PFW | Inévitable Harry Halim

Chez Harry Halim, je  cherchais une image de la féminité drapée de noir, sensuelle et dramatique comme les danseuses de flamenco, vu de l’Orient. J’étais à la recherche de silhouettes envoûtantes, nullement mystiques ou nostalgiques mais contemporaines. Les quelques silhouettes gothico-tribales, qui peuplent le défilé, semblaient cependant trahir mes attentes.

De ce défilé ont retient les différentes propositions que fait le designer, il explore de nouveaux espaces cette saison montrant son désir et sa propension à offrir un champ créatif non limité. Chaque silhouette a son existence propre, Harry Halim arrive à créer des silhouettes denses et équilibrées (voir ci-dessous).

Une veste-cape aux manches dont la couture est subtilement remplacée par des crochets, contraste avec le baroque d’une large écharpe aux extrémités plumées, le tout sur un pantalon « moderne » à couture tournante. L’ensemble ayant une dimension ludique, puisque l’on peut en maniant les crochets « jouer » avec l’amplitude des manches et varier ainsi le volume de sa veste.

Cette saison Harry Halim propose un travail sur le pli et le drapé. Du col à la poitrine en passant par le dos, le tissu va et vient se pli et se replie.

Tantôt noué ou bouillonné pour former une large et chaleureuse écharpe, un col-écharpe…

Rencontre d’un top très fluide et d’un pantalon fitted.

… tantôt plié finement, « plissé s’il vous plaît », pour former une fraise, des ailes-éventails ou un top-débardeur de gala…

… tantôt plié large formant une encolure dos dégueulante ou donnant de large revers.

Ci-dessous, pelerine à large revers et large col à l’attitude quasi militaire, fermée par des crochets imitant des brandebourgs pour une femme un peu guerrière cette saison.

Harry Halim

J’aime… la grosse maille crochet ou…

la fluidité-drapée de cette robe.


Mais je suis moins fan… des silhouettes gothico-tribales, frisant parfois la caricature.


Brrr… La Dame des Carpates…

J’aime beaucoup… le clip présentant sa collection

Progetto Primo | Une valise pour deux

Un petit passage à l’Hotel Costes dimanche dernier après une journée pleine de défilés, afin d’y découvrir, dans une des suites spécialement aménagée pour l’occasion, le vestiaire « Progetto Primo » créé par l’architecte Claudio Monti.

Une collection interchangeable et adaptable pour homme et femme. Des vêtements peu communs, il ne s’agit point ici de pantalons chino ou de vestes en denim, mais plutôt d’étoles, de blousons transparents ou de chauffe épaule en fourrure. Des matières de grande qualité, velours de lin, velours de soie, issues de la décoration et de l’ameublement traitées ou détournées pour la couture.

Une collection qui donne envie de partir en week-end avec une seule valise.

Etole pour elle et/ou pour lui

Blouson en velours de soie pour lui, parfait en version XXL pour elle

Claudio Monti


 

Oh Porto !


Final du show de Luis Buchinho

Trois jours non-stop sous un temps paradisiaque et idyllique, au pas de charge pour suivre une des fashion week lusitanienne.

Au Portugal il y a deux fashion week, celle de Lisbonne et celle de Porto. Pourquoi me direz-vous? Les créateurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer non pas su me dire ce qui différenciait les deux manifestations. En l’espace d’une dizaine de jours des créateurs comme Fatima Lopes, Alves Gonçalves, Ana Salazar ou Luis Buchinho organisent deux défilés majeurs dans leur pays…

A Porto donc et ce pendant trois jours, se déroulent deux manifestations sis dans un même lieu. Portugal Fashion ou les défilés des créateurs établis. Felipe Oliveira Baptista y fait défiler sa collection vue à Paris, Luis Buchinho en profite pour y présenter une ligne plus orientée maille, Fatima Lopez, la star, déchaîne les passions parmi le public, avec une collection très inspirée par l’univers aquatique. Autour de ces pointures, des créateurs moins connus à l’international, Storytailors, Red Oak, présentent eux aussi leurs modèles, pas de créativité débordante, ni de prises de risque stylistique chez eux.

Pour trouver des créations plus agitées, il faut descendre de deux étages, au nouveau salon baptisé Bloom. Salon de la jeune création, il est orchestré par Miguel Flor, designer (ex-Martin Margiela), professeur à Lisbonne et s’occupant d’une écurie de jeunes créateurs où l’on trouve la talentueuse Joana Ferreira.

