Bouchra Jarrar | La sensualité de la quadrature du cercle…

Rendre sensuelles des lignes géométriques, des droites, des angles aigus et des obliques. Comme la quadrature du cercle, mission impossible ?

Bouchra Jarrar depuis sa Collection n°1 y réussi à merveille. Ses lignes viennent s’appliquer gracieusement, suggérer la courbe d’une hanche ou d’un sein. La ligne graphique soulignée par un biais écru dans le modèle ci-dessus, suit naturellement les formes du modèle et ne contraint nullement la fluidité de la matière.

Revue de détails

Haute Couture ? Non. On parle aujourd’hui de prêt-à-porter de luxe ou de sur-mesure, du concret, plus adapté à son époque.

Donne moi un V…

Les coupes et les fentes laissent apercevoir la taille ou une épaule. Pas très Va Va Voum ces Vestales, mais elle vous donnent tout de même le Vertige. Dans un bizarre love triangle(1), portant collier-plastron Volontaire, elles offrent leur nombril au sommet d’une encolure V plongeant elle même vers d’autre triangle Voluptueux

Dans les silhouettes ci-dessus on devine à la fois Piet Mondrian, Chanel (pour la bichromie noir/blanc) voire Jean-Louis Scherrer pour la géométrie (où la créatrice à fait un passage éclair).


Encolure V chez Jean-Louis Scherrer


Piet Mondrian, Composition with grid 2, 1915

(1) A réécouter Bizarre love triangle de New Order ici

Au Paradis dans mon cocoon

Canari capturé par Jean-Paul Goude en 1992 pour le parfum Coco. Karl Lagerfeld fera porter à Vanessa Paradis les sacs de la Ligne Cambon et New Mademoiselle à l’aube des années 2000. Cette histoire a joliment repris son cours cet hiver avec Rouge Coco et continue ce printemps avec la nouvelle ligne de sacs Coco Cocoon, sacs avec lesquels on a toujours envie de se lover…

L’entrée de l’appartement de Mademoiselle Chanel en était truffé la semaine dernière…


Des pochettes, des shopping bags, noirs, gold, chocolat…


… en nylon, en alligator ou en orylag, il y a un doudou pour chacun d’entre vous.

Tantôt canari, tantôt poussant la chanson Vanessa Paradis est toujours aussi charmante. Jugez-en vous-même dans le making-of de la campagne de communication ci-dessous.

Instants volés

À L’ÉTÉ 1962, LE MAGAZINE LOOK COMMISSIONNA DOUGLAS KIRKLAND AFIN DE FAIRE UN REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE SUR CELLE QUI HABILLAIT JACKIE KENNEDY, LA PREMIÈRE DAME DES ÉTATS-UNIS. GABRIELLE CHANEL, ALORS ÂGÉE DE 79 ANS ACCEPTA, NON SANS MÉFIANCE, QUE CE JEUNE PHOTOGRAPHE LA SUIVE PENDANT TROIS SEMAINES. LE RÉSULTAT ÉTAIT EXPOSÉ LE MOIS DERNIER À LA GALERIE BASIA EMBIRICOS À PARIS.

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J’AI PRIS LE TEMPS PENDANT LA FASHION WEEK DE VISITER CETTE EXPO ET D’Y RENCONTRER SON CURATOR KU KHAHN. PENDANT NOTRE ÉCHANGE J’AI PU ME RENDRE COMPTE QUE J’ÉTAIS ASSEZ PROCHE DE CET ANCIEN PHOTOGRAPHE DEVENU COMMISSAIRE D’EXPO. EN EFFET, NOUS APPRENONS RAPIDEMENT QUE NOUS AVONS PASSÉS NOTRE ENFANCE DANS LA MÊME VILLE, FRÉQUENTÉS LE MÊME COLLÈGE ET LE MÊME LYCÉE (CERTES À 25 ANS D’ÉCART, MAIS TOUT DE MÊME!).

