Musée des Arts Décoratifs | Louis Vuitton x Marc Jacobs, 1er étage

L’exposition qui célèbre quinze ans de collaboration est divisée en deux parties. Le premier étage est consacré au malletier, le deuxième étage au directeur artistique américain.

Le premier niveau plongé dans une pénombre aux tonalités rappelant le cuir vieilli est un vrai parcours initiatique. Il permet de mieux saisir la personnalité du malletier le plus connu au monde. Indispensable et passionnant donc.

En 1848 Napoléon III est le premier président de la République française puis empereur en 1852. Sous son impulsion Paris redevient une capitale impériale, une vitrine de l’Europe. Un grand programme d’urbanisation est lancé et le baron Haussman, alors préfet de Paris (1853) s’en voit confier la direction. La France est en pleine révolution industrielle (1830-1870).

Louis Vuitton (1821-1892), doté d’une intelligence pragmatique et d’un amour du travail bien fait, saura parfaitement saisir les changements et les opportunités naissantes de ce milieu du XIXe siècle.

Dans le même temps, les Grands magasins (le Bon Marché est créé en 1852) et les magasins de nouveautés prennent leur essor et donnent accès à un plus grand nombre de femmes et ce à moindre prix aux robes à crinoline qui font alors fureur.

Charles Fréderick Worth établit sa maison de couture en 1858 au 7, rue de la Paix, dans le quartier de l’Opéra, alors épicentre de Paris (s’y retrouvent les joailliers et les couturiers Paquin, Jacques Doucet…). Louis Vuitton avec qui il s’est lié d’amitié, établi en 1854 sa maison spécialisée pour « l’emballage des modes » non loin de là, rue neuve des capucines.

Worth devenu le couturier officiel de l’impératrice Eugénie de Montijo, étoffe la garde-robe des femmes de la haute société française qui l’habille presque exclusivement. Sous son impulsion, mais aussi dû aux usages et aux nouveaux mode de vie de l’aristocratie et de la grande bourgeoise, les accessoires et les tenues vont se multiplier (tenues d’intérieur, tailleur du matin, robes de ville, pour l’après-midi, le dîner, robes de bal…) il sera alors nécessaire d’emballer ces vêtements dans des malles adéquates…


Malles d’un voyage – Trunks for one trip


Les armoiries (initiales) des propriétaires sont apposés sur les bagages


En 1877, Louis Vuitton dépose le brevet d’une toile rayée – Ci-dessus malle pour homme, toile rayée finition cuivrée (1882)


1888, la toile Damier intègre le nom « L. Vuitton marque de fabrique déposée » dans le motif


Malle pour homme, toile cannée finition métal peint dite mauresque (1889), coll. Louis Vuitton


Malle cabine, aluminium (1892)

Ci dessus, un des registres dans lesquels sont tenus les numéros d’identification de toutes les serrures montées sur les bagages rigides de Louis Vuitton depuis la création de la société.

1896, Georges Vuitton crée l’emblématique monogramme « LV » positionné au sein d’un ensembles de rosaces.

Suite ici

 

Giorgio Moroder at Louis Vuitton’s mens show

Giorgio Moroder in the backstages (he did a part of the soundtrack show) at Louis Vuitton’s AW 2012 Men show

Popular Disco and Hi-NRG theme « Chase », soundtrack of Midnight Express (1978)

Modoscopie | L’art contemporain, le luxe et la mode

Résumé de la table ronde du 23 octobre à l’IFM

Participants: Elsa Janssen, responsable du pôle Art et Création aux Galeries Lafayette, Lorraine Audric, professeur à la Parsons School, Caroline Champion, spécialiste des relations entre art, mode et haute-cuisine, Émilie Faïf, scénographe-plasticienne, Alexandra Fau, journaliste et critique pour différentes revues d’art contemporain, Christophe Rioux, professeur d’économie.

Transversalité entre art, luxe et mode

Emilie Faïf- Les relations entre l’art et les métiers du luxe apportent à l’artiste concerné une visibilité qu’il n’aurait pas au sein de son atelier, mais aussi des budgets et des matériaux qui lui seraient difficilement accessibles.

– Certaines marques sont sincères (ex: Issey Miyake, Comme des Garçons, Hermès..) et prennent du temps pour faire comprendre leur univers à l’artiste invité. Mais elles conservent un désir de maîtrise sur ce qui va sortir, elles demandent avant tout un produit (politique communicante).

– D’autres marques comme Isabelle Marant cherchent moins à maîtriser le travail de l’artiste et veulent comme résultat de la collaboration laisser passer un sentiment, une émotion.

Alexandra Fau, Lorraine Audric- Plusieurs grandes maisons ont été contactées, afin de avoir comment elles collaboraient avec les artistes, existe-il une réelle connivence ou est-ce un énième logo appliqué ?

– Ces maisons ne semblent pas chercher les jeunes talents (peur ?), il n’y a pas d’investigation, on retrouve toujours « les » Richard Prince, Nan Goldin, Erwin Wurm… Il y a uniquement le désir d’augmenter la cote de l’objet mis en vente.