PFW | Anthony Vaccarello, over the rainbow

Chers lecteurs,
Semaine de la Mode, Galerie Joyce, Paris le 28 septembre

Anthony aime travailler à même le corps, fidèle à son style graphique, le créateur italo-belge a fait défiler une dizaine de modèles moulés sur le corps. Sur un maillot du soir, un ruban entoure la taille et remonte sur la poitrine en un décolleté fluide.
Les vêtements dessinent des formes géométriques, de légères parties métalliques maintiennent le jersey créant des angles. Sur une robe, un drapé léger s’arrête net sous le sein, une veste asymétrique a un pan basculé en angle droit sur le nombril.
Tout çà est très contemporain.
Irina Lazareanu, open the show
Anthony explique qu’il a voulu structurer le flou, rendre son travail plus sensuel.
Avec des moyens modestes on peut faire passer des histoires. Le jeu de lumière coloré, vient également habiller ces modèles riches en découpes et rompt avec la rigoureuse monochromie chère au créateur. Cette mise en scène met en exergue le dessin que forment les vêtements sur le corps et laisse place à un certain onirisme.
Le style d’Anthony Vaccarello se situerait-il quelque part entre Madame Grès (les plissés de cette saison), Madeleine Vionnet (l’amour de la géométrie) et… Azzedine Alaïa (pour la sculpture sur le corps) ?
Lou Doillon la saison passée, Irina Lazareanu cette saison en ouverture du défilé : Anthony Vaccarello à ses supportrices. On lui souhaite le même engouement de la part des investisseurs, la jeune création en a cruellement besoin.
Last season Lou Doillon was Anthony Vaccarello’s muse, this season Irina Lazareanu open the show, this is a good support for this 30 years old designer.
Geometric: Anthony Vaccarello, stay trusty to his style. The ten garments we saw at Galerie Joyce this september 28th were literaly molded on the body, but unlike last season, with drapes and pleats. « I want to add sensuality to my work » said the designer. Anthony used little metallic pieces to maintain the shapes on little dresses, jackets or cocktail swimsuits… Very modern.
The lights (so 70’s) used for the show were very interesting to me as they contributed to add colors to the monochromatic garments, very dreamlike.
Is Anthony Vaccarello’s style living between Madame Grès (for the draped), Madeleine Vionnet (for the geometric style) and… Azzedine Alaïa (for the body conscious style) ?
As the support of actresses and top models, we wish to Anthony Vaccarello the support of investors.
The finale in video

Bouchra Jarrar | La sensualité de la quadrature du cercle…

Rendre sensuelles des lignes géométriques, des droites, des angles aigus et des obliques. Comme la quadrature du cercle, mission impossible ?

Bouchra Jarrar depuis sa Collection n°1 y réussi à merveille. Ses lignes viennent s’appliquer gracieusement, suggérer la courbe d’une hanche ou d’un sein. La ligne graphique soulignée par un biais écru dans le modèle ci-dessus, suit naturellement les formes du modèle et ne contraint nullement la fluidité de la matière.

Revue de détails

Haute Couture ? Non. On parle aujourd’hui de prêt-à-porter de luxe ou de sur-mesure, du concret, plus adapté à son époque.

Donne moi un V…

Les coupes et les fentes laissent apercevoir la taille ou une épaule. Pas très Va Va Voum ces Vestales, mais elle vous donnent tout de même le Vertige. Dans un bizarre love triangle(1), portant collier-plastron Volontaire, elles offrent leur nombril au sommet d’une encolure V plongeant elle même vers d’autre triangle Voluptueux

Dans les silhouettes ci-dessus on devine à la fois Piet Mondrian, Chanel (pour la bichromie noir/blanc) voire Jean-Louis Scherrer pour la géométrie (où la créatrice à fait un passage éclair).


Encolure V chez Jean-Louis Scherrer


Piet Mondrian, Composition with grid 2, 1915

(1) A réécouter Bizarre love triangle de New Order ici

ADELINE ANDRÉ, FALL 2010

ADELINE ANDRÉ, FALL 2010, HAUTE COUTURE, PARIS

DURANT TOUT LE DÉFILÉ L’ARTISTE RÉVÈLE UNE PRATIQUE INCESSANTE, OBSESSIONNELLE, DESSINANT UN RÉSEAU DE NŒUDS ET DE SUPERPOSITIONS DIAPHANES ET COLORÉES.

EROTIC SKELETON

A PHOTO I TOOK OF DITA VON TEESE, DURING JEAN-PAUL GAULTIER AUTUMN-WINTER 2010 COLLECTION.

UTOPIE ÉMERGEANT DE L’OMBRE DESSINANT UN SQUELETTE MANIÉRÉ, BONDAGE ET BAROQUE

Cher Monsieur Jean Yves

J’ai reçu ce matin deux adorables petits bijoux de tissus from la Place Vendôme ! Deux petits nœuds papillons façonnés avec des tissus Couture, à croquer, de vraies friandises à consommer sans modération.

« Le seul risque est d’être élégant, smart »

comme le dit Monsieur Jean Yves. En journée ou la nuit, en jean ou en tuxedo, au masculin ou au féminin, bref en toute occasion… D’ailleurs il n’est pas rare de voir Tania (Putafranges, Big Daddy’s Dead), Ariel Wizman ou encore Yvan Rodic (aka FaceHunter) arborer le nœud papillon.

Je suis fan du travail de Monsieur Jean Yves depuis notre premier entretien téléphonique (10 mn d’entretien au sujet de la brimborion de 1923 de la Maison Lanvin…).

Si vous êtes parisiens pendant la semaine de la Couture n’hésitez pas à découvrir les bijoux couture de Monsieur Jean-Yves qui seront présentés respectivement à La Fidélité et l’Hôtel de Crillon.

 

MJY-Vente-privée-1280

Illustration Laurent Fétis

Le reste de collection est visible ici

New modesty: Dolorès Doll, poupée de mode

J’ai eu l’agréable surprise de retrouver Dolorès Doll, que j’avais croisé en début d’année lors d’un shooting. La voici backstage lors du défilé de présentation officiel de Set in black, la dernière création de Stéphane Plassier.

dolores doll-plassier-2
(c) Christian Poulot

Dolorès à beau être chez Marilyn (l’agence de Kate Moss) elle me confie avoir un trac fou avant de s’élancer sur le podium. « Et si je me cassais la figure? » me dit-elle du haut de ses 16 ans. Elle resserre ses bras sur elle, dans une attitude très New-modesty avec de faux airs d’Emma Watson avant de filer sur le runway.

dolores doll-plassier-1
(c) Christian Poulot