Roisin, Gareth et Rei

 

Musique et mode font très bon ménage ces dernières années…
La dernière vidéo de Roisin Murphy (ex-chanteuse du groupe Moloko) présente un son résolument plus pop que son précédent et premier album.

Hormis l’électro-pop parfaitement calibrée, c’est le choix de la tenue, signée Gareth Pugh qui m’interpelle. On retrouve la touche de l’enfant terrible de la dernière fashion week londonienne sur la pochette du CD et sur le clip « Let me know ».

Photo tirée du clip « Let me know »

Pochette d’Overpowered

En visionnant le clip, deux idées m’ont traversé l’esprit, la première m’a fait dire que quelques années auparavant c’est Björk, qui se serait adjugée l’exclusivité de ces tenues, comme elle l’a fait auparavant avec Jeremy Scott ou Alexandre et Mathieu. Pour Volta, son dernier CD, elle avait choisi une création exclusive de Bernard Willhelm.

Le deuxième idée, vient surtout du vêtement présent sur la pochette de l’album et de celle ci-dessous. Ces tenues me rappellant celles créées (voir ici), il y a quelques années par Rei Kawakubo (collection Bump & Mind pour la compagnie de danse Merce Cunningham).

Gareth Pugh, Swatch fashion week, 2004

Gareth Pugh adopté par les artistes et la scène, cela semble être en passe d’être fait, en partie du moins, reste à conquérir la rue. On attendra donc avec impatience sa prochaine collection.

Roisin Murphy est ici

Alexander McQueen

Transversalité… Égal à lui-même, Alexander « Lee » (de son vrai nom) McQueen, après Puma, adapte son style dramatique et d’influence morbide à la nouvelle gamme de bagages « Black Label » de Samsonite.

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Ci-dessus, valise « squelette humain », mise en scène théatrale pour cet ancien costumier de théâtre (des années pendant lesquelles il a appris à se détacher du pur style Savile Row dans lequel il évoluait depuis l’âge de 16 ans).

Samsonite comme de nombreuses marques désormais, fait intervenir des designers sur une de ses gammes de produit, afin de s’attirer une nouvelle clientèle plus soucieuse du luxe et des créateurs. Les précédentes collaborations ont fait intervenir Marc Newton et Mathew Williamson.

Photo Wallpaper
Le site de Samsonite Black Label

Bernhard Willhelm et la transversalité

Bernhard Willhelm, créateur d’origine allemande, diplômé de l’Académie Royale d’Anvers en 1998, a été successivement l’assistant de Walter Van Beirendonck, Alexander McQueen, Vivienne Westwood et Dirk Bikkembergs.

Son style, énergique, rempli d’humour, mêle parodie, recherches sur les volumes et imprimés très graphiques. Il fait référence aussi bien au costume folklorique de sa campagne bavaroise, qu’au boubou africain ou à la tenue de Superman…

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Ci-dessus Été 2006 ©vogue.com

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Ci-dessus Automne-hiver 2008

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Ci-dessus Printemps-Été 2007

Dès 1999, il crée sa propre marque et connaît un sacré succès lors du défilé de sa première collection femmes à Paris, Suzy Menkes lui adressant personnellement une lettre de félicitations !

De 2002 à 2004 il a été directeur artistique de la maison italienne Capucci, dont il lance le prêt-à-porter. En 2003, il fait défiler sa collection homme et plus récemment à créé une ligne de chaussures.

C’est cette personnalité à part, cet esprit « arty-intello », sans cesse en mouvement créatif, qui a déterminé le choix de l’artiste-chanteuse Björk. Le créateur s’est donc mué en artiste, en sculpteur plus précisement, le temps de la réalisation de la pochette du prochain album de la diva islandaise. On y retrouve les codes du style Willhelm, couleurs, volumes exagérés et humour. En marge du système dans lequel ils évoluent, ces deux créateurs semblent faits pour s’entendre et Björk, dont les précédentes collaborations l’ont emmené à cotoyer d’autres stylistes atypiques comme Jeremy Scott ou Alexandre et Matthieu est coutumière du fait.

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Ci-dessus, pochette de Volta, le prochain album de Björk. Sculpture par Bernhard Willhelm, photo de l’incontournable Nick Knight

Gare à Gareth Pugh…

En surfant, je suis retombé sur les images du défilé de Gareth Pugh (saison Printemps-Été 2007), force est de reconnaître que ses silhouettes sont… inhabituelles, provocantes à souhait. PVC, bichromie noire et blanche sur des damiers rappellant un peu l’Op Art, Latex, mannequins sans visage tels des créatures inquiétantes sorties d’une interface de modélisation 3D pour un jeu vidéo le tout se déroulant dans un univers fétichiste et futuriste…

Un sentiment provoquant un certain malaise, fascinant au sens fort du terme. Il y a aussi de la dérision et de l’humour dans ce show, des notions que la mode à un peu perdu.

A suivre

Wanted : Martine Sitbon

Avez-vous des nouvelles de Martine ?
Plus aucune traces de cette styliste que j’aimais tant, ces collections pures, très graphiques, intelligentes, avec des influences empruntées au rock ne font plus les pages des magazines, ni du web (pas de site web pour la dame), sur style.com les collections s’arrêtent à l’automne 2004, sa dernière sortie était l’an dernier lors du jury de l’ANDAM.