– Cela correspond à la recherche d’artistes « compatibles », c’est-à-dire qui ont une démarche esthétique cohérente avec la maison et ce qu’elle souhaite donner comme image.

– On observe un effet Matthieu dans le choix des artistes. On assiste a un phénomène de starification, on multiplie les passerelles avec une prime à la célébrité. Pour valoriser des produits on va chercher la superstar (Nan Goldin…)

Caroline Champion- Les relations entre art et mode ont fondamentalement changé durant le siècle passé, si l’on se réfère aux deux citations ci-dessous:

– La relation entre art et mode n’est pas naturelle pour Madeleine Vionnet: « La couture c’est du commerce, quand on parle d’un artiste on parle d’une personne, mais quand on parle d’un couturier on parle d’une maison de couture, c’est commercial. »

et

– Pour Jean Louis Dumas, ex PDG d’Hermès, le rapprochement semble évident: « Si je ne craignais pas d’apparaître prétentieux, je nous comparerais a un artiste peintre, on ne dit pas que Picasso a marqué un tableau on dit qu’il l’a signé, nous partageons cette notion de dignité de l’oeuvre »

 

L’apport de l’art contemporain aux marques de luxe ?

Christophe Rioux- Un échange du type potlach: où l’on attend une réciprocité, ce sont des échanges rarement desintéressés.

– Contexte de fond économique: le luxe et l’art sont intégrés dans le mouvement des industries de la création.

– Il y a une convergence généralisée des lieux du luxe et de l’art contemporain, il se crée un tourisme-nomadisme artistico-luxueux: « là où va le luxe, va l’art »

– En marketing l’enfant de la fusion entre monde de l’art et du marketing s’appelle artketing.

 

Takashi Murakami avec Louis Vuitton

– Agit dans les deux sens : il à créé des « produits » et a ensuite intégré ces produits dans ses expositions (y compris muséales) jusqu’à y mettre une véritable mini boutique Louis Vuitton, créant par la même un mini scandale…

– La stratégie pour les marques est de monter en gamme, remonétiser en prenant un nom connu de l’art contemporain ou du design. Cela apporte à la marque une singularité, un caractère unique, celui du créateur solitaire.

 

Du destin de l’art: mieux vaut collaborer avec ces marques de luxe ou être pillé ? Y-a-t-il un phénomène de récupération ?

Lydie Valentin- Il y a une légitimation créative des maisons de luxe et de mode lorsqu’elles font appel a des artistes contemporains.

– Processus de récupération et de copier-coller: les cabinets de tendance semblent beaucoup s’inspirer de l’art contemporain afin d’identifier des axes et des pistes de création.

– Glissement de l’artiste vers le créatif. Il y a une évolution patente des créatifs vers le statut d’artistes a part entière (cf. Hussein Chalayan qui fait régulièrement des expositions dans des lieux d’art).

– Les artistes contemporains sont-ils dans une tendance de création pour valoriser leur travail ?

– Il y a une inspiration mutuelle, un phénomène d’échange permanent.

Vitrine de la boutique d’Isabel Marant par l’artiste Emilie Faïf (à droite sur la photo)

« L’art doit rester l’art, la mode doit rester la mode »

Elsa Janssen- les artistes sont enthousiastes à l’idée de mettre en scène des vitrines, de travailler dans des espaces différents de leur atelier, de faire de nouvelles rencontres, d’avoir à faire à de nouvelles contraintes, de développer des connivences avec d’autres marchés, de développer des projets innovants, d’avoir accès à des matériaux difficilement accessibles, d’avoir une relation qui s’enrichit.

– Les entreprises privées créent de plus en plus de fondations, dans lesquelles de moins en moins de conservateurs vont diriger. Elsa Janssen souhaite que l’autonomie de ces lieux demeure afin de pour faire avancer l’histoire de l’art.

 

Statut de l’objet

– L’objet est une œuvre en tant que tel, un sac Hermès est un investissement que l’on peut transmettre à ses descendants comme une oeuvre d’art.

– On créé des produits de plus en plus hybrides : les produits de luxe ont tendance a devenir des œuvres d’art et inversement.

– Le luxe est engagé dans un processus de démocratisation, les produits sont de moins en moins anomaux (moins fortement symbolique et perdant leur fréquence d’achat plus rare, opposé à banal).

Caroline Champion- Lorsque les designers culinaires font des performances, est-on en présence d’un produit dérivé de l’art contemporain ou est-on du coté du design ? Les problématiques de rentabilité, de reproductibilité de l’œuvre sont difficiles dans le cadre d’une performance.

– Il se développe une économie du fétiche (correspondrant à la valeur symbolique des choses) afin de valoriser une production par comparaison avec l’art qui lui est doté d’un réel pouvoir symbolique.

