Style | Walter Van Beirendonck

L’éclatant designer du groupe des « six d’Anvers », présentait sa nouvelle collection masculine le 26 juin dernier au sein de la Rotonde du glacier de l’Opéra Garnier. Un défilé très créatif, comme toujours.

La galerie dédiée au défilé est baignée par une lumière de fin d’après-midi. Une musique envoûtante envahi l’espace alors que le premier modèle entre en scène et nous voici plongés dans l’univers décalé du créateur belge.

Des silhouettes aux cheveux d’or (qui font écho au lieu), arpentent les allées. Elles apparaissent comme des personnages surréalistes vêtus de costumes aux épaules très marquées. Un double jeu entre élégance, sobriété et décalage excentrique façon Bowie.

Des imprimés quasiment omniprésents dans les tons pastels et des jeux de volumes très graphiques rythment les silhouettes imaginées par le créateur flamand, perturbent les lignes, laissant croire que veste et pantalon ne forment plus qu’un.

Le créateur flamand n’en n’oublie pas moins la fluidité et la légèreté propres à la période estivale. Il propose de larges tuniques, des tee-shirts et des pantalons en soie dans des tonalités colorées.

Un défilé tout en délicatesse, rêverie et poésie.

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Un an après avoir fermé son magasin d’Anvers, Walter Van Bereindonck revient au sein d’une boutique située en plein cœur du quartier de la mode. DVS, mêlant haute couture au design, créée par le créateur avant-gardiste Dirk Van Saene est un concept store de luxe dédié aux collections de talentueux créateurs belges.

DVS, Schuttershofstraat 9, premier étage, 2000 Antwerpen.

Photos Juliette Druelle

Les trompe l’œil d’Elsa Schiaparelli, Dirk Van Saene & Bernhard Willhelm

Model in two-piece Schiaparelli bathing suit, photo by George Hoyningen-Huene, ca. 1928

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Further to the trompe l’oeil exhibition started yesterday at Musée des Arts Décoratifs, here are some pictures of the surreal creations of Elsa Schiaparelli.

These photos are taken from the book Unravel, knitting in fashion, catalog of the exhibition that took place at the MoMu of Antwerp MoMu a few months ago.

Below Left: Madame Azarian for Elsa Schiaparelli, jumper front with trompe l’œil tie motif, knitwear in black and white wool

Right: Madame Azarian for Elsa Schiaparelli, jumper front with trompe l’œil knot motif, knitwear in black and white wool, 1927-1928

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Detail of Smocking pull, trompe l’œil imitating a bow tie and waistcoat, Bernhard Willhelm AW 2002-2003 (MoMu collection)

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Petite and Heidi, two woollen jumpers with trompe l’œil motives, Dirk Van Saene AW 2008-2009 (MoMu collection)

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Iris Van Herpen, Yiqing Yin | Créatrices hybrides

Iris Van Herpen et Yiqing Yin ont créés des shows impressionnants lors de la dernière semaine de la couture. Entre spectacle, futurisme, prouesse technique et art.

Quelle place occupe le corps chez ces créatrices? Simple support ou véritable medium? Comment se positionnent-elles entre le métier de designer et d’artiste? Comment cohabitent savoir-faire artisanal et nouvelles technologies auxquelles elles font appel pour réaliser certains de leur modèles? Quelles sont les nouvelles approches du volume?

Parallèles

Suivant toutes les deux les courbes du corps: poitrine, taille, hanches et cuisses, la robe squelette d’Iris Van Herpen et la forme de l’empiècement de la robe de Yiqing Yin.


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Rapprochement entre la splash-water dress d’Iris Van Herpen et la robe fluide, tel un liquide, de Yiqing Yin.


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Découpages, lacets et bandelettes…


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Ci-dessus, les tenues sculptées faites de bandelettes d’Iris Van Herpen me rappellent le travail de papiers découpés de l’artiste Georgia Boyd-Russell (ci-dessous)…


Georgia Boyd Russel, Slick 2009


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Jumpsuit moulant en lacets chez Iris et robe bandelette de Yiqing Yin.

