Curation | Stéphane Mallarmé fan de mode

Stéphane Mallarmé le grand poète français, était un fan de mode. Entre deux livres, pendant ce laps de temps angoissant, Mallarmé se laissait aller à quelques divagations sur la mode.

Mallarmé est le créateur de la revue La dernière mode, gazette du monde et de la famille (disponible en réédition française et datant de 1978 aux editions Ramsay)., il en est aussi l’auteur unique ! Toutes les chroniqueuses, grandes faiseuses de l’autorité que sont Marguerite de Ponty, Olympe la négresse, Miss Satin ou Zizy sont les divers pseudonymes féminins dont il s’empara pour rédiger sa revue. Seul le directeur de publication sera un personnage masculin nommé Marasquin.

Passionné

La dernière mode, contient fort peu d’images, contrairement aux revues de l’époque. Le poète Mallarmé utilise son don pour l’écriture afin de raconter et dessiner la mode avec des métaphores, des mots précieux et luxueux.

Il porte également un soin attentif à la mise page et aux choix typographiques, préfigurant ainsi son travail sur le poème Jamais un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1897).

Mallarmé rédigeait tout jusque dans les moindres détails, il s’intéresse au travail du tissu, aux fils, aux lexiques de couture… Passionné il a façonné 8 exemplaires de cette revue entre septembre et décembre 1874!

La revue d’origine comprenait des patrons grandeur nature et des lithographies à l’aquarelle. On ne sait pourquoi la revue stoppa net en cette fin d’année 1874 et fut reprise par la mystérieuse baronne de Lomaria…

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Première livraison (numéro spécimen), 6 septembre 1874, couverture. A droite, Toilette des premiers jours d’automne

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Deuxième livraison, 20 septembre 1874, couverture, Toilette de promenade

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Impensable aujourd’hui, une revue de mode contenant plus textes que d’illustrations ou de photos!

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Ci-dessus, la gazette et le programme de la semaine

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Dans colonne de droite, le troisième annonceur est la maison Doucet tenue alors par la mère de Jacques Doucet futur grand couturier et mécène du début du XXe siècle. Paul Poiret et Madeleine Vionnet passeront dans son atelier avant de fonder leur propre maison.