Mécénat et destin de l’art

– Les industries du luxe (Pinault/Arnaud) ont un quasi-monopole sur le financement d’un grand pan de la culture et de l’art contemporain. Sans elles il n’y aurait pas toutes ces manifestations culturelles.

– Vu le marché concurrentiel féroce dans lequel les choses évoluent et bien que ce soit une logique qui a toujours existé, jusqu’à  quel point y a-t-il aliénation ?

– Comme ces industries deviennent des sources de financement incontournables cela favorise-t-il les artistes luxo-compatibles, les artistes d’affaires?

– On assiste à l’émergence de produits pop (post Warhol, post Duchamp). Des artistes comme Takashi Murakami ou Richard Prince entretiennent une relation étroite avec cette logique, mais gageons que les artistes aient suffisamment d’indépendance pour ne pas sombrer dans ce schéma.

– ex: Wim Delvoye et Sylvie Fleury ont ils conservé leur pouvoir critique ?

Qu’attend-t-on de l’artiste ?

– Qu’il soit un partenaire, comme une entreprise ?

– Certains artistes fonctionnent comme des PME.

– Aujourd’hui un étudiant en art préparant son Master s’imagine comme un futur Takashi Murakami habillé en Prada. Il fait un exposé sous Powerpointâ„¢ avec des visuels en 3D présentant l’oeuvre qu’il va produire dans 6 mois et qui tiendra compte des contraintes du marketing !

L’art contemporain tend vers les industries de la mode, l’inverse est-il vrai ?

– Ce mouvement prophétisé par Andy Warhol existe et va se renforcer; les musées deviennent des grands magasins et inversement.

– Giorgio Armani veut que son flagship de la Ve avenue soit un Guggenheim.

Pourquoi l’art fait vendre depuis 20 ans ? Pourquoi l’art est-il un luxe ultime ? Pourquoi les industriels-commercants se saisissent de l’espace de l’art pour créer un imaginaire qui attire de plus en plus ?

– On a vécu l’intensification du phénomène d’esthetisation de la marchandise, le beau est partout, une machine a café, un aspirateur se doivent d’être beau. L’industrie du luxe et de la mode ont besoin de retrouver une aura pour éviter la banalisation (effet Canada Dry).

– Symétriquement on a vécu une marchandisation de l’art et de la culture.

– Les codes des maisons de luxe sont copiés par « les » H&M et consorts.

– L’effet camouflage consiste à inviter des créateurs une fois par an pour masquer une non-créativité. Rem Koolhaas pour créer le batiment de la télévision chinoise(!) ou Karl Lagerfeld, Sonia Rykiel, Alber Elbaz pour H&M.

– Il est alors intéressant d’observer le développement stratégique de LVMH rachetant Maje et Sandro afin de créer un luxe populaire, populuxe (?)

– Le luxe et la mode vont vers l’art contemporain afin de retrouver un ré-enchantement (la religion esthétique) de la marchandise, le shopping devenant un acte culturel.

Bibliographie

  • La bande son de l’art contemporain, Bernard Lamarche-Vadel
  • Hors-d’œuvre, Essai sur les relations entre arts et cuisine, Caroline Champion
  • Les écrits de la sociologue Nathalie Heinich, qui a travaillé sur la notion d’artiste de l’antiquité à nos jours.
  • Les cahiers des universités du luxe (du 5 octobre 2010), abcluxe.com
  • Voyager avec Christophe Colomb, recueil de textes de Karl Marx publié par Louis Vuitton…
  • Les écrits de Raymonde Moulin
  • L’oeuvre d’art et ses significations, Erwin Panofsky
  • Art contemporain: le concept, Samuel Zarka
  • L’art a l’état gazeux (ou comment l’art s’est dissout dans d’autres univers), Yves Michaud
  • L’art et la Mode, Art Press
  • Les écrits et le blog de Judith Benhamou-Huet
  • Le catalogue de l’exposition « Space for fantasy », Audrey Massina, commissaire

PFW | Maison Guillet

Paris Fashion week was like crazy this season. Parties followings fashion shows, as if confidence was back in town, no more crisis. However it was in the softly boutique-workshop of Maison Guillet (one the seven art workshops of Chanel) that everything started…

We were invited to discover in exclusivity, the first collection of head accessories and the workshop.

Maison Guillet was created in 1896. Everything is still handcrafted and « everything is possible » as they told us, from finished product to the bespoke. It’s la Haute-Couture for the flowers!

Today, Maison Guillet is doing the emblematic camelia of Chanel as working for famous houses like Louis Vuitton, Christian Dior, etc.

 

Faisant partie d’une des sept(1) maisons d’art de la Maison Chanel, la Maison Guillet nous a fait l’honneur de nous présenter en exclusivité leur première collection d’accessoires de tête ainsi que leur atelier d’artisanat de luxe.

Depuis 1896, tout est entièrement fait main, tout est possible, du produit fini au produit sur-mesure autant que les décorations de vitrines. Aujourd’hui Maison Guillet réalise les camélias de la maison Chanel, mais collabore également avec les autres maisons pour des commandes spécifiques.

