ADELINE ANDRÉ, FALL 2010, HAUTE COUTURE, PARIS
DURANT TOUT LE DÉFILÉ L’ARTISTE RÉVÈLE UNE PRATIQUE INCESSANTE, OBSESSIONNELLE, DESSINANT UN RÉSEAU DE NŒUDS ET DE SUPERPOSITIONS DIAPHANES ET COLORÉES.

J’ai reçu ce matin deux adorables petits bijoux de tissus from la Place Vendôme ! Deux petits nœuds papillons façonnés avec des tissus Couture, à croquer, de vraies friandises à consommer sans modération.
« Le seul risque est d’être élégant, smart »
comme le dit Monsieur Jean Yves. En journée ou la nuit, en jean ou en tuxedo, au masculin ou au féminin, bref en toute occasion… D’ailleurs il n’est pas rare de voir Tania (Putafranges, Big Daddy’s Dead), Ariel Wizman ou encore Yvan Rodic (aka FaceHunter) arborer le nœud papillon.
Je suis fan du travail de Monsieur Jean Yves depuis notre premier entretien téléphonique (10 mn d’entretien au sujet de la brimborion de 1923 de la Maison Lanvin…).
Si vous êtes parisiens pendant la semaine de la Couture n’hésitez pas à découvrir les bijoux couture de Monsieur Jean-Yves qui seront présentés respectivement à La Fidélité et l’Hôtel de Crillon.
Illustration Laurent Fétis
Le reste de collection est visible ici
Notre-Dame de la Garde, Marseille…
À la recherche d’anciennes photos sur un voyage effectué au Kenya j’ai mis la main sur ces photos réalisés il y a dix ans lors d’une stage chez Geneviève Sevin-Doering.