KU KHAHN M’ÉTAIT FAMILIER, SITUÉ ENTRE DOUGLAS KIRKLAND ET FREDERICO FELLINI SUR LA COUVERTURE DU MAGAZINE ZOOM (1972) QUE JE VENAIS DE RECEVOIR, SUITE À UN ACHAT EN LIGNE SUR EBAY. « IL Y A DES HASARDS QUI N’EN SONT PAS… » NOUS DIT ALORS LE RESPONSABLE DE LA GALERIE…

KU KHANH ENTRE DOUGLAS KIRKLAND ET FREDERICO FELLINI…

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LORSQUE JE L’INTERROGE SUR LES LIENS QU’IL A PU NOUER AVEC LA MAISON CHANEL GRACE À CETTE MANIFESTATION, IL ME FAIT SAVOIR QUE LES PROMESSES D’ACHAT DE LA COLLECTION N’ONT PAS ÉTÉ TENUES ET QUE DE SOUTIEN IL N’EN A EU QUE TRÈS PEU…

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LA GALERIE NOUS À OFFERT À TRAVERS CETTE EXPOSITION UN REGARD NOUVEAU SUR LA GRANDE MADEMOISELLE. CERTAINS CLICHÉS RÉUSSISSANT MÊME À SAISIR DES MOMENTS D’ABANDON (VOIR CI-DESSOUS), RENDANT CETTE FEMME MOINS GLACIALE QU’À L’ACCOUTUMÉE.

LA GRANDE MADEMOISELLE ÉTENDUE SUR UN CANAPÉ, UN MOMENT D’ABANDON…

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UNE COLLECTION D’INSTANTS VOLÉS DANS LA RUE, DANS SON APPARTEMENT DU 31 RUE CAMBON OU AU MILIEU DE SES COUTURIÈRES ET DE SES MANNEQUINS DANS LES ATELIERS. UNE EXPOSITION QUI NOUS MONTRE UNE GABRIELLE CHANEL TANTÔT GRAVE, TANTÔT SOURIANTE ET SÉDUCTRICE, TANTÔT SECRÈTE. UNE VISION INTIMISTE, LOIN DES CLICHÉS (FINALEMENT RÉDUCTEURS) QUE L’ON ENTRETIENT SUR LA CRÉATRICE.

COCO CHANEL SUMMER 62(ÉDITÉ CHEZ STEIDL L’AN DERNIER) RASSEMBLE SUR PAPIER LES PHOTOS DE KIRKLAND ET UNE INTRODUCTION DE KARL LAGERFELD. UN OUVRAGE, DISPONIBLE CHEZ LA HUNE.

Qui qu’a vu Rouge Coco ?

 

R comme Rouge à lèvres, O comme Oser, U comme, G comme Gabrielle… Chanel, E comme Élegance à la française
C comme 31, rue Cambon, O comme, C comme Camélia, O comme Oh là là !

R comme… Rouge, O comme… Oser, U comme Unique, G comme… Gabrielle, E comme… Élegance à la française, C comme… 31, rue Cambon, O comme… Or, C comme… Camélia, O comme… Oh là là !

Un abécédaire autour des lettres de Rouge Coco, pour célébrer la sortie de la nouvelle gamme de rouge à lèvres de la maison Chanel. Neuf mots ayant tous un rapport avec l’histoire de Mademoiselle.

« Essayer de séduire les femmes qui ont perdu le touch du rouge à lèvres », voilà l’objectif que c’est fixé Peter Philips (directeur international de la création du maquillage) avec cette nouvelle gamme. Il dédie sa collection à toutes celles qui ont peur du rouge à lèvres, qui ne sont habituées qu’au gloss ou au nude mais « qui restent intriguées par cet objet ».

Pour celles, je le cite, « qui pensent que le rouge à lèvres ce n’est que pour les vieilles dames… »

Référence à l’histoire de la marque et projection

Pour toutes ces femmes et jeunes filles, Peter Philips essaie d’apporter une réponse avec une approche très accessible, très simple d’application, mais avec une qualité très Chanel, traditionnelle, voire vintage.

Cette tradition se retrouve par exemple dans le design timeless, standard et dans les lignes pures de l’étui crée par Mademoiselle. La modernité s’exprimant dans le choix du matériau, on à ainsi évolué de la bakélite de 1954, au métal plus froid, plus lourd, mais aussi plus luxueux.