De parurier floral, la Maison Guillet devient fleuriste couturier. La Haute-Couture pour les fleurs !

Dans les ateliers – Inside the workshop

A video

(1) Maison Desrues (parurier), Maison Lemarié (plumassier), Lesage (brodeur), Massaro (bottier), Maison Michel (modiste), Maison Goossens (orfèvre), Maison Guillet (parurier floral)

PFW | Tous poils dehors !

Hirsute ou entretenu, long ou court, le poil est dans tous ses états chez l’homme depuis quelques saisons. Galerie de poilus saisie dans les backstages et les alentours des défilés de Jean-Paul Gaultier Homme, Walter van Beirendonck, Louis Vuitton et Juun J.


Chez Juun J.


Backstage chez Jean-Paul Gaultier


Backstage chez Jean-Paul Gaultier


Extérieur chez Louis Vuitton


Chez Walter van Beirendonck

Le Modalogue, weekly #11

Après les moments forts de l’an dernier (Tavi Gevinson, les fronts-row, les 700 000 fans de Louis Vuitton et j’en passe), sur quel terrain aura lieu la rencontre entre les tenants de l’ancien monde et les aspirants venu du nouveau monde? Qui sera la nouvelle e-Carine Roitfeld, la nouvelle e-Annie Leibovitz ou le nouveau e-André Leon Talley. Les centaines de blogs de mode drainant chaque jour plusieurs centianes de commentaires, des milliers de visiteurs vont-ils mettre le catalogue de la Redoute de maman au rencard ?

Y aura-t-il intégration des e-talents au système pré-existant, ou désintégration de ces talents, comment va se mettre en place la cohabitation? Allons-nous assister à l’émergence de nouveaux modèles?

Des liens pour illustrer et débuter ce passionnant débat:

Fashion 2.0: Print média vs bloggers
Fashion 2.0 sur Business of fashion
On fashion blog (Suzy Menkes inside)
Venetia Scott: « I found magazine less and less interesting »

Marques de luxe, vers l’entreprise liquide?

Chanel liquéfié par Zevs, Liquidated logos, 2009

Vous avez peut-être suivi cet été les mésaventures de Zevs, artiste adepte du graffiti, arrêté mi-juillet à Hong-Kong pour avoir fait « dégouliner » le logo Chanel sur la vitrine d’Armani. Une façon pour lui de signifier la guerre que se livrent certaines marques.

Ci-dessous, Zevs à l’œuvre cet été à Hong-Kong

chanel-zevs-liquide-2

Cette affaire mêlant coulure couture et liquide me rappelle ce que Francis Pisani et Dominique Piolet définissent comme l’entreprise liquide(1). Derrière ce concept se cache une entreprise qui a voulu, qui à su ou qui à pu intégrer le mode collaboratif et relationnel dont elle à besoin pour rester dans la course. En d’autres termes une entreprise qui a refusé la rigidité face à l’inconnu. Or le moins que l’on puisse dire c’est que dans le domaine du luxe et de la mode, une certaine austérité face aux outils du web était de mise, du moins jusqu’à  la dernière Fashion Week new-yorkaise…

« En effet, nous avons vu que les flux d’informations et de données doivent circuler de plus en plus librement à l’intérieur de l’entreprise, comme entre l’intérieur et l’extérieur, si l’entreprise tient à intégrer le mode collaboratif et relationnel dont elle a besoin pour rester compétitive. Cette nécessité stratégique pour rester dans la compétition, c’est l’entreprise liquide. » (Francis Pisani x Dominique Piolet, in Comment le web change le monde)

(1) Comment le web change le monde, par Francis Pisani et Dominique Piolet, éditions L’Atelier.

Le constat

En interne, force est de reconnaître que les équipes de communication en place sont encore souvent peu familières de ces nouveaux outils. Qu’en est-il de la mixité avec les nouveaux talents intégrés ? Comment cohabitent les rédactions digitales (numériques) et traditionnelles ?

En externe, les blogs de mode, constituent une vaste communauté de web-acteurs, journalistes-reporters d’un nouveau genre qui publient chaque jour, texte, photos et vidéos, inventent de nouveaux formats de programmes sur un sujet qui les passionnent. Ils se frottent ainsi quotidiennement un peu plus à la presse traditionnelle et à la télévision (quelle semble loin « Paris-modes », l’émission culte de Marie-Christiane Marek !). Cependant ils tardent a être reconnus et intégrés dans des processus réellement qualitatifs et participatifs.