Sous le soleil écrasant de l’été, j’allais passer quelques jours en terre marseillaise afin de suivre une formation à sa technique particulière de coupe en un seul morceau. Le vêtement à couture tournante.
Voici quelques photos argentiques, scannées, de ce workshop.
Geneviève au sein de son joyeux capharaüm.
L’entrée de l’atelier-domicile
Ci-dessous, ressemblant à des blasons, des papillons ou un test de Rorschach, les patrons des costumes d’une pièce de théâtre, chacun appartenant à une famille. De haut en bas et de gauche à droite: famille du Collant, famille de la Couture, famille de la Fente, famille du Combiné, famille du Rectangle et famille Dufilho (!)
L’atelier, ancien entrepôt des galères de Louis XIV, est plongé dans un certaine obscurité et se prolonge tel un dédale.
Avec Geneviève, qui au cours des ans est devenue aveugle, on épingle les toiles à -même le sol, c’est le geste qui prime…
Les mannequins couture et les housses blanches suspendues aux portants sont comme des fantômes qui peupleraient les coulisses d’un opéra…
On travaille aussi sur des mannequins aux proportions inhabituelles…
En fait Geneviève est une rebelle. Sur cette photo elle est à mi-chemin entre Lou Reed et Louise Bourgeois vous ne trouvez-pas ?
Sa technique de coupe a rencontré beaucoup de réticences, peu compatible, avec les contraintes de fabrication en nombre d’alors. Le caractère bien trempé de la dame y est aussi, à mon avis, pour quelque chose.
Le théâtre, le costume de scène fait sur-mesure pour un acteur est naturellement un domaine où sa technique « enveloppante », qui se moule sur le corps, trouve son lieu d’expression, tout comme la confection pour une clientèle privée (parmi laquelle on trouve Leonor Fini). À partir de 1969, elle se consacrera à développer uniquement cette technique. À la recherche du vêtement « parfait », celui qui laisse le plus de liberté au mouvement.
Le prêt-à-porter est resté hermétique à son savoir faire, ce qui ne la prive pas d’avoir des admirateurs (Élisabeth de Senneville, que j’ai croisé à l’atelier) et de nombreux disciples (dont Sakina M’Sa et Fred Sathal). Il y a quelques années la marque de jean Levi’s a créé un modèle dit à « couture tournante » le Twisted jean, j’avais alors, immédiatement pensé à Geneviève.
Que reste-t-il de son savoir-faire et comment exploiter sa technique aujourd’hui? Aux dernières nouvelles, sa fille se charge de l’enseignement de sa technique. Fred Sathal ne défile plus pour la couture parisienne depuis des années. Le luxe, le show-business où règnent des vêtements d’exception seraient-ils un terrain propice?
Une modélisation 3D de ces patrons seraient très instructif, à l’image de ce que l’on voit ici. Geneviève Sevin-Doering serait-elle une Madeleine Vionnet restée dans l’œuf?
et encore plus
Hyères, mai 2010, une sympathique before sur la terrasse de notre hôtel. Lady Gaga et vin rosé mais aussi l’occasion de retrouver les copines du Sud (Isabelle Oziol de Pignol et Brigitte). Puis j’ai vu ces lunettes sur le nez d’Isabelle, qui nous explique:
« En fait, j’ai toujours aimé les lunettes en écaille et particulièrement celles assez épaisses que je voyais sur le nez d’Aristote Onassis, Saint Laurent etc… Renseignements pris, j’ai vite compris que si elles étaient aussi belles c’est parce qu’elles étaient faites à la main et par des lunetiers prestigieux comme la maison Bonnet à Paris.
Cette monture à été faite, à la main, dans le Jura, par un artisan lunetier. Pas de marque, pas de « made in France » écrit sur les branches, en revanche, elles sont en acétate. Il y a deux méthodes pour faire des lunettes en acétate: par moulage (la plupart de la production actuelle) ou travaillées « à l’ancienne » dans la masse (une plaque d’acétate) comme on travaille l’écaille. Ce qui fait que ces lunettes ont de allure sans atteindre les prix vertigineux de l’écaille… »
Un coup de fil à l’opticien en question afin d’obtenir le nom de cet artisan. Malheureusement, ce vieil homme (M. Fontanez) à cessé son activité et n’a pas pu la transmettre à un apprenti. Son activité à été racheté par Opal et ces modèles ne seront pas reconduits, un savoir-faire qui s’évanouit…
Postulat de départ le sac Lady Dior est un produit de luxe (à vérifier).
Tout comme d’autres maisons de luxe l’ont fait en ce début d’année la maison Dior a mis le cap sur Shanghaï, nouvelle capitale du luxe. Marion Cotillard, l’interprète principale de ce troisième opus de la saga Lady Dior est cette fois-ci dirigée par l’immense David Lynch.
Pour Lady Noire, beaucoup d’internautes s’étaient plaint du fait que la fin de l’histoire laissait le spectateur dans l’expectative, qu’en sera-t-il d’un web-movie de plus de 15 mn réalisé par l’hermétique David Lynch ?
Invoquer le réalisateur de Inland Empire (!) pour faire la promotion du Lady Dior relève-t-il d’un pari artistique et de communication fou et/ou d’un désir évident de distanciation?
Non quand on sait que luxe, art et culture ont toujours fait bon ménage, ils sont tous des émetteurs de goût. David Lynch est un réalisateur unique en son genre, le Lady Dior est donc, par conséquent (?), un produit unique en son genre.
Oui si l’on considère que le Lady Dior n’a pas une aura à la hauteur de l’univers lynchien. Le Lady Dior n’à pas l’image fantasmée d’un sac Kelly (cf postulat de départ).
Oui car pour apprécier l’univers de David Lynch il faut un apprentissage, un rite de passage que l’on retrouve souvent dans ses films. Souvent symbolisé par un objet (cf. la boîte bleue dans Mulholland Drive, l’oreille coupée dans Blue Velvet) ce rite est ici signifié par le sac Lady Dior. Le sac permet le passage entre deux mondes (réel et fantasmé) mais aussi pour le consommateur vecteur d’ascension culturelle, sociale, etc.
Oui car « Il faut donc un bagage culturel pour apprécier le luxe » (1) et qui mieux qu’un réalisateur comme David Lynch peut réaliser cela?
Non, car presque toutes les images, les couleurs saturées sont appréciables par tout un chacun. Marion Cotillard est une actrice proche du public et rend accessible cet univers. Les effets de la caméra Hi-Speed, me rappellent la mythique scène de poursuite de Chunking Express de Wong Kar Wai et sont appréciables pour leur rendu esthétique.
Une marque de luxe de n’a pas nécessairement besoin d’une star du show business pour promouvoir son univers. David Lynch risque-t-il d’occulter l’aura de Dior ? Que retiendra-t-on de tout çà ? On attend avec impatience le quatrième et dernier opus de cette saga.
Le projet est ambitieux et s’exposera forcément à la critique, on est pas dans une simple « pub », on ne vend pas un produit mais on décrit un univers de marque (une démarche inhérente à toute marque de luxe), une attitude prise de risque, de dénicheur et de leader, en effet le luxe ne suit pas la tendance, il la précède.
(1) Luxe oblige, Vincent Bastien et Jean-Noël Kapferer
Canari capturé par Jean-Paul Goude en 1992 pour le parfum Coco. Karl Lagerfeld fera porter à Vanessa Paradis les sacs de la Ligne Cambon et New Mademoiselle à l’aube des années 2000. Cette histoire a joliment repris son cours cet hiver avec Rouge Coco et continue ce printemps avec la nouvelle ligne de sacs Coco Cocoon, sacs avec lesquels on a toujours envie de se lover…
L’entrée de l’appartement de Mademoiselle Chanel en était truffé la semaine dernière…