Chez Yiqing Yin, qui avait déjà  fait sensation lors du Festival d’Hyères 2010, sans pour autant remporter de prix, la dimension artistique est peut-être moins revendiquée. Cependant on retrouve cette envie quasi-obsessionnelle de travail sur la matière. Bandelettes et lacets chez l’une, plissés très serrés chez l’autre, un travail de sculpture minutieuse.

Sur les corps on peut voir des faisceaux qui cisèlent finement la structure de la robe en cercles concentriques, des envies de fractales, des plissés tectoniques ou encore des excroissances minérales.


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

La femme d’Iris Van Herpen, véritable mutante, femme hybride arty-mode ou celle de Yinqing Yin n’en reste pas moins très féminine. Pour ces créatrices, chaque vêtement à un sens profond, semble porter avec elle tout un univers. L’effet matière rendu par la modélisation 3D, les plissés ou le laçage revêt une dimension très importante dans ces créations leur conférant une dimension extra-portable indéniable.

Pour illustrer cette hybridité art et mode, on peut, jusqu’au 14 novembre, en profiter pour sauter dans le Thalys et se rendre chez Sien, superbe boutique d’Anvers pour y découvrir à la fois une exposition de pièces d’archives d’Iris Van Herpen ainsi qu’une sélection de sa nouvelle collection.


Sien, Nationalestraat 91


Un portant réunissant les créations d’Iris Van Herpen et de Sandra Backlund,  autre créatrice, spécialiste de la maille et qui navigue elle aussi à la frontière entre art et mode.

 

 

Académie Royale d’Anvers | Transmission

Transmission de connaissances entre l’équipe pédagogique dirigée par Walter Van Bereindonck et les étudiants de la Royal Academy of Fine Arts d’Anvers. Ce Show Off #4 présente les travaux de l’ensemble des étudiants (quatre années) de l’école flamande.

La manifestation se répète pendant 3 jours (le défilé durant plus de deux heures) pour un total de 6000 visiteurs! Un vrai spectacle dans une ville qui vit mode.

A Anvers comme à La Cambre, on peut constater la marge de progression énorme entre les travaux de début de cursus et les travaux de la promotion sortante. Le style entre les deux écoles est toutefois, assez différent. L’influence de Walter Van Bereindonck est énorme sur le travail des académiciens. L’univers très libre, ludique, peuplé de monstres et de proportions aléatoires qu’il affectionne, se retrouve dans de nombreux travaux.

L’enseignement est centré sur le développement de l’univers créatif de l’étudiant. La narration et l’histoire d’une collection priment sur le désir de suivre une quelconque tendance.

« Protéger nos étudiants est primordial » dit M. le directeur. Toutes les vannes de la créativité sont ouvertes. Ainsi, il est demandé à chaque étudiant un travail en profondeur très important. Il devra explorer le fond de sa personnalité, savoir l’exploiter et la mettre en forme. « Il ne devra connaître ni craintes ni doutes ». « Il devra faire fi des barrières intellectuelles et du bon goût ». Il devra « habiter » le vaste champ de créativité qui lui est proposé tout en maîtrisant le « sens » qu’il apporte à son travail. Il est aidé en cela par la très forte implication des professeurs.

2e années


Preuve de l’étendue du champ des possibles, le show débute par un long passage de costumes historiques réalisés par les étudiants de deuxième année, avant de prendre des chemins plus expérimentaux.

Si on est bridé à l’école, qu’en sera-t-il une fois sur le marché du travail?

Ci-dessous: comme à La Cambre, le travail se concentre sur les volumes pour les deux premières années.

Puis on passe à des exercices plus légers et subtils

Les 3e années


You Wie NG


Yoon Soon Kwon (3rd Bachelor)

Ci-dessous Claire Michel réinterprète le costume africain avec des silhouettes en forme de monstres colorés.


