Kenzo in RGB mode

Three colors to create them all…

Three photos from the last show of Kenzo during the men’s fashion week (summer-spring 2010-2011) in Paris.

Three suits in vivid colors: red, green and blue, like RGB, the additive color system used on our everyday screens.

Red

 

Green

 

Blue

The use of color is in Kenzo’s ADN and they are successful at it, but it’s still a rare and a difficult goal to reach in fashion design, (yes black is easier here in occident, just look in your street). A Kenzo show is always a place to be during a fashion week.

Couture | Bouchra Jarrar

Ivoire, noir et gold pour des silhouettes longilignes. Des jeux de découpes, des entailles comme réalisées au laser mais de la fluidité pour cette collection n°2 très graphique. Des encolures profondes et des colliers en « V » exprimant sensualité et rigueur. Quand la Couture explore d’autres voies, une simplicité moderne et féminine, c’est chez Bouchra Jarrar que cela se passe. On adore !

PFW | Walter please !

Walter Van Beirendock, c’est un des premiers show que j’ai pu voir. Créateur un peu hors-circuit, je suis son travail depuis lors. Retrouvailles en backstages pour saisir l’atmosphère du défilé Read my skin.

Mannequins bear-style ultra-musclés, contrasté avec un style à la naïveté assumée. Accessoires très ludiques (voir le sac à dos crocodile, sur la vidéo à 1:14) et toujours ces messages de paix et d’espoir, chers au créateur, brodés dans un style jour de Venise sur les vêtements ou les accessoires. Les carreaux côtoient d’autres carreaux, les unis fréquentent les imprimés façon chintz pour un ensemble assez bigarré.

Dans les formes on trouve des tee-shirts ultra-moulants aux couleurs fluos, des combinaisons et des pantalons workwear aux immenses poches plaquées ou rapportées: so nineties, des vestes et des robes trapèzes couleur pastel.

L’ensemble résonne très fin de XXe siècle, l’impression que le temps c’était arrêté en 1997 lorsque dans les clubs on hurlait « techno! techno! techno! »…

PFW | Julius, chaos cyber-poétique

Après Comme des Garçonse et Juun J. suite de la thématique « dark » de cette fashion week.

Ce sont des silhouettes gigeriennes (1) que le créateur japonais Julius fait défiler cette saison. Il nous entraine dans un monde post apocalyptique où les mannequins au teint livide et au regard rayé de noir ont vu la fin du monde, des cyberpunks survivants du chaos…

Les tenues sont lacérées, froissées et figées, comme si elles étaient restées sous les décombres. Les tons sont noir, anthracite, étain, ivoire, vert de gris et un rouge… sang. Tout est sens dessus-dessous, les tissus tourbillonnent, sont contrariés, ils sont en mutation…

Fashion-sculpture

Les vestes en cuir bouilli (ci-dessous) à la large encolure ou celles dont le col dégueule (elles donnent l’impression de tenir toutes seules !) sont particulièrement belles. Elles semblent être des sculptures de bois ou de résine, saisies par des chaleurs extrêmes provoqués par une… explosion atomique.

Ce que l’on pourrait prendre pour des lacérations sont en fait de complexes jeux de sangles et de plis (voir ci-dessous et dans la vidéo). Au final des effets matières qui ne laissent pas indifférents.


Julius est aussi un adepte lui aussi de la superposition

Julius à aussi des envies de ce que Juun J. appelle le Street tailoring. Tout comme le coréen, Julius propose également des vestes plus traditionnelles et des manteaux d’été à la coupe classique. Comme pour montrer son savoir-faire, ou donner une dimension artisanale (DIY)certaines de ces pièces classiques ont gardé uniquement la doublure et les pièces de montage intérieur (voir vidéo). Est-ce là encore, le résultat du chaos, qui aurait démonté ces vêtements ?

Julius sur le web

(1) du peintre suisse Hans Ruedi Giger, créateur du monstre Alien (voir ci-dessous). Comparer les reliefs des peintures de Giger avec les reliefs, sangles et autres plis de la collection de Julius.

PFW | Juun J., l’envol des tribus urbaines

Cette saison Juun J nous transporte dans le désert… urbain, les mannequins portent tous le cheich pour se protéger des grandes chaleurs dû au réchauffement climatique

Panoplie emblématique de la collection. Ci-dessous un cyber-punk avec des envies de tailoring. Une veste tailleur ajustée, sur un pantalon legging-sarouel. Mieux que le baggy, ce pantalon sera-t-il un nouveau basique de l’homme urbain?

Baptisée « The flap », que l’on pourrait traduire par battre au vent, la collection de Juun J. inventeur du « street tailoring », oscille entre des volumes souples, comme ces grands tee-shirts débardeurs, ces tee-shirts capes, ou amples comme ces parkas over-size (voir vidéo) et des pièces plus fitted comme ces vestes tailleurs, ces perfectos ajustés portés sur de larges bermudas ou sur des leggings imprimés bris de miroir.