Des pochettes, des shopping bags, noirs, gold, chocolat…

… en nylon, en alligator ou en orylag, il y a un doudou pour chacun d’entre vous.
Tantôt canari, tantôt poussant la chanson Vanessa Paradis est toujours aussi charmante. Jugez-en vous-même dans le making-of de la campagne de communication ci-dessous.
Après les fleurs couture, Monsieur Jean-Yves nous a concocté pour la saison nouvelle une merveilleuse collection de nœud papillons couture.
Utilisé généralement pour les réceptions et beaucoup porté par les clowns, comment lui faire quitter une image d’accessoire « gadget » qu’on lui confère ? Comment éviter de paraître apprêté pour un mariage ou d’être déguisé en Groucho Marx ?
Pour Monsieur Jean-Yves c’est tout simple il faut le rendre « ordinaire », un peu dit-il « comme un gâteau fait avec les ingrédients les plus simples et qui se révèle extraordinairement bon, alors qu’un truc recherché peut-être une grosse foirade… »
Faire du nœud papillon un basique de notre garde-robe, un accessoire fondamental réalisé à la main dans le respect des techniques traditionnelles et l’exigence de son créateur. À porter tous les jours de la semaine dit-il en me proposant de faire une sélection parmi une collection riche de 130 modèles toutes couleurs confondues!
Du jersey de coton d’entrée de gamme au très doux gazar de soie italien, en passant par le satin, le choix est difficile. Délicatement disposés dans de grandes boîtes noires, les nœuds rendent gourmand tels des petits biscuits anglais.
Le modèle en gazar de soie de la gamme Daylight (ci-dessous) ira très bien en journée, je l’ai pris en couleur claire, il ira avec tout. Les plus audacieux pourront opter pour des couleurs plus vives également disponibles. C’est mon modèle coup de cœur, il est facile à porter.
Le modèle Oversize (pas en photo), appelé ainsi car c’est le plus gros, se porte un peu comme une écharpe. En satin de soie, ce modèle est un avatar du visage dit son créateur, on peut en façonner ses deux ouvertures latérales, dites « bouches », de manière à faire varier son expression ou ses reflets. Un modèle plein de caractère.
Et puis il y a les modèles en tweed, python, crocodile ou en agneau plongé, déjà noués ou a nouer soi-même, suffisamment pour ajouter ce petit supplément d’âme aux tenues masculines et féminines « élégantes » et « crazy » cher à Monsieur Jean-Yves.
Monsieur Jean-Yves par Laurent Fétis (tous droits réservés)

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Ce samedi la Maison Monsieur Jean Yves ouvre ses boites de prototypes de noeuds papillon et de fleurs couture en séries limitées. Tous les renseignements ici

