ON A VU ÇÀ: FUTURISSIMO A TOULON

Hyères en Provence accueille la Design Parade 2021 jusqu’à la fin du mois d’octobre. Depuis quinze ans, au sein de la Villa Noailles, ce festival qui cette année précède le Festival International de mode et de photographie est un moment de rencontres et de découvertes autour de l’architecture d’intérieur.

Stimuler la culture et le patrimoine toulonnais

Dans le cadre de cette manifestation, à quelques encablures, Toulon, la ville qui héberge le célèbre port militaire réserve l’Hôtel des Arts au Centre Pompidou, commissionné depuis cinq ans pour organiser des expositions dont les éléments sont issus de sa collection.

La Design Parade Toulon est cette année, consacrée à la vision utopiste du design italien de 1930 à l’aube du XXIe siècle. Cette exposition est l’occasion de parcourir à travers le mobilier, les arts de la table, l’architecture post moderne, les luminaires ou l’édition (…) une histoire du design italien.

Du mouvement rationaliste des années vingt aux prémices de Memphis des années quatre-vingt, il s’agit de (re)croiser et d’appréhender l’impact dans notre quotidien des grands noms de ces courants, de Gio Ponti à Gaetano Pesce, Joe Colombo à Ettore Sotsass…

cnac magazine (1981-1989) | Masques et tribus

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cnac magazine n°12 (Centre national d’art et de culture) était le bimestriel d’informations artistiques et culturelles du Centre Georges Pompidou de 1981 à 1989. Au détour d’un article sur la pollution sonore et la présence accrue des walkman (avant celle de nos smartphones) dans les années 80, une série de masques (non-crédités) qui rappellent le travail du studio du néerlandais Bertjan Pot voire les inspirations tribales du travail de Charles Fréger.

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Ci-dessous, les masques de Bertjan Pot (2010) restent eux exclusivement figuratifs…
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Quand les monstres de Charles Fréger évoquent le tribalisme.
Série « Yokainoshima » et Wilder Mann
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En archives, les numéros 2, 4, 6, 7 (et un numéro spécial), 8, 9, 12, 14, 15, 16, 18, 22, 24, 26, 27, 41
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Art | Salvador Dali au Centre Pompidou, visite privée

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Le Centre Pompidou propose actuellement la plus grande exposition sur Salvador Dali depuis 30 ans, 200 oeuvres de cet artiste aujourd’hui populaire, prêtées par différents musées sont exposées.

Le parcours de l’exposition met le doigt sur différents points clefs de la vie du peintre ibérique, issu d’une famille bourgeoise, son père est notaire, il souffre de l’omniprésence de celui-ci, il est un père « castrateur » (cf. Guillaume Tell). un frère mort peu avant sa naissance dont il sera chargé de porter le prénom et dont il essaiera toute sa vie durant de combler l’absence. Mais aussi l’importance de sa Catalogne natale, Cadaqués ou le cap de Creus qui l’ont beaucoup inspirés et qui serviront de base à tous ces paysages lunaires. Mais aussi ses expériences cinématographiques et photographiques.

La visite guidée à laquelle nous fûmes conviés nous a donné les quelques clefs de lectures nécessaires pour mieux aborder l’univers de ce génie de la peinture comme il aimait a s’appeler.

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Ci dessus, Salvador Dali en position fœtale, Philippe Halsman (Mémoire prénatale, 1941) 

On débute l’exposition par cette photo représentant le début de « tout ». Dali dit se souvenir avec beaucoup de précision de sa vie intra-utérine, thème qui revient régulièrement dans son œuvre.

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Parfois je crache par plaisir sur le portrait de ma mère, 1929

Dali joue avec les mots, d’inspiration dadaïste, sous influence de Francis Picabia

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Départ « Hommage aux actualités Fox », 1926


L’âne pourri, 1928

La charogne de l’âne pourri est un des éléments redondants de l’œuvre de Dali, comme ses représentations de systèmes neuronaux ou sanguins.
Il publiera en 1930 un article homonyme qui jettera les bases de sa méthode paranoïaque-critique.


Guillaume Tell, 1930

Guillaume Tell le héros, devient pour Dali la figure de l’oppression. Ici le père castrateur dont la puissance est signifiée par la puissance sexuelle, chasse son fils au sexe masqué par une feuille de vigne. La figure féminine se fait fantasme ou fantasma (fantôme en espagnol).
Les œufs, omniprésents dans ce tableau sont à la fois symbole sexuel et « meilleur souvenir de sa vie intra-utérine »…

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Téléphone aphrodisiaque, 1930

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Buste de femme rétrospectif, 1933/1976

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Objet surréaliste, vers 1936

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L’Angélus, vers 1932

La réinterprétation de Dali du tableau de Millet montre un couple où l’homme, selon Salvador Dali est coupable d’érection, ce qui explique la position du chapeau. Il a le torse percé par sa femme (?) plus grande que dans le tableau original et à la silhouette qui rappelle celle de la mante religieuse…

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Vénus de Milo aux tiroirs, 1936/1964

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Cannibalisme de l’automne, 1936

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Construction molle avec haricots bouillis (Prémonition de la guerre civile), 193

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Images d’archives, INA

Les œuvres stéréoscopiques de Dali

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Le Christ de Gala, 1936 (œuvre stéréoscopique)

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Main de Dali retirant la Toison d’or des yeux de Gala debout derrière le Soleil (1977)

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Transformation d’une peinture anonyme, 1974 ou le retour à la fin de sa vie à sa période Raphaelite

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Art | altered natives’ Say Yes to Another Excess – TWERK

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Jusqu’au 28 octobre dans le cadre du Festival d’automne à Paris François Chaignaud et Cecilia Bengolea présentent altered natives’ Say Yes to Another Excess – TWERK. Accompagnés par les danseurs Ana Pi et Alex Mugler, ils enchaînent sur scène une chorégraphie étudiée mais qui semble débridée.

Il y a un décloisonnement des pratiques. Les danseurs traversent la scène de toutes parts tout comme les différentes danses qu’ils pratiquent. Il ne s’agit aucunement d’un empilement des danses que François Chaignaud et Cecilia Bengolea affectionnent (drum’n’bass, jungle, dubstep, bashment, house et voguing), mais plutôt d’une interpénétration de celles-ci les unes aux autres. Une hybridation des genres qu’explorent plusieurs domaines de la création aujourd’hui.

Il s’agit aussi, dit François Chaignaud, « d’observer comment celles-ci s’enfouissent dans les corps ».

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« Les danseurs s’entredévorent et se multicolonisent »

Les costumes réalisés par le duo de chorégraphes sont comme ceux des danseurs que l’on voit dans les battles ou les ball de voguing réalisés en mode DIY (Do It Yourself), allant de pair avec ce désir d’absence de contrainte, d’envie de multi-références et d’universalité. On aimerait voir Christian Joy réaliser des costumes pour ces danseurs.

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Dès lors, sur la scène du Centre Pompidou, pendant 1 heure 15, un pas hip hop « vit » avec une pose académique ou un mouvement de krump dans une urgence absolue rythmée par les DJ Elijah et Skilliam de la scène grime londonienne, nous rappelant ainsi combien la danse peut être un acte jubilatoire.

 

A voir au Centre Pompidou
Altered natives’ Say Yes to Another Excess – TWERK, création 2012
Direction artistique et chorégraphie : François Chaignaud et Cecilia Bengolea
Danseurs : François Chaignaud, Cecilia Bengolea, Alex Mugler, Ana Pi