Carte blanche à Manish Arora

L’an dernier, suite à ce billet, je recevais le mail d’une journaliste me demandant mon avis sur la mode indienne et ses créateurs émergents (Ritu Berry, JJ Valaya, Manish Arora, …). Tous ces créateurs ont défilé à Paris et à Londres, mais au vu de ses récentes collaborations avec MAC, Swarowski et Reebok, Manish Arora est devenu l’emblème, le porte-drapeau de la mode indienne.

Sa toute récente association avec Swatch sera l’occasion pour lui d’être plus populaire, de faire connaître son style psychédélique et audacieux, mais aussi de se « frotter » plus encore à la demande occidentale sans se renier, exercice délicat.
Manish Arora a-t-il un avenir en occident au-delà de l’accessoire de mode ?

L’occasion nous est donnée de tourner notre regard vers l’est, non pas seulement en termes économiques et d’implantation des marques occidentales mais aussi en termes de style. A nous d’intégrer cette profusion d’imprimés, de motifs et de couleurs. A nous de regarder ces vêtements qui flirtent avec la Couture et le costume de scène.
En période de crise il faut apprendre à regarder devant soi. Pourquoi ne pas se mettre dans l’aspiration(1) de Manish Arora et profiter de son univers idyllique et enchanté ?

Christine Albanel, ministre de la Culture donne une carte blanche à Manish Arora jusqu’au 12 juillet, le créateur présente ses créations majeures dans les cinq vitrines du ministère de la Culture et de la Communication (Galerie de Valois).

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Un modèle de la collection « Circus », une de mes scénettes préférées

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Cette robe de la collection « Butterfly » m’a immédiatement rappelé une des créations de Philip Treacy (voir ci-dessous)

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Mais on peut aussi penser à « Milly Carnivora » la toute récente création de la non moins exubérante Victoire de Castellane pour Dior Joaillerie.
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Une robe très Courrèges de la collection « Space collection », sous un manteau brodé. Admirez l’arrière-plan très rétro SF

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En 2000 pour la Haute-Couture Jean-Paul Gaultier brodait la Tour Eiffel sur ses robes. Manish Arora brode un autre monument (oui c’est bien Big Ben et la Garde Royale qui sont brodés sur cette robe !).

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Têtes à têtes

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Profusion créative pour cette coiffe fiduciaire composée de dentelles, de billets de banque, de broderies, d’agrafes et de collages, un mix and match total.

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Modèle coiffé d’un bibi « Air India »

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Un modèle très sobre et très graphique, très différent du reste des créations.

Carte blanche à Manish Arora
du 26 mai au 12 juillet 2009
Vitrines du ministère de la Culture et de la Communication (Galerie de Valois)
Métro Palais Royal – Musée du Louvre
Horaires d’ouverture du jardin : de 7 heures à 22 heures

Le site de Manish Arora


(1) Pour utiliser une métaphore sportive

Accessoires manifestes

Il y a quelques semaines, un journaliste irakien a lancé sa chaussure à la tête de l’ex-chef d’état américain George Bush.

D’autres ont suivis depuis…

Si le vêtement est un moyen de communication, d’affirmation de soi et parfois de contestation, plus encore est le jeté de vêtement

Séquence humour.

« Jeter sa chaussure « (Louboutin/Berlutti), exprime le mépris;

« Baisser son pantalon » (Marité & François Girbaud), exprime la soumission;

« Jeter son gant » (Causse), pour engager un duel;

« Lancer son chapeau » (Philip Treacy), en signe d’allégresse;

« Rendre son tablier (Gelbard & Facchinetti), en guise de démission;

« Jeter son bonnet par dessus les moulins » (Stephen Jones), dit de la jeune fille bravant la bienséance.