On pourrait rétorquer à juste titre d’ailleurs, que cette rigidité est compréhensible, le luxe véhicule du rêve et de l’exclusif et s’accommode mal de la multitude. On ne dirige pas une entreprise de luxe comme une entreprise éditrice de logiciel informatique (hormis Apple) ! Cependant face à cet effet de parallaxe(2) naît une certaine impatience.
Mis à part une poignée de maisons qui ont remis en cause leur pratique et su s’interroger (méthode dite du try & go), l’immense majorité de celles-ci est encore dans l’expectative.
Pour devenir des entreprises liquides, ces maisons doivent accepter une certaine dose de ce que l’on pourrait qualifier de porosité sélective. Laisser aller et venir les flux informationnels générés par les internautes. Mettre en place les outils de recherche nécessaires pour identifier et échanger avec ces milliers de passionnés, dont certains sont de vrais prescripteurs. Créer de vraies collaborations et non de la récupération(3).

(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) « semblent » se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).
(3) Dans un autre domaine, il est étonnant de voir certains publications offline et leur pendant online récupérer – et galvauder – le streetstyle sans y apporter aucune valeur ajoutée, la fin du streetstyle ?

Ci-dessous, Yves Saint Laurent liquéfié, (c) deeelightful.com

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Ci-dessous, Louis Vuitton liquéfié par Zevs, Liquidated logos, 2009

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Le futur c’est today !

Soyons positifs, les choses semblent s’être précipités ces dernières semaines, notamment lors des récentes Fashion Week, certaines marques de luxe semblent se montrer plus ouvertes à la circulation de ces flux. Lors de la Fashion Week parisienne, Louis Vuitton a retransmis en direct le défilé printemps-été 2010 sur… Facebook. Une opération qui permet de recueillir le feedback et ravir les quelques 700 000+ inscrits sur la fan page. Une opération spectaculaire qui à le mérite de calmer les impatients ou encore de faire jouer la montre, avant de proposer d’autres types d’opération ? À suivre.
Dans cette affaire, reste en suspens la question sur le rapport entre le quantitatif et le qualitatif, mais toujours est-il que la marque phare du groupe LVMH à le mérite d’être force de proposition (proactifs).

Lors de la Fashion Week new-yorkaise, plus discret (plus en accord avec un univers luxueux ?) et plus marquant à mes yeux, fût la présence front row au défilé Dolce & Gabbana des quatre fantastiques de la blogosphère: Garance Doré, Scott Schuman, Tommy Ton de Jak & Jil et Bryanboy. Leur place était réservé avec un laptop mis à leur disposition, afin qu’ils puissent communiquer en live leurs impressions sur le show.

Voici donc quatre blogueurs dont la qualité du travail est reconnue au point qu’ils soient placés au même rang, physiquement du moins, qu’Anna Wintour ! Pour les deux designers italiens la raison de cet upgrade (mise-à-niveau) est déconcertante de simplicité et de bon sens :

« En parlant avec leurs clientes, ils se sont rendus compte qu’elles passaient leur temps sur internet. Qu’elles étaient hyper informées, qu’elles voulaient que ça aille vite, qu’elles étaient prêtes à acheter tout de suite. Ils se sont dit que c’était un âge nouveau, qu’il fallait avancer avec son temps. » (Garance Doré)

Gageons que cette initiative soit l’an 1 de cet âge nouveau qui mixeront MacBook et bloc notes au premier rang des défilés…

(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) semblent se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).

 

(3) Dans un autre domaine, il est étonnant de voir certains publications offline et leur pendant online récupérer – et galvauder – le streetstyle sans y apporter aucune valeur ajoutée. Le streetstyle est-il en train de mourir ?

(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) semblent se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).

Interview : Un cocktail avec Giles Deacon

Une interview de Giles Deacon, créateur très demandé depuis son succès lors de la précédente Fashion week londonienne, réalisée avec Stéphane Galienni.

On y parle de création, de ses amités avec Luella, Stella Mc Cartney ou Gareth Pugh, d’internet et des blogs, de Pac Man et de Moscou.

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Park Hyatt Paris Vendôme, december 4th, 2008

Me: In 2007, you won a BFA(1). This year, Luella won the BFA. You are friend of Gareth Pugh… is there a Deacon posse?

GD: I suppose it appears that may be from the outside, but Luella that I knew from St Martin’s was two year below me. I have known her for fifteen or more years. Gareth, his studio is very close to mine; I’ve known him for five years. I think it’s very different in London than it is say in Paris where people work very, very independently. There is no crossing at all. In London everyone is with each other all the time, it’s much more like a healthy competitiveness, than a kind of people are more willing to help out each other.
(1) British Fashion Award.

Me: It was the same thing with the previous generation, John Galliano, Alexander Mac Queen or Antonio Berardi?

GD: Yeah, I think it worked like that. I mean it’s…in particular with this group, kind of group you are talking about now…I was a bit of a funny one. I was in college with Alexander, Stella, but I set my own company relatively late, because I wanted to go work for other people. I worked with Jean Charles de Castelbajac in Paris, Gucci, Bottega Venetta, etc. I wanted to get kind of get experience about the cities and the way which other people work. I left college and I didn’t really know how it all worked. I really wanted to see that, I think that I really benefited me in the kind of outlook I have. I think I have, from a design perspective, a slightly different understanding of what customers and people around the world want.

Me: In 2003, you opened your fashion house. What does a designer need today to start in this business (except money -smile-?)

