myHyères Festival 2013 | first impressions

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Rain rain rain…

Vingt huit ans, un bel âge, voilà presqu’une génération que le Festival International de la Mode et de la Photographie d’Hyères présente les jeunes créateurs les plus pointus. Depuis sa création, sont passés par la ville d’Hyères Viktor & Rolf, Felipe Oliveiro Baptista (président du jury cette année), Léa Peckre, Anthony Vacarello, Maxime SImoens, Gaspard Yurkievich, Cunnington & Sanderson ou Sandra Backlund. Tous créateurs établis ou, on le souhaite, en passe de le devenir.

En cette fin de mois d’avril, la météo, c’est un peu au petit bonheur la chance, de gros nuages venus de toutes part se sont amoncelés au dessus de la Villa Noailles. Sous la pluie, le festival n’est pas tout à fait pareil. On ne se presse plus sur la pelouse à siroter des cocktails de jus de fruits, on ne déambule pas sur les terrases ou le long de l’allée… Les échanges n’en resteront cependant pas moins intenses.

Depuis treize ans sous la direction de Michel Mallard, le Festival décerne également ses prix à la jeune création photographique. Camille Vivier ou Sølve Sundsbø en sont parmi les dignes représentants.

Deux compétitions qui font de la France un pays où la créativité, ne serait-ce que pour la partie « mode » du Festival, trouve un réel champ d’expression, contrairement à certaines idées reçues.

Ce fut une surprise de taille d’apprendre, via un tweet de Diane Pernet, que Michel Mallard n’était plus le Directeur Artistique du Festival de Photographie. À ma connaissance et après investigation, nulle communication n’avait été faite à ce sujet, seules les parties concernées étaient au courant.

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Michel Mallard, grandement apprécié par la profession, si l’on se réfère aux nombreux messages de soutien qu’il a reçu, à donc été remercié par la présidence (Didier Grumbach) et la direction du Festival (Jean-Pierre Blanc).

Ce choix de changement de direction artistique a sans doute été motivé par un changement stratégique de la part de la Villa. J’ai évoqué, entre autres, la possible « nuisance », par sa présence aux mêmes dates, du Vogue Festival de Londres mais cette hypothèse fut écartée lors de mes échanges téléphoniques.

La nomination à la direction artistique de Raphaëlle Stopin (ex-assistante de Michel Mallard), la quasi non-communication de la Villa Noailles, le tweet de Diane Pernet (qui a précédemment cessé sa collaboration avec le Festival), mais aussi la lettre de Michel Mallard adressée à M. Didier Grumbach (Le Monde edition électronique du 30/04) dénonçant la manière dont il a été écarté de la direction du Festival laissent planer tout de même un certain malaise, que l’édition 2014 se chargera de dissiper.

D’après la direction « Cela met tout simplement fin à une collaboration professionnelle comme il y en a dans tous les secteurs » (sic)

« There’s too much business now and not enough fantasy » (Suzy Menkes)

Autre point culminant de cette édition 2013 du Festival fut la rencontre The Formers, permettant aux anciens lauréats de rencontrer des industriels ou de potentiel investisseurs. Léa Peckre était ravie de sa rencontre avec M. Ralph Toledano me confiait-elle, c’était la première fois qu’elle rencontrait un PDG.

Ces rencontres font suite au passionnant débat qui avait pris place l’an dernier intitulé « Financement des jeunes marques » où il était pointé cette dangereuse dichotomie existant entre un créatif enfermé dans sa tour d’ivoire et un business man hermétique aux velléités créatives…

L’intervention lors du dîner réservé aux professionnels de M. Ralph Toledano allait aussi dans ce sens. Accompagner, aider au financement des jeunes créateurs est un objectif prioritaire, créer le binôme gagnant afin de rééquilibrer « business » et « fantasy ». Que le Festival soit de plus en plus porteur de ce discours tout en gardant son essence est un beau programme pour les années à venir.

Et la création dans tout çà?