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Retrouver le geste

Peter Philips insiste sur le fait que la (re)découverte peut se faire par une autre teinte que le rouge vif, d’où une collection rassemblant 37 teintes au total. L’essentiel étant pour lui de retrouver « le geste ».

Quoi de plus beau en effet, que le geste d’application du rouge à lèvres ? Redécouvrir ce geste est déjà  un grand pas en avant, vers plus de féminité peut-être ?

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La symbolique du lipstick rouge carmin est encore très forte dans notre culture. Il véhicule les idées de féminité, de force, de pouvoir et de séduction, très Carmen tout çà.

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Ci-dessus les 20 teintes du cœur de gamme, qui seront complétées par 17 teintes « locales »

Pour sublimer le tout la maison Chanel à choisi comme égérie notre Vanessa Paradis, dont je suis un grand fan. De « Joe le Taxi » à sa collaboration avec Serge Gainsbourg, du film publicitaire Coco de 1992 au spot visible dans quelques semaines réalisé par Jean-Baptiste Mondino, Vanessa Paradis s’impose comme la personne idéale, moderne et accessible.

En exclusivité, le making of…

« Qui qu’à vu Rouge Coco », le titre du billet, fait référence au morceau « Qui qu’à vu Rouge Coco dans l’Trocadéro » que Gabrielle Chanel chantait à ses débuts dans les caf’conc.

Shooting star

Le faux luxe, seule Gabrielle Chanel pouvait l’inventer lorsqu’elle crée, à la fin des années 30 ses faux bijoux. Réalisations baroques, mêlant pierres semi-précieuses, fausses perles, « cailloux » et dessinés par Fulco di Verdura pour la grande Mademoiselle.

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En 1932, Chanel lancera la collection « Bijoux de diamants », il s’agit cette fois-ci de Haute-Joaillerie, rien à voir avec les faux bijoux! De cette collection consacrée au platine et au diamant, on connaît surtout le collier emblématique Comète.  Sa réédition de 1993 était visible pendant la semaine de Haute-Couture.

Pour nous accueillir Place Vendôme, point de camélia (un des emblèmes de la maison), mais des orchidées, autre sujet de convoitise de la part des collectionneurs.

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La Haute-Joaillerie chez Chanel débute en 1932 et s’interrompt jusqu’en… 1993. Dès lors, elle fait intervenir le savoir-faire des meilleurs ateliers parisiens et s’inspire largement de l’histoire personnelle de Gabrielle Chanel.

Art Déco

Lignes simples et épurées, pour le collier Comète, loin du « style nouille » de la période précédente. Le collier Comète de 1993 est entièrement articulé, composé de platine et 640 diamants pour un poids total 73 carats.

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Magazines de créateurs

Publications réalisées en partie par des créateurs de mode, en l’occurrence ici Karl Lagerfeld pour le 31, rue Cambon de la maison Chanel et Kris Van Assche pour Londerzeel.

31, rue Cambon

C’est le fruit d’une collaboration entre Karl Lagerfeld et Olivier Zahm. Légèrement plus petit qu’un format A4. Papier mat pour la couverture avec une photo en noir et blanc gros grain (featuring Baptiste Giabiconi), au centre en gaufrage rose très girly le titre de la publication.
On y trouve un bref portrait de la grande Mademoiselle et l’ensemble des produits de la maison: Haute Couture, collection Croisière, Haute Joaillerie, maroquinerie, articles de sport, parfums, beauté, etc. Chaque famille de produits est présentée avec un petit brief très intéressant (année de création, inspiration…).
Ce que j’appréhendais comme un magazine résultant d’une alliance détonnante et excitante (Lagerfeld x Zahm !) est en fait plus un catalogue à destination des clients de la marque, luxueux et informatif. Nul débordement créatif comme on pouvait l’espérer.

Londerzeel

Londerzeel ? C’est le nom de la ville de Belgique où est né Kris Van Assche.
La revue de 16 pages au format A3 possède une couverture en papier calque imprimé, exprimant à la fois toute la créativité et la sensibilité du créateur.
On y trouve les photos et illustrations de Kris Van Assche (notamment l’installation Picaflor, présentée à la Villa Noailles) et les travaux d’artistes amis comme Andrea Mastrovito ou David Casini… Les textes sont de Maxime Buechi (Sang Bleu), de Paul Ardenne…
Contraste total avec la publication précédente, ici on est en possession d’une revue alternative où la démarche est plus artistique et engagée, moins commerciale. Le magazine correspond assez à l’idée que l’on se fait de l’univers subtil du créateur belge-flamand, styliste-artiste et poète.