GD: First of all a good relationship with the bank manager who looks after your money (laughs). They need to have a very clear idea of what their esthetic is about, what they want to achieve from setting up a fashion house. I hate to use the word « DNA » that people seem to like to use, but you need to know what the thing is that you’re wanting to project.

Me: A lot of new designer are coming from London, you, Gareth Pugh… Do you think it’s easier for a new designer to start in England ?

GD: Yeah… so much easier. I think the reason is the colleges and I think the general kind of cultures in London is so diverse and it’s very ideas driven from music through to graphics, art. There’s a big interest in creativity and ideas. It’s kind of is everywhere and for some reason it seems to work. You sit and try analyzing it, as I’ve thought about it before… but I don’t really know what the answers are, but it kind of exists and it does. It’s just kind of one of those things, which is great…great for London

Me: Because there is more creativity?

GD: I don’t know if it’s that… I think that there is from an outside perspective from people all over the world, I don’t know why, there is a much bigger willingness to kind of accept something new from London than pretty much anywhere else. I don’t know if there’s lots of ideas…I don’t know, but it seems that if it’s « from London » it might be something. I don’t know, that seems to be the impression that I get. I think it’s a shame because there’s lots of great people starting up in all sorts of places that are really, really good and I think it’s all harder for them in certain worlds to get as far…you can reach a bigger audience much quicker in London, I think than lots of other places.

Me: You worked for Louis Vuitton and Ralph Lauren and they are very different in style, how difficult was it for you to adjust, question #1, and would you call it a useful experience ?

GD: I think it’s a very useful experience, if you decide to go want to go and get a job which is what the idea of what I wanted to do when I graduated from college, because you know that the number of graduates who end up working in design is tiny. I wanted to go and get experience working in other environments and you pick certain areas in your personality that you feel you have some connection with from a design perspective. It’s really important, as a designer, you should be able to understand what these different houses thing is about… and then put you take and understanding on how to design for that house. That’s why when people come and work for me and I set them a project to do, I don’t know, design some skirts or something for the collection; it’s no good if they come back and just come back with things just suitable for Comme des Garcons…they have to get an understanding of what the house is about and it’s a very, very important thing as a designer…especially if you want to work.

Me: There was in your last collection « some » Pac-Man, Pac-Man prints, Pac-Man hats… Giles are you a computer geek??

GD: I don’t think I’m a computer geek, I love all aspects of technology, and I embrace that very much so and if that means I’m a computer geek, then maybe…. The whole idea of using Pac-Man was something that came along from when we were doing fittings with Stephen Jones who is the milliner. Every season it works differently. For the forthcoming show, we’ve already designed all the hats and the clothes are going to be designed after the hats. The shoes that Christian Louboutin has done have been designed already, so the clothes will be designed around those. Whereas last season; it worked in a way that the hats came quite late in the process. The clothes were coming out quite graphic, the colors. It just worked, we played with shapes, we made these balls….and said, »They look like Pac-Man. »…then we decided, « Wouldn’t that be funny? Wouldn’t that be a nice idea? « . That’s how it came around. It wasn’t because I used to sit playing Pac-Man all the time. I like it when accidents and intuitive things come along. I like it when it’s not so all referential throughout the collection.

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.. in your last collection some Pac-Man, Pac-Man prints, Pac-Man hats…
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All catwalk photos Imaxtree


Me: I loved your prints and you mentioned graphics… Do you work with graphic designers on this collection?

GD: Yeah, every season I have. There is this guy called Rory Crichton who I’ve known for a long, long time and we work very closely together. Again, there is no set format of how we do it. Sometimes Rory will come along to a fitting and we’ll discuss things…tear sheets that I’ve saved over a period of time or things…might be something we see today, see something take a photograph of it, print it out. We keep big archive books of just images of things. You intuitively feel certain times, certain things feel right. Let’s do an abstract camouflage or something. It just works like that or Rory could have an idea of something that he maybe wants to do, some ideas he’s had and then we’ll design something for the print. So, it can work in many ways, which I really like, it keeps it fresh and the ideas exciting instead of seeing reams of ready to buy prints. I really like designing them. We work really closely on that.

Me: On the subject of that collaboration, today there are many cases of such a types of collaboration. There is Rei Kawakuko working with H&M and now you have architects that design shoes, illustrators that draw dresses and clothes. Do you think that’s a good thing, creative and positive or does it tend to makes things more common place?

GD: I think it’s a really good thing, I’m all for people trying to experiment in other areas of design. I think that designers and inherently creative people don’t like being compartmentalized. I think it’s great that people have got the opportunities to test other things. Some may work, some may not. Reach out to a larger audience to see ideas and creativity which can only be good things. It’s good as long as you retain the core values of what you are about and work really hard on that. I think it’s essentially a really good, interesting thing.

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Tanqueray No. Ten, world’s finest gin Martini. Art-Déco style designed by Giles

Me: About the internet, do you read fashion blogs? Do you know any of them?

