Paris Fashion Week | Arzu Kaprol

Arzu Kaprol, Summer Spring 2012

L’affaire autour du génocide arménien entre la France et la Turquie a ces dernières semaines ravivé les tensions, remettant sous les feux de l’actualité d’autres contentieux majeurs dont celui concernant le refus de la part de l’Europe pour la Turquie d’intégrer la CEE, l’épineux problème chypriote, voire le problème kurde…

La Turquie est au carrefour de l’Orient et de l’Occident, historiquement elle à toujours été au centre des échanges économiques, religieux et culturels, remember Constantinople…

L’intégration des créateurs de mode turcs semble se faire avec moins de heurts si l’on en juge par le succès de Dice Kayek (franco-turque), Hussein Chalayan (turc-chypriote et britannique), Rifat Ozbek (turc) ou les pétillantes sœurs fondatrices de Yazbukey (turques). Ils officient en Europe ou aux Etats-Unis depuis des dizaines d’années et j’en discute avec le caissier de mon Monoprix, ces créateurs sont dans la rue et c’est tant mieux. Certes ils ne résident pas en Turquie et ne s’engagent pas forcément sur le terrain politique (excepté Hussein Chalayan) et je doute qu’ils puissent changer les décisions des chefs d’états. Toujours est-il qu’ils permettent aux amoureux de la mode et aux curieux que nous sommes d’avoir un autre angle de vue plus étendu et plus transversal…

Arzu Kaprol, fait partie de la nouvelle génération de créateurs turcs dont le succès va croissant. Au bon moment pour nous accompagner à regarder vers la création issue des pays de l’est.

Ses créations où elle privilégie l’emploi du cuir travaillé en fines bandelettes, les découpes et les volumes architecturés trouvent bon écho sur les podiums parisiens.

Arzu Kaprol, Summer Spring 2012, Couvent des Cordeliers

Paris Fashion Week | Josephus Thimister

Josephus Thimister invites us to a wandering. Monastic silhouettes in white, black and brown, sandals and leather pouches. A very beautiful, studious and peaceful show.

Josephus Thimister à présenté un des beaux défilés de la semaine de la mode parisienne. Il nous invite à une errance studieuse. Des silhouettes monacales empreintes de vertu. De l’écru, du noir, du brun-rouille, des sandales et des pochettes en cuir.

Une collection mixte, un vestiaire aisément interchangeable entre elle et lui.

A mixed collection for her and him.

Ci-dessous, le sarouel présent tout au long du défilé en pantalon ou bermuda.

Below, you can see the harem pants during all the show.

Austère, mais sensuelle, shorts et jambes libres, la collection de Thimister crée un bédouin moderne et citadinLes tissus sont fluides, ajourés et coulent sur le corps.

Lorsque qu’un corset en cuir (ci-dessous), vient apporter de la (re)tenue, une jupe déchirée haut sur la cuisse vient en contrebalancer l’effet…

Austere and sensual, the collection describes a modern urban Bedouin. Fluid and mesh, the fabrics floats on the body. When a leather corset hold the waist a torn skirt counterbalances the effect (see below) …

… boutonnée jusqu’au col, c’est la jambe qui se libère.

… buttoned to the neck, the leg is free then.

Mode in Brussels


Sébastien Denies et Julien Brennecke de Monsieur Bul

Ce week end à lieu à Bruxelles, le Modo Brussels. Ceux d’entre vous qui ont la chance d’y passer pourront en profiter pour voir les créations de deux jeunes marques belges que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques mois.

Monsieur Bul, créée en 2009, propose cet hiver une collection très fifties-sixties, une époque qu’ils apprécient particulièrement et inspirée d’Alfred Hitchcock.

Sur des blouses transparentes, des robes, des applications « plexi » façon bris de glace, un imprimé « oiseaux » faisant référence au film où Tippi Hedren, l’héroïne, tente d’échapper à une meute de volatiles en folie…

Ci-dessous, Connie Kaminski, née en Allemagne mais lance sa marque à Bruxelles en 2005. Elle emprunte des détails au vêtement de sport (bords côte, sangles) et les inclut dans des tenues plus chics et très féminines. A voir absolument.


Conni Kaminski


 

Seoul Fashion Week | Kiok sans couacs


Kiok, summer spring 2012

Many personalities and stars, including the famous Dal Shabet (K-Pop group) reflect the popularity of Kiok. The show begins with a performance directed by a dancer.

The garments are less daring but interesting. A lot of fluidity, prints inspired by nature, a work on the shoulders, sometimes folded edge, sometimes carved rounded. Most interesting, but not new, is the work with torn denim mixed with printed chiffon pleated, playing on the contrast between the two materials.