À lire, le blog de Barbara Polla, rédactrice en chef de Londerzeel et auteure d’une biographie imaginaire de Kris Van Assche, Kris Van Assche, Amor o Muerte?. Vous y trouverez plein d’informations sur KVA et son univers.

(1) Il y a quelques années Hedi Slimane avait collaboré avec Purple Magazine (pour le supplément Interzone) et le journal Libération, assurant leur direction artistique.

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Street Mood | Fade to grey

J’ai rencontré Etienne non loin de la rue Cambon.

Étudiant aux beaux-arts en Normandie, Etienne est de passage à Paris, il s’en « grille une » avant de se rendre à un casting. J’ai flashé sur son aura mélancolique, son look de James Dean cold-wave ainsi que la palette toute en nuance de gris de sa tenue.

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Bande son « We want war » des These new Puritans.

Affiche de Wim Crouvel, 1964

Bâtiment de l’école du Bauhaus
James Dean
Les membres de Joy Division

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À propos des Street Mood
Un look, des images, de la vidéo, de la musique… un mini e-mood board spontané

Dans les « backstages » des vitrines animées du Printemps Haussmann

Les Maisons Chanel et Dior unissent leur talent et leur savoir-faire pour nous inviter dès le 12 novembre(1) à découvrir un Noël russe. Pour l’occasion, ces maisons ont créé quatre poupées exclusives pour enchanter les quatre vitrines animées du Printemps Haussmann. Retour sur une visite exclusive des coulisses de cet événement. le-printemps-vitrine-noel La princesse Nadeja de la maison Chanel au milieu de Matrioschka géantes. Depuis le milieu des années 20, les vitrines animées de Noël sont un véritable rendez-vous avec les clients. Depuis cinq ans désormais, le Printemps Haussmann fait appel à des créateurs de mode pour habiller ses vitrines. Cette année Karl Lagerfeld, Victoire de Castellane et John Galliano ont travaillé sur la thématique du Noël slave et la fête de Noël russe, on y retrouve les grands moments chers à cette époque de l’année: le bal, la musique et le grand dîner.

Dans les règles de l’art et de l’artisanat

Ces vitrines sont le résultat d’une rencontre entre différents métiers. Le studio de création du Printemps qui crée la poupée, le cahier de style avec la thématique et les codes couleur; les ateliers couture des Maisons de Couture et le marionnettiste à fils qui donne vie à cette féerie. Karl Lagerfeld a habillé deux poupées, reproduisant pour la première (femme) une robe Couture du défilé Paris-Moscou et pour la seconde (homme) un avatar, amalgame d’Andy Warhol, Bill Kaulitz de Tokio Hotel et lui-même. Victoire de Castellane s’est fortement inspirée… d’elle-même pour créer une poupée très pétillante, quant à John Galliano, il a reproduit fidèlement une robe du célèbre défilé Couture de 1998 à l’Opéra Garnier allant jusqu’à  faire refaire en modèle réduit un de ses motifs.

Trois questions à Jean-Claude Dehix, marionnettiste à fils

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Depuis combien temps vous occupez-vous des vitrines animées du Printemps ?

Cela fait 35 ans que mon atelier situé à Montfermeil travaille avec le Printemps. 35 ans de Père Noël !

Comment tout cela à débuté ?

Nous sommes marionnettistes à fils de père en fils. Au début du siècle dernier, mon père à eu l’idée de remplacer les mains du marionnettiste par des petits moteurs. C’est ainsi que tout à commencé. Aujourd’hui je travaille avec mon fils et ma fille.

Travaillez-vous avec d’autres enseignes ?