GD: I go on a couple, yeah. I have a look on style.com. I have on look on boingboing. I often get to them by looking for something. This friend of mine does one blog on shoes, which is quite interesting.

Me: So you don’t specifically read fashion blogs?

GD: Sometimes, not everyday, no. But I do read them. I don’t follow them like a newspaper every day, it’s when researching or looking for something then I kind of get redirected around.

Me: Do you think internet is going to affect the relationship that people have with fashion, in general?

GD: Yeah, it increases your speed of seeing things, doesn’t it? You can see much quicker all around the world what’s going on. If you want to find out what’s going on in Reykjavik or Buenos Aires you can go in there and find things or find new stores. So, yeah… one thing that I do think is that it’s another channel for ideas to be seen.

Me: Isaac Mizrahi has asked web-surfers to send him some designs for a customized tee-shirt, then he’ll choose one and he’ll put it on his show and promote it. What do you think of this?

GD: Yeah, it’s great, it’s great fun. It’s brilliant for people to get access to things; you choose to enter the competition. It’s a bit of an interesting idea.

Me: What’s the last thing that struck you ? A movie, a picture you saw, trip you took?

GD: I was in Venice before it started flooding, about 7 to 8 days ago…which is really fantastic and I always really love going there. I was in Moscow the week before that, which I had never been to, which was really incredible. Kind of fascinating on lots of levels: of seeing the super amount of money to the complete lack of money. A very different dynamic to being in a European city, the way that everything is done. It’s really quite extraordinary; I’d like to have bit more of a look there. But in regards to a film, there was an interesting program on the television called Survivors. It’s about a group of people who find out that they are all alive after a large epidemic has wiped out a large amount of the population and I thought it was quite fascinating on how you would start dealing with all of that, it was pretty thought provoking.

Me: Future projects??

GD: Future projects…well, the collection which is paramount…and we do pre-collection now. We are doing a collaboration with Smythson, a kind of diary. We are doing some sketches of mine put onto some the notebooks and notepads and things which are being really beautifully done and really nicely printed. Um…what else are we doing? I mean, there are all sorts of things flying around, we are doing some more sunglasses, or tons of stuff.

Me: You are a great illustrator can you draw something for me (smiles)??

GD: Can I draw something for you? Dum, dum dum, what shall I draw for you ?… All right… (sketching noises)… This isn’t an example of a great illustration… But you can have, how about… there you go ! You can have a… mask ! Cut across the dotted line… Get the scissors out when you get home… There you go !

giles-deacon-2

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Me: That’s great!!! Ha, ha, merci beaucoup!!!

Madonna in ou out ? (ou Madonna au Café Muller)


Prestation musicale, plutôt moyenne, qui ne restera pas dans les annales. Pochette de cédé, oscillant entre vulgarité et mauvais goût…

Régressive pour la couleur rose sucette et le bleu layette, la typo arrondie infantile;

Violente pour la photo légèrement sur-ex, les jambes écartées, engoncée dans un body-gaine noir, les cuissardes, la bague bling-bling deux doigts et la ceinture de catch WWE (1). Je passe sur le symbole christique qui fait partie de la panoplie de l’artiste.
(1) le catch, une tendance 2009 ?

Jouant sur deux registres apparemment opposés (régression et violence) Madonna est une trashmamie. Un badtrash qui laisse indifférent, décevant lorsqu’il s’agit d’une artiste que l’on apprécie. On sent un manque de conviction évident dans cette production.

Néanmoins pour la saison prochaine on retrouve Madonna toujours les jambes écartées (!), une once de provocation donc, de défi et de la sensualité… Une métamorphose signée Steven Meisel pour Louis Vuitton, ici point de vulgarité dans ce cadre qui s’inspire des cafés parisiens. Une collection chargée d’accessoires, le sac monogrammé est agrémenté de pampilles et de grosses perles, un été très african-chic mêlant des mini-jupes à larges plumes, des motifs animaliers et des chaussures à donner le vertige.
Rien d’étonnant à ce que l’on arrive à un tel résultat, une entente parfaite existe entre le célèbre photographe et la chanteuse puisqu’il ont réalisé ensemble le sulfureux livre Sex en 1992.


Louis Vuitton, campagne printemps-été 2009
A des lieux de Hard Candy, Madonna au milieu de toutes ces chaises vides, nous fait « son » Café Muller, certes en beaucoup moins tragique et beaucoup plus fashion. Osciller entre les extrêmes de la création, sans doute une part du talent de l’artiste.

 

Tout était plus simple avant (maj 24.11)

La mode est le miroir idéal de nos comportements de ce côté-ci de la planète et bien entendu, en cette période frileuse à plus d’un titre, ce désir de retour à la mère-nature est fort présent dans les campagnes de communication de certaines marques cette saison.

Mettons de côté la go green attitude qui n’est pas une tendance mais un passage obligé à moyen-court terme pour l’industrie, de côté également certains créateurs comme Stella Mc Cartney, Kenzo où la nature fait partie de l’ADN de la marque.