Non, Air France Madame, n’est pas un ersatz de feu Jours de France(1). Ce n’est pas seulement un club de desperate housewives reservé aux femmes des hommes qui travaillent (!). Air France Madame est un magazine d’art de vivre pour des femmes exigeantes. Pour celles qui voyagent dans les meilleures conditions et qui portent une attention particulière à la mode, la culture, au design et à l’art.
La maquette, élaborée par le directeur artistique de Vogue, Johan Svensson, est conforme à ce que l’on attend de ce type de publication : sobre et chic. Les typographies oscillent entre serif et sans-serif selon la langue employée (français ou anglais). La mise en page laisse un large place aux blancs, souvenez-vous le luxe c’est l’espace. La taille des folios (un brin oversize) pose la touche d’excentricité nécessaire.
Un magazine haut de gamme, un bimestriel de luxe, dédié au plaisir, qui vous emmènera aux quatre coins du monde visiter les hotspots du moment, vous aidera à décrypter les tendances ou vous indiquera les bons plans luxe via un choix d’adresses sélectives.
Le dernier numéro, que vous pouvez encore vous procurer cette semaine, est le fashion issue, la mode étant le fil conducteur du magazine. Ne manquez pas l’article de Sybille Grandchamp sur Cape Town, le sujet sur Phoebe Philo, celui sur le couple d’architectes d’intérieur Gilles & Boissier ou encore les adresses chic de Mathilde Meyer, la dircom de Prada.
À la lecture, contrairement aux autres féminins, ici il n’y a pas d’état d’urgence. On ne part pas en week-end dans les Antilles britanniques comme on irait à La Baule, on n’achète pas une montre Van Cleef & Arpels comme une toywatch. Il faut prendre son temps pour apprécier le luxe, le style et l’allure priment donc sur le it-thing du moment.
Le prochain numéro traitera de Haute Horlogerie féminine, sujet passionnant à plus d’un titre et dont nous aurons l’occasion de reparler.
Un aperçu en images du Fashion issue, bande son by Fortuna
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(1) Ce magazine appartenait à M. Dassault. De Jours de France à Air France Madame on reste donc dans la thématique aérienne…
Le faux luxe, seule Gabrielle Chanel pouvait l’inventer lorsqu’elle crée, à la fin des années 30 ses faux bijoux. Réalisations baroques, mêlant pierres semi-précieuses, fausses perles, « cailloux » et dessinés par Fulco di Verdura pour la grande Mademoiselle.

En 1932, Chanel lancera la collection « Bijoux de diamants », il s’agit cette fois-ci de Haute-Joaillerie, rien à voir avec les faux bijoux! De cette collection consacrée au platine et au diamant, on connaît surtout le collier emblématique Comète. Sa réédition de 1993 était visible pendant la semaine de Haute-Couture.
Pour nous accueillir Place Vendôme, point de camélia (un des emblèmes de la maison), mais des orchidées, autre sujet de convoitise de la part des collectionneurs.

La Haute-Joaillerie chez Chanel débute en 1932 et s’interrompt jusqu’en… 1993. Dès lors, elle fait intervenir le savoir-faire des meilleurs ateliers parisiens et s’inspire largement de l’histoire personnelle de Gabrielle Chanel.
Lignes simples et épurées, pour le collier Comète, loin du « style nouille » de la période précédente. Le collier Comète de 1993 est entièrement articulé, composé de platine et 640 diamants pour un poids total 73 carats.

Chanel liquéfié par Zevs, Liquidated logos, 2009
Vous avez peut-être suivi cet été les mésaventures de Zevs, artiste adepte du graffiti, arrêté mi-juillet à Hong-Kong pour avoir fait « dégouliner » le logo Chanel sur la vitrine d’Armani. Une façon pour lui de signifier la guerre que se livrent certaines marques.
Ci-dessous, Zevs à l’œuvre cet été à Hong-Kong