Lorsque les quatre grands magasins parisiens avaient des vitrines animées, nous les faisions toutes. Aujourd’hui il ne reste plus que les deux enseignes du boulevard Haussmann. Nous en avons réalisées quelques-unes à l’étranger, mais la demande n’est pas la même. Il s’agit d’automates et le contenu expressif n’est donc pas aussi poussé. On peut donc dire que les vitrines du Printemps n’ont pas leur équivalent dans le monde. — (1) Embrasement des façades à 19:30 Pour compléter cette découverte ne manquez pas le motif réalisé (voir ci-dessous) par l’illustrateur Klaus Haapaniemi, dont j’avais parlé il y a… quatre ans! Klaus-Haapaniemi-printemps Klaus Haapaniemi réinterprète le bestiaire des contes de fées russes.

Marques de luxe, vers l’entreprise liquide?

Chanel liquéfié par Zevs, Liquidated logos, 2009

Vous avez peut-être suivi cet été les mésaventures de Zevs, artiste adepte du graffiti, arrêté mi-juillet à Hong-Kong pour avoir fait « dégouliner » le logo Chanel sur la vitrine d’Armani. Une façon pour lui de signifier la guerre que se livrent certaines marques.

Ci-dessous, Zevs à l’œuvre cet été à Hong-Kong

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Cette affaire mêlant coulure couture et liquide me rappelle ce que Francis Pisani et Dominique Piolet définissent comme l’entreprise liquide(1). Derrière ce concept se cache une entreprise qui a voulu, qui à su ou qui à pu intégrer le mode collaboratif et relationnel dont elle à besoin pour rester dans la course. En d’autres termes une entreprise qui a refusé la rigidité face à l’inconnu. Or le moins que l’on puisse dire c’est que dans le domaine du luxe et de la mode, une certaine austérité face aux outils du web était de mise, du moins jusqu’à  la dernière Fashion Week new-yorkaise…

« En effet, nous avons vu que les flux d’informations et de données doivent circuler de plus en plus librement à l’intérieur de l’entreprise, comme entre l’intérieur et l’extérieur, si l’entreprise tient à intégrer le mode collaboratif et relationnel dont elle a besoin pour rester compétitive. Cette nécessité stratégique pour rester dans la compétition, c’est l’entreprise liquide. » (Francis Pisani x Dominique Piolet, in Comment le web change le monde)

(1) Comment le web change le monde, par Francis Pisani et Dominique Piolet, éditions L’Atelier.

Le constat

En interne, force est de reconnaître que les équipes de communication en place sont encore souvent peu familières de ces nouveaux outils. Qu’en est-il de la mixité avec les nouveaux talents intégrés ? Comment cohabitent les rédactions digitales (numériques) et traditionnelles ?

En externe, les blogs de mode, constituent une vaste communauté de web-acteurs, journalistes-reporters d’un nouveau genre qui publient chaque jour, texte, photos et vidéos, inventent de nouveaux formats de programmes sur un sujet qui les passionnent. Ils se frottent ainsi quotidiennement un peu plus à la presse traditionnelle et à la télévision (quelle semble loin « Paris-modes », l’émission culte de Marie-Christiane Marek !). Cependant ils tardent a être reconnus et intégrés dans des processus réellement qualitatifs et participatifs.

On pourrait rétorquer à juste titre d’ailleurs, que cette rigidité est compréhensible, le luxe véhicule du rêve et de l’exclusif et s’accommode mal de la multitude. On ne dirige pas une entreprise de luxe comme une entreprise éditrice de logiciel informatique (hormis Apple) ! Cependant face à cet effet de parallaxe(2) naît une certaine impatience.
Mis à part une poignée de maisons qui ont remis en cause leur pratique et su s’interroger (méthode dite du try & go), l’immense majorité de celles-ci est encore dans l’expectative.
Pour devenir des entreprises liquides, ces maisons doivent accepter une certaine dose de ce que l’on pourrait qualifier de porosité sélective. Laisser aller et venir les flux informationnels générés par les internautes. Mettre en place les outils de recherche nécessaires pour identifier et échanger avec ces milliers de passionnés, dont certains sont de vrais prescripteurs. Créer de vraies collaborations et non de la récupération(3).

(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) « semblent » se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).
(3) Dans un autre domaine, il est étonnant de voir certains publications offline et leur pendant online récupérer – et galvauder – le streetstyle sans y apporter aucune valeur ajoutée, la fin du streetstyle ?