L’essence du Festival est la créativité, Charles Fréger photographe établi, mais dont je ne connaissais pas le travail fut une découverte passionnante. Avec Felipe Oliveira Baptista et Lacoste, Charles Fréger pose la question des rapports que nous entretenons avec le vêtement. Comment nous le regardons, le sentons. Quel rapport établissons-nous avec lui? En quoi est-il un signe d’appartenance à un groupe (processus d’identification)?

Sur certaines prises de vues, les marques sont très présentes (cf. ci-dessous). Le rapport d’échelle entre le crocodile et le logo des autres marques est inversement proportionnel, « dépassée » par le logo des autres marques, Lacoste n’est donc pas dans une communication marketing.

À travers cette série, le photographe nous fait découvrir la chemise Lacoste hors de son contexte habituel à la fois dans des pratiques plus urbaines mais aussi purement formelles.

Charles Fréger explique qu’il a dû pour cette commande aller au plus profond de la réalisation du vêtement, en comprendre sa coupe, le choix des matières, etc., bref le vêtement au-delà de ses fonctions primitives.

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Photo by Charles Fréger

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Photo by Charles Fréger

Philippe Debusschère a l’âge du Festival, 28 ans. Il se officie avec son studio, entre les différents media que sont le print, le web, la musique, la vidéo et l’exposition. Il insiste sur le fait que toutes ces réalisations même si elles « partent de lui » sont avant tout un travail d’équipe.

Pour cette génération, il y a une porosité entre ces média. Lorsque je lui parle du terme « layers » (couches) qu’il emploie en introduction de son livre « I know simply that the sky will last longer than I » et lui fait part de sa similitude avec le terme utilisé dans le logiciel Adobe Photoshop, il me confie que le logiciel est pour lui un medium à part entière, CQFD.

Il faut aussi voir à travers l’utilisation de ce terme la possibilité de lecture multiple (par couches) d’une œuvre, savoir « prendre plus de temps » pour regarder et observer.

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Il replace aussi chaque media dans la réalité de son rapport au temps. Avec internet « on a pas le temps » dit-il, l’information se doit donc d’être rapide, on ne peut, par exemple, que difficilement demander à Instagram d’apporter plus de sens que ce que l’application permet de donner. Cela n’est en quelque sorte pas interdit ou impossible, mais n’est pas la préoccupation de la majorité des utilisateurs.

People i love (and meet during the Festival)

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Kamilya arborant un tee-shirt engagé (Ai Wei Wei)

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Jean Paul Lespagnard arborant fièrement son nouveau tatouage

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Le même avec la talentueuse Nelly Hoffman (qui faisant parti des 50 créateurs de mode pré-sélectionnés)

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Lucas Sponchiado et Léa Peckre

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Miss Marion

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Mon coup de cœur du Festival: Victoria et Tomas de victoria/tomas

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Mes coups de cœur du Festival photo Anna Orlowska (en haut) et Eva Stenram

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Tiia Siren et Steven Tai

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La piscine de notre résidence dont nous n’avons, hélas, pas pu profiter…

Young blood #1 | Lucas Sponchiado

Young blood va au devant de la jeune création.

C’est l’histoire d’une jeune anglaise qui se retrouve en Inde à l’époque coloniale. C’est la rencontre de deux mondes, celui de cette « petite anglaise » au « teint de porcelaine », baignée dans la tradition et de ce pays aux énormes temples hindous, architecture massive, mais très travaillée, voire précieuse.

Découvert l’an dernier lors de sa présentation de fin de cycle d’études à La Cambre, la collection de Lucas Sponchiado, grand jeune homme à l’allure rock’n’roll, mèche en bataille, portant tee-shirt noir et lunettes noires avait déjà  provoqué un certain enthousiasme.

Pour le Festival d’Hyères la collection à été reconduite, le travail à été approfondi, « précisé », afin, dit-il « de pousser la collection plus haut ».

Les silhouettes sont très graphiques et très visuelles ce qui correspond bien à la personnalité du designer, à son style et à sa manière de dessiner.

Outre cette « rencontre », les œuvres de Rachel Whiteread l’ont aussi beaucoup influencé, le travail très « pur » de cette artiste à donné cette touche « lingerie » très particulière à sa collection. Une approche qui n’était pas prévue au départ, une démarche qu’il ne tient pas non plus à approfondir dans le futur.

