Madeleine Vionnet | 3D et copyright

Une petite vidéo capturée ce week-end lors du dernier jour de la grande exposition consacrée à Madeleine Vionnet.

La coupe en biais inventée par Madeleine Vionnet apporte un tomber fluide au vêtement, le corps est « enveloppé » naturellement, sans contrainte, le corset est mis dé-fi-ni-ti-ve-ment sur la touche.
Outre sa maîtrise de la coupe, son travail est également basé sur la structure du vêtement et les formes géométriques de base (cercle, carré,…). J’ai même vu certains croquis agrémentés de formules mathématiques!

La première vidéo est une modélisation 3D simulant la réalisation d’une robe de la saison hiver 1920 et composée de quatre panneaux identiques (dite « robe quatre mouchoirs ») taillés dans le biais et d’une ceinture. Époustouflant de simplicité et d’ingéniosité.

« Finger prints of fashion », la seconde vidéo, évoque les problèmes de copyright qu’elle est une des premières couturière à aborder. Pour y remédier, elle mettra en place un système mêlant sur l’étiquette de ses créations, griffe, numéro de série et son empreinte digitale. Autre précaution prise par la maison Madeleine Vionnet, chacun de ses modèles est pris en photo de face, de côté et de dos, puis est archivé dans d’énormes classeurs. Elle sera à l’origine de la création de « l’Association pour la défense des Arts Plastiques et Appliqués » dont l’objectif est de protéger les intérêts de la Haute-Couture.

À la suite de l’exposition on comprend aisément que les principaux créateurs de mode vouent un véritable culte à cette visionnaire. De John Galliano qui affectionne si particulièrement la coupe en biais, à Pierre Cardin et son « obsession » du cercle géométrique, en passant par la fluidité chère à Azzedine Alaïa, voire le travail conceptuel d’Hussein Chalayan ou d’un Yohji Yamamoto, la liste est longue.


Rodolfo Paglialunga est le nouveau designer de la maison Vionnet depuis l’an dernier. Sa première collection Croisière est visible ici

A lire absolument, Madeleine Vionnet, puriste de la mode

Anniversaires

L’an dernier il y a eu les 60 ans de création de Pierre Cardin ou encore les 30 ans de défilés de Jean-Paul Gaultier, en cette année 2007 c’est à une avalanche d’anniversaires des maisons de couture ou des créateurs, auquel nous allons assister. Il y aura en vrac :
John Galliano, 10 ans d’éclats chez Dior
Ralph Lauren, 40 ans de création
Valentino, 45 ans de robes… de soirées
Pucci, 60 ans d’imprimés fous
Costume National, 20 ans
Vive la fête !

Madame Pompidou

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Moderne première dame… le 30 juin 1968 à Orvilliers, avec son époux, alors Premier ministre. © AFP

Au détour d’une émission télévisée, j’entends Jean-Paul Gaultier rappeller au journaliste qui l’interroge, que Madame Claude Pompidou, alors première femme de France, s’habillait aussi bien en jean que chez Pierre Cardin, LE créateur pointu de son temps. Vous imaginez Madame Chirac ou la future première dame participer au G8 en Jean-Paul Gaultier, Martin Margiela, Haider Ackerman ou encore en jean DSL(1) !!?

(1) Edit juillet 2013: Depuis la ministre du Logement Madame Cécile Duflot à été vivement critiquée pour avoir porté un jean lors du Conseil des Ministres.

Pierre Cardin fête ses 60 ans

 

Pierre Cardin 84 ans fête les 60 ans de sa marque, il est un des cinq français les plus connus au monde. Il fait ses classes chez Paquin et Dior (1946), son style et son audace font rapidement de lui un des jeunes premiers de la mode, il ouvre sa maison en 1950. Du style Cardin on retiendra surtout l’apport des matières synthétiques, son style futuriste, les formes géométriques (Cardin est un admirateur du cercle), les couleurs contrastées et le style unisexe. L’homme Cardin est plus vaste, car outre le stylisme, il s’intéresse à toutes les formes de design, il est aussi un véritable homme d’affaires et mécène. La marque Cardin va en effet rapidement quitter l’hexagone pour se tourner vers d’autres pays et notamment l’Asie (Japon, Chine et Russie), il va développer un véritable empire (estimé à 6 milliards d’euros) et apposer sa marque sur plus de 800 produits allant du simple stylo, en passant par la cravate, les casseroles, au restaurant Maxim’s (en 1981).
Que reste-t-il de son influence aujourd’hui sur la mode, le futur qu’il décrivait dans les années 60 c’est aujourd’hui et peut-être déjà  demain, il faudra se rendre à la rétrospective prévue à la rentrée 2008 au Musée Galliera pour s’en rendre compte.

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