Cette affaire mêlant coulure couture et liquide me rappelle ce que Francis Pisani et Dominique Piolet définissent comme l’entreprise liquide(1). Derrière ce concept se cache une entreprise qui a voulu, qui à su ou qui à pu intégrer le mode collaboratif et relationnel dont elle à besoin pour rester dans la course. En d’autres termes une entreprise qui a refusé la rigidité face à l’inconnu. Or le moins que l’on puisse dire c’est que dans le domaine du luxe et de la mode, une certaine austérité face aux outils du web était de mise, du moins jusqu’à la dernière Fashion Week new-yorkaise…
« En effet, nous avons vu que les flux d’informations et de données doivent circuler de plus en plus librement à l’intérieur de l’entreprise, comme entre l’intérieur et l’extérieur, si l’entreprise tient à intégrer le mode collaboratif et relationnel dont elle a besoin pour rester compétitive. Cette nécessité stratégique pour rester dans la compétition, c’est l’entreprise liquide. » (Francis Pisani x Dominique Piolet, in Comment le web change le monde)
(1) Comment le web change le monde, par Francis Pisani et Dominique Piolet, éditions L’Atelier.
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En interne, force est de reconnaître que les équipes de communication en place sont encore souvent peu familières de ces nouveaux outils. Qu’en est-il de la mixité avec les nouveaux talents intégrés ? Comment cohabitent les rédactions digitales (numériques) et traditionnelles ?
En externe, les blogs de mode, constituent une vaste communauté de web-acteurs, journalistes-reporters d’un nouveau genre qui publient chaque jour, texte, photos et vidéos, inventent de nouveaux formats de programmes sur un sujet qui les passionnent. Ils se frottent ainsi quotidiennement un peu plus à la presse traditionnelle et à la télévision (quelle semble loin « Paris-modes », l’émission culte de Marie-Christiane Marek !). Cependant ils tardent a être reconnus et intégrés dans des processus réellement qualitatifs et participatifs.
On pourrait rétorquer à juste titre d’ailleurs, que cette rigidité est compréhensible, le luxe véhicule du rêve et de l’exclusif et s’accommode mal de la multitude. On ne dirige pas une entreprise de luxe comme une entreprise éditrice de logiciel informatique (hormis Apple) ! Cependant face à cet effet de parallaxe(2) naît une certaine impatience.
Mis à part une poignée de maisons qui ont remis en cause leur pratique et su s’interroger (méthode dite du try & go), l’immense majorité de celles-ci est encore dans l’expectative.
Pour devenir des entreprises liquides, ces maisons doivent accepter une certaine dose de ce que l’on pourrait qualifier de porosité sélective. Laisser aller et venir les flux informationnels générés par les internautes. Mettre en place les outils de recherche nécessaires pour identifier et échanger avec ces milliers de passionnés, dont certains sont de vrais prescripteurs. Créer de vraies collaborations et non de la récupération(3).
(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) « semblent » se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).
(3) Dans un autre domaine, il est étonnant de voir certains publications offline et leur pendant online récupérer – et galvauder – le streetstyle sans y apporter aucune valeur ajoutée, la fin du streetstyle ?
Ci-dessous, Yves Saint Laurent liquéfié, (c) deeelightful.com

Ci-dessous, Louis Vuitton liquéfié par Zevs, Liquidated logos, 2009
Soyons positifs, les choses semblent s’être précipités ces dernières semaines, notamment lors des récentes Fashion Week, certaines marques de luxe semblent se montrer plus ouvertes à la circulation de ces flux. Lors de la Fashion Week parisienne, Louis Vuitton a retransmis en direct le défilé printemps-été 2010 sur… Facebook. Une opération qui permet de recueillir le feedback et ravir les quelques 700 000+ inscrits sur la fan page. Une opération spectaculaire qui à le mérite de calmer les impatients ou encore de faire jouer la montre, avant de proposer d’autres types d’opération ? À suivre.
Dans cette affaire, reste en suspens la question sur le rapport entre le quantitatif et le qualitatif, mais toujours est-il que la marque phare du groupe LVMH à le mérite d’être force de proposition (proactifs).
Lors de la Fashion Week new-yorkaise, plus discret (plus en accord avec un univers luxueux ?) et plus marquant à mes yeux, fût la présence front row au défilé Dolce & Gabbana des quatre fantastiques de la blogosphère: Garance Doré, Scott Schuman, Tommy Ton de Jak & Jil et Bryanboy. Leur place était réservé avec un laptop mis à leur disposition, afin qu’ils puissent communiquer en live leurs impressions sur le show.
Voici donc quatre blogueurs dont la qualité du travail est reconnue au point qu’ils soient placés au même rang, physiquement du moins, qu’Anna Wintour ! Pour les deux designers italiens la raison de cet upgrade (mise-à-niveau) est déconcertante de simplicité et de bon sens :
« En parlant avec leurs clientes, ils se sont rendus compte qu’elles passaient leur temps sur internet. Qu’elles étaient hyper informées, qu’elles voulaient que ça aille vite, qu’elles étaient prêtes à acheter tout de suite. Ils se sont dit que c’était un âge nouveau, qu’il fallait avancer avec son temps. » (Garance Doré)
Gageons que cette initiative soit l’an 1 de cet âge nouveau qui mixeront MacBook et bloc notes au premier rang des défilés…
(2) Décalage visuel où les objets au premier plan (ex: les web-acteurs) semblent se déplacer plus vite que ceux au dernier plan (ex: les maisons de luxe).