Point de robe de bure, ni de sandales en corde, point de tendance Amish chez les autres créateurs, ici le retour à la nature est ostentatoire. Broderies, boutons dorés, col en fourrure, nœuds, franges sont nécessaires pour un séjour dans la grande maison familiale ou pour se retrouver entre amis dans la campagne, un nomadisme chic entre folk luxueux et un classicisme théâtral.

Simple paradoxe

Un retour à la simplicité mais avec tout nos atours, délicieux paradoxe, parfaitement assumé.

Gucci AW2008-2009, par Inez van Lamsweerde and Vinoodh Matadin


danse chamanique entre amis, ce week-end, à la campagne.
(Gucci AW2008-2009, par Inez van Lamsweerde and Vinoodh Matadin).


The good ol’ days (vous noterez les arrière-plan peu engageants) : les couleurs, les imprimés
et les accessoires claquent pour signifier la chaleur du temps retrouvé. La famille se regroupe
autour de trois générations, parmi les poules, les labradors et les chevaux…

Not only humans, but animals too

Dès lors, l’ensemble de nos instincts se réveillent, l’envie de grimper aux arbres, de s’allonger à même la terre mouillée. Tout comme nous l’ont signifié récemment les campagnes d’Aigle et de Wrangler nous ne sommes, après tout, que des animaux.


pour la réintroduction de l’homme dans la nature, Aigle.


we are animals, Wrangler (Mise-à-jour: campagne primée
par le Grand Prix Presse à Cannes le 24 juin 2009)

Dans la vision de notre rapport à la nature ci-dessus, le vêtement est peu ou pas mis en valeur ce qui prime c’est la sensation, le vécu, de l’anti-glamour pur et dur, aux antipodes des campagnes Gucci ou Dolce & Gabbana. Autant j’apprécie la campagne print de Wrangler, autant la vidéo qui réinterprète assez « justement », me semble-t-il, l’activité nocturne de nos amis à quatre pattes peut laisser songeur, oscillant entre l’inquiétant et le morbide (voir ci-dessous).

 

Animalité

À l’opposé, les séries photos présentes dans le dernier Numéro, présentent la sublime Stéphanie Seymour en femme-louve ultra-sexy, shootée par Greg Kadel.


Stéphanie Seymour, chimère en veste sans manches en mouton retourné (Dolce & Gabbana), bijoux d’ongles-griffes de chez Bijules NYC et une voilette surmontée de précieuses plumes par Noel Stewart.

La femme primitive

veste en renard de la maison Louis Vuitton et collier d’ossement d’Erik Haley, pour une Lucy des temps modernes.

La femme élémentaire

ou encore la femme-zèbre chez notre Jean-Paul Gaultier national

voire même en pintade de luxe chez Ralph Lauren…

Simplicité ?

On le voit le désir de simplicité par un retour à la nature, est interprété de diverses façons. Tantôt radicale anti-glamour et anti-consumériste, au point de dérouter ; tantôt festive (arrogante ?).

En ces temps incertains, dans nos sociétés qui se complexifient, où l’envie d’appuyer sur pause se fait sentir, le vêtement doit-il se parer de tous les atours ou au contraire créer des silhouettes basiques et sobres ?

En privilégiant la voix et le piano, PJ Harvey à créé l’an dernier avec White Chalk, un album dépouillé de tout superflu, rèche même, d’une émouvante sensibilité et d’une haute exigence. Pour autant qui à envie de ressembler à miss Polly Jean Harvey sur la pochette de son cédé ?


White Chalk, à découvrir ici

Peut-on imaginer, comme la chanteuse l’a fait avec sa musique, un retour à certains fondamentaux dans la mode ? Non pas un retour du courant minimaliste des années quatre-vingt d’Ann Demeulmeester ou d’Helmut Lang, mais un courant ou un créateur qui arriverait a synthétiser les paradoxes de notre époque.

Comme en musique électronique, une tendance low-fi va-t-elle apparaître dans la mode ? Une tendance qui créerait des vêtements d’aujourd’hui et de demain avec des tissus et des accessoires de récupération, par exemple.

De l’omnipotent LVMH à la discrète maison Hermès, du vintage chic de Didier Ludot aux modèles contemporains de netaporter.com, la mode est comme notre époque, multipolaire, fragmentée, hystérique, en plein mash-up. Redéfinir simplement certaines directions et certaines prises de position aiderait sans doute à y voir plus clair.


Pour compléter ce billet, je vous conseille de lire :
Le catalogue du salon Maison et Objets consacré à la Simplicité dans le design.

De la simplicité par John Maeda, THE book d’un grand monsieur du design transversal où l’on apprend à aller à l’essentiel, à ne pas mésestimer les émotions et où il énonce ses dix lois de la simplicité.

De la simplicité, sur Amazon

Mise-à-jour du 24.11 : Le sujet est développé par Audrey aka Mekameta ici