Marant ?
Charlotte Gainsbourg, Lou Doillon, Sofia Coppola, Kirsten Dunst, Romane Bohringer… Ce sont des gens qui se ressemblent. Je n’ai pas dit Paris Hilton… Ce sont des filles qui bossent, qui ont des centres d’intérêt, des convictions, des partis pris, une personnalité… Urbaines, évidemment, je ne suis pas Ralph Lauren. Ce sont des tilles qui peuvent être aussi bien lesbiennes qu’hétéros, avec ou sans enfants… Elles font ce qu’elles veulent de leur cul. Et ma mère qui a soixante-cinq ans, elle met mes vêtements. Je ne les reconnais pas vraiment mais ça m’éclate ! Je me dis qu’au moins, je n’habille pas que les minettes Et de quel droit on dirait, « Ah non, toi t’es trop vieille, ou toi t’es trop grosse… »?
Quelles autres femmes vous inspirent ?
Dans la philosophie ou par rapport à une attitude et au chic, Simone de Beauvoir, Louise Bourgeois. Des femmes avec du caractère, du tempérament, de la trempe. Diana Vreeland, la rédactrice du « Vogue » américain dans les années trente, une espèce de folle furieuse qui voyageait tout le temps. J’adore Frida Kahlo aussi. En revanche, je déteste les filles qui vont venir chez moi pour s’habiller de la tête aux pieds, avec le look du defile, ça m’horripile. L’excès n’est jamais très intéressant.
Et il n’a jamais été question de lâcher votre marque ou de la revendre ?
Je pourrais faire cela encore des années Mais un tour, on peut me proposer 200 000 euros, pour me racheter ma boîte. C’est ce qu’elle vaut. Nous faisons 30 % de chiffre d’affaires supplémentaire par saison. Nous ouvrons des boutiques en Asie, a Hong Kong et ailleurs… En attendant, te gagne 50 000 balles (7 600 euros) par mois et te roule toujours avec la Mémé bagnole depuis quinze ans, une vieille Golf pourrie.
Propos recueillis par Pascal Bories (TecknikArt Mademoiselle)
Lidewij Edelkoort was born in Wageningen, Netherlands in 1950, she works in paris as coordinator of 2 research centers on trend-forecasting : studio edelkoort and trend union; she is publisher of bloom, interior view and view on colour 3 visionary magazines (united publishers) . li edelkoort is envolved in a humanitarian project heartwear, a non profit organization, helping third world producer with a concrete mail order catalogue, where consumer expectations meet local crafts. the profits remain to the comunity. since 1999 Li Edelkoort is chairwoman at the design academy of Eindhoven.
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Milan the 14.04.2000, we met Li Edelkoort at the compact-presentation, during the milanese furniture fair —
what is the best moment of the day?
I like the earlier morning, I wake up rather early to have time to recover, so I have coffee in bed and watch the news on television, it’s a very nice private moment.
what kind of music do you listen to at the moment?
some new african music, I became godmother for a band in Paris, they make a fusion of african and western music.
do you listen to the radio?
not much, in france there is a fantastic cultural radio, so when I work at home I can have that all the day, but then it’s almost like background music.
what books do you have on your bedside table?
again african culture, a book written in dutch, a story how somebody comes from the middle of africa and goes to the netherlands and discovers this country.
do you read design magazines?
not much … because I make them. I read magazines when I fly, so since I fly a lot I read a lot of magazines, mostly fashion- and scientific magazines, well, design magazines … I try to keep track what everybody is doing. I’m not really reading, I’m looking at them.
where do you get news from?
my intuition, it’s not information directly, it’s more the climate, which evolves from day to day.
what kind of womenswear would you never put on?
most womenswear seen in all these shops.
do you have any pets?
I have two cats. adam and eve. they are siamese cats.
where do you work on your projects?
in any place, the best place to think is in the taxi or in the aeroplane, because at least I cannot be reached easily. somehow travel gives me wisdom, almost like being in trance, I speak to nobody and think. is there any designer from past you appreciate a lot? many of them, I think mies van de rohe, of course…
if it is possible to talk about colleagues, is there any particular you appreciate?
I find it difficult to say » this is my favorite « .
which of your projects have given you a great satisfaction?
the making of a car, the nissan micra, » lei è la mamma della micra » they said it in an italian designbook. now I do the second generation, that is very ecxiting, I like to work on food and beverage and still I like very much working on textiles, it was my first love, I’m very keen on it, I’m a textile freak.
you teach at the academy of eindhoven…
I’m not teaching anymore, I’m the first possible freelance part-time chairwoman of a highschool. we are two, two woman, liesbeth in’t hout and myself, this can only be because we think exactly the same, liesbeth is there, every time I say ‘next time we should do this’ she already has thought about it too.
‘… the conventional linear model of – education/work/leisure – is being replaced by a cyclical new model…’ this is your enunciation, please tell us more
I said this? yes, one could make a design institute just about leisure, because leisure is almost everything, it can be a television show, a game, knitting, it can be food, sports, it’s everything exept work, it takes such a space, it is very hard to capture the whole.
You always consider ethical aspects, do your students carry attention that freetime is often used in slogans of a conservative rhetoric, used to hide social problems as unemployment?
of course, very early in our courses we have been working on social problems, people who have leisure first, which is unemployment, which is streetchildren, so it keeps coming up all the time, that to have freetime it’s not neccessary only positive, in our institute I think that there is a great feeling, that we must as well design for minorities, problem groups … and not just working on beautiful chairs and lamps. for the future we are planning a department on humanitarian design and I’m looking for sponsors for this course, because it’s very expensive, we have to send our students to the areas where are these problems.
at the news broadcast they said that the italians are afraid of the lack of work, criminality and pollution. what is making you afraid?
I think that there is enough work in europe, actually we have to reimmigrate people for certain work for the digital world, e- commerce… I believe that the criminal climate might change, we see that the soceity at large is slowing down, is not as much interested in speed, going very quickly, very crashed, this in particular is valid for young people, maybe they will go to slower drugs, away from ecstasy, maybe to … just smoking a little, some cigarettes, that will be very important to fight the criminality among the youngsters. I’m never afraid because I believe that the human kind can solve problems, what we just need is first to have a problem, then we work on it, we are not mastering the idea to prevent it.
Cet interview est tirée du site designboom, allez-y pour y avoir des informations complémentaires, photos, etc. Bien entendu, ne manquez pas le site de Li Edelkoort ici Les bureaux de Li Edelkoort sont situés à Paris XIV.