Ci-dessus Imprimé « bris de miroir » réalisé en collaboration avec Ground-Zéro

Cette saison les zips chers au créateur, ont une fonction plus que décorative. Placé en bord de col, ils laissent apparaître une autre pièce de vêtement (capuche ou blouson anti-pluie, cf. première photo) qui vient se superposer au premier.

Le vêtement devient modulable et s’adapte ainsi aux nouvelles conditions de vie des tribus urbaines. Un travail qui nous rappelle et concrétise en quelque sorte, certaines des expérimentations de l’artiste Lucy Orta (1) sur le vêtement-refuge.


Ci-dessus col tailleur zippé duquel s’échappe un blouson aérien (the flap) anti-pluie.

Juun J. tout comme Julius font parti de ces créateurs ayant des propositions pour un vêtement urbain, situé à mi chemin entre blade-runner et Savile-Row.

(1) Le vêtement-refuge de Lucy Orta, entre mode et architecture. Un extrait de son exposition diffusé sur Arte est visible ici.

 

PFW | La danse macabre


Silhouette Comme des garçons, Printemps-Été 2011

Cette collection Homme de Comme des Garçons, peut laisser dubitatif. La musique de Dead can dance, la monochromie et les crânes, tout cela peut rapidement conférer au cliché.

Ces têtes de mort portant des lunettes de soleil bleu électrique, graphiques, drôles, peints sur la nuque, remixées avec des fleurs en motif placé ou all-over, sont romantiques.

Un parti pris radical, érigé en système depuis bien longtemps chez la marque japonaise, anti-consensuel, non-mainstream et définitivement hors norme.

PFW | Certains l’aiment chaud…

Ce jeune homme qui attend le début du show Juun J. avait la tenue adéquate pour cette première journée, car il faisait chaud, très chaud…

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PFW | Homme printemps-été 2011

 

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A suivre égalemment aussi chez Pascal et Céline et Francesca

PFW | Chloé, ode au beige

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En couleur beige, sable ou camel, les jeunes dames de la maison de prêt-à-porter de luxe Chloé, dans une version ré-actualisée de Cheryl Ladd de feu Drôles de dames, s’élancent sur le podium.

Ce défilé fut un des plus séduisant de la dernière fashion week. A noter les beaux volumes créés par la discrète Hannah MacGibbon, avec une mention spéciale pour la silhouette comportant une chemise en jean (à voir à la fin de la vidéo), qui a fait l’unanimité.

Des volumes où plane un désir de destructuration de la silhouette. Tendance vue aussi chez Matthew Ames ou Damir Doma.


Pas de pinces, des plis qui donnent du blousant, des lignes d’emmanchures basses, très sport


Ce duffle-coat semble avoir trois tailles de trop, mais non il est généreux.




Quelque soit la matière et la manière, des pantalons qui s’évasent à partir des hanches


Robe chasuble ou robe trois trous et sans entrave


Grosse cape en maille, enveloppante à souhait


PFW | Flous de Yohji

Le Lycée Carnot et son immense cour couverte accueille un défilé « démocratique » où les invités s’installent selon leur désir. Pour affronter le froid du début de cette nuit de mars un petit plaid nous attend délicatement plié sur les chaises.

Dans le préau vont s’élancer les mannequins à la coiffure acidulée et aux vêtements très marqués par les fondamentaux du créateur.

On retrouve en effet les volumes géométriques, les asymétries et le style chic-punk qui ont fait le succès de la maison au début des années 80. Noir, indigo et ivoire forment une palette de saison et seule une mèche de cheveux tantôt rouge tantôt bleu canard vient de temps en temps enflammer la silhouette.

J’ai aimé les jupes asymétriques aux larges plis et les silhouettes composées d’une veste et d’une jupe, sans ourlet, le tout ressemblant à un manteau en gros lainage coupé à la taille (voir ci-dessous).

Aimé les montages de manches froncés à l’épaule (ci-dessus), comme si l’envers était porté à l’endroit, très handmade et non-fini, certes déjà  vu, mais çà fonctionne toujours.

Les larges salopettes, les jupes à bretelles ainsi que les pulls résille façon filet de pêche, restent très connotées « deconstructionnisme » des années 80 (mouvement où l’on retrouvait également Kenzo et Rei Kawakubo).

Ce défilé était l’un des derniers de la folle semaine parisienne de la mode. La bande son qui flirte entre le folk irlandais et du gros rock et les vêtements réinterprétant les classiques de la maison font planer une certaine nostalgie dans ce défilé. Une envie soudaine, pendant le show, de photos floues, pour mieux illustrer ce sentiment.