Nothing fundamentally new to western people. An offer that awareness, I am sure, the middle eastern (buyers were presents on her booth). No aggressive colors, suggestion only (muslins are opaque, torn denim shows nothing …).

No specific theme emerge from this collection, many proposals that almost collide (jeans, fluid materials, two-piece perforated leather, a Chanel like tailor , printed fabrics) but a mechanism that appears well rehearsed.

Trente ans que Kiok Kang officie en Corée avec sa marque Kiok autant dire que c’est presque une institution ici.

La créatrice est en pleine confiance chez elle, c’est une star et les nombreuses personnalités présentes, dont les fameuses Dal Shabet (groupe de K-Pop) en sont le témoignage. Spectaculaire, le show débute par une performance, réalisé par un danseur survitaminé qui exécute une descente de catwalk avec un déhanché pour le moins… vertigineux.

Le défilé est lui moins audacieux mais néanmoins plaisant. Beaucoup de fluidité dans les matières, des imprimés inspirés par la nature, un travail sur les épaules, tantôt pliées en pointe, tantôt sculptées en arrondi. Le passage le plus marquant visuellement reste alors son travail sur le denim lacéré qu’elle marie avec des robes en mousseline plissées ou imprimées jouant alors du contraste entre les deux matières.

Rien de fondamentalement nouveau pour un occidental dans le style de Kiok. Mais une offre qui sensibilisera, j’en suis sûr, une clientèle moyen-orientale (très présents sur son stand) de part ses choix. Pas de couleurs agressives, de la suggestion mais pas de révélation (les mousselines sont opaques, le denim lacéré ne montre rien…).

Une collection faite pour être vendue sans modifications, où l’on ne voit pas se dégager un thème précis, mais plutôt de multiples propositions qui se télescoperaient presque (du jean, des matières fluides, deux pièces en cuir perforé, un tailleur « à la Chanel », des imprimés), bref une mécanique qui semble bien rodée.


Dal Shabet Vicky


Kiok au centre des Dal Shabet

Paris Fashion Week | Steffie Christiaens


Robe brodée de crin de cheval

Steffie Christiaens, has not finished playing with the Elements. Her clothes always seem moved by the forces that surrounding us. Her dresses, skirts and jackets seem captured (as a still image) moving around the body, creating a « frozen flow ».

The garments created by Steffie Christiaens do not embrace the body with glamour as usual but are the result of rashes, blisters and projections.

Accessories are also important in the style of Steffie Christiaens. The beautiful shirts collar and necklaces, the shoes and the bracelets experience the same twists as the clothing.

For her first summer in Paris Fashion Week we discover that Steffie Christiaens can add some sensuality in her style. For summer 2012, we will have swimwear, very short dresses and necklines never seen before. All this creates a contrast with the apparent rigidity of the clothes and, as usual, a cold palette of colours (silver, black, blue), except perhaps, the acid yellow (as seen on many shows).

« Don’t forget the clothes, we’re are not Lady Gaga! » some people say at the end of the show. It is certainly not far from the stage costume sometimes, even if the latest outfits (see last photos) are « simpler ».

Steffie Christiaens follow the trend of those young designers that create sculptural garments (Yiqing Ying, Sandra Backlund or Iris Van Herpen…)

Les maillots de Steffie – Swimwear

Les sculpturales – Sculptural dresses

Below, Steffie Christiaens’ style, even a « simple » short skirt is created with cutouts, reliefs and overlays.

Les plastron-bijoux – Necklaces and shirt collars

Wood and stone minaudiere (held with an in-built glove)

or to be worn as a grenade with an evening gown…

Vaillant Mayen

Chers lecteurs,

avant le rush de la fashion week parisienne, retour sur quelques créateurs qui m’ont plu la saison passée. Sébastien Meyer, de la toute jeune marque Vaillant Mayen présentait sa collection au sein d’un luxueux appartement parisien du quartier latin…

Ici les robes ne tiennent qu’à un fil, pas ou peu d’ourlets, les modèles sont coupés bords franc. De simples panneaux, pincés pour suivre la ligne du corps ou cousus presque bord à bord comme pour montrer l’extrême sensibilité de ce jeune créateur. En contraste il choisi des couleurs franches, un bleu Klein, un rouge carmin, un ocre jaune et chausse ses mannequins d’escarpins faits à partir de sabots de cheval.

Une collection inspirée par sept lettres de femmes dont vous pouvez apprécier certaines ci-dessous.

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Vandevorst, Barbara Bui et Anne-Valérie Hash…

Quelques photos de présentation de créateurs dont j’apprécie le travail. C’était hier soir lors de la présentation du Projet Super 8, une série d’interviews de personnalités pionnières dans la relation qu’entretiennent la mode et internet.