Claire Michel (3rd Bachelor), collection « Los Nahuales »

Un passage spectaculaire de Manon Kündig (3rd Bachelor) avec des modèles gonflables, dont cette dernière silhouette qui une fois dégonflée devient cape.


Manon Kündig, collection « Blowjob »

Une vidéo de la performance des mannequins.

Suivez ce lien pour lire une interview de Manon Kündig réalisée par Dazed & Confused il y a sept mois. Preuve encore une fois du dynamisme des écoles belges, qui placent leur étudiants dans les médias les plus pointus bien avant la fin de leur cursus.


Rey Pador (3rd Bachelor), collection « If you set me free, i will not run »

Les Provocantes avec cigarettes, nez ensanglanté et corps exposé…

… laissent certaines spectatrices admiratives.

Une tendance dans les tenues masculines cette année que j’ai pu constater dans plusieurs défilés d’école: Le porter de tout son barda sur le dos. On atteint le sommet ici avec les ailes d’avion… Vraoum !


Mathias Weber

Les 4e années


Frédéric Hornof


En-Ya Vandenhende


Jantine Van Peski

Quatre questions à Niels Peeraer (Lauréat de la promotion 2011) + vidéo

Your garments are… (gender question)

My garments are for both man or woman, i know there is difference in bodies, but for exemple, my jackets are all open, so it can be easily worn. Now I’m designing more accessories (headpieces, shoes, bags…)

Nils Peeraer has been chosen by Veronique Branquinho, Delvaux’ art director, to make a bag inspired by the japenese lunchbox. This accessory will be made in limited edition of 5 and will cost 3,300 euros. Made entirely by hand it has 70 pieces and requires 12 hours for the making.

Beauty is…

My beauty ideal is asian boys. In the show i want to present an other beauty ideal, different from all « this tall white boys » that you see in fashion.

Favorite designer

Sonia Rykiel, because it’s « happy », i don’t want to work in a completely « black » world, everything is already so serious…

Next

I move to Paris in august for love and because there is so many possibilities in there!

Niels Peeraer collection

Deux points sont à retenir:

– L’importance croissante prise par les accessoires, qui deviennent plus qu’un simple ajout à une tenue, un terrain d’expression à part entière.

– La collection de Niels Peeraer, n’est pas consensuelle, mais là n’est pas l’objectif de la formation à l’Académie Royale d’Anvers. En termes de débouchés professionnelles, l’historique de l’école n’a plus rien à prouver et le nombre des étudiants qui sont chassés dès la troisième année en dit long sur leur potentiel.

Reconnaissons à cette collection le désir de faire bouger les consciences et les idées reçues sur le genre. Les repères sont brouillés, un étudiant dessine des sacs à plus de 3000 euros , puis crée des vêtements qui n’en sont pas vraiment, fait défiler des garçons habillés en rose et blanc et prône une beauté différente à la silhouette, selon ses mots, « petite et androgyne »…

Ne pas laisser l’esprit créatif reposer en paix, doit être un bon postulat de départ à transmettre pour les futurs créateurs. S’éclater?

 

Anvers

Two little days in Antwerp, belgian capital of fashion, time for sightseeing, discover interesting places and of course, to see the show of the Royal Academy of Fine Arts .

I met Sandra Blacklund, smiling at Antwerpen Centraal, the main railway station, looking, like me, for the exit with taxis…

I discover Sien, Louis & Ra, the edgy shops of the city, also that vintage is a serious job in Antwerp. I spend a beautiful moment and learn almost  everything about knitwear in fashion at the museum of fashion (MoMu).

Meet, by chance, Zoë Vermeire (from La Cambre 2011) and creator of wonderful coats.


Zoë and Philippe Pourashemi

And see the show of the school led by M. Walter Van Bereindonck (below).