Ci-dessous, Yves Saint Laurent liquéfié, (c) deeelightful.com

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Ci-dessous, Louis Vuitton liquéfié par Zevs, Liquidated logos, 2009

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Le futur c’est today !

Soyons positifs, les choses semblent s’être précipités ces dernières semaines, notamment lors des récentes Fashion Week, certaines marques de luxe semblent se montrer plus ouvertes à la circulation de ces flux. Lors de la Fashion Week parisienne, Louis Vuitton a retransmis en direct le défilé printemps-été 2010 sur… Facebook. Une opération qui permet de recueillir le feedback et ravir les quelques 700 000+ inscrits sur la fan page. Une opération spectaculaire qui à le mérite de calmer les impatients ou encore de faire jouer la montre, avant de proposer d’autres types d’opération ? À suivre.
Dans cette affaire, reste en suspens la question sur le rapport entre le quantitatif et le qualitatif, mais toujours est-il que la marque phare du groupe LVMH à le mérite d’être force de proposition (proactifs).

Lors de la Fashion Week new-yorkaise, plus discret (plus en accord avec un univers luxueux ?) et plus marquant à mes yeux, fût la présence front row au défilé Dolce & Gabbana des quatre fantastiques de la blogosphère: Garance Doré, Scott Schuman, Tommy Ton de Jak & Jil et Bryanboy. Leur place était réservé avec un laptop mis à leur disposition, afin qu’ils puissent communiquer en live leurs impressions sur le show.

Voici donc quatre blogueurs dont la qualité du travail est reconnue au point qu’ils soient placés au même rang, physiquement du moins, qu’Anna Wintour ! Pour les deux designers italiens la raison de cet upgrade (mise-à-niveau) est déconcertante de simplicité et de bon sens :

« En parlant avec leurs clientes, ils se sont rendus compte qu’elles passaient leur temps sur internet. Qu’elles étaient hyper informées, qu’elles voulaient que ça aille vite, qu’elles étaient prêtes à acheter tout de suite. Ils se sont dit que c’était un âge nouveau, qu’il fallait avancer avec son temps. » (Garance Doré)

Gageons que cette initiative soit l’an 1 de cet âge nouveau qui mixeront MacBook et bloc notes au premier rang des défilés…

(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) semblent se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).

 

(3) Dans un autre domaine, il est étonnant de voir certains publications offline et leur pendant online récupérer – et galvauder – le streetstyle sans y apporter aucune valeur ajoutée. Le streetstyle est-il en train de mourir ?

(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) semblent se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).

Cocooning Chanel avec Coco Cocoon

On a tout connu chez Chanel en matière de sacs, depuis le mythique 2-55 jusqu’au sac en plexi en passant par le micro sac à la cheville. Pour cet hiver, la créativité débridée de Karl Lagerfeld a fait naître un sac à l’esprit doudoune.

Plus anti-fashion que la doudoune, tu meurs ! Heureusement, certaines maisons se sont attaqué au problème ces dernières saisons afin de rendre celle-ci un peu plus trendy.
Le sportswear chic fait partie de l’histoire de la maison Chanel depuis ses débuts (des bains de mer à Biarritz aux stations de Saint-Moritz). On a une irrésistible envie de prendre ce sac contre soi, de le cocooner. Ses formes rebondies et généreuses, sa matière (l’agneau plongé), en font un accessoire un brin régressif (comme le moelleux d’un chamallow…), très plaisant.

Plein d’impertinence ce sac, qui finalement ne renie ni son aîné de 1955 ni les codes de la maison. « Souvent femme varie… » dit-on, il en va de même pour ce sac. En cas de changement d’humeur ou de tenue, ce modèle est réversible, il devient bicolore et l’on retrouve le matelassage « maison », plus classique et moins hardi, « mais aussi beau à l’envers qu’à l’endroit » comme le disait Mademoiselle.

Les anses de ce tote bag de luxe font qu’il est très agréable à porter à la main, il est très léger. On a une envie folle de partir sur les hauteurs enneigées d’Aspen (ça, c’est l’esprit doudoune qui fait son effet…).

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Ce sac de shopping (ayant été utilisé sur les lieux de tournage par Lily Allen herself) est un gros sac !


Coco Cocoon et son égérie Daul Kim à découvrir ici