L’installation « The smallest travelling store in the world » d’A.F Vandevorst

Image issue de la vidéo du créateur Kristofer Kongshaug (AW 2012) par Nicolas Blusson et Emmanuel G. Cuesta

La « robe qui voyagera » d’Anne-Valérie Hash

Une rapide rencontre avec Barbara Bui

Léa Peckre, chiaroscuro

Chiaroscuro, clair-obscur dans la langue de Dante, le traitement photographique permet ici d’apprécier les détails et le travail textile de la lauréate de l’édition 2011 du Festival de la mode d’Hyères. Elle a suscité un tel enthousiasme, qu’elle était donnée gagnante par la majorité des festivaliers dès le premier jour.

Son inspiration, Léa la puise dans l’atmosphère qui règne dans les cimetières: lumière, végétation, architecture. Plus que ses modèles, très structurés, ce que j’ai surtout apprécié dans le travail de la jeune diplômée de La Cambre c’est son travail de la matière.

Les sequins, réalisés entièrement par ses soins, sont imprimés en s’inspirant de sept espèces d’arbres différents puis brodés sur des matières assez épaisses comme pour évoquer les structures massives vues dans les cimetières.

En contraste (ci-dessous), on trouve aussi son précieux travail sur des matières fluides et ajourées.

Complexe: plis et replis s’emmêlent, reflection lumineuse, broderies, sequins et profusions d’empiècements (cf. la veste ci-dessous) créent des effets matières étonnants.

Hyères 2011 – Ode à Oda Pausma

 

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Suivant les conseils d’un ami, j’ai pris le temps de découvrir les modèles qu’Oda Pausma présentait lors du Festival. Il s’agit de sa troisième collection, cela explique sans doute la maturité qui se dégage de ses silhouettes. Quand on regarde ses réalisations passées on note une progression vers ce que l’on pourrait qualifier de ligne claire du stylisme.

Oda ou l’art du trompe-l’œil

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Oppositions de matières et asymétrie, bords nets. Ci-dessus, un cuir rigide, plié et pincé formant des bustiers-plastrons défie une soie fluide qui crée une combinaison naissant autour du cou, puis se prolonge sur la poitrine et s’évase en une large jambe de pantalon. Ou peut-être est-ce une robe, un trompe l’œil ?

Une approche quasi ludique, un cadavre exquis des matières (car il y a bien un jeu à faire aller et venir les tissus et à créer des jambes de pantalon qui s’imbriquent l’une dans l’autre). L’ensemble est sobre, chic et rigoureux, un luxe à la néerlandaise.

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Ci-dessous, le type de détails que j’affectionne, discret mais plein de sens. Un col tailleur incrusté, sans relief ou plutôt une découpe forme col tailleur, un autre trompe l’œil. Un decolleté vertigineux et un pli dans le dos du cou complètent l’ensemble et viennent donner rondeur et féminité au cuir et à la silhouette.

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MUS by Véronique Leroy

Paris Fashion Week- MUS was created in 2009 by Myriam Ullens de Schooten and designed this season by Veronique Leroy. Collection MUS (the initials of the designer) was the good surprise of another exhausting day of fashion week.

Sitting quietly behind the windows of the Palais de Tokyo, the girls dressed in knittedcotton w/silk came and posed with spare elegance.

Fin du XXe siècle, alors en stage chez Véronique Leroy je me souviens de ses deux caniches royaux et des délicieuses soupes qu’elle nous préparait dans son petit atelier du XXe arrondissement de Paris…

Créée par Myriam Ullens de Schooten et dessinée cette saison par Véronique Leroy, la collection MUS (les initiales de la créatrice) était la cerise sur le gâteau d’une journée de fashion week éreintante.

Sises sagement derrière des vitrines du Palais de Tokyo, les filles vêtues de maille de coton/soie allaient et posaient avec une élégance détachée.


Dans une robe en agneau plongé, les mains délicatement posées sur les genoux on y verrait presque une réinterprétation des toiles de maîtres flamands du XVe siècle. Tout un art…

Intimate luxury and neo-preppy style (not far from Celine or Chloe). Some would say it’s boring and not daring and some would say it’s the simple pleasure caused by clothes that make you a lady-chic, or a casual chic (all in beige) and want to curl-up in what considered the best in knitted garments.

Un luxe feutré, sans fard, ni artifices, naviguant sur la vague néo-BCBG qu’affectionnent Chloé ou Céline. Boring et sans audace diront certains ou plaisir simple provoqué par des vêtements qui donnent envie…

.. d’être dame-chic, un peu hôtesse de l’air sixties (ne manque plus que le calot)

… de se la jouer décontracté-chic-cool en salopette et total beige (des pieds à la tête)

… de se lover entre copines

… et d’être fières en ponchos en grosse maille.