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Ci-dessous le travail de découpe réalisé à la main.

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Ses sources d’influences majeures sont Alexander McQueen et Olivier Theyskens, quant aux autres sources il n’en a pas retenu les noms…
Lucas dit à ce sujet: « Comme tous les gens de ma génération, je consulte en permanence les blogs, les sites d’images bookmarking, des centaines d’images au quotidien, je crée ma propre bibliothèque d’images. Seule l’image m’intéresse, les noms je n’y prête pas forcément attention… ».

La télévision puis le web ont placés l’image au centre de notre communication, de nombreux psychologues et sociologues expliquent que l’image, sauf si elle est sublimée (dans l’art par exemple) est d’emblée plus aisée à capter.

Voilà qui explique, peut-être, en partie le succès des plateformes comme Pinterest, Instagram ou Tumblr valorisées à plusieurs centaines de millions de dollars.

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Sur le stand dans les jardins de la villa Noailles

Ci-dessous, défilé et backstage

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Des vestes tailleurs se portent sur des body lingerie, les lignes tracées sur le corps par les découpes ont l’apparence de circuits imprimés. On perçoit les multiples influences, mises bout à bout elles créent une silhouette singulière, transversale, hybride et contemporaine.

Ces multiples références que nous n’avons pas toujours le temps d’analyser et de confronter, on les download, on les assemble (selon nos affinités) et on les upload. C’est cette oscillation créative, ce télescopage d’influences qui avaient attiré mon regard l’an dernier.

Avec toutes ces sollicitations, le plus difficile pour ces jeunes créateurs, sera d’écrire une histoire, de laisser une trace, afin de ne pas être eux aussi downloadés puis oubliés.

Le public du Palais de Tokyo ne s’y est pas trompé en attribuant à ce très beau travail le Prix Palais de Tokyo. On attend avec impatience la suite !

FIMPH 2012, what is Hyères? Les lauréats

Formidable lieu de rencontres et d’échanges, véritable bulle dans une année « fashion », le festival accueillait en ouverture le groupe Totally Enormous Extinct Dinosaurs qui nous a livré un set très court mais idéal. Mode, photographie et musique font bon ménage parfois.

Dix ans après l’arrêt du festival rock et techno Aquaplaning, la musique va-t-elle retrouver sa place à Hyères?

La partie mode du Festival accueillait cette année un nouveau prix (Prix Chloé, accompagné d’une dotation de 10000 euros) récompensant une silhouette réalisée dans l’esprit de la maison fondée par Gaby Aghion.

La sélection mode était particulièrement intéressante et pointue et il faudra plusieurs heures pour départager les lauréats.

Grand prix: Siiri Raasakka, Tiia Siren et Elina Laitinen
Prix du public et prix Première Vision: Ragne Kikas
Prix Chloé: Steven Tai
Prix du public Palais de Tokyo: Lucas Sponchiado


Future talents | La Cambre 2011 « pot-pourri »

Raf Simons, president of the jury

Some photos of the amazing La Cambre show 2011.

Variations (1st grade)


« Dress-skirt » with embroidered belt and a work around the volume of the skirt.

Urban wear (2nd grade)

Transformers! Do not underestimate the power of urban wear. Motorcycle jacket, codes and volumes are amplified (2nd grade). Awesome job!

Knit (2nd grade)

This part of the show was astonishing. Colors, new techniques and unusual fabrics create a graphical knitted new body, in search of a new morphology (Alexandra Kengen).

Menswear (3rd grade)


Choregraphy by Mikael Chirinan


Pablo Henrad’s collection


A mysterious silhouette

I really like Louise Leconte’s collection (above), reminds me some Westwoodesque-crazy stuff, a chic-punk thing as if Hermes scarves meet Burberry’s coat meet a punk cap.



« My deer childw(h)ood » by Justine de Moriamé (above)

Below, « Chrysalide », a dream collection inspired by God with really amazing coats by Zoë Vermeire


Collars as butterflies by Zoë Vermeire…


Pictures above, « Out of vacuum » the amazing and very feminine work of Lucas Sponchiado (5th grade, 5e année). So beautiful you forget taking photos…

and more…