Automne-Hiver 2004

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via style.com

La saga John Galliano – suite –

Pour faire suite au billet posté ici, je vous livre un lien YouTube où vous pouvez voir la suite de ce documentaire (en 5 parties) sur celui qui bousculé la mode de ces dernières années et qui a fait tant de bien à Paris.

Karl Lagerfeld Remixed

Qui n’a pas entendu parler des 70 iPods de Karl Lagerfeld ?

Là où certains créateurs de son âge seraient ridicules, Karl Lagerfeld, lui ne l’est pas. De l’homme à l’éventail, il est devenu, avec sa vingtaine de kilos en moins (et après avoir revendu tout son mobilier), un nouvel homme ; il s’est réinventé une image, une espèce de techno-gothico-rock-metal-Lagerfeld, il s’est redéfini à l’entrée de ce XXIe siècle.

De l’homme à l’éventail…

Ses apparitions et prises de position frisent la caricature, parfois, inévitable lorsque l’on recrée son image de la sorte, mais il semble toujours être maître de cette image, même lorsqu’on le provoque. Peu de créateurs ont eu l’audace ou l’idée de se redéfinir en prenant un tel virage, préférant conserver leur image-icône qui les à fait connaître et qui, « leur semble-t-il », doit toujours plaire, même trente ans plus tard… (Sonia Rykiel, Chantal Thomass en sont les vivants exemples).
Érudit, incollable sur le XVIIIe siècle européen, frénétique, Karl Lagerfeld est plus que jamais présent sur tous les fronts de la création artistique. Il est un des premiers designer « de mode » au sens moderne du terme.
Directeur artistique chez Fendi depuis 1965, chez Chloé (1963-1983, puis 1992-1997), chez Chanel depuis 1983, photographe, à l’écoute des tendances et parfois passage obligé pour une jeune génération en mal ou en recherche de reconnaissance, tel un mécène. Karl Lagerfeld est comme Kate Moss, partout.

… à la version remixed

On l’a vu tout d’abord fan d’Hedi Slimane, puis collaborateur des arty Chicks on Speed, ensuite chez H&M ou encore au côté de Devendra Banhart (ils ont d’ailleurs fait la musique du dernier défilé Chanel et s’habillent en Chanel !) et enfin écoutant un des groupes hypes du moment, The Pipettes.

Son dernier projet (avec l’aide de Michel Gaubert, gourou musical des défilés parisiens), c’est une compil « Les musiques que j’aime » At Home/At Work, où il réunit aussi bien Xavier Cugat que Siouxsie and the Banshees, en passant par Stravinski et LCD Soundsystem.
Respect.

La saga John Galliano

Actuellement sur le site de Vogue on trouve un podcast retraçant la saga de John Galliano, créateur sans lequel les défilés parisiens et la mode en général de cette dernière décennie ne seraient pas ce qu’ils sont.
A vos iPod !
Le podcast de Vogue

Cathy Pill 2

Pour faire suite au billet précédent, je viens d’apprendre que Cathy Pill faisait partie des créateurs invités pour les défilés Haute Couture de janvier 2007, elle accompagnera Boudicca, Gérald Watelet, Gustavo Lins, Lefranc.Ferrant et Nicolas Le Cauchois.
source : Fashion Mag

Surface to air (S2A)

Basé à Paris, S2A est un studio pluridisciplinaire, talentueux, très bientôt incontournable. Il est constitué de Jérémie Rozan, Santiago Marotto (photographe), Aldric Speer et Nicolas Jones (férus de mode), tous les quatre ont des parcours artistiques et atypiques.

S2A est une structure qui œuvre donc dans plusieurs domaines, design, presse (la revue Magazine), organismes (Andam), direction artistique (Tsumori Tchisato, Rei Kawakubo, le Parc de la Villette), metteur en scène de défilés (Isabel Marant) et même créateur d’une marque de vêtements depuis peu (avec Nicolas Andreas Taralis, ancien assistant d’Hedi Slimane).
Aldric Speer et Nicolas Jones sont également à l’initiative du salon Rendez-Vous, qui est rapidement devenu le salon qui réuni les designers de mode les plus pointus du moment (issus de l’Andam, du festival d’Hyères, qui défilent à Paris, NYC ou Londres).
Transdisciplinaires, S2A fait preuve d’une maîtrise (obligée) au niveau de son fonctionnement interne (dès le début, la réalité financière fait corps avec le projet S2A) ainsi que dans ces domaines adjacents que sont aujourd’hui la mode, le graphisme, la photo, la mise en scène.

surface2air
campagne publicitaire pour Tsumori Tchisato, 2004, (c) Mika Ninagaway & John Hullum


campagne publicitaire magique et féerique pour Tsumori Tchisato, 2005, (c) Richard Burbridge & John Hullum


collaboration avec l’artiste Sandrine Pelletier pour une installation présente dans les boutiques de Tsumori Tchisato


illustration issue d’une série de portraits, shootés puis « mis en illustration » par Jérémie Rozan


couverture du catalogue de l’Andam 2005 et pages intérieures

Le site de Surface 2 Air
Une partie des photos est issue du magazine étapes n°130